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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 14:11

   Bimestriel des États-Unis (basé à New York) à l'influence internationale, Foreign Affairs est publié par le groupe de réflexion Conseil des relations étrangères (Council on Foreign Relations - CFR). Fondé en 1922, il est diffusé à environ 100 000 exemplaires en 2004 pour sa version papier. Cette revue constitue la référence obligée de tout commentateur en politique internationale. Elle traite de politique étrangère et de relations internationales et d'économie et ses articles sont écrits par des universitaires, des chercheurs, des hommes politiques... Ainsi Woodrow WILSON, Hillary CLINTON, Zbigniew BRZESINSKI et Henry KISSINGER ont écrit pour la revue.

   La revue est d'autant plus suivie qu'elle est "nonprofit, nonpartisan, membership organization and think tank specialized", entendre qu'elle ne recherche pas le profit, n'est ni républicaine ni démocrate, est financée par ses membres, s'apparentant à ce qui est en Europe une Organisation Non Gouvernementale (ONG), et qu'elle a précisément et ouvertement vocation à influencer la politique étrangère des États-Unis. Elle est d'ailleurs considérée comme l'organe de presse - démultiplié d'ailleurs par Internet - le plus influent des États-Unis. Les articles publiés sont généralement assez longs et très argumentés.

   Il s'agissait en 1922 pour le Council on Foreign Affairs de rendre permanente les réflexions engagées auparavant lors de différentes rencontres entre diplomates, professeurs d'université, hommes de droit et économistes. Le Conseil nomma le professeur Archibald Cary COOLIDGE, de l'université d'Harvard, premier journaliste éditeur, auquel succèda assez vite Hamilton Fish ARMSTRONG (de Princeton, correspondant européen du New York Evening Post). A noter que le journal n'est pas la première tentative de ce genre, l'ont précédé le Journal of International Relations (1910-1922) et le Journal of Race Development (1911-1919).

  Le journal devint le plus influent des États-Unis surtout après le deuxième guerre mondiale, et le resta de 1945 à 1991. Il le reste, surtout avec l'éclosion d'internet et ne pâtit pas de la crise de la presse-papier, sauf que l'axe des réflexions centrales passe de l'Atlantique au Pacifique, alors qu'il reste fidèle à une prédominance des relations entre l'Europe et les États-Unis. Actuellement, depuis 2010, Gideon ROSE préside aux destinées du journal. Bien qu'il ne soit pas traduit en Français, il est beaucoup lu parmi les décideurs européens francophones, et ses articles entrent vite en résonance et la provoquent, avec l'actualité des activités du gotha diplomatique américain.

Très critique par rapport à l'administration Trump, la revue analyse, parfois avec inquiétude, les signes d'un certain déclin américain dans les affaires mondiales. Dans le numéro 6, volume 98, de novembre-décembre, figurent dans le journal des articles sur la politique moyen-orientale (un fiasco) de la présidence Trump, de Martin INDYK et Robert MALLEY sur l'obsession iranienne des États-Unis, sur le bilan (décevant) de la politique étrangère de Barak OBAMA... Dans le numéro 1, volume 99, de janvier-février 2020, est examiné notamment le futur du capitalisme.

    Le Council on Foreign Affairs exerce également des activités, sous forme de rencontres, entre responsables politiques et économiques et influe notablement les réflexions de la Commission Trilatérale et de Business Roundtable, de même que sur le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.

  On peut écrire sans se tromper que le Conseil comme la revue-journal émettent les analyses et les défenses les plus intelligentes (au sens des plus élaborées) du capitalisme américain...

  

Foreign Affairs, Site foreignaffairs.com

 

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