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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 10:06

  Claude Henri de ROUVROY, comte de SAINT-SIMON, philosophe français est à l'origine de nombreux courants de pensée. Avec son oeuvre et son influence, il fait figure de fondateur, voire de fondateur de fondateurs. Plusieurs courants sont issus directement de sa philosophie : le positivisme d'Auguste COMTE (son secrétaire particulier durant 7 ans), l'anarchisme de PROUDHON, le socialisme de Pierre LEROUX, saint-simonien dissident et celui de Karl MARX, la sociologie (appelée physiologie sociale) d'Emile DURKHEIM, l'école saint-simonienne elle-même, avec comme principaux leaders Barthélémy-Prosper ENFANTIN (1796-1864), Saint-Amand BAZARD (1791-1832) et Michel CHEVALIER (1806-1879). Il y a véritablement dans le monde des idées surtout en Europe et principalement en France un avant et un après Saint-Simon. Penser le monde avec les grands livres religieux ou avec la vision hiérarchique des Ordres sociaux devient la marque du refus d'une évolution du monde vers l'industrialisation. De même qu'en économie générale, il y a une rupture entre un monde dominé par le rural et un monde dominé par l'industrie, en philosophie politique, il devient de plus difficile de penser la réalité avec les caractéristiques intellectuelles de l'Ancien Régime, compris non seulement comme organisation politique bien précise mais également plus largement comme rapports des hommes entre eux et avec la nature. Même pour ceux qui ne vont par vers un socialisme, il n'est plus possible de penser le monde de manière aussi sereine qu'avant en s'appuyant sur les valeurs de l'Ancien Monde intellectuel.

Réformateur estimant inachevée la Révolution française de 1789, car n'engendrant pas comme il l'appelle le nouveau système social, ce "système industriel", qui doit prendre complètement la place du "système féodal", il construit, à travers des écrits très épars (et souvent brouillons d'après ses secrétaires), mais pouvant être situés selon trois périodes précises, l'industrialisme, fille de l'Encyclopédie et de la Révolution française. Son oeuvre joue le rôle de médiation entre la fin du XVIIIe siècle où se forment les "sciences humaines" et le début du siècle suivant, où naissent les grands récits modernes (Pierre MUSSO).

Officier dans l'armée avant la Révolution (ce qui explique son langage souvent "militaire"), spéculateur pendant, puis chef d'entreprise, Claude de SAINT-SIMON rédige son oeuvre, quarante ans passés, de 1802 à 1825. Oeuvre qui prend la forme d'un ensemble touffu, désordonné, décousu de cahiers, de brochures, de lettres, d'articles, de projets d'ouvrages, de textes dictés ou co-rédigés avec ses secrétaires, qui ouvrent de multiples pistes de réfléxions. Mais il faut noter que beaucoup d'écrivains dans cette période, même s'il rédigent aussi des écrits plus cohérents et plus "finis", de véritables livres, font de même... Pierre MUSSO divise son oeuvre en trois "scansions", avec toutefois des imbrications multiples :

- la philosophie scientifique ou épistémologique (1802-1813) ;

- la sociologie politique (1814-1821) ;

- la philosophie morale et religieuse (1822-1825). 

   

    De 1820 à 1825, Claude de SAINT-SIMON se consacre principalement à l'analyse et à la défense de ce nouveau système dont lequel il croit fermement et à la recherche des moyens pour le faire advenir. Il y a chez lui un double trait (que certains pourraient prendre pour une contradiction) que l'on retrouvera chez ses multiples successeurs : la conviction de l'inéluctabilité de l'apparition du nouveau système et la nécessité de combattre pour le faire advenir. 

 Pour lui, l'histoire des sociétés depuis le haut moyen Age est essentiellement marquée par la succession de trois "modes d'organisation sociale" ; la connaissance de cette succession permet de comprendre la nécessité historique de l'instauration de la société industrielle. 

Le système féodal, à travers ses multiples péripéties, constitue une organisation sociale possédant sa logique propre. Fondé sur la "combinaison" de deux pouvoirs, pouvoir religieux et pouvoir militaire, il assure les conditions d'un équilibre. Une telle société, organisée en vue de la guerre et de la défense, met à sa tête les chefs les mieux préparés à réaliser cet objectif : les chefs militaires. Elle réserve aux autorités religieuses le pouvoir spirituel appelant à l'obéissance dans un système de hiérarchie et de domination. Dans ce système, le système "gouvernemental", les relations politiques sont déterminantes et assurent la soumission des producteurs aux nobles et aux religieux. La décomposition de ce système provient de la progression des "forces productives". Ce développement des facultés productives assure l'enrichissement et l'affirmation intellectuelle du Tiers-Etat, dresse progressivement la "classe des industriels" contre le pouvoir féodal, et les sciences contre la religion. C'est ce qu'exprime historiquement la Révolution française, sans y répondre adéquatement. Les années 1820 sont comme une phase de transition, une période d'achèvement de la décomposition du système féodal, qui prépare le nécessaire avènement du nouveau système : la société industrielle.

