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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 09:05

      Dans les pays anglo-saxons, nous disent THIRY, FARRO et PORTIS, et en cela les historiens et sociologues sont d'accord, le marxisme a une histoire différente des autres pays à bien des égards. En effet, qu'ils s'agisse de la Grande Bretagne ou des États-Unis, le marxisme ne se rattache pas, à l'instar de l'expérience française, à la ligne quasi exclusive d'un seul parti politique. Un parti communiste faisant obédience à l'Union Soviétique n'y a jamais joué de rôle déterminant dans la définition des prémisses marxistes. L'importance du parti travailliste en Angleterre et la faiblesse de la gauche aux États-Unis ont eu pour conséquence d'épargner à ces deux pays une orthodoxie rigide identifiée au marxisme. Ces deux facteurs ont favorisé un développement particulier du marxisme (ou des marxismes) dans ces pays. Et malgré la communauté linguistique de ces deux pays, le marxisme et partant la sociologie marxiste, a une histoire également très différente.

C'est pourquoi, on peut regretter que malgré la connaissance de cette dernière réalité, Alex CALLINICOS fasse une présentation (chronologique en grande partie) du marxisme anglo-saxon sans faire de séparation franche entre celui-ci en Angleterre et aux États-Unis, malgré toute la richesse des informations qu'il y apporte. Il écrit pourtant que la réception du marxisme, dans les années 1960, dans ces deux pays est inséparable de celle de la réception de formes de pensée européennes auxquelles les traditions intellectuelles de ces deux pays avaient jusqu'alors été hostiles. Alors, comme il l'écrit lui-même, que les liens historiques entre l'école de Francfort et les milieux universitaires américains - influence personnelle d'Herbert MARCUSE et de Leo LOWENTHAL - favorisent cette version du marxisme chez les intellectuels radicaux, en Grande Bretagne, c'est autour de la relecture althussérienne du marxisme que se focalise le débat. En tout cas, il note bien tout comme nos trois premiers auteurs, que même avec les diverses influences dans les années 1920 venues de l'émergence du pouvoir soviétique (espoir d'une révolution mondiale et divisions violentes entre marxistes russes) ce marxisme anglo-saxon fut épargné par ces débats orthodoxie/hérésie de combats à coup de citations des Pères fondateurs.

 

Bruno THIRY, Antimo FARRO et Larry PORTIS, Les sociologies marxistes, dans Sociologie contemporaine, Vigot, 2002. Alex CALLINICOS, Où va le marxisme anglo-saxon?, dans Dictionnaire Marx Contemporain, Actuel Marx/PUF, 2001.

SOCIUS

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