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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 13:01
   L'ensemble de l'oeuvre, et chacun des ouvrages, de Sigmund FREUD marque la pensée d'une empreinte aussi forte que celle de GALILEE pour les sciences physiques, de MARX pour la philosophie politique et l'économie, de DARWIN pour les sciences naturelles ou de CLAUSEWITZ pour la stratégie. Après lui, nous ne pouvons plus penser le monde et l'homme de la même façon, surtout l'homme qui n'est plus l'être de Raison recherché par de nombreux philosophes, ni l'être pour l'harmonie avec la nature. Plaçant le conflit au coeur de la personnalité humaine, il permet, passé le moment de la désillusion, de rendre "conscient" de la prégnance et du poids de l'inconscient ; il permet finalement de mieux rechercher cette Raison et cette harmonie, même si cette recherche reste pessimiste.

     Nous pouvons distinguer quatre phases dans le déroulement de la pensée du fondateur de la psychanalyse, même si ce découpage ne sert qu'à clarifier les idées (il en existe d'autres...) :
- Une première phase (1883-1893), de la pratique de l'hypnose à la méthode de la catharsis. Sigmund FREUD travaille dans différents services de l'hôpital de Vienne, puis chez le professeur CHARCOT à Paris (stage de neurologie). C'est dans cette période que Sigmund FREUD trouve sa voie, en expérimentant l'hypnose. Il se lie avec Wilhelm FLIESS et Josef BREUER avec lequel il signe Études sur l'hystérie en 1895.
- Dans une deuxième phase (1893-1905), il s'installe comme médecin et commence à forger ce qui va devenir la psychanalyse, un nouveau champ de pratiques thérapeutiques et d'études théoriques. Il étude les rêves, commence à publier et prépare Psychopathologie de la vie quotidienne qu'il publie en 1901. Ses recherches aboutissent à la publication des Trois essais sur la théorie sexuelle (1905) qui rassemble ses hypothèses sur la place de la sexualité et son devenir dans le développement de la personnalité humaine.
- La troisième phase (1905-1920) est celle de l'institution psychanalyse, de nombreux médecins germanophones utilisant déjà ses publications pour développer leurs propres pratiques thérapeutiques. Parmi eux Max EITINGTON, Ludwig BINSWANGER, Carl Gustav JUNG, Karl ABRAHAM, Sandor FERENCZI, qui forment le noyau de ses futurs adeptes. Le premier Congrès psychanalyse de Salzbourg de 1908 marque le début du développement d'une véritable école, où de fil en aiguille, se forment les premiers psychanalystes et s'organisent les principes des cures psychanalytiques. C'est la période des premières élaborations conceptuelles (première topique) et des premières hypothèses concernant à la fois le développement individuel et l'évolution de la société.
- Dans la quatrième période (1920-1939), la psychanalyse s'étend, et sous la poussée des polémiques et de nouvelles constatation, Sigmund FREUD élabore de nouvelles conceptions de l'organisation de la personnalité (Au-delà du principe du plaisir, 1920). Une deuxième topique est proposée, ainsi que des extrapolations anthropologiques (Malaise dans la culture, Malaise dans le civilisation, Moïse et le monothéisme). Les préoccupations pessimistes s'accumulent parfois, à propos de la guerre notamment. Avec l'extension de la psychanalyse viennent les différentes scissions du nouveau mouvement de pensée... qui donnent lieu à la diffusion d'autres interprétations du développement humain.

    Différentes oeuvres phares de Sigmund FREUD, parmi son abondante littérature (tous ses écrits ne sont pas publiés et chaque écrit livré au public par ses héritiers ouvre de nouvelles recherches sur son oeuvre...) marquent les étapes de la psychanalyse et constituent autant de repères pour les praticiens et les théoriciens d'aujourd'hui.

