Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 12:50

Mitraillettes et mitrailleuses constituent des armements qui tournent définitivement la page par rapport à l'aspect décisif que de tout temps avait l'engagement au corps à corps dans une bataille. En mettant l'accent sur l'arrosage sans volonté de précision fine des ennemis sur le champ de bataille, mieux, en démultipliant le tir sur des cibles bien définies, on entre dans une ère où la guerre ne peut plus être une affaire d'honneur, comme l'aimerait le croire encore, quand ces armes apparaissent, surtout à l'orée de la première guerre mondiale (mais beaucoup "oublient" l'expérience de la guerre de Sécession américaine), nombre d'officiers ou de sous-officiers de toutes les armes. Il s'agit là de détruire l'ennemi avant même, si possible, celui-ci ait vu le combattant. L'apparition de cette arme va de pair avec l'apparition des canons à grande distance ou des obusiers de toute sorte. Une guerre avec de telles armes exigent beaucoup de combattants car les taux de pertes immédiates s'accroissent dans de grandes proportions, alors qu'auparavant les blessés pouvaient encore nuire, même s'ils mourraient en nombre ensuite d'infections. 

 

  Le pistolet-mitrailleur ou mitraillette, arme à feu individuelle utilisant une cartouche de pistolet, possède une morphologie variée, allant de l'arme d'épaule à l'arme de poing avec actuellement bien souvent des crosses pliantes pour s'adapter à tous les usages. Apparaissant pour la première fois pendant la première guerre mondiale, elle est d'abord de faible puissance et dotée de munitions elles-mêmes de faible poids. La faible puissance des munitions permet de développer ces armes légères automatiques à la portée du fantassin ordinaire. Elle s'impose lors des assauts face à la mitrailleuse trop lourde pour être transportée.

   La mitrailleuse apparait bien avant sous une forme primitive, dès le XIVe siècle, où de nombreux ingénieurs tentent de créer une arme de défense tirant à haute cadence des projectiles légers. Si les premiers brevets sont déposés au XVIe siècle, elle n'est réellement utilisée qu'au XIXe siècle dans l'armée américaine. Elle est déployée loin des mouvements de l'infanterie, mais est utilisée surtout comme un canon tirant de la mitraille. Elle est utilisée de manière semblable lors de la guerre franco-prussinne de 1870-1871. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'infanterie l'emploie, dans des compagnies de mitrailleuses créées au sein des régiments. Durant la première guerre mondiale, l'apparition des mitrailleuses modifie complètement le déroulement des opérations militaires, d'autant que les commandements s'assurent que lorsqu'elles sont employées, elles fournissent un feu continu pendant un certain temps. 

 

    La première mitrailleuse digne de ce nom est la Maxim de 1883, adoptée par les Britanniques, alimentée par bandes et pouvant tirer 500 à 600 coups par minute. Peu après, les autres armées l'adoptent, les Japonais l'utilisant contre les Russes, avec grande efficacité lors de la guerre de 1904-1905. On améliore à la fois sa cadence de tir (jusqu'à 1 000 coups par minute) et son calibre (le 12,7 se répandant dans l'armée américaine pendant la seconde guerre mondiale).

  Les mitrailleuses, à cause de leur poids, ne pouvaient se déplacer au rythme de l'infanterie, aussi en complément de celles-ci on produsit des armes plus légères ayant les mêmes qualités tactiques, mais portée par un seul combattant  qui peut tirer en se déplaçant.

La nature des cartouches fait l'objet de maintes recherches car la cartouche tronconique utilisée dans les armes à feu portative convient mal aux armes à chargeurs et notamment aux armes automatiques.

  Dans les années 1920, une nouvelle cartouche est mise au point avec plusieurs modifications suivant les armées, notamment l'armée allemande qui utilise alors une arme automatique fonctionnant avec emprunt de gaz en unpoint du canon, tirant coup sur coup ou par rafales, alimentée par des boites-charges de 25 cartouches. La vitesse pratique de tir de cette arme est de 200 coups par minute et elle pèse 8,930 kg. D'une grande robustesse et d'une sûreté de fonctionnement remarquable (l'enraillement étant un problème chronique de la mitrailleuse, qui chauffe vite), elle es supérieure aux armes de ce type en usage dans les autres armées.

  Les armes à tir courbe connaissent un regain d'intérêt dans les tranchées au cours de la Grande Guerre. Les crapouillots improvisés par les combattants sont par la suite remplacés par des mortiers, de même aux grenades de fortune bricolés par les poilus en raison de l'insuffisance des stocks de grenade sont substitués des projectiles produits de façon industrielle. C'est dans la recherche tous azimuts de projectiles que se situent ces improvisations, improvisations qui touchent également les mitrailleuses. Au rythme affolant des tirs et des victimes concomitentes, les mitrailleuses sont parfois abandonnées sur place par l'un ou l'autre camp qui n'a pas eu le temps de les déplacer, plus par absence de munitions correspondances qu'autre chose... 

