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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 08:36

   Vo Nguyen GIAP est un général et homme politique vietnamien communiste. Chef de l'Armée populaire vietnamienne pendant la guerre du Viet Nam, il est le seul chef militaire ayant vaincu à la fois l'armée française, l'armée américaine et l'armée khmer rouge. Il a combattu également l'armée japonaise (août 1944)

Il contribue à faire de son pays la première puissance militaire du Sud-Est asiatique.

Le général Vo Nguyen GIAP est entré dans l'histoire militaire et les études militaires et stratégiques de son vivant. Admiré par ses amis et ennemis, dont le général français Raoul SALAN et le général américain William WESTMORELAND. Autodidacte et militant sur le terrain, il n'a suivi les cours d'aucune académie militaire.

 

 

Communiste et stratège militaire

     Participant à des manifestations nationalistes en 1930, il est emprisonné à Poulo-Condor durant plus de deux ans. Puis, enseignant en histoire dans un lycée, il rejoint le Parti Communiste vietnamien (1934). Il collabore alors avec Pham Von DONG dans le cadre de publications de propagande et publie un livre sur la question paysanne (en collaboration avec Truon Chinh) saisit par les autorités coloniales. En 1939, il se rend en Chine où il rencontre Hô Chi Minh. Deux ans plus tard, le Viet-minh est créé. Durant la guerre, GIAP forme le noyau de ce qui deviendra l'armée populaire du Viet-nam.

Après la proclamation de l'indépendance à Hanoï par Hô Chi Minh en 1945, GIAP est brièvement ministre de l'Intérieur, mais les hostilités commencent bientôt avec la volonté française de reprendre pied en Indochine. Il devient ministre de la Défense en 1946.

Après l'échec du soulèvement de Hanoï (décembre 1946), il abandonne les villes et les voies de communication, sauf à entretenir la guérilla urbaine pour fixer des forces adverses, et concentre ses efforts sur les campagnes. Ce n'est qu'en mai 1949, considérant que le "guérillaisme" n'est pas une fin en soi, qu'il se sent assez fort pour combiner guérilla et guerre mobile, et remporte un succès important à Cao-Bang qui lui permet d'organiser dans le Nord du pays une base solide faite de positions éparpillées souvent souterraines et peu vulnérables à l'aviation. Il y organise une école de cadres. L'armée vietnamienne, efficacement soutenue par l'URSS et la Chine populaire, consiste en milice pratiquant cette guérilla, troupes provinciales assurant les liaisons et unités régulières.

De manière générale, après la réoccupation française du Viet-nam, GIAP se réfugie le long de la frontière chinoise, au Viet Bac, et entame une guerre de partisans fondée sur un patient travail de mobilisation politique. Jusqu'en 1949, les forces contre-insurrectionnelles accrochent rarement le Viet-minh, et GIAP parvient à détruire le réseau de postes fortifiés français le long de la frontière. Cependant, la bataille pour gagner la sympathie et le soutien de la population continue.

La guerre prend une nouvelle dimension avec l'arrivée du général de LATTRE DE TASSIGNY (1950) comme commandant en chef des forces françaises. Les troupes du Viet-minh sont battues lorsqu'elles tentent, en 1951, d'investir le delta du fleuve Rouge. Ce qu'il envisage alors comme la troisième phase de sa stratégie, la conquête du sol échoue donc.  GIAP se retire et revient à la tactique de guérilla, tout en créant les conditions militaires pour un éventuel choc frontal, améliorant progressivement le niveau des armements et la capacité logistique.

La bataille de Diên Biên Phû, destinée à entrainer les forces du Viet-minh dans le piège du choc frontal, est, après bien des hésitations, acceptée par les forces communistes. Compte tenu des capacités logistiques du Viet-minh, de son artillerie et du moral extrêmement élevé des troupes, Diên Biên Phû, rapidement privé d'un terrain d'aviation et encerclé, se termine en désastre pour les troupes commandées par le général de CASTRIES (1954). GIAP a pensé cette offensive dès octobre 1952 et cette bataille, au cours de laquelle il dissimule habilement à l'aviation adverse l'acheminement à travers la jungle de matériel lourd, en est l'aboutissement, après bien des tassements sur le terrain.

Après l'indépendance du Viêt-Nam, partagé en deux le long du 17ème parallèle, GIAP devient ministre de la Défense de la République du Viet-Nam du Nord. A partir de 1965, l'armée du VietNam du Nord sert de soutien au Front National de Libération (FNL) qui lutte pour chasser le gouvernement pro-occidental du VietNam du Sud et ses alliés américains. Les méthodes sont à peu près les mêmes que dans la guerre contre les Français. GIAP reste le stratège de cette nouvelle guerre, même s'il laisse un rôle de plus en plus important aux généraux qu'il avait formés, dont Van Tien Dung qui s'empare de SaÏgon.  Il paraît en effet en perte de vitesse en 1971 et en 1975 - le commandant en chef est Van Tien Dung qui dirige la campagne, provoquant la chute de la capitale du VietNam du Sud. GIAP cesse d'être ministre de la Défense en 1980 et se retire du Politburo en 1982, mais occupe une place très prestigieuse au Viet-Nam.

 

Une oeuvre axée sur la guérilla populaire

  Les écrits militaires du général GIAP paraissent moins originaux que ceux de Mao Zedong. Cependant, en tant qu'organisateur et logisticien, il peut être considéré à la fois comme un remarquable militaire et un symbole de ce qu'une nation, sous la direction d'un noyau organisé et convaincu, peut accomplir à condition d'être convenablement motivée. De surcroît, au delà- de la violence armée, il ne perd jamais de vue, comme tous les "marxistes-léninistes", le but ultime de la stratégie militaire.  (BLIN et CHALIAND).

En bon marxiste, il estime que la guerre est la continuation par les armes de la lutte politique, sociale, culturelle et économique contre les colonisateurs, au premier chef français, et prône toujours une stratégie du temps et de l'espace destinée à lasser l'adversaire.

 

Vo Nguyen GIAP, Guerre du peuple, armée du peuple, Paris, Librairie François Maspéro, collection Cahiers Libres, 1966 ; Guerre de libération, Éditions sociales, Paris, 1970 ; Guerre du peuple contre guerre aéro-navale, Éditions en langues étrangères, Hanoï, 1975 ; Mémoires 1946-1954, en trois tomes, Éditions Anako, 2003-2004.

Peter MACDONALD, Giap - The Victor in Vietnam, New-York, 1996.

Arnaud BLIN et Gérard CHALIAND, Dictionnaire de stratégie, tempus, 2016. André CORVISIER, Dictionnaire d'art et d'histoire militaires, PUF, 1988.

 

P.S. Comme d'habitude dans la transcription des noms asiatiques en français, les orthographes peuvent varier d'un ouvrage à l'autre.... et les claviers ne rendent pas justice de leurs subtilités.

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