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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 13:32

    Tout d'abord le problème des fausses nouvelles (joliment appelés aujourd'hui "fake news") n'est pas très nouveau. On le retrouve tout au long des siècles, de la propagation des rumeurs par voie orale ou écrite à la propagande officielle des Royaumes, des Principautés, des Empires et des Églises. On ne compte plus dans l'Histoire les événements causés par de fausses nouvelles qui trouvent un terreau fertile dans des mentalités collectives peu informées des réalités ou/et dans de multiples conflits sociaux, économiques et politiques et dans les différentes injustices. 

   Le cas contemporain des fausses nouvelles sur Internet est que ce moyen de communication multiplie à la fois leur vitesse de propagation et la multiplicité des canaux qui les répercutent dans la société. Non seulement les réseaux sociaux sont fait de multiples sites qui se relayent toutes les informations, fausses ou vraies, vérifiées ou erronées car incomplètes, mais la presse écrite, les organes audio-visuels, les organismes officiels s'en font l'écho sans beaucoup de discernement. Et très vite, car il s'agit de ne pas se faire doubler par la concurrence, à l'heure où les médias précisément sont aux mains la plupart du temps de propriétaires privés dont le seul souci souvent est de gagner de l'argent. On en arrive au point à considérer les tweets du Président TRUMP comme des déclarations officielles... Quand donc ignorera-t-on ces petits messages spontanés? 

On pourrait penser que, vu le niveau d'instruction de la majeure partie des citoyens en Occident notamment, d'où partent le plus souvent les fausses nouvelles (mais la Chine, la Russie et de nombreux pays s'y adonnent aussi...), celles-ci seraient tuées dans l'oeuf, tout simplement parce que, manquant de soubassement intellectuel, elles sont tout de suite en apparence fausses. Mais ce serait compter sans la manie manipulatrice des opinions publiques de tous les services de tous les Etats, la mise au service de ces fausses nouvelles, de toute une technologie d'information empruntée en grande partie à la publicité commerciale et la... crédulité malheureusement de nombreux citoyens qui, d'une manière ou d'un autre, y trouvent leur compte. Car ces informations confortent des opinions acquises pour des raisons de confort intellectuel. Car de nombreux acteurs voient en certaines informations le progrès de leurs positions dans la société. Car il est nettement plus facile de répéter ce qui est dit dans beaucoup d'endroits, par conformisme social ou/et paresse intellectuelle. 

De plus, les société occidentales sont constamment soumises à des flots continus de messages par de multiples canaux, poussés par de multiples intérêts, lesquels n'ont même pas la faculté d'analyser l'impact de leurs messages particuliers (car ils confient cette analyse par ceux même à qui ils achètent leur diffusion, soit les organes de... publicité!)...

Cet état de "surinformation" crée un effet bruit, les médias exploitant toutes les faiblesses psychologiques humaines à cet égard, qui troublent tous ceux (et même au-delà) n'ont pas le temps ou/et les moyens de faire un tri entre les vraies informations et les fausses. Ajoutons à cela une défiance des citoyens envers des informations "officielles", la persistance il faut le dire, de superstitions religieuses ou de méconnaissances des réalités, notamment scientifique. Ajoutons encore à cela, et c'est un registre très différent mais souvent mallheureusement mélangé à d'autres, une certaine culture du complot rattaché à de nombreux sujets, souvent très spécifiques. Tout cela se retrouve multiplié sur Internet.

Comme y faire face?

Tout d'abord en cessant de naviguer au hasard sur la Toile. Même si la navigation de ce genre recèle d'indéniables aspects ludiques. Si on choisit de le faire à un moment donné, se réserver mentalement un espace "de second degré".

 En choisissant sciemment d'ignorer certaines sources d'informations, même si on peu passer à côté de vraies informations, et en se focalisant sur certains sites nantis de certaines références solides.

Ensuite ne jamais, jamais, se fier pour une information à une seule source et rechercher en d'autres endroits des moyens de la vérifier. Le meilleur conseil que l'on pourrait donner, même il est vrai que cela oblige à un certain travail, est de comparer des sources d'informations radicalement différentes : à un site d'internet voir un organe de presse écrite, à une information radiophonique une recherche sur Internet.

Maintenant, sur Internet, les obstacles se multiplient pour la recherche de vraies informations. D'abord l'invasion des videos et des textes publicitaires qui parviennent à gêner les lectures et les visionnages. Ensuite, la baisse de sérieux dans de nombreux journaux - surtout ceux qui possèdent un site - pour la vérification et la précision des informations. Un critère peut aider : plus l'article est court, plus il y a des chances pour que de fausses ou imprécises informations s'y glissent. On ne compte plus, de plus, les mauvais titrages des articles et même des formulations emplis de fautes de grammaires et d'orthographes, voire emplie de contre-sens ou contenant plusieurs possibilités d'interprétation. Il faut absolument repérer les sites ayant la mauvaise habitude de se répéter sous de multiples variantes. Bien entendu, ne pas se laisser abuser par des titres à la véracité tellement évidente que le contenu puisse être facilement avaler, genre Il neige ou il fait froid ou encore C'est la canicule! parfois commis par un journal parisien bien connu. Regardez en tout cas toujours les références, les références, les références, et pas seulement le nom de celui qui a rédigé l'article ou fabriqué la video...

Mais tout cela est difficile... Car Internet est en train de descendre rapidement dans les critères d'informations valables, non seulement au niveau de la présentation mais également du fond. Certains pensent même que la défiance existante envers les pouvoirs publics et les organes d'information (écrits et audiovisuels) pourraient s'accroitre rapidement dans les prochaines années et s'étendre à Internet. Au point que, même si les clics et les claques augmentent constamment (je veux écrire les clics par une touche de clavier sur la flèche de votre écran) (et les rapides changements de site en cliquant sur tous les liens qui se présentent), notamment parce que la comptabilité des connexions est réalisée à partir de ces clics et de ces claques, la crédibilité des informations qui y circule subit la chute... Dont le premier effet dommageable est de détourner les citoyens de la recherche même des informations... Et d'accroitre leur individualisme et de blinder encore davantage leur bulle de relations sociales. Chacun dans son smartphone! 

Cet article d'humeur traduit une certaine exaspération d'un internaute actif. 

 

RAGUS

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