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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 14:14
               William PENN et sa postérité immédiate

    William PENN (1644-1718), né en Europe, fondateur et premier gouverneur de la Pennsylvanie, publie en 1693 son Essay towards the present and future peace in Europe by the establishment of an European Diet, Parliament of Estates (Essai sur la présente et future paix en Europe par la formation d'un Parlement des Etats européens).
    Cette Diète n'est pas une simple réunion d'ambassadeurs échangeant leurs points de vue sur les problèmes européens. C'est une véritable assemblée de représentant des États membres, selon leur importance démographique et économique. Ses principales décisions devraient concerner le désarmement progressif des États, avec au besoin intervention d'une armée européenne, la paix devant permettre le développement économique, scientifique et technique.   
     Cet Essai développe dix points appelés à être repris par de nombreux auteurs par la suite :
- La valeur de la paix est évidente devant l'ampleur des destructions et des souffrances causées par les guerres.
- Guerres et dissensions sont prévenues par des moyens de justice, prévus autant pour des individus que des groupes, résolvant leurs conflits de manière civilisée (fair way).
- La justice dépend de gouvernements aux lois impartiales, qui gagnent à tirer leur souveraineté du consentement des peuples.
- La paix en Europe peut être maintenue par la formation d'un Parlement des États européens qui discutent ainsi collectivement et prennent ensemble leurs décisions.
- Il y a trois cas où la paix est brisée : défendre son propre territoire seul ; essayer de retrouver par la force un territoire revendiqué ou tenter d'augmenter sa domination par l'invasion d'un autre pays.
- Les gouvernements déclarent leur souveraineté par succession, élection, mariage, achat ou conquête.
- Tous les États européens,y compris la Russie et la Turquie, devront être inclus dans la Diète-Parlement, avec droit de vote équivalent à la valeur de leur territoire.
- Parmi les règles de fonctionnement d'un tel parlement, le vote à bulletins secrets doit prévenir toute tentative de corruption, avec l'idée que celui qui ferait une telle tentative de corruption ne pourrait pas avoir la garantie de la valeur de sa monnaie.
- Dans la dernière section de son Essai, William PENN répond à certaines objections : même si une nation puissante refuse de s'y joindre, les autres ensemble doivent le contraindre à respecter leurs décisions communes. De petites forces présentes dans chaque pays pourraient prévenir l'activité d'une grande armée. La jeunesse sans entrainement à la guerre peut ne pas devenir effeminée (!) si elle est disciplinée à d'autres types de travaux. Les États maintiennent de toute façon leur souveraineté sur leurs propres affaires internes.
- Beaucoup de bénéfices sont à attendre d'un tel plan et l'auteur en dresse une liste : Les tueries peuvent être évitées et les villes ne pas être détruites. Les pays chrétiens pourraient plus vivre en harmonie avec les vrais enseignements du Christ. Chaque pays garderait sa monnaie et l'utliiserait à des fins constructives. Cela donnerait une sécurité pour les pays chrétiens vis-à-vis des Turcs (William PENN reprend là un élément présent dans tous les plans de paix depuis le début des temps modernes...). Les voyages entre pays seraient libres et aisés, et des relations d'amitié pourraient être développées entre peuples des différents pays. Les Princes ne seraient plus obligés de mobiliser une diplomatie et une politique de méfiance mais établiraient l'union basée sur un amour sincère.
     Dans le ton donné à travers certains arguments est reproduit évidemment la foi du quaker qu'est William PENN, considéré par beaucoup comme le premier grand américain de paix et de liberté., qui a toujours eu une d'égales préoccupations pacifiques pour le Nouveau et l'Ancien Continent. Il conclue en réitérant l'important principe d'une puissance souveraine pour combattre les disputes, qui doit être plus grande que celle des parties en conflit. Il cite comme exemple d'union possible, celui des Provinces Unies des Pays-Bas.
   L'impact de ce projet provient en grande partie de la notoriété de l'auteur qui a utilisé sa grande expérience au Nouveau Monde (dans les relations entre citoyens comme dans les relations avec ses premiers occupants) pour l'argumenter. De plus, il entre bien dans une certaine idée de libre commerce dans un vaste ensemble.

        Un ami quaker de William PENN, John BELLERS soumet un plan similaire au Parlement britannique en 1710 (Some reasons for an European State proposed to the Powers of Europe). Dans le détail de ce plan, le parlementaire propose de diviser l'Europe en 100 provinces d'égale importance, avec chacun un représentant au Parlement européen.
 
PAXUS
 
Relu le 27 février 2019


           
    
           

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