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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 07:42

        Les lance-roquettes, dont les bazookas, peuvent être considérés comme armes d'appoint ou armes collectives suivant leur calibre, l'organisation et le poids du tube de lancement. Les projectiles sont du type autopropulsé, contenant leur propre dispositif de propulsion. La tête active est une charge creuse, montée sur un corps cylindrique creux contenant la charge propulsive et terminé à l'arrière par une tuyère centrale et un empennage de stabilisation. La vitesse initiale et, par conséquant, la portée utile de ces projectiles sont limitées par le fait que leur précision n'est acceptable que si la combustion de la charge propulsive est terminée avant qu'ils ne quittent leur tube de lancement, ce qui est loin d'être toujours le cas. Mais actuellement, dans le cadre du combat antichar, le principal problème concernant ces systèmes d'arme réside encore dans leur signature au départ du coup, c'est-à-dire dans les énormes flammes et quantité de gaz dégagées par la roquette. Cet aspect de leur mise en oeuvre condamne pratiquement leur emploi pour le combat en zone urbaine et plus particulièrement le tir de ces armes en enceinte close.

A cet effet, l'Allemagne a étudié un système évitant ces inconvénients ; il s'agit de l'Armbrust (arbalète) qui est un système portable (coup complet 6 kg) et jetable. Tiré à l'épaule, la portée maximale pratique du projectile serait de l'ordre de 300 mètres. La charge creuse d'un calibre de 60 mm a une capacité de perforation de l'ordre de 300 mm d'acier à blindage.

D'un autre côté, le système français, le lance-roquette antichar (LRAC) de 89 modèle F1 représente la tendance la plus courante. Il est composé de deux fardeaux dont l'un est jetable après le tir. Le tube lanceur pèse environ 5,5 kg et la munition avec son conteneur qui s'adapte au bout du tube environ 3 kg. D'une portée voisine de 400 mètres, le projectile a un calibre de 89 mm, ce qui lui confère un pouvoir de perforation d'au moins 400 mm. Cette arme est remplacée par l'antichar à courte portée (ACCP) qui a une capacité de performation supérieure à 600 mm et une portée utile voisine de 600 mètres lorsque le lanceur est monté sur un petit poste de tir.

   Les roquettes font partie de la panoplie des armes antichars (mais ont des usages plus larges), avec le canon sans recul et les missile. Elles désignent les projectiles autopropulsés mais non guidés (à l'inverse des missiles).

Elles peuvent être utilisées, avec des appareillages à chaque fois différent contre des formations de bombardiers (avec chronométrage, air-air, à partir d'avion ou sol-air, à partir d'un lance-roquette à terre), ou contre des chars (sol-sol ou air-sol, à partir d'avion). Les bombardiers peuvent, dans les airs, ne pas constituer les seules cibles : avions de tout genre peuvent être visés, qu'ils soient de combat ou de transport de troupes... Non seulement, le multi-usage est la règle mais leur conception est relativement ancienne : les premières roquables sont utilisées probablement en Chine aux alentours du XIIe siècle contre les invasions barbares ; en Europe l'Allemand Conrad HAAS conçoit et lance une roquette à plusieurs étages en 1529 en Roumanie...

   Elles sont lancées par des... lance-roquettes de poids, de calibres variables, surtout à usage anti-char, mais il n'est pas interdit de viser un hélicoptère ennemi par exemple, par des fantassins. Un fantassin supporte généralement la lance-roquette à l'épaule, généralement à genou à terre pour l'appui. Lorsqu'il tire avec un lance-roquette, il doit s'assurer que derrière lui aucun soldat "frère" ne s'y trouve, notamment les servants qui l'accompagnent, munis de roquettes de rechange... car au tir, les gaz de moteur fusée sont éjectés à l'arrière. Cette zone de dégagement n'est pas toujours... dégagée et dans le feu de l'action les tirs fraticides ne sont pas rares... Le servant doit aussi faire attention aux projections de poudre lors du lancement.  L'existence de cette zone très dangereuse interdit l'utilisation de la roquette en zone non dégagée comme un bâtiment par exemple... Les lance roquettes sont dotées dans les armées modernes d'organes de visée optique ou électonique...

