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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 10:02

   A la suite de la guerre de mouvement des armées allemande et alliées, elles s'enterrent face à face dans des tranchées sans parvenir à des conquêtes ou reconquêtes décisives de terrain. Bloquées, elles tentent ds "sorties" très coûteuses en hommes, dans des souffrances sans noms qui font revenir tous les soldats de leur enthousiasme du début de la guerre. Ferveurs patriotiques et bravoures guerrières sont remplacées par toute une gamme de sentiments négatifs par rapport à la guerre, par rapport à l'arrière, par rapport aux commandants qui aboutit plus tard à des mutineries. Le même phénomène se produit à l'Est entre Allemands et Russes, au Sud entre Italiens, Serbes et Austro-hongrois, et au Sud-Est, au Moyen-Orient entre Alliés et Turcs... Si à l'Ouest, c'est sur quelques 600 kilomètres que ces tranchées s'étendent, à l'Est, c'est presque sur 1 700 kilomètres... Une véritable vie et mort des tranchées s'installe et le poilu devient la figure emblématique de la première guerre mondiale...

  Très tôt après la guerre et pendant la guerre elle-même, films et documentaires rapportent, racontent cette vie et cette mort.

 

Côté films

- A l'Ouest, rien de nouveau (Lewis MILESTONE, 1930), ce film américain raconte l'histoire de Paul BAÜMER et de ses amis de classe d'un lycée qui décident de s'enrôler volontairement pour répondre aux harangues de leur professeur qui les exhorte à défendre la patrie et à se couvrir de gloire. Les uns enthousiastes, les autres ne voulant pas se singulariser. Bien vite, les adolescents découvrent qu'il n'y a pas que des bons côtés à la guerre : discipline absurde, désorganisation du front, sous-alimentation, attente insupportable sous les bombardements meurtriers et pertes énormes lors des assauts. les médecins manquent et les blessés, s'ajoutant aux morts, finissent par mourir. Au retour de Paul, après trois années au front, le professeur qui a convaincu ces jeunes à partir pour la guerre est en train d'en motiver d'autres. Paul lui déclare qu'il n'y a pas de bons côtés à la guerre et dit aux jeunes présents de ne pas écouter le professeur. Puis il retourne au front, devenu sa seule raison d'être. Le film, de 152 minutes dans sa version originale, de 133 minutes dans sa version restaurée est souvent présenté en DVD dans une version courte de 99 minutes. Il a été interdit seulement une semaine après sa sortie, en décembre 1930 en Allemagne, sous pression des Nazis.

- A l'Ouest, rien de nouveau (Delbert MANN, 1979), deuxième adaptation du roman éponyme de Erich Maria REMARQUE.

- Au service de la gloire (Raouk WALSH, 1926), film américain muet qui raconte les parcours de deux militaires américains envoyés en France et combattant dans les tranchées, qui tombent amoureux de la même jeune femme. 116 minutes

- Charlot soldat (Charles CHAPLIN, 1918), film muet en noir et blanc de 46 minutes, comédie burlesque qui caricature dans sa première partie la vie des tranchées. Le ton comique de ce film, où Charlot dans sa deuxième partie capture le Kaiser, n'est plus réellement bienvenu de nos jours, vu les réalités sinistres de la vie du soldat...

- La dernière tranchée (Adrian POWERS et John Earl, 2013), film australien de 95 minutes, raconte l'histoire en 1916, de la vie de soldats dans une tranchée britannique dans l'Est de la France. L'ordre est donné de traverser le no man's land, pour prendre la tranche allemande. Les soldats sont abondamment mitraillés dès qu'ils sortent de la tranchée. Aucun soldat n'atteint la tranchée adverse. Seuls trois soldats ont survécus à l'assaut. L'un d'eux est gravement blessé et ne peut plus marcher. Ils se cachent dans les cratères boueux du no man's land. Ils doivent arriver à se replier vers leur tranchée, car l'artillerie britannique va bientôt pilonner la zone. De la tranchée allemande, un tireur d'élite les repère et leur tire dessus.

- La peur (Damien ODOUL, 2015), film franco-canadien réalisé à partir du roman homonyme de Gabriel CHEVALLIER (1930), raconte l'histoire de Gabriel, jeune conscrit qui rejoint le front en 1914. Il vit l'enfer des tranchées et connait la peur qui ravage tous les soldats. Sorti vivant de cette terrible expérience, pleine de fureur et de sang, il découvre sa propre humanité. D'une durée de 93 minutes, le film, a été tourné en français et en occitan, la langue maternelle des soldats originaire du tiers sud de la France.

- La tranchée, film franco-britannique de 1999 réalisé par William BOYD, brosse un portrait de la vie des soldats anglais dans les tranchées de la Première guerre mondiale. Il peint la gestion de l'ennui, la peur, la panique et l'agitation. Le personnage principal et son frère se sont portés volontaires.

