Lundi 25 mai 2009
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Genevière GUILHAUME, enseignante à l'Université PARIS XIII, responsable du master en formation continue Communication et ressources humaines, en nous livrant
ses réflexions sur le coaching, sait de quoi elle parle.
Dans ce livre très aéré, l'auteure tente d'analyser cette forme de soutien psychologique et professionnel, née dans les années 1990 aux Etats-unis, d'abord pour les milieux sportifs,
puis étendus à toutes les branches d'activités, d'entreprises et même de grandes associations, en Europe entière. Un chiffre d'affaires d'1,5 milliards d'Euros par an en 2007, un nombre de
coaches compris entre 2 500 et 4 000, une grande partie d'un budget formation de grosses entreprises comme ORANGE ou IBM, l'importance économique du secteur est sans commune mesure avec
l'influence idéologique de cette forme d'aide personnalisée au commandement et à la responsabilité dont l'entreprise attend des résultats concrets et chiffrés ni avec ce que cela suppose comme
évolution dans le capitalisme contemporain. Tout cadre supérieur qui se respecte a été confronté un jour ou l'autre à la publicité pour cette forme d'assistance au jargon sur-développé et un peu
indigeste.
S'attachant d'abord à cerner les contours du coaching (ses définitions contradictoires), son histoire récente et même sa préhistoire, Geneviève GUILHAUME se livre à une
analyse sans concession de cette contradiction de faire de l'individu une véritable machine à succès pour son entreprise en même temps que de le stabiliser émotionnellement, psychologiquement,
affectivement... Elle suit de très près les tentatives de légitimation d'une nouvelle profession qui ne se prétend ni thérapeute ni experte dans les relations internes d'une entreprise. le
lecteur avec elle peut constater combien la croissance du recours au coaching dans les entreprises tiennent à l'évolution du statut du salariat et au développement de nouvelles formes du
capitalisme (financier notamment). Elle tente de nous faire approcher combien le discours de violence euphémisée s'intègre dans un climat de compétitivité accrue, à l'aide d'un discours
valorisant, vise à faire intérioriser par ces cadres intermédiaires entre la direction et les cadres directement en contact avec l'activité de l'entreprise, ces managers, les valeurs d'abord
profitables à celle-ci. Donner au cadre le phantasme de pouvoir se surpasser en même temps que de faire gagner son entreprise, voilà la fonction du coach, pris à la fois dans une relation
contractuelle avec le commanditaire et dans une relation personnelle avec lui.
C'est en tout cas ce qu'essaye de cerner Geneviève GUILHAUME qui nous propose là un livre entre la psychologie sociale et l'économie.
Geneviève GUILHAUME, L'ère du coaching, critique d'une violence euphémisée, Editions Syllepse, collection Sens dessus-dessous, 2009, 145 pages
www.syllepse.net
Par GIL
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Publié dans : LECTURES UTILES
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