Mercredi 1 avril 2009
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Dans les milieux pacifistes, l'un des plus ancienne publication est celle, fondée en 1961, par l'Union Pacifiste de France, qui se situe dans la lignée d'une longue tradition qui
remonte au XIXème siècle. Sous forme de journal d'une dizaine de pages, ce mensuel est bien entendu un organe de combat, pour le désarmement unilatéral et complet.
Chaque couverture porte la fameuse citation de Louis LECOIN : "S'il m'était prouvé qu'en faisant la guerre, mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirais quand même
non à la guerre. Car on n'élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres". Indépendante de tout groupe politique ou religieux, le journal comme l'organisation accueille tous ceux
qui se reconnaissent dans le pacifisme intégral, le refus de toute armée et de toute guerre. L'Union Pacifiste entend lutter contre tout militarisme, les ventes d'armes, les accords armée-école,
les ordonnances de 1959, les essais nucléaires et mène des campagnes régulières contre des salons d'armement ou des "sommets" de l'OTAN comme celui qui a lieu à Strasbourg et à Baden Baden les 3
et 4 avril 2009.
L'Union Pacifiste de France ne regroupe que quelques centaines de militants et la diffusion de son journal ne dépasse guère en audience les cercles pacifistes et
antimilitaristes. Et même là, surtout avant la suspension du service militaire le 28 octobre 1997, l'Union Paicifste participe à une lutte interne sur la question du service civil, le journal
optant pour la suppression pure et simple de tout service du à un État, militariste par définition. Toutefois, grâce à l'opiniâtreté de certains de ses membres, elle parvient à convaincre au-delà
de ces cercles à entreprendre des actions contre la guerre ou la militarisation. Ainsi, l'UPF a convaincu un sénateur socialiste, Franck SERUSCLAT (1921-2006) et quelques autres à déposer une
proposition de loi, sous le numéro 271 (23 avril 1993), proposition déclarée caduque car non examinée durant la législature par l'Assemblée des sénateurs. L'organisation travaille en liaison avec
d'autres organisations dans le monde, à travers l'Internationale des Résistant(e)s à la Guerre, fondée en 1921.
La plupart de la rédaction de l'Union Pacifiste est collective et militante. Elle se partage entre réguliers et occasionnels, tous militants. Les rubriques régulières Le tour
du monde en 80 guerres (les fabrications, ventes et trafics d'armes), Front (les problèmes des objecteurs à travers le monde) voisinent des pages culturelles, historiques et artistiques
(Jean-François AMARY, René BURGET, Yves Le CAR...). Elle se targue de faire un travail de dénonciation, et s'efforce souvent de faire partager, par relations personnelles, ses préoccupations par
la grande presse. Des dossiers plus importants paraissent de temps à autre sur des sujets précis (Les profiteurs de guerre, 52 pages).
On peut bien entendu se poser des questions sur l'efficacité de l'activité de l'Union Pacifiste de France, qui met avant avant l'inefficacité des conférences internationales de
paix pour justifier son intransigeance et sa constance. Dans le désert français, où elle côtoie d'autres sensibilités (non-violents, communistes et chrétiens), le journal a le grand mérite de
proposer des informations et de faire partager des opinions que l'on ne rencontre pas ni dans la presse quotidienne ni dans les revues.
L'Union Pacifiste, BP 196, 75624 Paris Cedex 13, pour la rédaction et les abonnements. Emission radio à Radio Libertaire, 89,4 MHz, tous les jeudis de 18 heures à 19h30. Site internet :
www.unionpacifiste.org