Samedi 12 septembre 2009
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Sous-titré la barbarie des stades, ce livre nous plonge d'emblée dans une critique en règle du football en tant que sport organisé. Il ne
s'agit pas, comme nous l'écrivent les auteurs, d'un énième ouvrage sur la merveilleuse histoire du football. S'élevant contre toute une logorrhée diffusée à longueur de journées et de journaux
télévisés, Jean-Marie BROHM et Marc PERELMAN, respectivement professeur de sociologie à Montpellier et professeur en esthétique veulent aborder l'ensemble des aspects de "la footballisation
du monde".
Ainsi, il osent discuter de la passion du football comme opium du peuple, n'hésitant pas au passage à faire fi d'une pensée unique qui bannit tout langage marxisant. Pour eux, il n'est ni plus ni moins qu'une intoxication idéologique, qui diffuse une peste raciste et populiste, pour employer leur langage. Très abondantes notes à l'appui, ils décrivent l'emprise tentaculaire de la Fédération Internationale du Football (FIFA), internationale capitaliste de premier ordre, navigant dans la mondialisation libérale, repères de pratiques à la limite du banditisme organisé. Sans aborder certains aspects criminels, ils s'attachent à en décrire le fonctionnement "normal", celui du gardien d'un foot business envahissant et pratiquement nerf de tout le système. Passant en revue les violences dans les stades, ils en analysent la gangrène du hooliganisme et la banalité de la haine. Sur l'organisation des entraînements et des matches, ils en dénoncent la compétition biochimique intensive, et concluent d'ailleurs à la banalisation du dopage scientifique, où la législation n'intervient que mollement pour en corriger les "excès".
Dans un chapitre conséquent, ils attaquent la doxa de l'empire du football, "de Le Monde au Mondial", citant nomémment ces intellectuels (Edgar MORIN, Pascal BONIFACE, Max GALLO, Christian BROMBERGER et Alain EHRENBERG ont doirt à de sérieux couplets...) qui participent à cette peste émotionnelle. Ils n'épargnent parsonne, de droite à gauche de l'échiquier politique. Parmi les thèmes abordés, on trouve aussi une dénonciation en règle du "mythe de l'ascension sociale par le football", une critique de la culture foot et du foot art, A propos du spectacle, ils y voient une mystification populiste où se déploie une fascisante beauté.
Tout le livre est d'ailleurs dominé par cette critique du football-spectacle, dans une filiation revendiquée à l'école de Francfort (théorie critique de la société), à Erich FROMM (diversion sociale et conformisme) et à Wilhelm REICH (dont ils empruntent les thème de peste émotionnelle). "La contagion de la peste football qui se répand dans tous les milieux - y compris dans ceux qui avaient été épargnés jusque-là par les slogans débilitants de la "culture foot" et de ses produits dérivés (magazines, anthologies illustrées des champions, gadgets de supporters, etc) - est aujourd'hui un inquiétant indice de la régression culturelle généralisée. Dans le climat du populisme ambiant, avec son idéologie anti-intellectuelle et sa haine de la pensée, il n'est pas anodin que la conquête des âmes par l'opium football soit promue par certains passionnés des passions sportives comme une véritable cause nationale." On trouve dans ce livre le meilleur du pamphlet contre ce sport, la pratique actuelle de ce sport, Mais pas seulement : le lecteur qui s'attache à une étude sérieuse du football et de ses implications sociales y trouve des notes très abondante et une bibliographie fournie. N'oublions pas que ses deux auteurs côtoient le milieu même du football de très près, notamment parmi les professeurs d'éducation physique. L'aspect polémique des arguments ne doivent pas servir de repoussoir mais au contraire d'incitation à réfléchir sérieusement sur le foot : tous les incidents économiques, physiques (violence dans les stades) et de santé, souvent relatés par la presse, ne sont pas à sa périphérie. Ils font partie du coeur de son système.
Ce qui nous permet de faire tout à fait par ailleurs des parallèles entre les jeux du football et les jeux des arênes romaines, non pas sur le plan précis du genre de spectacle, mais sur leurs fonctionnements et leurs structures sur le plan économique, social, moral...
Jean-Marie BROHM et Marc PERELMAN, Le football, une peste émotionnelle, La barbarie des stades, Gallimard, collection folio actuel, 2006, 390 pages.
