LECTURES UTILES

Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 13:25

    Pour qui veut se familiariser avec une certaine manière de raconter les batailles ou de lire la stratégie sans plonger dans trop de lectures théoriques, le livre de Frédéric ENCEL est tout à fait indiqué. Il constitue une bonne mise en appétit dans la connaissance de l'art de la guerre. Faite de petits textes se rapportant soit à une bataille, soit à un théoricien, un stratège ou un stratégiste, cette introduction parcours l'histoire de 1286 avant Jésus-Christ (la bataille de Kadesh) à 1973 pour prendre la dernière bataille traitée (la guerre du Yom Kippour).
    On peut regretter des oublis et des restrictions, mais cela fait partie de la règle du jeu que s'est établie l'auteur.La sélection des entrées relatives aux batailles "s'est faite sur 3 critères précis et relativement différents : leur caractère décisif au regard d'un conflit ou d'une époque, leur dimension novatrice (emploi de tactiques ou de techniques nouvelles, bilan sans précédent...), enfin leur valeur symbolique ou mythique forte qui permit une instrumentalisation à des fins politiques." Frédéric ENCEL, et on le comprend, avoue bien que le choix des hommes est plus délicat. Prendre Louis XI et Hassan Ibn Saba après avoir pris Clausewitz ou Sun Tse révèle bien une certaine pédagogie et on ne saurait l'en critiquer. L'objectif est d'ouvrir l'esprit avant tout, pour de futures découvertes plus approfondies ; en tout cas, c'est comme cela que je l'ai pris. Après chaque article, de nombreuses références bibliographies permettent de les commencer.
   A noter une postface de 2002 où l'auteur fait référence à "la gigantesque offensive terroriste du 11 septembre 2001" pour en faire "la soixante-cinquième case de l'échiquer", après les 64 entrées qu'il nous propose ici.

   Frédéric ENCEL, L'art de la guerre par l'exemple, Stratèges et batailles, Flammarion collection Champs, 2002, 355 pages. Première édition en 2000.
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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 14:00
     Parue en 1989 en France, cette grande étude sur la naissance et le déclin des grandes puissances de 1500 à nos jours a relancé le grand débat - d'ailleurs toujours actuel - sur le déclin américain dans un monde multipolaire où sont en train d'émerger de nouvelles grandes puissances telles que la Chine, le Japon ou l'Inde. Écrit par un professeur d'université de Yale, aux Etats-Unis, historien de grande ampleur, le vrai propos de ce livre est l'interaction entre l'économie et la stratégie. Cet ouvrage eut un grand retentissement également car il intervenait au moment du déclin  de l'empire soviétique.
      Dans son Introduction, Paul KENNEDY résume lui-même sa thèse : "La puissance relative des grandes nations à l'échelle internationale ne reste jamais constante : elle varie surtout avec les taux de croissance de chaque société et dépend de l'avantage relatif que confèrent les avancées technologiques et structurelles." L'augmentation de la capacité de production d'une nation lui permet de supporter des charges liées en temps de paix à une politique d'armement intensif, et en temps de guerre, à l'entretien d'armées importantes. Si une part excessive des ressources est détournée de la création de richesses pour servir à des fins militaires, on risque à long terme d'affaiblir la puissance nationale. Paul KENNEDY suit donc l'histoire des grands empires portugais, espagnol, habsbourgeois, britannique, russe, allemand, d'un bout à l'autre de leur naissance, de leur développement et de leur déclin, remplacés tour à tour par d'autres empires rivaux ou naissants.
   Cinq cent ans de puissances montantes et déclinantes sont analysées selon leur évolutions économiques pour, en se projetant dans le XXIème siècle, prévoir quelques possibilités - l'auteur refuse tout lien mécanique et pense surtout sur le long terme - de fin de l'empire américain. Paul KENNEDY met en avant le hiatus persistant depuis les années 1970 surtout entre les équilibres productifs et les équilibres militaires. Les grands ensembles, dans un monde plus multipolaire que jamais, Chine, Japon, Europe, Russie, Etats-Unis, évoluent constamment et sont confrontés selon l'auteur "à l'éternelle question de la relation entre les moyens et les fins".
  Mine d'informations (les notes à elles seules occupent plus de cent pages de l'édition française) où tout étudiant et professeur est invité à piocher pour ses propres études sur d'autres aspects qu'ils laisse volontairement de côté (relations systémiques entre guerres et cycles économiques par exemple), ce livre permet de réfléchir aux évolutions d'ensemble des puissances. Les liens très nets à long terme qu'il met à jour entre l'économie et l'expansion militaire des empires posent la question d'une différence de fond entre l'empire américain et les empires historiques, différence que l'ensemble des stratégistes américains de toute forme mette en avant pour clamer la pérennité de la puissance américaine.
       Faire les guerres pour un Empire semble devoir accroitre ses ressources, mais être obligé de les faire indéfiniment ou de maintenir des occupations militaires semble au contraire l'affaiblir. Paul KENNEDY ne s'aventure pas, volontairement d'ailleurs, dans l'analyse de fond pourtant cruciale des relations entre la nature sociale et politique des Empires et l'évolution de leur puissance. 