Dans ce nouveau système "la société toute entière repose sur l'industrie", compris comme le secteur manufacturier, l'agriculture, les artisanats, les fabriques et le commerce. Il ne sépare pas les connaissances scientifiques et les arts qui participent à la production.  De même que le système féodal avait pour but collectif la guerre et la défense militaire, le système industriel aurait pour but exclusif la production des biens matériels et intellectuels, la domination de la nature, la satisfaction des besoins. Dans Parabole des abeilles et des frelons (1819-1820, préface de L'Organisateur), SAINT-SIMON oppose radicalement les classes politiquement dominantes et parasitaires, vestiges à ses yeux de l'oppression féodale, et la classe des industriels. Une société industrielle signifierait l'élimination des classes parasitaires et l'avènement des producteurs dans leur ensemble. Cette inversion des rapports de classe n'entrainerait pas l'apparition d'une nouvelle domination puisque l'industrie impose à tous des rapports d'association. Aussi fortement que le système féodal imposait des relations de hiérarchie et d'obéissance pour réaliser ses objectifs guerriers, la société industrielle impose des relations d'association dans l'action commune de production. Et de même que dans le système féodale les décisions concernant les actions communes étaient prises par les militaires et les chefs politiques, dans la société industrielle, les décisions concernant le travail commun seraient prises par les producteurs dans l'intérêt de tous, et seraient donc approuvées par la collectivité, de manière rationnelle. Echappant au désordre de la domination, la société industrielle serait une société "organisée". Pour la première fois dans l'histoire, la société devient humaine (elle se propose ses propres buts en accord avec les exigences des hommes) et "positive" car elle agit pleinement et par-elle-même, en se faisant le sujet et l'objet de son action.

A la question de savoir comment cette société industrielle pourrait supplanter l'ordre ancien existe plusieurs réponses complémentaires. La réponse la plus générale de SAINT-SIMON se fonde sur la quasi-inulectabilité du développement industriel : l'extension des "facultés productives" comme le progrès des connaissances scientifiques donneront nécessairement une force croissante aux producteurs contre les classes déclinantes. Mais il ajoute aussi qu'une action résolue de la classe des industriels accélèrerait ce processus en écartant les obstacles politiques. Dans cette voie, ses écrits prennent parfois les accents d'un appel à une lutte des classes dans laquelle l'ensemble des producteurs, agriculteurs, "chefs de travaux industriels", savants et ouvriers sont incités à lutter contre les classes parasitaires. Dans son dernier ouvrages, Le nouveau christianisme (1825), il infléchit ces appels en un sens moral. Comme s'il redoutait que cette société industrielle ne réalise pas spontanément cette "association" espérée, il réaffirme que cette société industrielle devra se donner pour objectif primordial d'"améliorer le plus rapidement l'existence de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre". Pour parvenir à ce but, une nouvelle religion civile serait nécessaire qui, reprenant l'inspiration primitive du christinanisme, permettrait la réorientation des énergies et l'avènement de la société industrielle. Plus nettement que dans ses écrits antérieurs, il fait appel à l'action des industriels, inspirée par une théorie et une morale nouvelles, pour édifier cette société industrielle et il s'en fait, plus fortement encore, le prophète.

SAINT-SIMON se situe logiquement  contre la Restauration, puisqu'il assimile le pouvoir politique aux pouvoirs de domination : ce régime constitue à proprement parler une régression (une réaction). Mais plus en avant dans le temps, il accuse les "légistes" de la Révolution de 1789 d'avoir cherché à reconstituer de nouveaux pouvoirs au lieu de libérer les industriels des oppressions politiques. Il invite à construire à la fois une "administration des choses" sous-tendue par une "science de l'homme" ou une "science des sociétés", à laquelle il assigne une double tâche.

D'abord cette science de l'homme aurait pour objet de repenser politiquement l'histoire et SAINT-SIMON esquisse ici le principe selon lequel la science politique ne saurait qu'être historique. Il cite avec éloge l'ouvrage de CONDORCET, Esquisse d'un tableau historique de l'esprit humain, pour avoir notamment dressé un tableau synthétique de l'évolution des civilisations. Mais il lui rerproche d'avoir abandonné l'esprit d'observation au profit de préoccupations apologétiques et d'une philosophie du progrès. A ce tableau d'inspiration philosophique, il convient de substituer une science des système sociaux dans leurs particularités et leurs différences.