        - Étude sur l'hystérie (1895) porte sur l'affect, le conscient et l'inconscient, suite directe de l'expérience médicale à Vienne et à Paris. Sur ce sujet, il dépasse l'opposition de l'époque entre rapporter les symptômes hystériques à la suggestion ou à la simulation (absence de lésion organique) et donner à cette maladie le statut d'une affection neurologique. Sigmund FREUD considère l'hystérie comme une maladie psychique bien définie exigeant une étiologie spécifique. La mise au jour de cette étiologie amène la (re)découverte de l'inconscient, du fantasme, du conflit défensif, du refoulement, du transfert, des mécanismes d'identification...
       - L'interprétation des rêves (1899, daté de 1900) expose les découvertes des fragmentations et associations d'idées pendant le sommeil. Dans ce livre, Sigmund FREUD fait du rêve un objet d'étude à part entière et met en évidence les mécanismes de refoulement. Il fait du rêve le paradigme de la formation inconsciente, dont le sens n'est pas l'inconscient, mais l'entre-deux de la pensée du rêve et du contenu manifeste. C'est là que le fondateur de la psychanalyse tente d'expliquer les relations entre Conscient et Inconscient, avec l'intervention de la censure ; c'est ce mécanisme qui rend possible la défense et la relation avec le monde extérieur.
       - Psychopathologie de la vie quotidienne (1901), avec les deux précédents écrits, expose les premiers cheminements de la nouvelle théorie psychologique, en insistant beaucoup sur la notion de refoulement.

      Un ensemble d'ouvrages situe le cheminement de Sigmund FREUD dans l'élaboration de sa théorie sexuelle.
C'est le désir sexuel qui se trouve être à l'origine des hystéries, névroses et psychoses, qu'il est amené à traiter dans son cabinet de médecin, ou précisément la rencontre de ce désir sexuel, aux formes multiples et changeantes, et de la société. Des Trois essais sur la théorie sexuelle (1905) au Clivage du Moi dans le processus de défense (1939, publié en 1940), Sigmund FREUD élabore un nouveau vocabulaire, présente une nouvelle façon de voir la place de l'homme dans la société.
        - Trois essais sur la théorie sexuelle (1905) tourne autour de la libido et du complexe d'Oedipe. La théorie de la libido permet de voir se développer les phases de la sexualité infantile, orale, anale, phallique, avec des périodes de latence et d'expression, des mouvements de fixation et de régression. Prenant comme élément d'exposition la légende d'Oedipe, Sigmund FREUD veut montrer comment s'organise l'affectivité de l'enfant entre père et mère. Paul-Laurent ASSOUN, dans son Vocabulaire de FREUD écrit : "Le complexe d'Oedipe met en évidence la dimension inconsciente fondamentale de l'amour, prise dans cette dimension incestieuse fantasmatique. Il ne s'agit pas simplement d'une sorte de difficulté d'apprentissage affective, mais bien d'une clause structurante du désir humain, ce qui permet de donner toute sa signification à l'idée que "l'enfant est le père de l'homme"".
     - Actes obsessionnels et pratiques religieuses (1907) relie l'ambiance religieuse à ces phénomènes de censure du désir. Dans toute son oeuvre, surtout à partir de 1905, Sigmund FREUD ne cesse pas de mettre en relation évolution de l'individu et évolution de la société, et singulièrement l'influence de la religion sur le psychisme individuel.
 Il fait observer que l'on retrouve la notion de cérémonie dans deux contextes apparemment différents, à savoir les activités des croyants pieux et les dispositifs protecteurs des actes obsessionnels. Dans le second cas, l'activité peut avoir la fonction psychologique de protéger d'une impulsion et de porter le châtiment auquel elle est liée inconsciemment. Seule une répétition inlassable de l'acte obsessionnel peut maintenir l'auto-duperie et satisfaire la culpabilité. Il faut rappeler que Sigmund FREUD côtoie plus une tradition doloriste de l'Église catholique que la pratique protestante, vivant en Vienne catholique. (Paul ROAZEN).
    - La dynamique du transfert (1912) met en relation le phénomène psychologique du transfert dans les relations affectives, processus de déplacement de l'affect d'un objet à l'autre, et la méthode du psychanalyste pour obtenir ou essayer d'obtenir la guérison, ou tenter de soigner la névrose ou la psychose. Il s'agit de faciliter ce transfert sur la personne de l'analyste au cours de la cure, afin de pouvoir effectuer tout un travail de suggestion. La méticulosité de l'analyse psychanalytique exige toute une discipline dans le déroulement et la durée de la cure, tant ce transfert peut être volatile.
     - Pour introduire le narcissisme (1914) institue cette notion suite à un débat entre Sigmund FREUD et Carl JUNG autour de la libido et du Moi pour expliquer certaines figures cliniques, l'homosexualité, l'hypocondrie, les paraphrénies, le choix d'objet aimé...Cela introduit l'activité dynamique entre deux pôles, le Moi et l'objet.
     - Névrose, psychose et perversion (1914) précise l'étiologie des névroses, entre névroses dites "actuelles" qui ont leur source dans la frustration sexuelle brute (hystérie) et les psychonévroses issues de la symbolisation d'un conflit psychosexuel (névrose obsessionnelle). Sigmund FREUD insiste sur le fait que la névrose n'est pas seulement une pathologie, c'est le témoignage d'un conflit désirant.
   - Métapsychologie (1915) est un livre qui veut montrer que toutes les constructions psychanalytiques sont essentiellement des hypothèses de travail (work in progress) qui relaient les constatations cliniques. C'est aussi un effort d'avoir une vue d'ensemble, topique et économique du psychisme humain, autour de la théorie pulsionnelle.
    - Au-delà du principe du plaisir (1920), outre le fait qu'il reformule la théorie sexuelle, réaffirme la rupture de Sigmund FREUD avec l'idée classique de plaisir, qui n'est pas pour lui un principe hédonique. "C'est plutôt le facteur recteur de l'économie psychique - tendance à l'épargne de l'excitation." (Paul-Laurent ASSOUN). Cette reformulation théorique, dans son esprit s'ajoute, se superpose aux précédentes sans les annuler. Mais cela entraîne des obscurités et des difficultés qui alimentent différentes interprétations, notamment entre Anna FREUD et Mélanie KLEIN.
   - Le Moi et le ça (1923) est suivi de Les problèmes économiques du masochisme (1924). Ces deux livres tentent de préciser la nouvelle conception. Inhibition, symptôme et angoisse (1926) et le clivage du Moi dans les processus de défense (1940) achèvent ce travail de précision... sans convaincre ni les inconditionnels du père de la psychanalyse, ni surtout les adversaires de cette nouvelle théorie, pessimiste d'ailleurs. Ce qui fait problème, l'introduction d'une pulsion de mort face à une pulsion de vie, qui ne cesse jusqu'à aujourd'hui d'opposer nombre d'écoles psychanalytiques.