   Paul KENNEDY, Naissance et déclin des grandes puissances, Transformations économiques et conflits militaires entre 1500 et 2000, Editions Payot, 1989, 730 pages. Traduction par Marie-Aude COCHEZ et Jean-Louis LEBRAVE, de "The rise and Fall of the Great Powers, Unwin Hyman, london, 1988. Présentation de Pierre LELLOUCHE, mars 1989.
  
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 15:04
          De même que la valeur n'attend pas le nombre des années, la valeur d'un livre ne se mesure pas à son nombre de pages. Ce petit livre sur le cinéma militant et le cinéma politique en est bien la démonstration. A l'heure des commémorations en tout genre de l'année terrible pour tous les conservatismes, les auteurs ont voulu montrer que la question de la fonction sociale, politique et esthétique du cinéma avait été débattue autrement que par une simple perturbation du festival de Cannes.
         Cette fonction sociale du cinéma, sur laquelle on reviendra abondamment dans ce blog, est souvent passée sous silence par le cinéma institutionnel et commercial, et pourtant elle est très agissante, quasi quotidiennement. Les auteurs rappellent les différentes approches de l'articulation entre cinéma et politique issues de Mai 68, et le premier d'entre eux , David FAROULT, prend une position paradoxale à première vue : le cinéma militant n'existe pas. Ou alors tout le cinéma est militant, du film nazi ou film industriel qui consolide les mentalités du désordre existant. Retraçant l'action de Cinélutte, de ses productions comme de ses débats internes, est reposé la question à quoi sert le cinéma pour des militants révolutionnaires? A informer sur les luttes? Qui? Comment? Avec quelle efficacité et quelle utilité? En revenant sur le film de GODARD, "Un film comme les autres" comme sur le groupe DZIGA VERTOG ou le groupe Cinéthique, on peut mesurer la difficulté de dépasser à la fois la dramaturgie dominante comme les contraintes des circuits de distribution des films. Le constat que les débats se soient déplacés du film de fiction au film documentaire garde les questions ouvertes.
      Gérard LEBLANC tente lui aussi de délimiter le débat entre cinéma et politique et l'on retiendra sa différenciation entre films compris dans des stratégies politiques qui les intèfrent comme facteurs actifs ou passifs, films à effets politiques produits dans le cadre de l'institution cinématographique et films réalisés par des non professionnels, acteurs des luttes.
    Une longue interview, publiée auparavant dans la revue Cinéthique en avril 1969, de Jean-Pierre LAJOURNADE, réalisateur de "Le joueur de quilles", constitue la dernière partie de ce petit livre. A travers l'évocation de nombreux films, il parcours l'ensemble des éléments de ces débats.
     Si ce petit livre est conseillé, ce n'est pas par nostalgie (l'auteur de ces lignes n'était pas né!), mais pour commencer à réfléchir sur la possibilité d'utiliser le cinéma pour changer la société. Avec en arrière-fond la pensée que le statut du spectateur-voyeur reste ambigu devant le spectacle même s'il s'agit du spectacle d'une lutte et même si le montage comme la mise en action veut déconstruire le cinéma et le déstabiliser. Les relations du spectateur et de l'acteur ne sont pas simple, et le dépassement d'une partie des dilemmes évoqués dans "Le cinéma en suspens" se trouvent sans doute dans la déconstruction même du statut de spectateur...

