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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 13:18
    
       L'omniprésence de la guerre explique dans doute, mais très partiellement, l'absence de l'entrée du mot tant dans le Vocabulaire Technique et Critique de Philosophie (André LALANDE, PUF, 2002), que dans le Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines (Louis Marie MORFEAUX, Armand Colin, 1985) ou encore dans le Dictionnaire des auteurs et des thèmes de la philosophie (AUROUX et WEIL, Hachette, 1991).
On retrouve bien sûr le mot à "Guerre et Paix" dans le Dictionnaire de philosophie politique (RAYNAUD et RIALS, PUF, 2005) et à "Guerre" dans Éléments de philosophie politique (Thierry MENISSIER, Ellipses, 2005).
 
       Dans l'ouvrage de Thierry MENISSIER, la guerre "ne désigne pas n'importe quelle action violente, même de grande ampleur, mais la lutte armée entre des groupes sociaux, ou entre des Etats, menée parfois jusqu'à la destruction et la disparition de certains d'entre eux". Ce qui est la reprise de la conception de Jean Jacques ROUSSEAU, dans Du Contrat social (livre 1, chapitre4) : "la guerre n'est (...) point une relation d'homme à homme, mais une relation d'Etat à Etat".
Le maitre de Conférence de philosophie politique au Département de philosophie de l'Université Pierre Mendès France-Grenoble 2, poursuit : "Dans tous les cas, l'emploi de la violence n'est pas purement irrationnel, puisque d'une part la guerre a des causes objectives (historiques, sociales, économiques, diplomatiques), et que de l'autre le recours à la violence y est décidé et planifié, et mieux encore il obéit à un but, il est finalisé. La guerre opère par là une double processus d'identification : elle distingue les alliés et les adversaires, et unit les premiers contre les seconds. A cet égard on constate que dans l'histoire elle a souvent fait fonction d'un paradoxal identificateur social ou national. Il convient de distinguer (en cela l'auteur suit beaucoup d'autres...) radicalement la guerre de la guerre civile : la première désigne traditionnellement la lutte entre des Etats différenciés ; son contraire est la paix. La seconde concerne les violences intestines des sociétés ou des Etats ; son contraire est la concorde. Cette dernière est en quelque sorte l'objectif minimal, mais vital, de la théorie juridique et politique (comment réussir à ce que les hommes vivent ensemble sans agressions permanentes délibérées?).
On peut dire de la paix qu'elle est l'idéal de la réflexion sur la politique (comment instaurer une relation sans agression entre les groupes humaines précisément définis par leurs différences?). Mais il faut ajouter que si la guerre est épouvantable, notamment du fait de l'ampleur que la mort et la destruction y prennent, la guerre civile est peut-être pire encore : vectrice d'une confusion sans pareille, elle oppose à mort les membres d'une même famille. Tandis que les groupes humains sortent de la guerre affaiblis, on constate que les séquelles de la guerre civile sont bien plus longues à disparaitre."
Thierry MENISSIER fait référence à un passage de l'Histoire de la guerre du Péloponnèse de THUCYDIDE. "La chose se complique lorsqu'on fait entrer en ligne de compte le problème des nationalités. Alors même que ses motifs sont politiques, la barbarie de la guerre civile est alors appréhendée à partir d'expressions qui en amoindrissent le caractère civil". Prenant comme exemple, les guerres récentes en ex-Yougoslavie ou au Rwanda, l'auteur  constate que "confronté à des faits de guerre d'une cruauté inhumaine, on a qualifié ces conflits d'"ethniques", c'est-à-dire de pré- ou infrapolitiques. Cette approche est légitimée par la complexité des relations entre "nations" dans les épisodes mentionnés. Mais ici s'exprime également une sorte de déni actif de leur caractère civil, qui s'explique peut-être par la difficulté d'admettre que, dans la guerre civile, l'expression des motifs politiques confine à la barbarie. Ce déni donne à penser sur la mission que l'on confie communément et tactiquement à l'action politique : qu'elles supprime jusqu'au souvenir de la guerre civile."
 
