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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 17:37

    Steve ABADIE-ROSIER, psychanalyste clinicien et psychothérapeute, regroupe dans les mécanismes d'orientation du moi, compris comme mécanismes de défense (mais ils ne sont bien entendus pas seulement cela...), la projection, l'identification, la dissociation, la régression et la conversion.

     La projection, "qui attribue à autrui des pulsions inacceptables pour soi, intervient dès lors que l'individu impute un de ses propres traits de caractère, qu'il n'accepte pas, à autrui. (...) La projection est une forme de rationalisation, très répandues dans notre société actuelle, pouvant conduire à des comportements racistes, en raison de la projection de sa haine sur autrui. Ce phénomène empoisonne l'humanité et est à l'origine des conflits, des agressions et des guerres. D'un point de vue psychopathologique, la projection constitue le mode de défense caractéristique de la paranoïa."

     L'identification, processus totalement opposé à la projection, est un mécanisme d'extension du moi, nécessaire à la construction de la personnalité. Le sujet assimile l'aspect ou un trait de caractère d'un autre sujet, qu'il a lui-même désigné comme son modèle, et s'efforce de l'imiter. Normalement, l'enfant, pendant son développement, doit s'identifier au parent du même sexe. C'est ainsi que la résolution du complexe d'Oedipe dépendra de la réussite de cette identification. Un garçon qui reste attaché à sa mère trop longtemps risque de développer une homosexualité ; il en est bien entendu de même entre une fille et son père. De nos jours, l'indentification est devenu un mécanisme bancal, plus difficile à mettre en oeuvre par l'enfant car les deux parents (la mère notamment) endossent plus fréquemment les deux rôles (maternel pour consoler et paternel pour gronder) au sein de la famille. L'enfant, en grandissant, éprouvera ainsi davantage de difficultés à différencier - et par conséquent à intégrer - le rôle respectif de chacun des parents : l'un paternel et l'autre maternel, qui devraient interagir de façon complémentaire dans son éducation."

Deux simples remarques : Ici, l'auteur résume l'identification qui fait l'objet de grands développements dans la recherche psychanalytique et socio-psychanalytique. Il ne fait qu'effleurer la problématique dans la société moderne de l'identification (c'est vrai aussi pour la projection). On se reportera de manière étendue aux recherches de la socio-psychanalyse (de Gérard MENDEL, entre autres), qui font intervenir non seulement les deux parents, mais également un ensemble prégnant d'acteurs massivement écoutés.

Une forme plus directement liée aux mécanismes de défense est représentée par l'identification à l'agresseur.

      La dissociation est un "processus mental complexe qui permet à l'individu de faire face à des situations douloureuses et/ou traumatisantes. Elle survient dans des cas extrêmes de désintégration de l'ego, c'est-à-dire de perte de la capacité d'incorporer les événements externes ou les expériences sociales à la perception, et d'agir en conséquence. La personnalité semble alors littéralement cassée en morceaux : face à un événement traumatisant, une partie du sujet dissociatif essaie de se détacher de la situation qu'elle ne peut pas gérer,tandis qu'une autre partie reste connectée à la réalité. D'où l'impression de "double personnalité" ou de "personnalité multiple". La dissociation est une composante importante des différentes formes de schizophrénie, comme la psychose hallucinatoire chronique."

     La régression "aide le sujet à faire face à une rlation conflictuelle ou à un conflit, en le ramenant de façon illusoire à un stade plus précoce de son développement. Sa libido retourne ainsi  à un état où elle était synonyme de gratification, qu'elle soit bonne ou mauvaise. En d'autres termes, la régression permet un retour vers le plaisir infantile. Quand la régression engendrée par une névrose devient trop forte, il est commun d'observer une évolution vers une psychose. Ainsi, le sado-masochisme est une régression au stade anal."

      La conversion "permet de dévier une pulsion par le corps, qui exprime ainsi physiquement un conflit interne. La conversion constitue donc une forme particulière de somatisation, dans la mesure où la somatisation ne véhisule aunsu message quant à la partie du corps qui soufre. La conversion ne fait que mimer un trouble organique tandis que la somatisation est un réel trouble organique."

 

    L'identification revêt plusieurs formes, l'identification à l'agresseur, très spécifiquement liée à la défense  du Moi et dans la formation du SurMoi (Anna FREUD), l'identification primaire, et l'identification projective (Mélanie KLEIN).

Pour Sigmund FREUD, l'identification primaire est le mode primitif de constitution du sujet sur le modèle de l'autre, qui n'est pas secondaire à une relation préalablement établie où l'objet serait d'abord posé comme indépendant. L'identification primaire est alors étroitement corrélative de la relation dite d'incorporation orale (LAPLANCHE et PONTALIS). 

Mélanie KLEIN va plus loin : elle désigne par identification projective, le mécanisme qui se traduit par des fantasmes où le sujet introduit sa propre personne en totalité ou en partie à l'intérieur de l'objet pour lui nuire, le posséder et le contrôler.  Modalité de la projection, cette identification fait problème chez les psychanalystes sur son existence comme sur ses fonctionnements, dans la mesure où son apparition pour cet auteur intervient très tôt chez l'enfant.

   En fait, l'identification revêt sans doute des formes multiples. A l'identification adhésive (Donald MELTZER), on peut aussi ajouter l'identification héroïque (Didier ANZIEU), l'identification imaginaire/symbolique (Jacques LACAN)... Alain de MIJOLLA propose d'ailleurs de regrouper tous les processus d'identification déjà évoqués, sous le terme de fantasmes d'identification, ensemble de scénarios inconscients, constructions imaginaires... par lesquels un sujet substitue à une partie de son Moi ou de son SurMoi un personnage primordial de son histoire familaile, père, mère, grands-parents surtout (mais c'est loin d'être restreints...) afin de lui faire vivre à sa place un fragment plus ou moins important de sa propre existence. Sans doute, l'ensemble de la construction de la personnalité a-t-elle besoin de ces identifications diverses, plus ou moins pathologiques, plus ou moins banals... dont certains sont plus que d'autres, clairement, des mécanismes de défense. 

 

    La conversion, pour Sigmund FREUD, est le mécanisme de formation de symptômes qui est à l'oeuvre dans l'hystérie et plus spécifiquement dans l'hystérie de conversion. Il consiste en une transposition d'un conflit psychique et une tentative de résolution de celui-ci dans des symptômes somatiques, moteurs (paralysies par exemple) ou sensitifs (anesthésies ou douleurs localisées par exemple). Le terme de conversion est corrélatif pour le fondateur de la psychanalyse d'une conception économique : la libido détachée de la représentation refoulée est transformée en énergie d'innervation. Mais ce qui spécifie les symptôme de conversion, c'est leur signification symbolique : ils expriment, par le corps, des représentations refoulées. (LAPLANCHE et PONTALIS). 

 

Alain de MIJOLLA, Dictionnaire international de psychanalyse, Hachette Littératures, 2002. Jean LAPLANCHE et Jean-Bertrand PONTALIS, Vocabulaire de la psychanalyse, PUF, 1976. Steve ABADIE-ROSIER, Les processus psychiques, Les Neurones Moteurs, 2009.

 

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Published by GIL - dans PSYCHANALYSE
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