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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 11:12

       L'hélicoptère, aéronef sustenté et propulsé par un ou plusieurs rotors, hélices de grand diamètre, auxquels est directement appliqué la puissance motrice, est de conception très ancienne (hélice chinoise du Moyen Age, esquisses de Léonard de Vinci, Manifeste de l'autolocomotion de NADAR publié en 1863, premier vol d'essai en 1907 de Paul CORNU à Lisieux) mais de réalisation très tardive, car datant seulement de la fin de la Seconde guerre mondiale. Le mot hélicoptère lui-même est inventé par le français Gustave Ponton d'AMÉCOURT, à partir du grec "helix" (spirale, hélice) et "pteron" (aile). Il apparait dans une demande de brevet en 1861 déposée en Angleterre.

     L'hélicoptère peut être décomposé en un nombre limité de sous-ensembles : cellule, voilure, groupe motopropulseur, commandes de vol, servitudes de bord, avionique, emports. Mais chaque élément est de fabrication précise et doit être assemblé avec les autres éléments dans des ateliers spécialisés.

      L'hélicoptère concentre une quantité assez importante de techniques, de puissance, de tenue mécanique, et de pilotage longtemps hors de portée. Mais à partir du moment en 1936 où des chercheurs comme S PETROCZY et T von KARMAN ou encore de PESCARA, s'attèlent à dominer ces problèmes techniques, le développement est rapide. Les recherches s'accélèrent durant le conflit mondial et les Américains comme les Allemands mettent au point les premiers appareils entre 1942 et 1945.

Dès la Seconde guerre mondiale jusqu'en Corée et en Indochine, les hélicoptères militaires assurent avant tout un rôle de soutien dans l'observation d'artillerie et l'évacuation sanitaire. A partir des années 1950, après les progrès réalisés par les Français en Algérie et le Howze Board aux Etats-Unis, l'hélicoptère étend son emploi au transport tactique armé. L'exemple le plus célèbre est le UH-1 Huey employé de manière extensive par les Américains aux VietNam. Alors que son armement devient plus important, apparait dès les années 1960 un hélicoptère d'attaque, propre à l'appui-feu, sous la forme de l'AH-1 Cobra qui est construit à partir des châssis de Huey. Dans les années 1970 et 1980, un hélicoptère de manoeuvre apparait, développé par les Soviétiques et les Américains dans la perspective d'une guerre conventionnelle en Europe.

Actuellement le rôle en France des hélicoptères militaires est surtout l'appui des troupes au sol, que ce soit au combat ou en ravitaillement. L'aviation légère de l'armée de terre (ALAT) est constituée principalement d'hélicoptères, dont les différents rôles sont l'éclairage des forces au sol (chars et infanterie), le repérage de soldats en zone ennemie (Alouette, Gazelle, Puma). L'armée française dispose en tout d'environ de 530 hélicoptères, dont 420 pour l'armée de terre.

    Grâce à l'élaboration du turbomoteur, léger, puissant, facile à monter, la production d'hélicoptères s'accroit rapidement dans les années 1950. Les conflits de Corée, d'Algérie, du VietNam confirment sa valeur militaire et suscitent le développement d'une forte industrie spécialisée. Dans les années 1970, les besoins de la recherche et de l'exploitation pétrolières sur terre et sur mer sont l'occasion d'adapter et de produire des appareils civils de moyen tonnage à forte charge utile et offrant une distance franchissable améliorée. La mise en place et le développement d'une industrie capable de produire à la fois des hélicoptères militaires et des hélicoptères civils permet la production et l'exploitation de diverses variétés d'appareils.

Parmi les leçons tirées de la guerre du Golfe en 1990 figurent celui de la nécessaire spécialisation dans des hélicoptères de combat pour la lutte antichar et pour le soutien des troupes au sol, de jour comme de nuit. Les hélicoptères, devenus souples, résistants et fiables, sous réserve de la formation de pilotes spécialisés, prennent une place importante dans l'aviation militaire, mais aussi dans toutes les armes, de nombreux pays. L'armée de terre, de l'air et la marine utilisent couramment de nos jours l'hélicopère pour les transports, liaisons, évacuations sanitaires et sauvetages.

        C'est surtout l'armée de terre qui est son plus gros utilisateur. Elle en fait, sans doute de manière plus adaptée aux conditions des manoeuvres qu'avec l'avion, un élément important sur le champ de bataille. Poste de commandement volant, déplacements rapides de matériels et de combattants, attaques de chars et autres objectifs au sol échoient à des appareils spécialisés, aux systèmes d'arme très élaborés et aux senseurs optroniques de plus en plus perfectionnés, qui peuvent opérer de jour comme de nuit. Les hélicoptères de combat les plus récents sont de plus équipés de dispositifs de réduction de la détectabilité thermique de leurs moteurs et de leur signature radar pour échapper aux missiles ennemis. Mesures et contre-mesures se perfectionnent au gré d'une course aux armements qui touche surtout la qualité plutôt que la quantité (problème des coûts là aussi). L'hélicoptère reste vulnérable aux tirs venant du sol et du ciel et ses meilleures défenses sont le vol tactique, au plus près du terrain, et la recherche de l'effet de surprise. 

  La marine, elle, oppose l'hélicoptère aux sous-marins et aux bâtiments de surface. Des systèmes d'armes complexes à base de radar, sonar, détecteurs d'anomalie magnétique, torpilles, grenades... permettent de repérer et d'attaquer, soit de façon autonome, soit en liaison avec d'autres hélicoptères ou des navires. Les gros appareils embarqués sont munis de mécanismes de repliage automatique des pales et de la queue. Les principales marines possèdent un certain nombre de porte-hélicoptères.

     Une des problèmes de l'hélicoptère, quand sont résolus ceux de l'aérodynamique, de la transmission de puissance et de la qualité des rotors, réside dans les vibrations et la fatigue de ses différents éléments. En cours de vol, comme au démarrage, les pales sont soumises à rude épreuve et doivent être fréquemment révisées voire remplacées.

Le pilotage et la stabilité requierent une formation poussée. Analogue à celui de l'avion en vol de croisière, le pilotage de l'hélicoptère présente des difficultés particulières en vol vertical ou lent. En effet, dans ces conditions, les oscillations pendulaires de l'appareil et les réactions du rotor à ces mouvements se couplent de façon divergente. La forte instabilité qui en résulte oblige le pilote à intervenir en permanence, en anticipant les réactions de sa machine. Des opérations précises, par temps turbulent ou mauvaise visibilité, peuvent nécessiter une stabilisation automatique.

  Plus sans doute que pour les autres appareils aériens, l'hélicoptère voit son coût augmenter de façon sensible, concentrant des technologies, souvent de pointe, très spécifiques. Réduire sensiblement son coût est en contradiction avec une certaine course aux armements : mesures et contre-mesures électroniques, perfectionnements des missiles sol-air, mer-air et air-air, tentatives de dépassement des limites structurelles (vitesse des rotors notamment) par la recherche de nouveaux matériaux...

 

Louis François LEGRAND et Pierre ROUGIER, Aviation - Hélicoptères, dans Encyclopedia Universalis, 2014.

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Published by GIL - dans ARMEMENT
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