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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 14:25

        Si d'aucuns pourrait penser que le conflit des icône n'appartient qu'à l'histoire religieuse du christianisme ou de l'islam, que la question de l'iconoclasme ne nous concerne plus guère, ils se trompent. Car en effet, non seulement plusieurs religions vivent encore les séquelles, et pas seulement au niveau des icônes, de cette querelle des VIIe au IXe siècles, du conflit des icônes tel qu'il se présente de manière théologique, mais dans le monde moderne des images, la question de la représentation de certaines idées, plus seulement de Dieu aujourd'hui, reste vivace, tant celles-ci n'ont jamais été aussi présentes, n'ont jamais été aussi trompeuses, n'ont jamais été aussi hallucinatoires.

Si dans un premier temps, dans l'histoire, la question est bien celle de la représentation du divin, de nos jours, la question est malheureusement la représentation simplement des réalités terrestres. Il s'agit d'abord ici de comprendre les ressorts de ce conflit des icônes qui ont agités les Eglises chrétiennes d'Occident et d'Orient, pour toucher du doigt une certaine modernité de ses questionnements. 

    L'iconoclasme est au sens strict la destruction délibérée d'images, de représentations religieuses de type figuratif, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette la vénération adressée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L'iconodulie ou l'iconophilie, à l'inverse, prône cette représentation pour des raisons très variées, et généralement dans un pragmatisme non dépourvu de garde-fous très précis.

L'iconoclasme existe depuis l'Antiquité et les statues comme les peintures ont très souvent été l'objet de conflits politiques, la destruction de la représentation d'un roi, d'un prince, d'un pharaon et même d'un chef militaire ou d'un dieu étant équivalente à une destruction de mémoire de ceux-ci, pour faire place à l'image d'un autre roi, d'un autre prince, d'un autre pharaon, d'un autre dieu. En religion, la question théologique de la représentation du divin traverse surtout les trois monothéismes qui font face toutes les trois aux multiples habitudes de représentations des polythéismes. Dans le judaïsme comme dans le christianisme, l'interdiction de représenter une figure divine vient formellement du second commandement de Dieu dans la Bible. En Islam, l'interdiction de représentation est très prégnante, à l'instar de la prohibition judaïque, dans le dessein de préserver la pureté du monothéisme et d'éviter toute forme d'idolâtrie.

La question des icônes traverse toutes les formes d'expression artistique, de l'architecture à la statuaire, de la peinture à la verrerie.

Les conflits des icônes touchent directement l'esthétique. Et la théologie des images constitue une différence entre le christianisme d'Orient et le christianisme d'Occident. L'épisode de l'iconoclasme en Eglise d'Orient marque la représentation des choses spirituelles, même après cette période historique. 

Les conflits des images n'ont jamais été aussi présents dans les luttes idéologiques, au plus fort de la guerre froide, de chaque côté des frontières, mais encore aujourd'hui, à propos par exemple de l'Islam en Occident.

Mais de façon plus générale, les images diffusées par les médias audiovisuel et sur Internet font partie d'un véritable arsenal idéologique à la disposition des groupes sociaux qui savent s'en servir. Des groupes économiques, politiques, sociaux se livrent à de véritables guerres d'images, qui se traduisent en votes et en argent. La publicité, quant-à-elle, involontairement ou non, de par sa présence massive, s'imposant même aux consommateurs réticents voire hostiles, "offre" des associations de sons et d'images à des appétences de toute sorte. Rares sont les moments où les publicités commerciales font polémiques (plus souvent aux Etats-Unis qu'ailleurs), mais ces moments-là révèlent leur présence sur les plans idéologiques, moraux et/ou politiques.

Peu de rapport entre ces conflits des icônes et ces conflits des images? N'oublions pas qu'il s'agit de représenter des choses en vue d'obtenir des comportements, leur maintien ou leur naissance. Il s'agit du côté des représentations du spirituel, de susciter - mais comment, là réside également un conflit est bien réel - la ferveur et la piété. Il s'agit du côtés des images modernes de susciter également des comportements. Dans un cas, cela se traduit par l'hégémonie de certaines groupes sociaux sur d'autres, à travers leur représentation du divin, ce qui se traduit en prestige, honneur et... richesses. Dans un autre, cela se traduit, quoique de manière plus visible, et rien ne dit que certaines images ne sont pas loin d'évoquer d'autres images, spirituelles celles-là, par prestige, honneur et richesses, pour là aussi de groupes sociaux au détriment d'autres. 

 

ARTUS

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