        Pierre HASSNER, dans le Dictionnaire de philosophie politique, à l'article "Guerre et paix", commence par des réflexions de Raymond ARON et de son épais ouvrage Paix et guerre entre les nations. Malgré l'évidence de l'assertion que "Nul homme n'est assez dénué de raisons pour préférer la guerre à la paix", formule d'HERODOTE, "il est difficile de trouver une déclaration plus erronée : à toutes les époques, les hommes n'ont-ils pas considéré la guerre soit, d'abord comme l'activité normale de la société, soit, ensuite, comme le dernier recours des rois et, par là, comme inhérente à la condition  de l'homme ou à la nature de la politique?" Reprenant une autre formule, celle d'ARISTOTE selon laquelle la guerre n'est qu'un moyen en vue de la paix, comme le travail en vue du loisir et l'action en vue de la pensée (Politique, VII), l'auteur constate que cette hiérarchie est souvent renversée "par le cours de l'histoire et, notamment, par la philosophie moderne, en ce qui concerne la place du travail et de l'action, ne peut-elle l'être aussi pour celle de la guerre?".
D'HERACLITE à FOUCAULT, "les penseurs n'ont pas manqué pour affirmer le primat du conflit sur l'harmonie, du désordre sur l'ordre, de la force sur la forme. De la dialectique hégélienne à la guerre des dieux wébérienne, en passant par la lutte pour la vie, la lutte des classes et la volonté de puissance, les formules ne manquent pas pour généraliser et fonder ontologiquement le primat de la guerre."
Pierre HASSNER veut résister à cette conclusion et à cette position de la question, même si en fin de compte on y revient toujours. La question principale semble toujours : "Comment ordonner, logiquement et historiquement les réponses de la philosophie politique à ce problème de la coexistence entre Etats?"
 
         Comme la guerre concerne plus la philosophie politique que la philosophie, il serait vain de chercher ce terme dans les dictionnaires ou encyclopédies de philosophie. Néanmoins, ces derniers ouvrages propose souvent les entrées "puissance" et "liberté" par exemple, en faisant état de la présence de la guerre.

           Le traitement de la guerre comme objet de réflexions philosophiques peut être tout à fait différent, selon la perspective adoptée par Alexis PHILONENKO dans son "Essai sur la philosophie de la guerre" ou selon celle du fondateur de la polémologie française, Gaston BOUTHOUL (Traité de Polémologie).
       
        Ainsi dans l'introduction de son livre, Alexis PHILONENKO écrit :
" Réalité de la guerre, prolégomènes historiques et philosophiques de la polémologie, tels sont les deux motifs qui ont dicté l'intérêt et la recherche. Mais il y a un troisième point de vue, plus profond et plus vivant. Nous avons été longtemps incapable de l'apercevoir avec clarté. Mais il nous apparaît maintenant avec une lumière, qui, bien que chancelante, ne laisse point d'éclaircir l'orientation générale de ces essais (qu'il présente). BERGSON avait justement réduit le problème de l'âme et du corps à un moment très limité, mais permettant par cela même une décision, celui de la mémoire et même celui de la mémoire des mots. La guerre nous apparaît comme le point métaphysique où peut se laisser cerner la valeur de la liberté.
Il y a d'abord la liberté entendue concrètement comme un principe de gouvernement de la paix et de la guerre - et c'est ce que nous voyons chez KANT, et à un moindre degré chez FICHTE et HEGEL Il y a ensuite la liberté qui s'incarne dans le personnage, et tantôt c'est le vertige de la liberté tel qu'on l'aperçoit chez SAINT-JUST, tantôt la réussite d'un grand dessein en dépit des obstacles, comme on le voit chez le général DE GAULLE. Il y a enfin et surtout la liberté comme puissance de projet et d'ordre.
   Ce dernier est le plus important. CLAUSEWITZ a cru que la liberté n'était pas un vain mot et il a dit quelque chose d'extrêmement significatif (....) il n'a pas hésité à déclarer qu'aucune activité humaine ne dépend si complètement et si universellement du hasard que la guerre (...) La guerre est ainsi cet élément où se symbolisent toutes les autres formes de liberté. C'est donc sur le cas si particulier du projet militaire, du commandement, de l'ordre que se symbolisent toutes les autres activités humaines."
Il déclare ensuite avec un humour involontaire que cette idée de liberté est souvent mal comprise par la philosophie polémologique.
 