   David FAROULT et Gérard LEBLANC, Mai 68 ou le cinéma en suspens, Editions Syllepse, collection Résistances, 1998, 96 pages.

Note : Jean-Pierre LAJOURNADE a réalisé plusieurs films (Assommons les pauvres, 1967; Le joueur de quilles, 1968; La Fin des pyrénées, 1970) et avait démissionné de l'ORTF au moment des événements de Mai 68. Pour ceux qui ne connaissent pas (comme moi!), il est utile de consulter le site cineastes.net où se trouve notamment une présentation de ces films. Jean-pierre BOUYXOU, dans son livre "La science-fiction au cinéma" paru en 1971 aux éditions UGE, 10/18, commençait son commentaire du film "Le jour de quilles", de la manière suivante : 1968, An I du cinéma : LAJOURNADE tourne Le joueur de quilles. Meurent alors, déliquescentes, les vieilles structures-baudruches d'un art et d'un langage. meurent aussi, pulvérisées, toutes notions connues, élaborées ou rêvées de temps et d'espace. Raconter ou résumer "Le joueur de quilles" serait insultant pour le film, inutile pour ces propos, impossible dans l'absolu. Raboté, saboté, ignoré plus d'un demi-siècle de cinéma narratif par essence... De quoi en vouloir savoir plus, non?

                                                                                         FILMUS
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Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /Août /2008 15:04
   
     Rien de tel que la lecture d'une histoire mondiale au long cours pour comprendre les événements actuels de notre planète. Pour la période de 1917 à 1981, André FONTAINE, alors rédacteur en chef du journal "Le Monde" depuis 1969, présente une histoire des relations internationales, en grande partie centrée sur les relations Est-Ouest.
   De la Révolution d'Octobre 1917 à l'invasion soviétique de l'Afghanistan en 1979, nous pouvons suivre le grand jeu mondial de la guerre froide et de la détente. Loin de suivre une chronologie figée rébarbative, c'est une lecture serrée des événements que le grand journaliste nous propose. On y retrouve bien sûr les origines et les conséquences des guerres du VietNam et de Proche Orient comme les méandres des stratégies déclaratives en matière d'armement en passant par les vicissitudes des deux guerres mondiales. On comprend d'ailleurs mieux le conflit actuel en Géorgie si on replonge dans l'histoire du Caucase depuis l'avènement de l'URSS. Le jeu mondial ne se limite pas bien entendu à la confrontation Union Soviétique/Etats-Unis d'Amérique ; il révèle sa complexité avec l'intervention de la Chine, des pays non alignés, de l'Europe...
    On comprend mieux comment le monde bipolaire d'alors a préparé le monde multipolaire d'aujourd'hui. Ces trois volumes sont à conseiller absolument au début de toute découverte d'étudiant en histoire comme à tout citoyen désireux de ne pas s'en laisser conter par les modes quotidiennes journalistiques sur l'état du monde.
 
       André FONTAINE, Histoire de la guerre froide, Tome 1, De la Révolution d'Octobre à la guerre de Corée, 1917-1950 ; Tome 2, De la guerre de Corée à la crise des alliances, 1950-1963, Fayard, Collection Point Histoire, 1983;  502 et 570 pages.
            André FONTAINE, Histoire de la "détente", Un seul lit pour deux rêves, 1962-1981, Fayard, Collection Point Histoire, 1984, 534 pages.
      Plusieurs fois réédités depuis.

