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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 12:56

    Le baron écossais John BOYD-ORR, premier baron, est un médecin, physiologiste, nutritionniste et parlementaire britannique. Directeur général de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et  l'agriculture de 1945 à 1948, président du Conseil national pour la paix et de l'Union mondiale des organisations pour le paix, il reçoit le prix Nobel de la paix en 1949. Il est considéré comme un précurseur de la citoyenneté mondiale. 

     Toute sa carrière s'est construite, depuis la fin de l'enseignement de la théologie à l'Université de Glasgow, autour des problèmes de l'alimentation, problème crucial au sortir de la  Seconde guerre mondiale pour des millions de personnes. Il fonde en 1929 le Bureau impérial de la nutrition animales à Rowett et s'illustre pour la première fois en 1936 par la publication de l'ouvrage Alimentation, santé et revenu (Food, Health and Income), où montre que la moitié de la population britannique n'a pas les moyens de s'alimenter conformément aux règles fondamentales de la nutrition et que le dixième de cette population est sous-alimentée. Ce rapport et d'autres études effectuées par l'Institut Rowett servent par la suite de base au système britannique de rationnement pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Pendant la guerre, BOYD-ORR fait partie du Comité interministériel de la politique alimentaire et devient titulaire de la chaire d'agronomie à l'université d'Aberdeen. En 1945, il est nommé recteur de l'université de Glasgow, représentant au Parlement des universités écossaises et directeur général de la FAO, poste qu'il occupe jusqu'en 1948. Il se situe comme conservateur sur l'échiquier politique mais se présente plus tard comme indépendant (Chambre des Lords). 

Au nombre de ses ouvrages figurent : Les Minéraux et les pâturages entrelacions avec la nutrition animale (1928), Se battre pour quoi? (1943), L'Alimentation et le peuple (1944), Le Dilemme de l'homme blanc (1952). (Georges BLUMBERG)

 

        John BOYD-ORR lutte pendant des années en théorie et en pratique contre la pauvreté, la faim, une nourriture insuffisante et mal comprise, non seulement dans son pays, mais dans le monde entier. Il rappelle toujours que l'échange des produits alimentaires est le plus grand et le plus important commerce du monde. Spécialiste de l'alimentation et de l'économie, il met tout en oeuvre pour établir une collaboration à l'échelle mondiale et des échanges de produits alimentaires ente tous les pays. Ce n'est pas le profit de quelques gros marchands qui doit être déterminant, mais les besoins alimentaires des différents pays. Il pense que ce réseau d'échanges de produits alimentaires doit être dirigé par des spécialistes de l'alimentation de divers pays. Toutes vérités bien oubliées par les organisateurs actuels du commerce libéral international... 

S'il combat, mobilisé comme officier en France, dans la Première guerre mondiale, il devient plus tard pacifiste convaincu. Ce n'est pas la peur de la mort qui a déterminé ce chengement : il a reçu des décorations militaires qui témoignent de son indifférence devant elle. Mais il sait clairement qu'à son époque de développement économique, technique et social, de domination des forces de la nature - que nos ancêtres ignoraient - une guerre serait une monstruosité, la mort pour tous et le suicide. Il ne méconnait pas les grandes épidémies d'après la première guerre mondiale qui ont causé plus de morts que celle-ci. 

Il a la profonde conviction qu'il ne doit y avoir qu'une guerre. On doit la mener avec la plus grande énergie et la mobilisation de moyens financiers énormes : c'est la guerre contre la pauvreté, la sous-alimentation et la faim sur la planète. Il parcourt beaucoup le monde (il voyage beaucoup en Chine, se rend plusieurs fois en Russie), se met en rapport avec des biologistes, économistes et chefs de gouvernement de tous pays. Il s'explique sur son programme qui veut éviter une troisième guerre mondiale et lutter collectivement contre la faim.

Il se considère constamment comme un pionnier du gouvernement mondial et fait partie de ceux qui fondent en l'ONU beaucoup d'espoirs dans ce sens. En 1956, il publie avec des physiciens, médecins et biologistes du monde entier, un Manifeste, qui se présente comme faisant fi de la guerre froide, rédigé par des savants du monde capitaliste et du monde communiste. Dans ce Manifeste, il avertissent tous les hommes de se détourner d'une troisième guerre mondiale et de ne pas utiliser les armes atomiques. Même s'il est membre du parti conservateur, et s'en revendique fortement car "je désire, dit-il, conserver, dans ce monde éternellement changeant, tout ce qui ne nuit pas au progrès". (Myriam ORR)

Pacifiste et citoyen du monde, il se situe aux antipodes des réactionnaires de son propre parti, et ne partage absolument pas leur anti-communisme. 

On ne connait guère de traductions françaises de ses oeuvres.

John BOYD-ORR, Fighting for What?, London, Macmillan, 1942 ; Food and the People, London, Pilot Press, 1943 ; International Liaison Committee of Organisations for Peace : A new strategy of peace, London, National Peace Council, 1950 : The White Man's Dilemma : Food and the Future, London, Allen & Unwin, 1953, réédition en 1964.

Georges BLUMBERG, Boyd-Orr, dans Encyclopedia Universalis, 2014. Myriam ORR, ils vivent pour la paix, Perret-Gentil, 1962. 

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