     Tout autre est la perspective de la polémologie qui se veut sociologie des guerres. Gaston BOUTHOUL, dans son état des obstacles à l'étude scientifique des guerres constate la pseudo-évidence de la guerre et surtout l'illusion psychologique de dépendance de la guerre à la volonté.
"Le deuxième obstacle psychologique empêchant d'étudier la guerre avec sang froid "comme une chose" - suivant la formule (d'Emile DURKHEIM) - c'est l'illusion, qui découle d'ailleurs (...) que la guerre, parce qu'elle est un phénomène immédiatement conscient, est (...) un phénomène volontaire.
Consciente, la guerre l'est certainement, car chacun d'elles (des guerres) a un commencement et une fin. Elle ne naït pas graduellement ; elle se déclenche comme une catastrophe, à un moment précis. Bien plus, elle est attendue, on la voit venir de loin, car la naissance en donne des motifs ou des prétextes. Lorsqu'elle est décidée, son déclenchement est presque toujours subordonné à des formalités, à la fois diplomatiques et religieuses. Tout concourt  donc à lui donner l'aspect non d'une impulsion mais d'une décision longuement réfléchie et mûrie.
Le sociologue est en droit cependant de se demander si toute cet appareil conscient n'est pas une sorte d'épiphénomène, de motivation surajoutée ou, de tout au moins, accessoire. Car le postulat de toute science de l'homme est qu'elle s'arroge le droit de comprendre les phénomènes mieux que ceux qui les vivent. Elle doit se demander sans cesse si une réalité plus profonde ne se cache pas derrière les apparences immédiates.
 (...) La première question à nous poser c'est donc de savoir si la motivation consciente n'est pas, en réalité, illusoire. Nous pourrions
1) supposer que le plus important dans le déclenchement du "phénomène-guerre" ce n'est pas l'étude ds délibérations épisodiques, mais celle des impulsions belliqueuses motrices qui suscitent l'humeur et les idées guerrières, qui rendent un groupe agressif à un moment donné.
2) Nous nous poserons ensuite la question de savoir si ces impulsions ne sont pas en rapport avec certaines modifications des structures des sociétés considérées."
    Liberté d'une part, déterminisme d'autre part, la guerre creuse de nombreux clivages philosophiques, dont celui-là.

