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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 14:38

   C'est une question que l'on ne poserait pas pour l'Empire Romain (d'Occident) qui bénéficie d'une abondante filmographie. Le fait est qu'il est toujours plus difficile de trouver un traitement favorable à un ensemble politiques qui n'existe plus et qui de surcroit n'a laissé qu'un héritage éclaté entre différentes entités dans l'Histoire que pour un pays ou un Empire qui existe encore ou qui a laissé un héritage bien délimité et assumé (l'Occident chrétien en fin de compte pour l'Empire Romain, sans compter une captation réelle par l'Eglise qui ne s'appelait pas encore catholique), une nation qui a besoin de réifier son histoire et d'établir ou maintenir son image, pour la faire partager à des citoyens qui se pensent découler d'eux. Dans ces cas, ce sont les héritiers des différentes contrées partenaires ou ennemies de ces Empires ou pays disparus qui renvoient l'image, pourrait-on dire, et souvent au détriment d'eux et pour l'édification des citoyens des nations existantes aujourd'hui. 

Aussi, il n'est pas étonnant qu'un ensemble, au demeurant assez restreint de films de fiction, renvoie une image assez négative de l'Empire byzantin, déjà frappé d'une image littéraire négative difficile à redresser compte tenu des sources existantes. Ainsi, Constantinople, le dernier film en date, par lesquel nous commençons cette liste que nous dressons ici, à titre provisoire en attendant d'autres informations. Côté documentaire, on pourrait écrire que la denrée est encore plus rare...

   Côté films de fiction, citons donc :

- Constantinople, film turc de 2012 qui raconte la prise de la Ville par les forces ottomanes, qui entraine la destruction de l'Empire byzantin en 1453. Au titre original Fetih 1453, il se place du côté ottoman, et fait l'objet de virulentes critiques pour le nationalisme qu'il glorifie et sa vision plus que biaisée de l'histoire. Plus gros budget de l'histoire turque du cinéma (17 millions de dollars sinon plus...) et grand succès populaire, il est montré à un moment où la politique d'Istanbul se caractérise par un conservatisme religieux et une agressivité envers les peuples environnants. 

Si en soi, le film est regardable comme (très) un bon film d'aventures, et d'ailleurs c'est pratiquement l'angle d'attaque de presque tous ces films sur l'Empire byzantin, et si on peut voir mis en oeuvre diverses armées, malheureusement la réalité historique y est plus qu'écornée. Le film du réalisateur Faruk AKSOY, qui en est aussi le producteur (Aksoy Film) de 165 minutes, montre face à face deux groupes d'armées impressionnant alors que déjà lors du siège, l'armée byzantine s'est déjà, en l'enseigne des considérables pertes de territoire, très réduite et qu'à l'inverse les troupes et la glotte turque est pratiquement énorme. Par ailleurs, l'armée turque ne comptait pas de trébuchet et l'assaut est plutôt mené sans préparation de tirs (à part flèches et javelots, à efficacité limitée), et surtout le siège est présenté comme un épisode de djihad avec de nombreuses références religieuses anachroniques. 

- Agora, qui n'est pas un film à grand spectacle, date de 2009. Film espagnol de Alejandro AMENABAR, il met en scène l'action l'une femme philosophe, philosophe et astronome, en bute, dans un contexte de déclin du polythéisme, aux menées de leaders chrétiens nettement moins instruits et plutôt présentés comme prosélytes violents. Il s'agit d'un film qui repose sur le contexte de l'Empire byzantin, dans l'Egypte du 4ème siècle, et en dit plus sur certains aspects culturels des mentalités de l'époque que sur la situation de l'Empire.  

- Khan Aszparuh ou 681 A.D., the Glory of Khan, de 1981, film bulgare de 92 minutes, raconte l'histoire du Khan du titre et des événements fondant l'Etat médiéval en 681. Réalisé à l'occasion du des 1 300 ans de la Bulgarie, par Ludmil STAIKOV, il devait comporter 4 heures et demie de métrage. La version raccourcie, très critiquée, renforce les aspects nationalistes et ne rend pas compte de l'ensemble de l'oeuvre, bien plus complexe. Cet État bulgare s'est construit en partie contre l'Empire byzantin et bien entendu, ce dernier n'est pas montré sous un jour très favorable... La version raccourcie en outre renforce plus les aspects spectaculaires que la description des forces politiques en jeu... 

- Chivalric Romances est un film russe de 2000, situé pendant l'Empire byzantin, durant la Première Croisade (1096-1099) et basé sur la nouvelle de Sir Walter Scott : Count Robert of Paris. Ce film, dirigé par Aleksandr INSKAKOV  se situe dans le grand renouveau du cinéma russe actuel,. Nous ne l'avons pas visionné...