     Parallèlement et liée à la réflexion sur le psychisme individuel, s'élabore une conception anthropologique qui marque également le regard que l'on porte encore aujourd'hui sur les sociétés humaines dans le temps.
    - Totem et tabou (1912) vient directement à l'encontre du courant principal développé chez les anthropologues à cette époque depuis un siècle. Sigmund FREUD ne fait aucune différence entre les coutumes des peuples contemporains sans écriture et celles des premiers ancêtres de l'homme. Par la "horde primitive", il transcende l'histoire pour accéder à une vérité psychologique, d'autant plus facilement qu'il croyait fermement à l'hérédité des caractères acquis. Son histoire sur le meurtre du père, qui fonde la civilisation, demeure encore une référence, même si évidemment, la plupart des auteurs veulent se fonder sur d'autres conceptions de l'évolution et non, comme Sigmund FREUD, se fier à des sources secondaires d'information.
   - Psychologie des foules et analyse du Moi (1921) qui porte sur les dynamismes de l'identification collective. Bien que l'agressivité engendre une culpabilité qui pousse les hommes à accepter la société, ils le font de manière rationnelle, dans un but d'auto-conservation. Prenant comme point de départ la régression, il veut résoudre le problème de la cohésion des sociétés et révèle là en partie ses conceptions sociales et politiques. Dans les groupes sociaux, les hommes peuvent renoncer à la maturité et en revenir à des stades antérieurs de dépendance et de réflexion enfantine. Il veut expliquer la soumission des masses à l'ordre social par la crédulité de l'amour, et fait dériver celle-ci, non à des pouvoirs magiques et de suggestion que posséderaient les chefs des sociétés, mais de la libido elle-même. "Nous allons essayer, écrit le viennois, "d'admettre que les relations amoureuses (...les attachements affectifs) forment également le fond de l'âme collective". La cohésion sociale provient d'attaches libidinales inhibées quant à leur but. La participation à un crime accompli en commun peut par ailleurs être un puissant élément d'identification dans un groupe. (Paul ROAZEN).
     - L'avenir d'une illusion (1927) montre qu'il est juste de dire que ses théories mettent l'accent sur les divisions de l'esprit humain. "FREUD s'écarte de la tradition libérale classique dans la mesure où il n'envisage pas l'homme comme une unité mais comme un jeu d'oppositions. Il est juste de dire aussi, cependant, qu'il pensait trouver, profondément enfoui en l'être humain, un noyau infrangible, une part centrale irréductiblement en lutte contre la société" (Paul ROAZEN). Effectivement, dans cette charge contre la religion, qui est partie dominante de la société, de la civilisation, Sigmund FREUD veut montrer qu'il est vain de se bercer d'illusions car au bout du compte, plus les désirs sont contrariés, détournés, niés, plus ils ressurgissent et leur répression provoquent à terme des catastrophes de plus en plus grandes. Malaise dans la civilisation (1929) et Malaise dans la culture (1930) reprennent cette perception pessimiste. L'énergie pulsionnelle de l'individu peut être déplacée par rapport à son but primaire (sublimation). "Le problème, écrit-il, consiste à transposer de telle sorte les objectifs des instincts (des pulsions?) que le monde extérieur ne puisse plus leur opposer de déni ou s'opposer à leur satisfaction. Le travail offre un excellent dérivatif, mais son effet de sublimation est faible car la majorité des hommes ne travaillent que sous la contrainte de la nécessité.
    - Moïse et le monothéisme (1939) poursuit la réflexion de Totem et Tabou. Sa relecture de l'histoire montre un Moïse tyrannique suscitant la révolte du peuple. "Si grande que fut l'admiration de Freud pour Moïse, son travail analytique était (...) destiné à le saper. Le message de Freud était en grande partie celui d'une libération de la vie pulsionnelles, d'une rébellion contre la loi mosaïque" (Paul ROAZEN).