        Cette différence d'approches trouve ses sources dans les jugements portés sur la guerre par les philosophes depuis l'Antiquité. Il existe toute la gamme : de l'apologie à la négation de sa valeur positive.
- Un consensus semble se dessiner pour considérer que les philosophes chinois (CONFUCIUS, MENG-TSEN...) se sont appliqués à ne pas exalter la guerre. ce qui n'empêche pas la civilisation chinoise d'être riche en faits guerriers...
- Chez les philosophes de l'Antiquité gréco-romaine, la répartition entre apologues et négateurs semble délicate et très nuancée, si l'on excepte HERACLITE pour qui "la guerre est commune à tous les êtres. Elle est mère de toutes choses. Des uns, elle fait des dieux, des autres des esclaves ou des hommes libres".
PLATON rêve souvent d'un Age d'Or sans guerre, ARISTOTE exalte le dévouement collectif à la Cité, mais tous deux remarquent que les tyrans entreprennent souvent la guerre.
Si on voit les philosophes grecs adopter une conception plutôt négatrice, les philosophes romains seraient beaucoup plus ambigus. HORACE, CICERON, SENEQUE partent de cette idée pieuse que la guerre romaine apporte la paix.
- Au "Moyen-Age", la philosophe recule devant les édifications des doctrines religieuses (favorables ou défavorables à la guerre), corrélativement la société féodale suscite une foule de poésies guerrières.
- Selon Gaston BOUTHOUL "à partir de la Renaissance, les humanités et l'humanitarisme vont provoquer un courant pacifiste, soit réprobation morale, soit demande d'adoucissement de la force, soit projets de paix perpétuelle, courant opposé et parallèle à celui qu'illustrera MACHIAVEL, et en général, les actions des hommes de ce temps : John COLET, Thomas MORE."
Il faut sans doute être plus nuancé, même si Alexis PHILONENKO insiste sur la virtù et la fortune de MACHIAVEL dans une vision d'utilité et de nécessité de la guerre.
- KANT et HEGEL sont deux auteurs phares de la philosophie moderne sur la guerre, sans oublier FICHTE. KANT fait ressortir la tragique opposition entre les idéaux humains et les "fatalités naturelles et biologiques". HEGEL a inspiré PROUDHON et en général tous les philosophes qui ont, au cours du XIXème siècle, accepté ou exalté la guerre.
- Joseph de MAISTRE étaye ses arguments métaphysiques et mystiques de considérations historiques et sociales. Dans ses "Considérations sur la France" écrits à Londres en 1797, on peut lire : "Lorsque l'âme humaine a perdu son ressort par la mollesse, l'incrédulité et les vices gangreneux qui suivent l'excès de civilisation, elle ne peut être retrempée que dans le sang... Les véritables fruits de la nature humaine, les arts, les sciences, les grandes entreprises, les hautes conceptions, les vertus mâles, tiennent surtout à l'état de guerre... On dirait que le sang est l'engrais de cette plante qu'on appelle le génie."
- NIETZSCHE est souvent classé parmi les théoriciens de la guerre, avec des propos enflammés et bellicistes. Mais son oeuvre est si complexe, si interprétée dans des sens radicalement différents...
- Il faudrait, pour être juste, citer pratiquement tous les noms de la philosophie, ce qui est impossible écrit notre auteur dans le cadre d'un tel article, mais Alexis PHILONENKO semble en rajouter tout de même en citant abondamment SAINT-JUST, DE GAULLE, PROUDHON et surtout TOLSTOÏ.
  Il insiste sur le fatalisme de l'auteur de "Guerre et Paix" que l'on classe parfois un peu rapidement dans le "camp pacifiste".
"Le projet humain, dès lors qu'il dépasse le simple Soi et veut agir sur le monde et sur les esprits, est par essence illusoire comme l'est le monde (...).
La réponse de TOLSTOI est ensuite mathématique et elle conduit à poser que chez les théoriciens de la guerre la notion de hasard ne joue un rôle qu'en fonction de l'insuffisance de leur réflexion. (Il) soutient en effet deux thèses strictement liées : d'une part tout se passe dans la confusion - d'autre part tout est strictement déterminé. Guerre et Paix veut être la démonstration de ce point par mille exemples : la guerre consiste chez TOLSTOI - qui ici s'oppose directement à CLAUSEWITZ - en une quantité infinie d'événements infiniment petits.    
      Or, cette quantité infinie peut être considérée de deux manières :
ou bien on considère qu'elle est réductible par addition à quelques événements "singuliers de grande envergure" comme le veut CLAUSEWITZ, et en ce cas on en vient fatalement à nier la confusion pourtant évidente
ou bien on considère cette quantité infinie en s'appuyant sur les règles du calcul infinitésimal et alors, loin de nier les événements singuliers, on les considérera comme des différentielles supposant une intégration, mais possédant chacune autant de valeur que les autres. Et c'est dire que la notion du grand homme que CLAUSEWITZ hérite de FICHTE et de HEGEL est non seulement inutile - comme le prouvent les précédentes explications - mais encore nuisible à l'intérêt de la science".

    Généralement, lorqu'on évoque la philosophie de la guerre, on oublie que les philosophes - comme tous les autres hommes - vivent dans la réalité d'un monde où la guerre est bien présente. Aussi révélatrices que les écrits, sont leurs actions et leurs prises de positions vis-à-vis des guerres pour eux contemporaines.
  Tant dans la Première que dans la Deuxième Guerre Mondiale, des philosophes ont participé de loin ou de près aux opérations diplomatiques, sociales, économiques ou franchement militaires.
Souvent, lorsqu'ils ont philosophé directement sur la guerre, leurs expériences marquent leurs écrits. Ainsi pour la Première, BERGSON, ALAIN, Ernst TROELTSCH, Bertrand RUSSELL, MARINETTI, HULME et LAWRENCE, ainsi que DEWEY, ROYCE et bien d'autres ; pour la Deuxième, BATAILLE, SARTRE, ARON, Simone WEIL, CAVAILLES, LIPPMANN, Carl SCHMITT, ARENDT, WITTGENSTEIN et bien d'autres.
Ils fournissent autant par leurs propres écrits que par leurs actions matière à philosophie de la guerre.
 L'ampleur des destructions des deux guerres mondiales, la perspective d'un holocauste définitif ont infléchi les philosophes vers une perspective plutôt négative de la guerre. Mais dans le feu de l'action politique, comme les guerres civiles de l'ex-Yougoslavie ou les guerres du Golfe, les ancrages philosophiques les plus puissants connaissent l'épreuve de la réalité et cela ne va pas sans contradictions.
Toutefois, au début du XXIème siècle, il semble se dégager des perspectives nouvelles pour les philosophies de la guerre. Ces perspectives restent encore influencées par les philosophies  bien antérieures et pour que ces influences ne soient pas inconscientes, il est nécessaire de les mettre à jour.
 