Parmi ces lance-roquettes figure le populaire bazooka très utilisé pendant la seconde guerre mondiale d'abord par les forces américaines. C'est une des premières armes anti-char destinées à être utilisées par un fantassin. A faible coût de production, de conception simple et fabriquable rapidement, de poids réduit, le bazooka est aussi facilement copiable et est copié en grande série, et d'abord par l'armée allemande qui en produit de plus gros formats

   

 

     De manière générale, les armes légères antichars utilisent exclusivement des projectiles équipés de charges creuses. Ces charges sont des charges explosives spécialement adaptées à la perforation de plaques de blindage épaisses. Leurs effets secondairs sont pratiquement nuls. L'ogive et le système d'amorçage sont organisés pour que la partie avant de la charge, creusée en forme de cône et garnie d'un revêtement métallique spécial, se trouve au moment de l'explosion à une distance bien déterminée de la plaque (distance d'attaque). Le revêtement est alors projeté à très grande vitesse, de l'ordre de 8 000 à 9 000 mètres à la seconde, suivant l'axe de la charge, sous forme d'un dard porté à très haute température. La profondeur de pénétration est évidemment fonction du poids de la charge, mais surtout de son diamètre. Le trou de sortie est d'un diamètre beaucoup plus faible que celui de la charge. 

Les projectiles d'armes légères percent au moins 300 mm de blindage homogène. Les charges creuses perdant rapidement leur efficacité à partir d'une certaine vitesse de rotation, les projectiles qui en sont équipés ne peuvent pas être stabilisés par effet gyroscopique. Il serait exagéré de dore que la perforation de la caisse d'un véhicule blindé par une charge creuse d'une arme légère entraîne automatiquement sa destruction, mais il est à peu près certain que les produits projetés à l'intérieur du char, en provoquant un début d'incendie, contraignent l'équipage à une évacuation plus ou moins temporaire.

Les armes antichars étant destinées à la destruction d'objectifs mobiles ne peuvent être que ds armes à tir tendu. L'efficacité des charges creuses ne variant pratiquement pas en fonction de la vitesse d'impact, la portée utile de ces armes est limitée par leur précision et leur vitesse initiale. Il est couramment admis dans ce domaine de prendre, comme portée utile de combat sur véhicule en mouvement, celle qui correspond à une durée de trajet de 1,2 secondes. Compte tenu du poids relativement élevé des charges nécessaires, il est pratiquement impossible d'obtenir par effet canon des portées utiles supérieures à 50 mètres. Les armes antichars sont donc pour la plupart du type roquette, ou sans recul. Dans les deux cas, le recul de l'arme est nul ou faible, mais les projections de gaz vers l'arrière sont très importantes. Ces armes présentent donc deux inconvénients : elles manquent de discrétion, car le panache des fumées d'échappement est visible, et elles exigent un espace plus ou moins grand, libre de tout obstacle et bien entendu de tout combattant à l'arrière du tube de lancement. A noter que dans l'excitation et dans le feu du combat, des "accidents" peuvent facilement se produire, surtout si les servants se déplacent ensemble sur des véhicules groupés différents...

Il existe aussi des grenades à fusil antichars qui nécessitent l'emploi d'un fusil spécialement équipé pour ce genre de tir. (François AMBROSI)

 

   

      Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les missiles prennent une place de plus en plus importante dans les arsenaux de la plupart des armées. Ils sont utilisés à des fins soit stratégiques, pour atteindre des objectifs au coeur du territoire adverse,souvent situés à des milliers de kilomètres de leur point de lancement, soit tactiques, pour des combats se déroulant sur le champ de bataille où les cibles ne sont distantes que de quelques centaines de mètre à quelques dizaines de kilomètres. Le champ de bataille est aussi le théâtre d'opération des roquettes. 

Si missiles et roquettes, tous deux des fusées, sont également propulsés par des motreurs à réaction, ils se différencient surtout par la présence ou non d'un système de guidage. Un missile est guidé par un dispositif interne ou externe, alors qu'une roquette ne l'est pas. La probabilité d'atteinte de la cible par une roquette est donc plus faible que par un missile. Pour cette raison, les rayons d'action (portée) des roquettes restent faibles (quelques centaines de mètres) par rapport aux missiles. (Jacques VILLAIN).

