Mercredi 11 mars 2009
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Avez-vous remarqué la prolifération (qui ne date pas d'aujourd'hui) des noms communs en isme?
En philosophie (hégélianisme, kantisme, aristotélisme, je ne suis pas sûr que ça fonctionne bien mais enfin..., platonisme...), en
sociologie (weberisme, c'est moins fréquent), en théorie politique (alors là, vous en avez..marxisme, blanquisme, lockisme, machiavélisme...), en psychanalyse (freudisme, kleinisme...), cela
existe depuis un certain temps.
Cela se justifie, comme catégorisation, pour des doctrines, des théories, des hypothèses qui marquent l'histoire des idées.
Mais alors, maintenant, gaullisme, pompidolisme, giscardisme, mitterrandisme, chiraquisme, sarkozysme, cela dépasse la cadre d'un (très gros) dictionnaire, si vous
n'oubliez pas le tibérisme, le jospinisme, le chevénementisme, le poppérisme (vous l'aviez oublié, celui-ci, hein!), le royalisme (en voulez-vous, vous en avez, heureusement que personne n'a eu
l'idée de s'appeler République!)...
Cela dépasse les bornes et révèle plusieurs choses sur l'ego des hommes politiques, sur la paresse du journalisme d'aujourd'hui, sur le flou aussi de ce que peuvent recouvrir comme
pensées politiques (lorsqu'il y en a une...) ces dénominations parfois bien fumeuses... Cela évite d'analyser les choses et l'action des hommes, comme ceux qui sont au pouvoir économique depuis
des lustres et dont le crétinisme amplifie jusqu'au vomissement la chute actuelle du capitalisme financier.
Comment cela est-ce possible? Quand la presse fourmille de parvenus ou d'installés carriéristes, les yeux rivés sur l'audimat, quand la plupart des analyses
tournent en rond autour d'idées fixes ou d'images hypnotisantes, quand le court terme et l'anecdoctique émotionnel l'emporte sur les véritables perspectives d'avenir, des générations d'étudiants,
puis des générations de faiseurs d'opinion reproduisent des schémas obsolètes depuis longtemps, jusqu'à s'obnubiler sur des éléments purement de représentation, coupés de la réalité.
Un élément de cette obnubilation est de persister à mélanger l'anecdotique et l'historique comme le fait cet éditorialiste très bien en vue qui compare Bonaparte à
l'actuel président de la République... C'est de persister à faire croire aussi qu'à travers les changements de sigles ou de noms de partis politiques, on assiste à des changements de politique.
Un des exemple les les plus caricaturaux à mon avis est la longue série de noms du principal parti de droite en France. Souvenez-vous, MFP, MRP, UDR, RPR, UMP... Jusqu'à transformer le sens des
sigles! UMP, ce n'est plus l'Union pour la Majorité Présidentielle, c'est l'Union du Mouvement Populaire! J'ai du mal à ne pas traduire ça personnellement...