    Une approche peut être exposée sur la recherche de la paix en philosophie politique et morale, en contextualisant si possible l'origine (en Occident) de ce questionnement.
C'est ce que fait Armelle LE BRAS-CHOPARD, dans son survol des théories et idéologies sur la guerre. "Plusieurs facteurs contribuent à l'essor d'une réflexion philosophique sur la guerre à partir du XVIème siècle. La guerre apparait étroitement liée à l'affirmation de la souveraineté et de la puissance de l'Etat tandis qu'en même temps elle est contestée dans son principe par la religion et limitée dans son exercice par la doctrine de la guerre juste et le droit naissant des gens.
La philosophie s'émancipe de la théologie et s'appuie désormais sur les seules ressources de la Raison. Ou bien elle explique la nécessité de la guerre conduisant au réalisme politique (...), ou bien, elle prend le relais de la théologie dans sa condamnation de la guerre et présente sa propre argumentation à côté de celle des jurisconsultes, elle aussi fondée sur la raison. (...) Ce classement manichéen appelle des tempéraments. D'une part (...), nombre de philosophies qui justifient la guerre, tentent néanmoins d'en réglementer le déroulement. D'autre part, la quête de la paix n'emporte pas condamnation systématique et générale de la guerre : celle-ci s'inscrit souvent dans une philosophie de l'histoire dans laquelle elle constitue une étape nécessaire de l'évolution de l'humanité et même un facteur de progrès.
Le refus de la guerre comporte aussi des degrés différents chez des philosophes qui envisagent sa suppression et des moyens eux-mêmes divers pour y parvenir. Le rôle de l'Etat, rendu responsable de la guerre, est d'abord au centre du dispositif. dans un premier temps, c'est de lui qu'on attend la solution : elle sera trouvée sous la forme d'alliances d'Etats qui ne porte pas atteinte à une souveraineté destinée à s'exercer désormais en faveur de la paix et non plus dans la guerre. Mais il apparait très vite que c'est la souveraineté elle-même qui est irrémédiablement liée à la guerre : c'est alors la fin de la souveraineté étatique nationale qui représente l'objectif prioritaire comportant tous les modes depuis la suppression de l'Etat lui-même (marxisme) jusqu'à son absorption dans une unique souveraineté universelle en passant par la dilution de l'Etat dans la société civile (Proudhon). Enfin dans une troisième hypothèse on ne se tourne plus tant du côté de l'Etat que de celui de l'individu : l'établissement de la paix dans le pacifisme radical passe plus par une transformation des moeurs qu'une réforme politique."

   Alexis PHILONENKO, Essai sur la philosophie de la guerre, Librairie philosophie J VRIN, 2003. Gaston BOUTHOUL, Traité de polémologie, sociologie des guerres, Bibliothèque scientifique Payot, 1991. Les philosophes et la guerre de 14, textes réunis par Philippe SOULEZ, Presses Universitaires de Vincennes, collection La philosophie hors de soi, 1988. La guerre et les philosophes de la fin des années 20 aux années 50, textes réunis et présentés par Philippe SOULEZ, PUV, même collection, 1992.  Armelle LE BRAS-CHOPARD, La guerre, Théories et Idéologies, Montchrétien, collection Clefs, 1994.
 
 
Relu le 29 mars 2018
 

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