  Un missile est donc un projectile autopropulsé et guidé constitué :

- d'un propulseur, moteur-fusée, réacteur (généralement statoréacteur), voire les deux (une fusée donnant l'impulsion de départ, avant d'être relayées par un statoréacteur ;

- d'un système de guidage externe (téléguidage) ou indépendant (autoguidage) ;

- d'une charge utile, charge militaire (explosive, incendiaire, chimique, biologique...), système électronique (drone de reconnaissance, missile scientifique ou expérimental) voire un simple poids pour équilibrer l'engin (missile cible) ou masse inerte (missile de propagande transportant des tracts). 

Le missile se déplaçant sous l'eau est appelé torpille.

 Il existe autant de variantes de missiles que de lieux d'envoi et de types de cibles (air, mer, terre), avec à chaque fois des variantes dans les équipements de leur environnement.

Des classifications existent mais l'imagination des techniciens et ingénieurs militaires est sans limite... On les distingue en fonction de leur lieu d'envoi/destination, de leur portée (très courte de quelques kilomètres, courte de quelques dizaines de kilomètres, longue jusqu'à une centaine de kilomètres), voire dans le cas de missiles porteurs de têtes nucléaires, tactique et stratégique,  ou en fonction de leur type de vol, balistique ou de croisière, ou encore en fonction de leur système de guidage.

  On consultera avec profit l'ouvrage de Guillaume BELAN et de Patrick MERCILLON, La saga des missiles européens (1945-2005), paru en 2005 aux Editions TTU-Certes. Régulièrement des revues spécialisées se font l'écho des améliorations technologiques.

  Sa conception est également très ancienne car des fusées récréatives ou de guerre sont signalées en chine dès le VIe siècle. A la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, des fusées à têtes explosives ou incendiaires sont testées dans les armées européennes. Mais le perfectionnement des canons durant la seconde partie du XIXe siècle entraine leur abandon. 

Durant la première guerre mondiale, l'armée allemande construit un biplan armé de torpilles lancé depuis un zeppelin, l'essaie en avril 1917, mais ne la déploie pas. Il serait intéressé de faire une recherche historique sur le couple zépellin-missile : il serait une illustration a contrario, puisque le zépelin est abandonné, de la solidarité technologique de nombreux armements si bien illustrée dans le cas du missile porté par avion. 

  Les premiers missiles opérationnels de l'Histoire sont utilisés par le Troisième Reich durant la seconde guerre mondiale. Mis au point dès 1932, ils sont utilisés d'abord notamment contre l'Angleterre (V1 et V2) en 1942-1944, et leur technologie est prise en compte (matériels et personnels) par les Etats-Unis dans le domaine des fusées spatiales et des missiles à longue portée.

   Les missiles téléguidés sont actuellement les armes antichars les plus puissantes dont peut disposer le fantassin. Le système Milan, dont l'exportation est tant vantée par les fabricants français et allemands puisqu'il est vendu à plus de 150 000 exemplaires, ou missile d'infanterie léger anti-char, est très représentatif de cette génération d'armes, qui s'étend du TOW (Tube, Opticaly, Wire) américain au SAGGER des pays de l'Est. Le Milan est un engin autopropulsé, filoguidé, équipé d'une tête militaire extrêmement puissante (capacité de perforation supérieure à la cible OTAN "triple char lourd", très convoité et très apprécié de toutes les armées non étatiques et étatiques du monde entier. Le missile atteint sa portée utile maximale, 2 500 mètres, en 13 secondes. Le poids de la munition en ordre de tir est de 11 kilos et celui du poste de tir voisin de 17 kilos. Le poste de tir comprend le système de visée, l'ensemble de mise à feu, la télécommande avec le calculateur associé.

Pendant toute la durée du vol du missile, le tireur maintient la lunette de tir pointée sur la cible en cours d'évolution et le poste de tir transmet automatiquement au missile, qui est suivi grâce à son traceur infrarouge, les corrections de vol, élaborées par le calculateur du poste de tir, nécessaires pour le conduire au but.

    

 

François AMBROSI, Armes légères, dans Encylopédia Universalis, 2014. 

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Published by GIL - dans ARMEMENT
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