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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 13:08

Stratégies socio-politiques

    La notion de stratégie devient courante dans le monde économique, social, politique et syndical. Toute décision d'ordre global - quel qu'en soit le domaine - est la fixation de buts et de moyens tout au long d'une action. Dans un monde complexe, composé d'acteurs nombreux, la stratégie devient une notion universellement utilisée, même lorsqu'elle n'implique pas la violence comme moyen d'imposer sa volonté.


        Ainsi, dans les relations internationales où l'Etat constitue encore l'unité principale (encore que cela puisse faire débat), l'étude des processus de décisions peut se faire selon des approches qui ne diffèrent pas sur le fond des méthodes utilisées auparavant dans le seul domaine militaire. D'ailleurs, les acteurs eux-mêmes pensent stratégiquement leur action : attaque, défense, repli, manoeuvres, utilisation du terrain, formation d'alliances...
       Avant que le mot stratégie ne soit utilisé, Alexis TOCQUEVILLE (1805-1859) et Charles Louis MONTESQUIEU (1689-1755), dans leur analyse sur l'action des pouvoirs politiques et de la séparation ou de la confusion des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires, comprennent que les différents hommes et femmes, ou groupe d'hommes et de femmes, agissent les uns sur les autres, suivant des procédés stratégiques, dans une perception plus ou moins nette des fins et des moyens.

      Thierry de MONTBRIAL expose dans le Dictionnaire de Stratégie quelques éléments des études sur les processus de décisions dans des sociétés politiques complexes, que ce soient des Etats ou des organisations internationales.
A partir des travaux de Graham ALLISON (né en 1940) en 1971 sur la crise des missiles de Cuba de 1962, beaucoup d'études se sont faites pour comprendre les processus de décisions, et du coup aider à les prendre, dans l'administration américaine.
 "Pour analyser la production des objectifs et des stratégies en matière extérieure (...) il faut commencer par démonter l'"usine" qui les produit mais aussi le jeu des influences extérieures à cette "usine". Bien que certains individus, intellectuels ou hommes d'action, puissent encore exercer une influence directe, c'est de plus en plus au sein de groupes organisés que se forment des jugements collectifs sophistiqués sur le système international, qui se diffusent ensuite à travers les arcanes de l'"usine"." L'usine en question est constituée par l'ensemble des organismes d'Etat - Présidence, Congrès, surtout Sénat - qui interviennent dans les prises de décision, organisée de façon constitutionnelle, avec le contrôle intermittent et régulier de l'ensemble de la population. Ces groupes organisés - instituts de recherche et groupes de pression (industriels, idéologiques, commerciaux, diplomatiques...) interviennent de façon pratiquement continue dans la définition de l'intérêt général, au moment où beaucoup d'éléments de la population se désintéressent, justement, de ces questions internationales...

       La prospective, introduite par Gaston BERGER (1896-1960) en 1957, n'est pas autre chose qu'une vision stratégique élaborée d'aide à la décision pour des activités à court, moyen et long terme, pour des organismes très divers qui veulent agir sur des structures ou influer le cours d'évènements politiques, démographiques, sociaux, climatiques, à court, moyen et long terme.
 "Pour étudier la dialectique de la prévention et de la réaction aux crises extérieures dans les Etats démocratiques, il faut accorder une attention particulière à deux dimensions temporelles : le temps propre des problèmes eux-mêmes, et celui des mécanismes décisionnels." (Dictionnaire de la Stratégie).
    Les organismes internationaux comme l'Organisation des Nations unies (ONU) conçoivent leurs actions dans des perspectives d'actions sur plusieurs temporalités et dans plusieurs domaines qui interfèrent les uns sur les autres. De même, les organisations de grande dimension, comme une administration d'Etat, sont constitués eux-mêmes d'organismes (en sous-ensembles hiérarchiquement liés mais pas toujours), eux-mêmes formés d'agrégats (plus ou moins bien coordonnés) d'individus. Il existe toute une dimension stratégique dans la manière, comme l'étudie Michel CROZIER (né en 1922), dont les individus conçoivent leur activité. Les phénomènes bureaucratiques sont particulièrement étudiés aujourd'hui, et lorsque deux organisations se combattent sur la scène internationale, le "brouillard" de la guerre si longuement analysé par Carl Von CLAUSEWITZ, existe autant sur le terrain qu'à l'intérieur même de ces organisations.

Sous la direction de Thierry de MONTBRIAL et de Jean KLEIN, Dictionnaire de stratégie, PUF, 2000. Michel CROZIER, le phénomène bureaucratique, Editions du Seuil, collection Points Essais, 2005 (1963, année de première parution).

                                                                        STRATEGUS
 
Relu le 23 octobre 2018

 

 

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