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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 07:24

    Le journaliste et homme politique français Marc SANGNIER est l'un des promoteurs du catholicisme démocratique et progressiste. Il a une place importante dans le lancement du mouvement de l'éducation populaire à travers revues et mouvements. Créateur du Sillon, pionnier du mouvement des auberges de jeunesse en France, il consacre une grande partie de son temps pour la lutte pour la paix. 

     Après une éducation chrétienne, élève au lycée Stanislas de 1879 à 1894, il entre à l'École polytechnique en 1895 et obtient une licence de droit en 1898. 

    Jeune étudient en 1894, il anime un journal philosophique, Le Sillon, journal du mouvement pour un christianisme démocratique et social, fondé par son ami Paul RENAUDIN. Il fait de cette publication un lieu de réflexion politique dans l'esprit du "Ralliement" des catholiques au régime républicain prôné par le pape LÉON XIII et de son encyclique Rerum Novarum.

   En 1899, Le Sillon devient l'organe d'un vaste mouvement d'éducation populaire qui réunit la jeunesse ouvrière et les fils de notables afin de réconcilier les classes laborieuses avec l'Église et la République, à une époque où l'ensemble de l'Église est encore conservatrice et même en partie monarchiste. En s'appuyant sur les patronages catholiques, Marc SAUNIER crée en 1901 des instituts populaires qui donnent vite des cours et des conférences publiques. Lors du congrès national du mouvement de 1905, près de mille cercles venus de la France entière sont représentés. C'est l'année de la publication du roman de Gorges FONSEGRIVE (qui avait permis le premier à Marc SANGNIER d'exposer ses idées à un vaste public dans sa revue La Quinzaine), Le Fils de l'Esprit. Roman social, "livre de chevet de toute une jeunesse", où s'exprime par la fiction le projet de ces catholiques sociaux ralliés à la République.

La loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État constituent un tournant : le conflit entre les idées libérales du Sillon et l'épiscopat français monte d'un cran. Et en 1910, le Pape PIE X condamne les idées des sillonistes qui prône selon lui "le nivellement des classes, la triple émancipation politique, économique et intellectuelle. Le clergé est traversé par ce conflit et Marc SANGNIER préfère, après s'être soumis à la directive du Vatican et fermer Le Sillon,  abandonner l'action religieuse pour l'action politique. 

   Il fonde alors un quotidien, La Démocratie, puis en 1912, la Ligue de la jeune République. Il milite pour l'égalité civique pour les femmes, le scrutin proportionnel et ébauche un système avant-gardiste de législation sociale.

   Mobilisé en à la déclaration de guerre en 1914, il sert avec le grade de lieutenant pendant 18 mois sur le front et est décoré de la Croix de guerre avant d'obtenir la Légion d'honneur. La paix revenue, il se présente aux élections législatives et est élu à la Chambre "bleu horizon". Réactivant son mouvement Jeune République, il défend l'idée d'une véritable réconciliation franco-allemande, se déclarant ouvertement pacifiste, comme d'ailleurs une grande partie de l'élite intellectuelle au sortir de la Grande Guerre, mais à l'opposé d'un classe politique voulant faire payer la guerre à l'Allemagne. Il perd, à cause de ces idées pacifistes, les élections de 1929 et décide d'abandonner alors la politique.

   Il se consacre à partir de ce moment entièrement à la cause pacifiste. Il reprend l'idée de Richard SCHIRRMANN qui initie les premières auberges de jeunesse en Allemagne et crée la première auberge de jeunesse française, l'Épi d'or, en 1929, dans la commune de Boissy-la-Rivière où il est installé et dont il est maire depuis 1925. L'année suivante est fondée à son initiative la Ligue française pour les auberges de jeunesse.

    Marc SANGNIER crée un nouveau périodique, L'Éveil des peuples, afin de faire connaître ses idées. Des personnalités comme Pierre COT et René CASSIN signent à l'occasion quelques articles dans son journal. Durant l'occupation, après la défaite de 1940, il met l'imprimerie de son journal au service du Groupe de la rue de Lille, ce qui lui vaut d'être arrêté par la Gestapo et incarcéré pendant quelques semaines à la prison de Fresnes. A la Libération, il est élu député de Paris sous l'étiquette MRP (Mouvement Républicain Populaire). Mais ni au Parti, ni au Parlement, il n'a un rôle très efficace. 

   Il est l'auteur de nombreux ouvrages et son oeuvre est conservée (et diffusée par) à l'Institut Marc-Sangnier, fondé par son fils Jean (1912-2011). Parmi ses ouvrages, citons L'Éducation sociale du peuple (Rondelet, 1899), Le Sillon, esprit et méthode (Au Sillon, 1905), L'Esprit démocratique (Au Sillon, 1906), La lutte pour la démocratie (Perrin, 1908), Conférences aux soldats sur le front (Bloud et Gay, 1918), Le Pacifisme d'action (Foyer de la paix, 1936), Le Combat pour la paix (Foyer de la paix, 1937), Histoire des Auberges de la Jeunesse (Les Auberges, 1946). Ses discours en 10 tomes ont également été publiés.

 

Marc SANGNIER, le droit de la guerre d'après les théologiens et les canonistes du Moyen-Âge, Paris, A. Tralin, 1911 ; La doctrine scolastique du Droit de guerre, A. Pedone, 1919. Disponibles sur Gallica, le site de la BNF. 

Denis LEFÈVRE, Marc Sangnier, l'aventure du catholicisme français, éditions Mame, 2008. Nadine-Josette CHALINE, Empêcher la guerre, encrage, 2015.

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