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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 13:39
   
    Voilà une vraie étude de sociologie militaire! Plutôt que de traiter à longueur d'ouvrages de l'évolution des choses militaires, en insistant sur les guerre ou l'évolution des corps d'armées et des armements,  Raoul GIRARDET a choisi de comprendre l'histoire sociale et l'histoire des mentalités de cette société plus ou moins fermée que constitue en France, la société militaire.
   L'histoire de ces homes et de ces familles qui traversent la révolution, l'empire, la restauration, la république;  la vision que l'on a du rôle de l'armée dans la société globale; l'évolution de l'esprit militaire, depuis les soldats de la liberté de 1789 jusqu'à l'épreuve algérienne, en passant par les deux guerres mondiales, sont bien décrites dans ce livre... Enthousiasme, méfiance, antipathie, fièvre irraisonnée alternent dans la société militaire comme dans l'ensemble de la société. Parfois l'armée est au diapason de la l'ensemble de la société, parfois elle en est à l'opposé idéologique... En deux grandes parties, la vieille armée et l'armée nationale, l'auteur s'appuie autant sur des études historiques d'ensemble, des mémoires et des témoignages qui traversent toute la hiérarchie, pour comprendre les soubresauts de la conscience militaire.
  C'est une étude intéressante pour qui veut appréhender l'évolution des mentalités militaires, même au-delà de la période que s'assigne l'auteur. Autant pour les évolutions des mentalités militaires en général, qui ne sont pas les mêmes en temps de guerre et en temps de paix, que pour se faire un idée de ce que peuvent vivre tout le corps d'armée français dans le début du XXIème siècle. Il existe bien entendu de nombreuses autres études, mais pour commencer, on ne saurait trop conseiller de consulter l'ouvrage de Raoul GIRARDET.


   Raoul GIRARDET, La société militaire de 1815 à nos jour, Librairie académique Perrin, collection Agora, Pocket, 2001, 340 pages.
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 14:20

        Nous nous représentons, à notre époque des mass-médias et particulièrement du cinéma et de la télévision, les différentes révolutions qui ont marqué notre histoire, plus seulement à travers les manuels scolaires. Et cet ouvrage, particulièrement illustré d'images extraites de nombreux films, permet de rendre conscient certaines de ces représentations. Édité juste dans la foulée de la célébration du bicentenaire de la Révolution Française de 1789, ce livre, introduit par un article très éclairant de Marc FERRO, éclaire la perception des différentes révoltes et révolutions (américaine, française, russe, nazie, indienne, polonaise...), qu'elles soient progressistes ou réactionnaires, par différentes filmographies, notamment américaine, russe, française, mais aussi d'autres pays d'Europe, du monde arabe, du Japon.... C'est un panorama très varié et très étendu qui nous est proposé là, avec pour expliquer les narrations plus ou moins tendancieuses des films, des articles fournis de qualité. C'est aussi un exercice difficile tellement est grand le nombre de films ayant évoqué ces différentes révolutions et sans doute aurait-on bien voulu que telle ou telle thématique soit plus développée. Pour les Français, en tout cas, le regard sur la filmographie internationale de la Révolution Française permet de prendre une grande distance par rapport au film commémoratif en deux parties qui était sorti en salle en 1989. En fin d'ouvrage de nombreuses fiches de film permet de le prolonger par la vision... des films!