Ensuite, cette science de l'homme aurait pour tâche d'analyser les lignes de force de l'évolution présente : l'extension de l'industrie, la régression des structures politiques anciennes, la nécessaire progression de la classe des producteurs... Cette connaissance de l'évolution constituerait une véritable force sociale en ce qu'elle permettrait aux producteurs de prendre conscience de leur véritable rôle historique et ainsi les entrainerait à s'opposer aux classes parasitaires. la science de l'histoire permettrait à la classe de industriels de prendre conscience d'elle-même.

De nombreux jeunes de la génération des années 1825-1830 et des intellectuels proches ou issus des classes populaires seront enthousiasmés par de telles perspectives. Les saint-simoniens se multiplient dès la mort de SAINT-SIMON et forment tout un ensemble pas forcément du même bord politique ou philosophique : socialistes, fondateurs de la sociologie, grands entrepreneurs (notamment sous la IIIe République) se répartissent en deux grands courants, "néo-capitalistes" et "socialistes". Une interprétation courante est de faire de SAINT-SIMON, le théoricien d'une technocratie industrielle, soucieuse d'une rationnalisation de l'économie et d'une nouvelle intégration sociale autour des objectifs du développement économique. Toutefois, l'originalité de sa conception de la planification, notamment argumentée dans L'Organisateur (1819-1820), inclut une véritable participation de l'ensemble des acteurs de la vie économique, dans un sens bien plus démocratique, seul capable de les amener dans une association capable d'inventer les conditions de l'épanouissement de chacun. (Pierre ANSART)

 

    Dans Lettres d'un habitant de Genève à ses contemporains (1802-1803), SAINT-SIMON appelle à constituer une assemblée de savants chargée d'énoncer les principes de la meilleure organisation sociale. Il commence les études d'analyse sociale dans son Introduction aux travaux scientifiques du XIXe siècle (1807-1808) et dans son Mémoire sur la science de l'homme (1813). Avec De ma réorganisation de la société européenne (1814), il lance un Plaidoyer sur la nécessité "de rassembler les peuples de l'Europe en un seul corps politique en conservant à chacun son indépendance nationale", sorte de prototype de confédération européenne. Coup sur coup, L'industrie (1816-1818), Le Politique (1819) et surtout L'organisateur (1819-1820) tracent les contours et les fondements de son système industriel. Lequel avec Du système industriel (1820-1822) s'affirme avec plus de netteté. Le Catéchisme des industriels (1823-1824), dans lequel est publié également Système de politique positive d'Auguste COMTE avec une préface de SAINT-SIMON, De l'organisation sociale (1824) et Le Nouveau Christianisme (1825) appartiennent à une période de l'écrivain où il évolue plus vers une attitude volontariste et activiste d'établissement d'un système que ne peut mettre en place simplement la nécessité historique. La nouvelle religion, décrite surtout dans ce dernier livre, devra "diriger la société vers le grand but de l'amélioration la plus rapide du sort de la classe la plus pauvre". Son Essai sur l'organisation sociale (1804) inédit de son vivant, est publié à la suite des Lettres d'un habitant de Genève aux éditions Pereire (Alcan, 1925). Ce sont là les principaux ouvrages, mais il y a d'autres nombreux textes, courts et souvent inachevés.

Beaucoup d'écrits de SAINT-SIMON sont réédités entre 1865 et 1878 (Oeuvre de Saint-Simon et d'Enfantin (Editions Dentu, 47 volumes). Les éditions Anthropos procèdent dans les années 1960 à la réimpression des volumes consacrés à Saint-Simon dans cette rédition et y ajoutent des textes manquants (Oeuvres de Claude-Henri de Saint-Simon, Anthropos, 1966, 6 volumes).

 

    Parmi les oeuvres de SAINT-SIMON, L'organisateur de 1819-1820, constitue en quelque sorte le pivot, sans être pouvoir isolé des autres écrits. Ceux d'avant le préparent en quelque sorte et ceux d'après indiquent la voie pour y parvenir. Pour Dominique DAMMANE, "l'oeuvre de Saint-Simon peut être appréhendée comme un interrogation, au lendemain d'une révolution, sur l'être-en-société dans les conditions historiques de la modernité. Apparait centrale, parce qu'originaire, parce que permanente, la rélexion saint-simonienne sur les ressorts actuels du vivre ensemble et son aspiration à reconstituer un corps social menacé de dissolution par la "maladie politique" du siècle, la "gangrène" de l'égoïsme. "Il y a loin, écrit-il dans L'industrie, de cet instinct de sociabilité à l'association : société, c'est ligue... lorsque l'homme se ligue avec un autre homme, il est actif, il veut : il n'y a point de coalition, point de société sans objet. Des hommes se trouvent rapprochés par hasard ; ils ne sont point associés, ils ne forment point de société : un intérêt commun se produit et la société  est formée". Saint-Simon répète sans cesse : "Il faut un but d'activité à une société, sans quoi il n'y a point de système politique", sans quoi les intérêts se divisent, les forces et les pouvoirs s'entrechoquent. Or, aujourd'hui, l'intérêt commun en vue duquel se forme l'organisation sociale, c'est la production, la "satisfaction des besoins de tous." "L'objet de l'association politique est de prospérer par des travaux pacifiques, d'une utilité commune" ; "La société est l'ensemble et l'union des hommes livrés à des travaux utiles". Ce qui signifie que l'industrie est une, cohésive, principe d'unification qui rassemble la société autour d'une fin commune et d'une identité pratique. "La véritable société chrétienne est celle où chacun produit quelque chose qui manque aux autres, lesquels produisent tout ce qui leur manque. L'intérêt d'union, c'est l'intérêt des jouissances de la vie ; le moyen d'union, c'est le travail". 