- Här kommer bärsärkana est un film suédois d'aventure de Arne MATTSSON. Réalisé en 1965 et d'une durée de 99 minutes.

- The last Roman (titre original Kampf um Rom), est un film historique ouest-allemand et italien de Robert SIODMAK qui a la particularité d'avoir été réalisé en 1968 (part I) et 1969 (part II), avec une version allemande de 1976, de 186 minutes au total environ. Il montre la lutte au 6ème siècle entre l'empereur JUSTINIEN, les descendants de l'Empire Romain d'Occident et les Ostrogoths. Mal accueilli par la critique qui le juge "splendeur, amour et pathos", ou "naÏve-entertaining" et trop superficiel, le film ne donne pas trop la réalité historique de l'époque, donnant la part belle aux batailles, intrigues pas forcément dans leur déroulement tel qu'on les connait. Théâtral, spectacle certain pour les yeux, mais sans doute rien d'autres... A part peut-être les costumes d'époques...

- Viking est un film russe de 2016 montrant la lutte du prince médiéval de Novgorod, VLADIMIR LE GRAND, pour la formation, contre entre autres l'Empire byzantin, du royaume russe, comme un des rois d'une saga... Réalisé par Andrei KRAVCHUK d'emblée en deux versions, l'un "familiale" et l'autre "complète", il est conçu éventuellement pour être le pilote d'une série télévisée. Mal accueilli par la critique russe (peu historique et trop propagandiste chrétien) mais au succès public tant national qu'international (pour l'année 2016, il figure au top 10 premiers films au box office). Dans sa durée totale de 133 minutes, il possède une qualité artistique indéniable (nous avons aimé!), mais en dit peu, encore une fois, sur la réalité historique de l'Empire byzantin...

- Theodora est un film italien de 1921 sur la vie de l'impératrice bizantine du titre, réalisé par Leopolda CARLUCCI. Il s'agit d'une histoire d'amour dans le contexte d'un conflit armé entre Byzance et Rome. Il fait partie des grands films à grand spectacle de l'essor du cinéma muet italien, avec CABIRIA et bien d'autres... 

- Theodora, Esclave et Impératice (Slave Empress) est un film franco-italien de 1954 au sujet de l'impératrice du titre, esclave puis mariée à JUSTINIEN 1er, empereur de Byzance (527-565). Réalisé par Riccardo FREDA, de 88 minutes. Décevant selon la critique, il n'a pas eu une grande notoriété à sa sortie (!). Il est vrai qu'il met l'accent sur l'exotisme plus que sur le récit historique, avec le tort en plus d'avoir très peu de scènes d'action flamboyantes.

   Il vaut mieux, pour ce qui concerne notre sujet d'appesantir plus sur le documentaire britannique Byzantium : The lost empire (rien à voir avec Byzantium, de Neil JORDAN ) de John ROMER réalisé en 1997. D'une durée totale en DVD de 203 minutes, ce documentaire retrace l'histoire de l'Empire byzantin. L'archéologue, égyptologue et histien John ROMER montre, de manière plus ou moins chronologique maints aspects de la civilisation byzantine, que ce soit en architecture, en politique, en art ou en littérature... Byzantium fait partie d'une série de documentaires TV d'archéologie qui procède grosso modo de la même manière. A partir précisément des découvertes sur trois continents et pour une période de plus d'un millénaire, il découvre divers aspects de la vie de ces citoyens d'Empire, sans vouloir procéder à une reconstitution historique globale... La densité des informations mise en relief est si importante que pour en tirer le maximum de profit, la vision de cette série de 4 films doit s'opérer stylo (manuel ou électronique) à la main... Quitte à approfondir ensuite, grâce aux propres indications du réalisateur ou ailleurs, tel ou tel aspect... Il faut dire aussi que la voix monocorde du réalisateur qui accompagne ses propres documentaires peut conduire, surtout qu'il jette souvent des informations sans les préciser outre-mesure, à lasser. A défaut de présenter l'histoire de l'Empire byzantin de manière structurée, que ce soit en politique ou en art, maintes de ces informations doivent être saisie en quelque sorte "au bond", ce qui fait qu'en définitive, ces documentaires, malheureusement, mais il faut sans doute s'en contenter aujourd'hui, ne constituent pas une bonne introduction didactique...Mais ils ravissent par contre les sympathisants de cette période historique!

Une version en video (en vision libre) en disponible en français sur Internet (le demander explicitement au navigateur, sinon il est perdu, le pauvre...), avec une voix moins monocorde... 

 

FILMUS

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