   Sous la direction de Marc FERRO, avec des textes de Christian DELAGE et Béatrice FLEURY-VILATTE, Révoltes, Révolutions, Cinéma, Editions du Centre Pompidou, dans la collection Cinéma/pluriel, 1989, 312 pages.
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 15:21

   Juste après des commémorations plus ou moins bien suivies du 14 juillet 1789, il est intéressant de réfléchir aux diverses manipulations de l'histoire en fonction des calculs politiciens de droite ou de gauche, qu'une certaine classe intellectuelle impose régulièrement aux Français. On pense particulièrement aux commémorations des génocides ou des massacres collectifs dont on nous impose plus les images d'horreur que des réflexions sérieuses. Jouer sur l'émotion ne suffit pas à construire une mémoire collective. Jouer sur des émotions collectives ou des sentiments divers pour déformer les faits toujours fait partie de conflits politiques et idéologiques et le livre de Christian AMALVI nous le rappelle très justement en examinant la manière dont ont été présentés différents chapitres de notre histoire.
    Sur la Révolution française justement, mais aussi sur Vercingétorix (les métamorphoses de nos origines nationales), sur Roland (dans la littérature scolaire), sur Hugues Capet et les terreus de l'an mil, sur le règne de Philippe-Auguste (dans la littérature historique du XIXème siècle), sur Etienne Marcel (de Danton à François MItterrand), sur la Jacquerie de 1358 (dans la littérature de 1814 à 1914), cet archiviste-paléographe nous promène dans les interprétations souvent virulentes d'un bord politique à l'autre. Dans ces essais de mythologie nationale, on puise beaucoup d'éléments sur les batailles de la mémoire, et c'est fort à propos que Christian AMALVI nous informe, de sa position dans les Archives Nationales, différentes tromperies historiques, présentes encore hélas aujourd'hui, dans beaucoup de manuels scolaires aux données souvent plus qu'approximatives... Non pas de ces erreurs d'historiens qui n'en sont pas à l'abri mais de ces véritables entreprises du mensonge perpétré en connaissance de cause par des officines politiques présentes dans diverses maisons d'éditions...
   On regrette simplement que d'autres figures emblématiques de l'histoire ne soient pas évoquées, comme celle de Jeanne d'Arc, récupérée aujourd'hui par la droite et l'extrême droite. Malheureusement, beaucoup croient encore qu'elle entendait des voix et qu'il s'agissait d'une paysanne influençable, ou encore que le sentiment national français date des années 1400... Il manque un ouvrage - certes difficile à écrire - sur les conséquences de certaines falsifications historiques et même de destructions de documents historiques (on pense à la Révolution russe par exemple) sur les comportements des hommes et des femmes d'aujourd'hui.

       Christian AMALVI, De l'art d'accommoder les héros de l'histoire de France, De Vercingétorix à la Révolution, Albin Michel, 1988, 475 pages.
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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 13:41

      Écrit par Erica FRATERS, qui n'est que l'anagramme du mot Réfractaires et le nom collectif de nombreux anciens participants à l'Action Civique Non Violente (ACNV), ce livre témoigne de la résistance d'une foule de "citoyens ordinaires" à la guerre coloniale d'Algérie.
   Préfacé par l'avocat Jean-Jacques de FELICE, qui eut à défendre de nombreux réfractaires contre l'Etat français d'alors, rédigé par d'anciens membres du mouvement de désobéissance civile suivant un ordre chronologique qui permet d'en comprendre les motivations et les actions, ce livre se veut à l'honneur des insoumis, des objecteurs, des réfractaires de toute origine, qui eurent le courage de s'opposer physiquement et moralement à une guerre qui a encore aujourd'hui des répercussions sur les mentalités collectives, tant en Algérie qu'en France.
   Abondamment illustré de photographies d'époque, de reproduction d'articles de presse, pourvu d'une solide charpente de rappels historiques et en fin d'ouvrage doté de biographies d'acteurs de l'ACNV, il permet une réelle remémoration collective de cette époque troublée. Jetant une lueur sur les différences entre légalité et légitimité sur les- quelles nous aurons l'occasion de revenir, il montre le cheminement et l'engagement de ceux qui permettront quelques années plus tard l'instauration d'un statut des objecteurs de conscience et d'un service civil.
   Non dénué d'émotion pour ceux qui y ont participé, cet exercice de mémoire, initié sur le plateau du Larzac, ce livre montre une partie de la société civile en action et est très utile pour qui veut réfléchir sur ses possibilités d'agir ici et maintenant.