- La tranchée des espoirs, téléfilm français de Jean-Louis LORENZO, de novembre 2003, conte l'expérience des soldats français et allemands, qui, n'ayant plus de contact avec leurs état-majors respectifs, fraternisent au front. D'une durée de 110 minutes, ce téléfilm est considéré comme une suite TV de L'Orange de Noël de 1996 du même réalisateur.

- Les croix de bois, film français de 110 minutes de Raymond BERNARD, sorti en 1932, est une adaptation du roman du même nom de Roland DORGELÈS (paru en 1919). Inspiré de l'expérience vécue par son auteur durant la première guerre mondiale, le film comme le roman racontent le quotidien des soldats de l'armée française pendant cette guerre. Un étudiant en droit s'engage pour en découdre avec l'envahisseur allemand. La ligne de front paraît stagner en Champagne. Terré dans les tranchées, chaque camp attend l'ordre de passer à l'offensive... Par son sujet et son trairement, ce film se rapproche de La grande parade de King VIDOR ou de A l'Ouest, rien de nouveau. Charles VANEL, Raymond AIMOS, Jean GALLAND et Pierre BLANCHAR, acteurs dans ce film, ont réellement combattu durant la Grande Guerre, tout comme la majorité des acteurs et des figurants. Les décors sont des tranchées remises en état pour le tournage.

- Les hommes contre, film italo-yougoslave de Francesco ROSI, sorti en 1970, relate en 101 minutes un épisode du conflit italo-autrichien lors de la première guerre mondiale. Tiré du roman d'Emilio LUSSU, le film fut l'objet à sa sortie de polémiques et d'un procès (pour dénigrement de l'armée). Un jeune et idéaliste lieutenant parti la fleur au fusil, est mêlé aux carnages de la guerre de position. Toutes les tentatives de regagner une position se soldent par des échecs, y compris la dernière où l'appui d'artillerie enfin accordé par l'état-major massacre la vague d'assaut des fantassins... Soucieux du sort de ses hommes, l'officier s'élève contre les décisions de la hiérarchie militaire et est fusillé comme insoumis.

- Men of Honor ou Journey's end au Québec, film britannique de Saul DIBB de 2017, adaptation de la pièce de théâtre de Robert Cédric SHERRIF (1928), conte en 107 minutes l'aventure en mars 1918 d'un petit groupe de soldats dans les tranchées de l'Aisne. Un lieutenant de 18 ans rejoint ces hommes qui attendent la mort, dirigés par un ami d'enfance, perturbé par la guerre.

- Quatre de l'infanterie (Westfront 1918), film allemand de Georg Willhelm PABST (de 93 minutes), sorti en 1930 retrace la vie et la mort de quatre fantassins allemands sur le front français lors des derniers de la guerre, en 1918. Le film, à peine dialogué et aux bruits d'une grande intensité dramatique, possède un grand impact émotionnel. Il fut interdit par GOEBBELS, ministre de l'information, en 1933.

 

Côtés documentaires

  C'est à une foison de documentaires que l'on a affaire sur Internet, notamment à travers YouTube. Malheureusement peu élaborés, peu travaillés et il faut le dire paresseusement présenté, ces documentaires d'archives centrés sur les tranchées, souvent courts, n'apportent que peu d'informations sur les réalités de la guerre de position, même du point de vue des poilus. Il faut plutôt alors préférer des documentaires dans lesquelles figures ces informations spécifiques sur la vie et la mort des soldats, leurs conditions de vie, la justification des combats et leur réalité (un mélange d'incompétence et de mépris pour la vie des fantassins), l'expérimentation d'armes de toute sorte... documentaires généraux sur la première guerre mondiale.

 

 

Signalons tout de même ce documentaire en 4 parties, conçu exclusivement à partir d'archives de l'INA, de la radio blege ou des Laut Archiv de l'Université de Berlin. A travers les voix des protagonistes d'époque ou de témoignages recueillis dans les années 1950 et 1960. Réalisé pour France Culture, par Perrine KERVRAN, LSD, la série documentaire.

Signalons encore, ces trois DVD consacrés à la guerre des tranchées, dans le fil droit d'une évolution cinématographique depuis le début des années 2000 vers le vécu des combattants à rebours d'une tradition accordant toute son attention aux plans des états-majors. Présentés dans un coffret Grande guerre 14-18, non seulement ils racontent le vécu des poilus au plus près de témoignages et de lettres, mais ils font comprendre l'existence dès le début (noël 1914) de fraternisations entre Français et Allemands : face à face, hors de manoeuvres qui impliquent mouvements incessant plaçant les troupes ennemies dans un combat incessant et parfois distant, dans des positions figées à quelques mètres les uns des autres, les soldats oublient la propagande faisant des autres des brutes sauvages, et considèrent plutôt leur réelle situation : au front, contrairement à l'arrière et aux états-majors, avec des ouvriers, des paysans ou des intellectuels semblables à eux-mêmes....

 

FILMUS

Complété le 12 novembre 2020

 

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