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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 09:39

   Le général américain Robert Edward LEE s'illustre d'abord comme commandant de l'armée de Viriginie du Nord, puis comme général en chef des armées des États Confédérés. Il est considéré par de nombreux historiens comme le meilleur soldat qu'aient produit les États-Unis.

 

Une carrière militaire brillante

   Sa carrière militaire est proche de celle de son grand rival, Ulysses GRANT. Diplomé comme lui de l'académie militaire de West Point, il participe à la guerre du Mexique comme chef d'état-major vant de prendre la direction de West Point, puis celle du 2ème régiment de cavalerie. En 1852, il quitte l'armée qu'il réintègre sept ans plus tard pour écraver l'insurrection anti-esclavagiste menée par John Brown à Harper's Ferry (Viriginie occidentale).

Bien qu'il soit contre la sécession des États du Sud et bien que le président LINCOLN lui offre de diriger l'armée de l'Union, il se rallie aux forces confédérées lorsque éclate la guerre. Tour à tour commandant de l'armée confédérée de Virginie (qu'il baptise armée de la Virginie du nord) et commandant en chef de l'armée confédérée il est le conseiller principal du président de la Confédération, Jefferson DAVIS. Il concentre ses efforts autour de la Viriginie, qui est à la fois son pays natal et un lieu stratégique où se trouvent réunies au sud et au nord, les deux capitales, Richmond et Washington.

En état d'infériorité numérique et géographiquement isolé, LEE semble être logiquement contraint à adopter une posture stratégique défensive. A la surprise de ses adversaires, il opte pour la stratégie inverse., étant persuadé qu'une défaire de l'Union sur son propre terrain serait psychologiquement dévastatrice et amènerait les autorités à négocier un traité de paix. A la suite d'une série de victoires près de sa capitale, il fait renforcer les fortications  autour de Richmond et envoie Tomas "Stonewald" JACKSON sur la vallée de la Shenandoah afin d'obliger l'Union à disperser ses forces. Une fois la Shenandoah investie, il fait revenir, par le train, une parties des forces de JACKSON et remporte la (deuxième) bataille de Bull Run, au sud de Washington (août 1862). La stratégie de LEE semble sur le point de réussir? LINCOLN retirerait ses troupes aux abords de Richmond. LEE allait affronter directement son adversaire pour cette bataille décisive qu'il recherche depuis le début des hostilités. Toutefois, face à MCLALLAN, à la bataille d'Antietam, dans le Maryland, il ne peut forcer la victoire lors d'un combat particulièrement meurtrier. Il se replie sur Fredericksburg où il remporte une première victoire, en décembre, et puis une seconde, magistrale, à Chancellorsville, au mois de mai 1863, qui lui permet de préparer une nouvelle campagne vers le nord. Mais à Gettysburg, le 3 juillet 1863, la guerre prend un tournant décisif en faveur de l'Union. LEE y perd plus d'un tiers de ses troupes. Au même moment, la Confédération perd la bataille de Vicksburg et le contrôle du Mississippi.

A partir de ce moment, LEE doit mener une guerre défensive face à GRANT. Il manifeste beaucoup de talent durant toute cette campagne où il sait anticiper chacun des mouvements de son adversaire. Cependant, il est en état d'infériorité numérique et, pris en tenaille, par GRANT et SHERMAN, il ne peut que retarder la défaire finale de la Confédération.

    Robert E. LEE est un maître tacticien doté d'une pugnacité hors du commun et d'un sens aigu du commandement. Sa technique des sièges et des fortifications est inégalable. Nénamoins, en terme de stratégie globale et de logistique, il est inférieur à GRANT. Doté d'une santé médiocre, il meurt peu après la guerre. (BLIN et CHALIAND)

 

Fidélité et allégeance

    Comme beaucoup d'élèves de West Point, LEE est aux prises du dilemme d'engagement envers les Etats-Unis et de fidélité envers la famille et son état natal de Virginie. Comme beaucoup également, maints officiers sortis de cette académie militaire sont hostiles à la Sécession mais choisiront en majorité à suivre les orientations de leur État d'origine. Pour LEE, ce choix est guidé notamment par le fait qu'il est, avant cette guerre qualifiée après coup de civile, commandant des armées de Virginie ; comme beaucoup de ses camarades, il choisit de rejoindre et de mener les forces confédérées. Ce dilemme reste toujours présent dans son esprit : aussitôt après la défaite des États du Sud, il demande le renouvellement de son serment d'allégeance aux Etats-Unis d'Amérique et même sa réintégration dans l'armée, chose qui ne se fait pas car (ce qu'on découvre en... 1970!) sa demande s'égare dans les méandres de la bureaucratie militaire...

Après la guerre, il apporte son soutien au programme de reconstruction du Sud proposé par le président Andrew JOHNSON, mais il s'oppose au droit de vote des anciens esclaves sous le motif qu'ils ne sont pas suffisamment éduqués pour voter intelligemment, étant ainsi la proie des candidats démagogiques. Il s'oppose néanmoins à toute violence contre ces anciens esclaves et contre les autorités fédérales, qui se manifestent longuement au Sud sous différentes formes. Il tente sans succès de faire construire des établissements publics scolaires pour les enfants noirs. Jusqu'à sa mort, il reste populaire au Sud, et le devient même au Nord.

Sa mort prématurée ne lui permet pas d'écrire ou de faire écrire ses Mémoires. C'est à partir de ces rapports nombreux familiers à l'institution militaire du haut en bas de l'échelle des officiers, ainsi que sur des témoignages directs, que de nombreux biographes s'essaient à établir son portrait et à expliquer sa carrière militaire et politique.

 

Vincent BERNARD, Robert E.Lee, la légende sudiste, Paris, 2014. Alfred BURNE, Lee, Grant and Sherman, a Study in Leadership in the 1864-1865 Campaign, New York, 1939. Douglas FREEMAN, Robert E. Lee, a biography, en quatre volumes, Éditions Scribner, New York, 1935. J.F.C. FULLER, Grant and Lee, a study in Personality and Generalship, Bloomington, 1957. Robert BLOUNT Jr, Robert Lee, Penguin Putman, 2003. Alain SANDERS, Robert Lee, Pardès, collection Qui suis-je?, 2015.

Arnand BLIN et Gérard CHALIAND, Dictionnaire de stratégie, tempus, 2016.

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commentaires

Candice 03/12/2018 01:30

Très bel article, très intéressant et bien écrit. Je reviendrai me poser chez vous. A bientôt.

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