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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 12:04

  S'il est bien une constante dans le déroulement de la seconde guerre mondiale, c'est la persistance de l'erreur stratégique majeure des bombardements aériens massifs. Imprécis, aléatoires dans leurs résultats, soumis à des conditions atmosphériques changeantes, dirigés souvent sur de faux objectifs de par les activités d'espionnage, mauvaise coordination au sein des armées de l'air, ils sont pourtant réitérés dans les deux grands camps en Europe, de l'Angleterre, à la France et à l'Allemagne. Que ce soit sur des objectifs liés à la démoralisation des populations ou sur des objectifs proprement militaires ou industriels, les exemples ne manquent pas d'échecs constatés sur le terrain. Les documentaires mettent bien en relief cette erreur stratégique, que ce soit sur l'Angleterre, où l'état-major allemand vise alternativement de détruire un potentiel industriel et de saper le moral des populations, que ce soit en France, où se mêlent errances tactiques et alimentation de la propagande allemande contre les alliés - à l'exception notable des lâchers de bombes sur les infrastructures de transports (guidés par les renseignement de la Résistance) en vue de la préparation des débarquements en Normandie et en Provence, ou que ce soit en Allemagne, où malgré les destructions énormes des infrastructures industrielles et civiles, ils n'ont fait que de renforcer le soutien inconditionnel de la population vis-à-vis du régime, et de plus ont été l'occasion de reconstruire ce même potentiel industriel à l'abri desdits bombardements (en quantité et en qualité supérieures en plus, à la fin par rapport aux autres périodes de la guerre!)... Il est dommage d'ailleurs que ces documentaires n'aillent pas au bout de leur démonstration et de le leur démarche : il a fallu tout le poids des complexes militaro-industriels aéronautiques pour maintenir cette même erreur tout au long de la guerre!

    Alors que la plupart des documentaires "expédient" le fait en quelques images et commentaires, parfois avec un certain pathos, 39-45. Le monde en guerre, dans L'orage en flamme restitue bien l'ampleur des bombardements comme de l'échec souvent des objectifs affichés (volume 2 DVD 2).

 

   La France sous les bombes alliées, le documentaire en noir et blanc et couleurs de 91 minutes, réalisé par Catherine MONFAJON, Emmanuel BLANCHARD et Fabrice SALINIÉ, pour France Télévisions, se situe dans toute une historiographie critique de la seconde guerre mondiale qui s'empare de la production littéraire depuis le début des années 2000. Ce sujet, longtemps passé sous silence, est vulgarisé par ce documentaire avec un certain bonheur. C'est que le documentaire, s'il est centré sur la question du bombardement des villes française, puise plus profond, puisqu'il fait démarrer l'histoire pendant la Première Guerre mondiale par une assez brève allusion, avant de planter le décor. Les premières bombes anglaises tombèrent d'abord sur Dunkerque en juin 1940, lors de l'attaque de la RAF contre les armées allemandes stationnées à proximité. La suite du film n'est pas qu'n amoncellement d'évocations de bombardements, lesquels sont replacés dans un contexte stratégique : les destructions des ports sont ainsi différenciées de celles d'usines produisant des biens pour l'occupant ainsi que les dévastations de noeuds ferroviaires. L'accent est mis sur le Transportation Plan visant à restreindre profondément la mobilité des troupes allemande l'été 1944, sans pour autant que les autres opérations, comme celle des attaques contre les "poches de l'Atlantique" soient négligées. Les deux points vue opposés sur ces opérations sont bien présentés : celui des Alliés pour qui les bombardements sont jugés indispensables, et celui des Français bombardés, des nuances étant apportées par d'autres, comme par exemple des Résistants ou des combattants de la France libre. Le film est réalisé à partir d'images d'archives ainsi que de témoignages émanant de personnes ayant vécu sous ces bombes (Philippe BELLARINI, aerostories.celeonet.fr)

 

     Parmi les films de fiction relevons-en deux très différents, Dresde (2006) et Les briseurs de barrages (1955).

Dresde, téléfilm allemand réalisé en 2006 par Roland Suso RICHTER, qui se centre sur le bombardement de cette ville en février 1945, est d'abord un film d'amour entre fille d'un riches directeur d'hôpital et le docteur Alexander, mais fait une part très grande aux circonstances des événements dramatiques pendant 3 jours (14 au 15 février). Produit par la ZDF, divisé à l'origine en deux parties de 90 minutes chacune, avec une version cinéma sortie en 2010, le film est inspiré du livre de Jorg FRIEDRICH, Le Feu. L'analyse des faits montre que cette destruction était parfaitement inutile sur le plan stratégique. La seule utilité sans doute, du point de vue des concepteurs de l'opération fut de monter le potentiel destructeur (en bâtiments et en vies humaines) des bombes utilisées...

Les briseurs de barrage, film britannique réalisé par Michael ANDERSON, sorti en 1955, d'après le livre éponyme de 1954 de Paul BRICKHILL, relate des faits ayant réellement eut lieu (l'Opération Chastise). La RAF décide de faire sauter trois barrages ennemis sur la Ruhr à l'aide de bombes spéciales, mais le raid est dangereux pour de nombreuses raisons. Composé de deux parties bien distinctes - la première sur la conception et les essais d'une combe spéciales inventées par le Docteur Barnes WALLIS, la seconde, la plus courte, sur le raid lui-même - le film ne montre que l'attaque sur les barrages de la Möhne et de l'Eder, mais pas sur les autres qui demeurèrent intacts. Contrairement au barrage de la Möhne, celui de l'Eder n'alimentait pas le réseau de la Ruhr et sa destruction n'eut aucun impact sur la production industrielle. Plus un millier de personnes périrent, et plus de moitiés se trouvaient être des prisonniers de guerre français et ukrainiens stationnés dans un camp au-dessous du barrage de l'Eder... Film à grand spectacle, Les briseurs de barrage évite bien soigneusement l'échec quant aux objectifs pour se centrer sur l'héroïsme des combattants, avec une perte de 8 avions et de 56 hommes... Il faut signaler que de nombreux raids furent minutieusement préparés, même si c'est parfois sur la base d'informations inexactes ou fausses, et leur analyse après opération faisait l'objet de rapports très précis qui étaient destinés à l'ajustement des prochains raids, mais l'histoire montre, que, compte tenus des différents terrains et conditions atmosphériques en cause, peu de leçons réelles en ont été tirées dans le feu de la guerre, sauf sur des plans mineurs tactiques...

 

 

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