Cet ouvrage est la refonte et mise à jour des deux ouvrages parus aux Editions de la passion, de Marc PRERELMAN, les intellectuels et le football, et de Jean-Marie BROHM et Marc PERELMAN, Le football, une peste émotionnelle.
Ainsi, il osent discuter de la passion du football comme opium du peuple, n'hésitant pas au passage à faire fi d'une pensée unique qui bannit tout langage marxisant. Pour eux, il n'est ni plus ni moins qu'une intoxication idéologique, qui diffuse une peste raciste et populiste, pour employer leur langage. Très abondantes notes à l'appui, ils décrivent l'emprise tentaculaire de la Fédération Internationale du Football (FIFA), internationale capitaliste de premier ordre, navigant dans la mondialisation libérale, repères de pratiques à la limite du banditisme organisé. Sans aborder certains aspects criminels, ils s'attachent à en décrire le fonctionnement "normal", celui du gardien d'un foot business envahissant et pratiquement nerf de tout le système. Passant en revue les violences dans les stades, ils en analysent la gangrène du hooliganisme et la banalité de la haine. Sur l'organisation des entraînements et des matches, ils en dénoncent la compétition biochimique intensive, et concluent d'ailleurs à la banalisation du dopage scientifique, où la législation n'intervient que mollement pour en corriger les "excès".
Dans un chapitre conséquent, ils attaquent la doxa de l'empire du football, "de Le Monde au Mondial", citant nomémment ces intellectuels (Edgar MORIN, Pascal BONIFACE, Max GALLO, Christian BROMBERGER et Alain EHRENBERG ont doirt à de sérieux couplets...) qui participent à cette peste émotionnelle. Ils n'épargnent parsonne, de droite à gauche de l'échiquier politique. Parmi les thèmes abordés, on trouve aussi une dénonciation en règle du "mythe de l'ascension sociale par le football", une critique de la culture foot et du foot art, A propos du spectacle, ils y voient une mystification populiste où se déploie une fascisante beauté.
Tout le livre est d'ailleurs dominé par cette critique du football-spectacle, dans une filiation revendiquée à l'école de Francfort (théorie critique de la société), à Erich FROMM (diversion sociale et conformisme) et à Wilhelm REICH (dont ils empruntent les thème de peste émotionnelle). "La contagion de la peste football qui se répand dans tous les milieux - y compris dans ceux qui avaient été épargnés jusque-là par les slogans débilitants de la "culture foot" et de ses produits dérivés (magazines, anthologies illustrées des champions, gadgets de supporters, etc) - est aujourd'hui un inquiétant indice de la régression culturelle généralisée. Dans le climat du populisme ambiant, avec son idéologie anti-intellectuelle et sa haine de la pensée, il n'est pas anodin que la conquête des âmes par l'opium football soit promue par certains passionnés des passions sportives comme une véritable cause nationale." On trouve dans ce livre le meilleur du pamphlet contre ce sport, la pratique actuelle de ce sport, Mais pas seulement : le lecteur qui s'attache à une étude sérieuse du football et de ses implications sociales y trouve des notes très abondante et une bibliographie fournie. N'oublions pas que ses deux auteurs côtoient le milieu même du football de très près, notamment parmi les professeurs d'éducation physique. L'aspect polémique des arguments ne doivent pas servir de repoussoir mais au contraire d'incitation à réfléchir sérieusement sur le foot : tous les incidents économiques, physiques (violence dans les stades) et de santé, souvent relatés par la presse, ne sont pas à sa périphérie. Ils font partie du coeur de son système.
Ce qui nous permet de faire tout à fait par ailleurs des parallèles entre les jeux du football et les jeux des arênes romaines, non pas sur le plan précis du genre de spectacle, mais sur leurs fonctionnements et leurs structures sur le plan économique, social, moral...
Jean-Marie BROHM et Marc PERELMAN, Le football, une peste émotionnelle, La barbarie des stades, Gallimard, collection folio actuel, 2006, 390 pages.
Cet ouvrage est la refonte et mise à jour des deux ouvrages parus aux Editions de la passion, de Marc PRERELMAN, les intellectuels et le football, et de Jean-Marie BROHM et Marc PERELMAN, Le football, une peste émotionnelle.