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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 08:31

        Hildegard GOSS-MAYR dont l'action est inséparable de celle de Jean GOSS (qu'elle épouse en 1958), autrichienne, est un témoin majeur de la non-violence évangélique dans le monde. Elle est la fille du fondateur de la branche autrichienne du MIR (Kaspar MAYR), autant dire qu'elle s'est nourrie d'une tradition pacifiste familiale. Présidente d'honneur du Mouvement International de la Réconciliation (MIR) et membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie et de celui de la Coordination international pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Philosophe, écrivaine, militante de la paix, elle s'engage contre la guerre et pour la libération par la non-violence dès les heures sombres de l'Anschluss, du nazisme et de la Seconde Guerre Mondiale. Ayant fait ses études de philosophie à Vienne et à New Haven aux Etats-Unis, elle est la première femme à obtenir son doctorat  sub auspiciis en 1953 à l'université de Vienne. 

      Après avoir participé au rapprochement ente l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest dans les années 1950, elle obtient des pères conciliaires de Vatican II une reconnaissance de l'objection de conscience. Elle travaille ensuite en Amérique latine pour la construction d'un mouvement non-violent, collaborant avec Dom Hélder CÂMARA, Adolfo PEREZ ESQUIVEL, Dom Antonio FRAGOSO, évêque de Crateus (Brésil), puis plus tard avec Oscar ROMERO, archevêque de San Salvador.

Elle a un rôle déterminant, avec Jean GOSS, dans la préparation de la révolution non-violente aux Philippines (People Power) en 1986.

Elle forme de nombreux groupes à la non-violence active dans de nombreux pays, en Europe, dans les deux Amériques, en Asie et en Afrique.

    Très peu de textes, dans l'ensemble de cet auteure,  rédigés pour la plupart en allemand, sont traduits en français. 

       La préface d'Hildegard GOSS-MAYR, en tant que Présidente d'honneur du MIR,  au recueil de textes L'espérance insoumise est très caractéristique de l'appel constants aux religions et aux religieux qu'elle considère comme moteurs de la réconciliation sociale et politique. 

"Aux antipodes de la déclaration de la Première Guerre mondiale, qui éclatait en août 1914, deux "ennemis", un pasteur allemand et un quaker anglais, convaincus que la vie humaine est sacrée et que l'humanité est une et indivisible, ont déclaré, avant de se séparer à la gare de Cologne, qu'ils refusaient de prendre les armes et qu'ils allaient rassembler autour d'eux ceux qui partageraient leur conviction de non-violence. Le Mouvement international de la Réconciliation (MIR, en anglais IFOR : International Fellowship of Reconciliation) était conçu! Il naître officiellement en 1918, après guerre.

Mobilisant courageusement leurs forces spirituelles les plus profondes pour dire un non sans équivoque à la guerre et acceptant librement le mépris et la prison, les fondateurs du mouvement ont cependant compris immédiatement qu'un oui créateur, un engagement fort et persévérant pour la réconciliation devait être le but prioritaire de leur lutte. Ils ont clairement vu, en regardant l'histoire humaine, l'enchaînement de la violence et de la contre-violence et le fait que dans une victoire imposée se trouve déjà le germe d'une insurrection des vaincus, le germe de la prochaine guerre.

C'est pourquoi le mouvement décida, ayant en vue d'obtenir une paix durable, de prendre le chemin long et souvent douloureux vers une réconciliation qui guérit les injustices, les ruptures, les haines et les blessures à leur racine, dans les consciences et les coeurs ainsi que dans les structures, par une découverte de la vérité, par un engagement pour plus de justice et par l'effort d'un pardon réciproque, pour finalement poser les bases de relations renouvelées et d'une vie créatrice de paix.

Inspiré par la foi dans l'Unique, Créateur de tous, qui unit par son amour et sa miséricorde toute la famille humaine et qui a confié aux humains la tâche d'oeuvrer à cette union, le MIR, depuis plus de trois générations, sur tous les continents, a été un initiateur de chemins de réconciliation. Il a aidé à mettre en oeuvre cette force guérissante dans des régions frappées par la guerre, face au racisme et à des divisions interculturelle et interreligieuse.

Être au service de la réconciliation dans un monde violence, de haine, de peur et de mort est un signe fort et encourageant pour l'avenir. Ce livre, qui témoigne des expériences actuelles de réconciliation dans des contextes divers de notre monde, est un don précieux pour l'année 2009, proclamée par l'ONU comme année de la réconciliation, mais c'est surtout un appel ardent et urgent à nous mettre debout et à nous engager courageusement sur ce chemin de vie". 

Hildegard et Jean GOSS-MAYR, Une autre révolution, Violence des non-violents, Cerf, 1969 ; Evangile et luttes de paix : séminaire d'entrainement à la non-violence évangélique et ses méthodes d'enseignement, Bergers et Mages, 1989 ; Une révolution pour tous les hommes libres, Toulouse, Centre d'information pour l'ouverture au tiers-monde, 1969? ; 

Hildegard GOSS-MAYR, Oser le combat non-violent aux côtés de Jean Goss, Cerf, 1998 ; Jean Goss, Mystique et militant de la non-violence (avec Jo HANSSENS, Namur, Fidélité, 2010.

Richard DEATS, Marked for life. The Story of Hildegard Goss-Mayr, Hyde Park, New York, New City Press, 2009. Gérard HOUVER, Jean et Hildegard GOSS : la non-violence, c'est la vie, Cerf, 1981. MIR, l'espérance insoumise, les religions moteurs de la réconciliation sociale et politique, Nouvelle Cité, 2009.

 

Complété le 3 février 2018. 

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