     Une série d'ouvrages est consacré, en direction du public à l'explication de la psychanalyse, sous ses divers aspects. Cinq leçons de psychanalyse (1909), Cinq psychanalyses (1918), Nouvelles Conférences sur la psychanalyse (1933), Abrégé de psychanalyse (1938).

   Très spécifiquement, quelques livres sont consacrés à la guerre, ainsi Actuelles sur la guerre et sur la mort (1915), Pourquoi la guerre? (avec Albert EINSTEIN) (1933).

    La postérité de l'oeuvre de Sigmund FREUD commence de son vivant : En Europe, les praticiens prennent l'habitude de s'approprier une bonne part de ses travaux, de les présenter dans une nouvelle forme et une nouvelle terminologie et de les publier ensuite comme une oeuvre personnelle. Ce qui explique une sorte d'acharnement de la part de l'École psychanalytique nouvelle à publier dans les revues médicales ou d'autres, mises au point, anathèmes, mises en garde, voire menaces... à l'encontre de ceux qui déforment, volontairement ou non le contenu de ses oeuvres. Aujourd'hui encore, combien d'ouvrages sur la psychanalyse sont stigmatisés par les "professionnels". Les idées de la sexualité infantile et de l'activité des pulsions, de l'interaction entre les pulsions et la disposition plus ou moins bien disposée de la société à leur égard, de la répression sociale des désirs sont maintenant ancrées dans les mentalités comme autant de lieux communs. Mais sans doute, le travail des "spécialistes" est de garder l'impact du fond de ces idées qui restent toujours actuelles, discutées, contestées... parfois détournées... Car non seulement une partie de la société a refusé d'admettre complètement leur portée, les dévalorisant ou les minimisant, mais a choisi de les réinterpréter souvent pour les amoindrir. Toutefois, le développement de la psychanalyse, toutes écoles confondues, a eu tellement d'effet sur la mentalité du corps médical lui-même, sur celle des publics les plus éloignés, qu'elle a comme prolongement une multitude d'effets sociaux, dont le moindre n'est pas la libération entamée des femmes d'oppressions séculaires. Toutefois, on note souvent des tentatives de dénier le caractère scientifique à la psychanalyse, qui cachent mal des retours à des pratiques sociales répressives. Ou, comme aux États-Unis d'en faire l'otage d'une profession médicale qui y pioche ce qu'elle veut en termes de pratiques et de théories.
     Mais l'oeuvre de Sigmund FREUD en tant que telle n'a eu d'effet que conjointement aux autres interprétations qui en sont issues de la personnalité humaine. Car en ce qui concerne Sigmund FREUD lui-même, même ses contemporains restent dubitatifs sur les liens entre ses conceptions de la psyché humaine et ses opinions sociales et politiques. Sigmund reste convaincu de l'utilité du contrôle social, comme il le dit dans son Essai sur la guerre. Les contraintes et restrictions sont finalement au service de besoins psychiques internes de caractère constructif et positif.
  Selon Paul ROAZEN, "l'apport de Freud à notre intelligence de la relation entre individu et société est bien plus complexe qu'on ne l'a généralement supposé. On met souvent en relief son ambivalence à l'égard des contraintes culturelles parce que, bien qu'étouffant fréquemment la personnalité des hommes, la coercition est, selon lui, l'instrument qui a, au premier chef, permis la civilisation. Mais personne n'a remarqué que, sur un mode implicite dans l'oeuvre de Freud, et tout à fait explicitement dans la théorie analytique depuis sa mort, les limites ont acquis un aspect positif de direction à imprimer. Freud articule toujours mieux ses propos sur l'utilité des restrictions quand il parle des pulsions agressives."
        Dès le départ, par ailleurs, il pense toujours que marxisme et psychanalyse font mauvais ménage. Le mouvement psychanalytique est étouffé en Russie dès 1929. Et pour lui, la barbarie fleurit à nouveau sous la bannière du progrès. Si par la suite un freudo-marxisme important se forme, ce n'est pas de son fait. Freud, tout en se servant d'une relecture anthropologique, pour cerner le complexe d'Oedipe à la dimension d'une société, avec une grande prudence que n'ont pas d'ailleurs certains de ses continuateurs, n'a pas de vision à proprement sociale. Tout en se prononçant en faveur d'une plus grande égalité économique, il n'en escompte pas de changements positifs sur la nature humaine.
   Tout cela mérite bien entendu de grands développements. Nous y reviendrons.