  Dans l'entre deux-guerres, en dehors de l'apparition du pistolet-mitrailleur (mitraillette), il n'y a aucun progrès sensible dans le domaine des armes à feu légères. En 1936 est mis en service le fusil du capitaine MONTEIL (MAS 36, de la Manifacture de Saint-Etienne). il comporte un magasin de cinq cartouches alimentés par lame chargeur dans la boite de culasse, pèse 3,75 kg avec sa baïonnette cruciforme et mesure 1,02 mètres. cette arme est robuste, simple et très précise. Mais les autres armes françaises sont médiocres et le meilleur pistolet-mitrailleur est italien (Vilar Perosa de 1915). Ce PM est l'objet de modifications qui touchent surtout, dans toutes les armées, la cadence de tir, sa longueur et sa robustesse. Le compromis est difficile à trouver entre une arme robuste mais lourde et sa maniabilité par le maximum de combattant.

  Le PM, tirant par rafales, est bien adapté au combat rapproché, qu'il soit utilisé par un combattant de ligne ou par un membre des multiples guerillas existantes pendant les occupations lors de la seconde guerre mondiale.

     En 1944, la Wehrmacht se dote d'une arme révolutionnaire, le fusil d'assaut (Sturmgewehr ou STG), malheureusement un peu tard pour influencer sur le cours de la guerre (comme d'ailleurs une multitude de leurs armes "secrètes"). A chargement automatique, il combine les avantages du fusil et du pistolet-mitrailleur et peut tirer coup par coup ou par rafales à la vitesse de 800 coups/minute. Ensuite, après guerre, l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal et la Suisse se dotent d'une arme de calibre OTAN 7,62 mm, dérivé du Mauser STG 45 M. L'Automat Kalachnikov soviétique de 1947, dit AK 47, s'inspire des STG 43 et 44. Adoptépar les démocraties populaires et de nombreux autres pays, c'est avec 35 millions d'exemplaires l'arme la plus répandue dans le monde. Le CAL belge de 1969, de calibre OTAN 5,56 mm, a été acheté dans 30 pays. Il existe aussi une version fusil-mitrailleur de cette arme. Le M 16 américain de 1951, adopté pendant la guerre du VietNam est la première arme à utiliser un petit calibre (5,56 mm). Il est alimenté par un chargeur de 20 cartouches et utilise une munition légère de 11,6 grammes. L'arme pèse seulement 3 kilogrammes. Depuis les années 1980 il y a une tendance générale à réduire le calibre et en même temps le poids de l'arme. L'AKS soviétique a un calibre de 5,45 et l'IW britannique de 4,85 mm. 

  L'armée française prend après 1945 beaucoup de retard sur les principales puissances militaires dans le domaine des armes à feu légères. Le rythme de dotation des armées d'armes légères (PM, fusil-mitrailleur...) est relativement lent, et ce n'est qu'en 1979 que la France se dote d'un fusil d'assaut. Le FAMAS modèle Clairon a un calibre de 5,56 mm, sa longueur est de 0,757 mètre et son poids de 3,7 kilogrammes, sa cadence de tir de 950 coups par minute. Il est doté d'un baïonnette et d'un manchon lance-grenades. Il utilise l'action directe des gaz sur une culasse non calée dont le recul est ralenti par un système amplificateur d'inertie.

   Pour lutter contre les chards, on utilisé longtemps les armes classiques, en employant des balles perforantes, mais celles-ci sont le plus souvent incapables de percer les blindages. La découverte de la charge creuse, également utilisée dans les mines, transforme complètement le combatantichar. Ces charges sont en effet capables de percer plusieurs dizaines de centimètres d'acier et encore davantage de béton et sont aussi également utilisées avec profit contre les blaukaus.

    Les roquettes autopropulsées par un carburant solide, puis les missiles remplacent avantageusement les mitraillettes ou les mitrailleuses pour percer les blindages. Les progrès dans ces blindages rendent d'ailleurs ces dernières obsolettes et déjà sur les champs de bataille  de la seconde guerre mondiale les combattants préfèrent de loin utiliser des bazookas. Ils réservent les mitraillettes pour l'assaut contre des fantassins (les grenades sont assez prisées également...) et les mitrailleuses placées en arrière pour la préparation de cet assaut...

   Les multiples perfectionnement des pistolets mitrailleurs en font des armes très maniables à portée de presque tout le monde, qu'il soit militaire ou civil, avec un entrainement réduit. Ce sont ces armes-là qui font le plus de dégâts parmi les civils lors des attentats ou des guérillas urbaines. L'ingéniosité ne s'arrête pas, car non seulement l'arme elle-même peut encore se perfectionner (notamment sur la question du refroidissement), mais l'utilisation de balles composites rend le PM très attractif, dixit la publicité des différentes firmes qui font de la communication à-tout-va le concernant. 

 

Gilbert BODINIER, armes à feu, dans Dictionnaire d'art et d'histoires militaires, PUF, 1988.

 

ARMUS

   

 

Partager cet article

Published by GIL - dans ARMEMENT
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : LE CONFLIT
  • : Approches du conflit : philosophie, religion, psychologie, sociologie, arts, défense, anthropologie, économie, politique, sciences politiques, sciences naturelles, géopolitique, droit, biologie
  • Contact

Recherche

Liens