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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 09:36

      L'avocat et homme politique français Aristide Pierre Henri BRIAND, onze fois président du conseil et 26 fois ministre sous la Troisième République, joue un rôle essentiel dans les relations internationales après la Première guerre mondiale. Il est certainement l'homme politique français qui, dans les années 1920, incarne le mieux les aspirations pacifistes. Son credo pacifiste, répété notamment par des propagandistes convaincus dans tous les départements, finit par marquer le pays, qui souscrit à ses idées, notamment au moment des accords de Munich en 1938. 

    Grand artisan de la sécurité collective dont le pivot serait la Société Des Nations, Aristide BRIAND, signe au nom de la France avec l'Américain Frank Billings KELLOG, le pacte BRIAND-KELLOG visant à mettre la guerre hors-la-loi. Toute sa construction diplomatique s'effondre dès le début des années 1930, marqués par la crise économique du capitalisme de 1929, la montée du nazisme et du nationalisme japonais.

     Sa rencontre en 1886, alors qu'ils s'inscrit comme avocat stagiaire au barreau de Saint-Nazaire, avec Fernand PELLOUTIER, figure de l'anarcho-syndicalisme et secrétaire de la Fédération des Bourses du Travail, détermine son entrée en politique. 

Son histoire se confond alors un moment avec celle du Parti socialiste à partir de 1902 (élu député socialiste de Saint-Etienne), après avoir été très proche et avoir favorisé la montée (élections) de partisans du syndicalisme révolutionnaire. Mais il évolue politiquement vers le centre (1906-1914). Après avoir contribué au processus de laïcisation en tant que rapporteur de la loi de la séparation des Églises et de l'État (où il excelle dans ses talents de négociateur pragmatique), il accepte d'entrer dans le gouvernement radical de SARRIEN, contre l'avis de Jean JAURÈS et de nombreux socialistes. Sans doute l'attraction (l'attrait...) du pouvoir a-t-il contribué à son évolution politique. En tout cas, de 1906 à 1913, il se révèle hostile au droit de grève des fonctionnaires et participe à des actions anti-syndicales du gouvernement (chemins de fer). Il crée une éphémère Fédération des gauches aux côtés de plusieurs chefs de file du Parti républicain démocratique en 1914, consacrant définitivement une certaine image de "social-traitre". 

 Pendant la première guerre mondiale, il joue un rôle essentiel comme président du conseil (1915-1917), dans le soutien de l'effort et de l'efficacité de guerre, avant d'être renversé par CLEMENCEAU, meneur des jusqu'aux-boutistes, dont il est par la suite un des principaux adversaires. Dans l'entre-deux-guerres, il est d'abord dans les années 1920 et au début des années 1930, un personnage phare de la république, comme son rival Raymond POINCARÉ. Durant la période (1921-1925) où il occupe le poste de ministre des Affaires étrangères, il se rapproche des socialistes. C'est dans cette période également qu'il incarne sur la scène internationale une vision de la paix par le droit, poussant la SDN a assumer un rôle de plus en plus actif. Mais dès décembre 1929 où son projet de Mémorandum sur l'organisation d'un régime d'union fédérale européenne n'est pas retenu par l'Assemblée, son action trouve ses limites, malgré la conclusion de l'accord Briand-Kellog de 1928 qui mettait la guerre "hors-la-loi". 

Le plus grand reproche qui lui est fait par la suite, surtout après la deuxième guerre mondiale, est d'avoir mené jusqu'au bout une "politique d'apaisement" et d'avoir défendu l'idée d'une paix "impossible". Surtout, vu l'activité de propagande pour la paix de ses partisans, il a pu sans doute illusionné nombre de ses compatriotes sur les possibilités de maintenir la paix, malgré les volontés expansionnistes des régimes allemand nazi et italien fasciste. 

     Ses oeuvres principales se concentrent dans la période d'avant-guerre : La grève générale et la révolution, Le Havre, édition à bon marché, 1899 ; La Séparation, Fasquelle, en deux volume (1908-1911) ; La séparation des Églises et de l'État, rapport fait au nom de la Commission de la Chambre des Députés (1905). Mais son activité pacifiste est surtout visible par la correspondance diplomatique et les papiers personnels, conservés aux Archives nationales.

Aristide BRIAND, Discours pour l'abolition de la peine de mort (1908) et Message au peuple américain (1927), Éditions la Bibliothèque digitale, septembre 2012, ePub ; La séparation des Églises et de l'Etat, rapport, Hachette livres/bnf.

Christophe BELLON, Aristide Briand, CNRS Éditions, 2016 ; La République apaisée : Aristide Briand et les leçons politiques de la laïcité (1902-1919), en deux volumes, Cerf, 2016. Bernard OUDIN, Aristide Briand, Perrin, 2016. 

Nadine-Josette CHALINE, Empêcher la guerre, encrage, 2015. 

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