 Paul ROAZEN, La pensée politique et sociale de FREUD, Editions Complexe, 1976. Roger PERRON, Histoire de la psychanalyse, PUF collection Que sais-je?, 1988. Jean LAPLANCHE et Jean-Bertrand PONTALIS, sans la direction de Daniel LAGACHE, Vocabulaire de la psychanalyse, PUF, 1976. Paul-Laurent ASSOUN, Article FREUD, dans Le Vocabulaire des Philosophes, Editions Ellipses, 2002. Alain de MIJOLLA, Article Sigmund FREUD dans Dictionnaire international de la psychanalyse, Hachette Littératures, Collection Grand Pluriel, 2002.

L'oeuvre de Sigmund FREUD est éditée de manière éclatée, et notons-le avec des traductions parfois différentes. On se référera utilement à la traduction des Oeuvres Complètes, sous la direction d'André BOURGUIGNON et de Pierre COTET, sous la direction scientifique de Jean LAPLANCHE, aux Presses Universitaires de France (depuis1988). Mais il existe d'autres traductions dans d'autres maisons d'éditions, notamment chez Payot.
 
 
Relu le 15 avril 2019

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commentaires

valentini 19/11/2010 13:21


Onfray, en effet, lorsqu'il généralise sa critique, en associant Freud et Marx. Quand on veut faire court, fatalement, on raccourcit sa pensée. Une façon d'être, révolutionnaire, selon l'idiome
standard. Mais Freud et Marx, ce ne sont pas Bouvard et Pécuchet, des créations littéraires. D'ailleurs, Onfray tombe dans le travers qu'il dénonce, il construit un discours transversal et donc
vaguement universel, en agglutinant du particulier, tête de pipe, de pioche, de Turc, etc., et donc au final, il particularise. Ce ne sont pas alors seulement les individus qui tombent en morceaux,
au moment de cette fusion opérée par un désir forcené d'unir ce qui est dissemblable, mais c'est également le monde qui est exclu de lui-même.
Toute critique au contraire, doit, me semble-t-il, pour être recevable par tous, intégrer tout ce qui n'est pas elle et montrer en quoi elle est semblable et en quoi elle est différente. Mais
aujourd'hui, s'efforcer de rendre compte du monde comme totalité, c'est bon pour les dictateurs-escrocs, à la Marx! Tu l'as dit, mimi, al akbar! Réfuter le dieu tapi en soi n'est pas si simple.
Cela dit, je n'ai pas lu Onfray, j'ai d'autres lectures, on ne peut pas tout lire, et donc ceci n'est pas une critique de l'oeuvre de Michel Onfray, mais une dénonciation de l'idiome standard dans
lequel il tombe, se faisant idiot médiatique, en reprenant à son compte, le poncif archi-banal qui consiste à associer Freud et Marx.
Car à part la langue allemande, je ne vois, de véritablement commun, entre ces deux noms, rien d 'autre que leur surgissement en pleine culture capitaliste. Vaste espace! Un tantinet dévasté! Mais
bien sûr pour tout oeil-de-guerre collé au vasistas, c'est encore trop peu! Et même, ça ne vaut rien, carrément! Lui, l'oeil, voit des choses que personne voit, alors que moi, quoi? Eh ben que plus
d'un, s'appelle Martin. C'est un début, non! En forme de non recevoir, vraiment?