   Erita FRATERS, Réfractaires à la guerre d'Algérie, 1959-1963, Avec l'Action Civique Non Violente, Editions Syllepse, 2005, 224 pages . Site www.syllepse.net.
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 18:08
  Une fois n'est pas coutume dans cette rubrique, ce n'est pas un nouveau pavé qui est conseillé...

  Plutôt une introduction à une "sociologie" militaire que je ne trouve pas forcément la plus intéressante, mais c'est une introduction tout de même à une sorte de sociologie historique de l'armée. Alexandre SANGUINETTI, longtemps spécialiste des questions militaires au RPR (Rassemblement Pour la République), donc situé dans une problématique plutôt de droite, propose dans ce livre sa vision du combattant, qui de guerrier passe au statut de soldat. Son étude "historique", des premiers âges de l'antiquité à la bombe atomique, qui donne des aperçus du pouvoir militaire, veut montrer le rôle des armes dans la violence des sociétés. Volontiers pessimiste sur la nature humaine, se plaçant d'emblée dans une logique où les guerres ne se livrent pas forcément entre Etats, montrant souvent dans des pages aérées, par exemple sur la Révolution française ou les deux guerres mondiales, plutôt la réalité que l'idéologie qui s'y rattachent, pas tendre autant pour le militarisme et pour l'anti-militarisme, l'auteur a le mérite d'introduire, au gré de chapitres faciles à lire, au rôle et au statut  du soldat dans la société. Pour ceux qui n'ont que des souvenirs scolaires de l'histoire, surtout de l'histoire de France, il s'agit là d'un vrai rafraîchissement, qui invite à la réflexion, même dans les mois d'été (pas terrible cet été, mais bon...).

  Alexandre SANGUINETTI, Histoire du soldat, De la violence et des pouvoirs, Editions Ramsay, Document, 1979, 365 pages.
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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 15:00

    Peu fréquentes sont les études historiques sur les relations entre l'économie et la guerre, pour que l'on salue cet ouvrage massif sur les buts de guerre économiques de la Première Guerre Mondiale. S'appuyant sur des documents des puissances participantes à la Grande Guerre, sur les archives gouvernementales et administratives de l'Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis notamment, l'auteur s'est attaché suivant une approche multilatérale - c'est-à-dire non seulement en partant des buts de guerre de chaque pays, mais également de l'effet de miroir entre buts de guerre des puissances en guerre. Georges-Henri SOUTOU, agrégé d'histoire et professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris-IV-Sordonne, spécialiste des relations internationales au XXème siècle, a établi une chronologie serrée des évolutions de buts économiques de guerre de chacun des pays et des alliances en mouvement. En 6 partie qui vont des projets de Mitteleuropa à la mise en place des projets alliés, jusqu'à l'armistice et au traité de Versailles, ce livre a le mérite, tranchant avec l'attention un peu trop grande donnée à la question des réparations, de montrer les diverses préoccupations contradictoires, y compris à l'intérieur de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne par exemple, y compris entre les grandes entreprises, les banques et les chambres économiques, également.... On comprend mieux, entre autres, comment s'est établie la relation privilégiée entre Grande-Bretagne et Etats-Unis, comment les visées françaises sur la Belgique, la Ruhr... ont gardé leur permanence. Comment aussi la victoire des Alliés fut aussi celle du libéralisme d'alors. Pour qui veut poursuivre dans la voie des études historiques et économiques sur cette période, une abondante bibliographie existe en fin d'ouvrage.

    Georges-Henri SOUTOU, L'or et le sang, Les buts de guerre économiques de la Première Guerre Mondiale, Librairie Arthème Fayard, 1989, 963 pages.
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