"Ce projet se présente comme une conception absolument neuve, écrit-il dans L'organisateur, (...) tandis qu'il n'est au fond que la conséquence la plus directe et la plus nécessaire de tous les progrès de la civilisation (...) On ne crée point un système d'organisation, on aperçoit le nouvel enchaînement d'idées et d'intérêts qui s'st formé, et on le montre, voilà tout". "

"Certes, certte découverte, poursuit Dominique DAMMANE, cette découverte d'une nécessité interne à la réalité historique ne débouche pas sur l'affirmation de la supériorité du présent mais du futur, ni n'aboutit pas sur un identification de l'histoire qui se fait à ce qui est "juste et rationnel". Si l'évolution historique est certaine, s'il n'est pas plus donné à l'humanité d'échapper à sa loi que les planètes à leur orbite, le mouvement vers la société industrielle n'est ni totalement pré-déterminé ni complètement fatal. Saint-Simon évidemment le sait, lui qui analyse les forces qui jouent sur les dynamiques sociales, lui qui élabore, comme le montre P Ansart (Saint-Simon, PUF, 1969), une "sociologie" des conflits et des révolutions.(...)".

L'organisation, comme l'écrit Pierre Musso, est une notion essentielle dans la philosophie de SAINT-SIMON. Elle définit aussi bien un système vivant ou "corps organisé" que tout système social qui est une "organisation sociale". Cette notion permet d'association la pshysiologie naturelle et la physiologie sociale et désigne la façon dont un système quelconque (vivant, social, politique) est organisé grâce aux relations établies entre ses éléments. Il se déclare le théoricien de l'"organisation sociale" et vise la formation d'une physiologie sociale (sociologie) dont il annonce la présentation dans un "ouvrage sur la théorie de l'organisation sociale" (L'organisateur). "S'il s'intéresse à la politique et à la philosophie, c'est qu'elles ont un objet très complexe, à savoir penser l'organisation des sociétés : "Le désorganisation d'une société politique qui joue le principal rôle dans le monde, et la réorganisation d'une société politique fondée sur de nouvelles institutions, est l'opération la plus importante, la plus difficile, et qui exige le plus de temps que toutes celles qui se trouvent soumises à la direction de notre intelligence" (Quelques opinions philosophiques à l'usage du XIXe siècle, 1825) En effet, après la Révolution qui résulte de la critique des Lumières, "le seul objet qui puisse se proposer un penseur, est de travailler à la Réorganisation du système de morale, du système religieux, du système politique, en un mot du système des idées" (Mémoire sur la science de l'homme).

 

Pierre MUSSO, Claude Henri de Saint-Simon, dans Le Vocabulaire des Philosophes, Suppléments I, Ellipses, 2006. Dominique DAMMANE, L'organisateur, dans Dictionnaire des oeuvres politiques, PUF, 1986. Pierre ANSART, La théorie politique face à la société industrielle, Saint-Simon et ses disciples, dans Nouvelle histoire des idées politiques, Hachette, 1987.

Claude-Henri de SAINT-SIMON, Oeuvres de Claude Henri de Saint-Simon, Anthropos, 1966. Oeuvres de Saint-Simon et de d'Enfantin, Editions Dentu, 1965-1876, Edition Leroux, 1877-1878, 47 volulmes. Le sixième volume de l'Edition Anthropos rassemble par ordre chronologique, des textes manquants dans l'édition Dentu.

Claude-Henri de SAINT-SIMON, La physiologie sociale, Oeuvres choisies. Introduction et notes de Georges GURVITCH, professeur à la Sorbonne, PUF, 1965. Livre téléchargeable sur le site de l'UQAC, Les classiques des sciences sociales.

On trouve dans Les Cahiers Saint-Simon, de la société Saint-Simon (site Internet du même nom) des informations et analyses sur son oeuvre.

 

 

 

 

 

    

     

 

 

 

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