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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 12:07

    Ce membre de la grande famille des PUYSÉGUR est un officier général et un gentilhomme français, élevé à la dignité de maréchal de France par LOUIS XV en 1734. Descendant d'une lignée de gentilhommes originaires de Gascogne, il sert dès 17 ans au régiment d'infanterie du roi (1600-1682), ne quittant jamais le service jusqu'à sa mort.

 

    Il participe à la bataille de Fleurus (1680), sous les ordres du maréchal de LUXEMBOURG. Lieutenant général de plusieurs place-forte des Pays-Bas, avant d'être nommé maréchal de France après la guerre de Succession polonaise. Il rédige, de 1693 à 1742, un traité militaire qui n'est publié qu'après sa mort, sous le titre de L'Art de la guerre par principes et par règles.

   Pour PUYSÉGUR, la guerre représente l'activité humaine le plus importante, mais son étude est par trop négligée, les stratèges et les soldats se contentant de faire la guerre en fonction de leur expérience personnelle et de leurs habitudes. Déçu par l'absence d'une théorie réellement universelle de la guerre, il se propose de pallier ce manque en offrant ses propres réflexions sur le sujet. Utilisant les ouvrages classiques ainsi que les principes de MONTECUCCOLI et les Mémoires de TURENNE comme bases théoriques, il élabore sa propre méthode, fondée en grande partie sur une étude approfondie de cas historiques. Pour illustrer ses propos, PUYSÉGUR décrit une campagne fictive qu'il situe entre la Loire et la Seine où s'affrontent deux armées composées de 100 bataillons et de 200 escadrons chacune.

Le grand stratège de son époque est VAUBAN dont la maitrise de la science des sièges et des fortifications est inégalée. De manière générale, PUYSÉGUR subit l'influence de son environnement intellectuel, et, dans le domaine spécifique de la guerre, celle de VAUBAN. Il est convaincu que l'approche géométrique de ce dernier peut trouver son application dans d'autres domaines de la tactique, un bon plan de guerre pouvant être formulé de manière certaine avant même le début des hostilités. Une connaissance profonde du terrain et de l'adversaire doit permettre de bien organiser ses troupes en fonction des données du moment. Le rôle principal du commandant en chef est d'adopter les ordres de bataille nécessaires et de faire avancer ses troupes "dans les règles les plus parfaites des mouvements". Selon lui, l'armée en mouvement doit être semblable à une fortification mouvante dont toutes les composantes agissent en accord les unes avec les autres et s'orientent vers le même but.

Cette conception de la guerre est popularisée par son contemporain Jean-Charles FOLARD (dont les écrits sont publiés avant le traité de PUYSÉGUR). Contrairement à FOLARD ou MENIL-DURAND, il comprend l'importance du feu dans le combat moderne, en particulier son potentiel de destruction, le feu et le choc étant tous deux nécessaires à la victoire. Outre la supériorité intrinsèque du commandant et sa connaissance approfondie de l'art de la guerre, la victoire s'obtient grâce à la supériorité numérique, à une meilleure capacité à s'adapter au terrain et aux qualités morales des troupes. (BLIN et CHALIAND).

     PUYSÉGUR s'interroge - longuement - sur le bien-fondé de la suppression des piques et des mousquets au profit du fusil à baïonnette. Il participe au débat - intense dans les instances politiques et économiques (l'enjeu est grand pour les arsenaux...), en faveur du fusil, tout en insistant sur l'importance toujours actuelle en son temps, du choc (et donc d'avoir des piques pour les soldats...).

 

Jacques-François de Chastenet de PUYSÉGUR, Art de la guerre, par principes et par règles, Paris, Charles Antoine Jombert, 1742, en deux volumes ; réédition par Hachette Livre - Bnf, 2018. Disponible sur le site Gallica. Extrait A propos de Turenne et des différents types de guerres, à partir de L'Art de la guerre, Lishenne et Sauvan, Bibliothèque historique et militaire, tome V, Paris, 1844, dans Anthologie mondiale de la stratégie, Robert Laffont, collection Bouquins, 1990.

Eugène CARRIAS, La Pensée militaire française, Paris, 1960. Robert Quimby, The Blackground of Napoleonic Warfare, The Theory of Military Tactics in 18e Century France, New York, 1957.

Arnaud BLIN et Gérard CHALIAND, Dictionnaire de stratégie, tempus, 2016.

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