valentini 17/11/2010 08:51


Ce commentaire est en marge de la polémique à propos de Freud et, par extension, de la psychanalyse. Il vise l'idiome standard dominant que j'ai rebaptisé, pure charité de ma part à l'égard des
personnes,idiot médiatique. Cet épithète n'a donc rien de personnel.

Mais vous avez raison, ce peut être, à l'occasion, vous ou moi, et comment non, au nom de quoi, me déclarerai-je indemne de la possibilité de devenir, quelle qu'en soit la raison, l'un des
représentants de la bêtise universelle!

Ne pas céder à l'idiome standard qui prétend, avec une effronterie sans borne, être la langue de monsieur-tout-le-monde, ne s'octroie pas par élection, au sens que Calvin donne à ce mot, mais se
gagne tous les jours.


GIL 17/11/2010 13:44



Nous aurons l'occasion, quand nous allons revenir sur la psychanalyse et son apport à la compréhension du conflit, d'examiner sur le fond les arguments émis dans les ouvrages Le livre noir de la
psychanalyse et celui de Michel ONFRAY (serait-ce un des idiots médiatiques que vous évoquez?), avec d'autres sans doute plus intéressants et essentiels.



valentini 16/11/2010 14:52


Les casse-couilles en briseurs d'idoles

Toute activité intellectuelle, suivie, qui, par son existence même, menace, non pas, selon le cliché habituel, « tous les conformismes », mais le conformisme autrement pesant des classes
dirigeantes de la société française, plus spécifiquement défendues par certaines couches qui font assaut d'idéologie, sous des dehors réalistes, mâtinés de cynisme, s'offrant ainsi le luxe d'une
mèche rebelle, toute activité intellectuelle donc qui ne se cantonne pas à n'être que symbolique, s'attire immanquablement les foudres de l'idiot médiatique qui a pour elle la passion que le four
crématoire a pour les corps: tout doit disparaître! La politique de la boutique ouverte au sphinx financier. En voici un exemple qui combine Freud et Marx. La pertinence de cette association
pourrait entrer dans la galerie du surréalisme, quelque peu trafiquant d'art et expert en analogie, si l'idiot en question avait au moins la fantaisie d'imaginer la chose comme amour de sirène à
l'égard du vélocipède. Mais l'idiot médiatique, embarqué à bord du rouleau-compresseur du prosaïsme, rabote tout ce qui est bosse. Sa passion anthropologique dernière est: ni homme ni femme,
actionnaire!
 
Et fatalement, lorsqu'il fait des découvertes, quelque part, soufflées, sur une terre rendue aussi plate qu'un portefeuille d'actions, soit ça tombe pile poil, à plat, soit ça fait une énorme
bulle, destinée à éclater entre les mains du dictateur du jour. Et justement, en voilà un qui a découvert l'esprit prophétique, propre aux juifs dé-judaïsés. On admirera au passage cette
dé-judaïsation des esprits qui sans doute attend minuit pour fleurir plus commodément. Sa nudité, étant in vitro, elle craint les lumières naturelles. Freud et Marx donc, abstraction faite des
hommes réels que ces noms désignent, quelle importance, c'est pas le moment de « tortiller du cul » tout de même, avaient en commun cette illusion: être des savants! Là, l'idiot étend son
domaine propre et se fait peuple pour noyer dans la masse une pensée d'un bon mètre et moulée fraîche. L'emploi du mot savant à une époque fière d'arborer une volonté millénariste libérale de
sortie définitive de l'archaïsme politique ne manque pas de saveur! On sent comme un pétillement annonciateur de lancer de bouchon, agrémenté d'un petit discours sulfureux, du genre: autruches!
Relevez la tête! Ôtez vos verres idéologiques! Et buvez et mangez, l'heure est venue de la communion.
 
Cette messe est évidement donnée en mémoire des pauvres diables aspirés par une forme ou une autre de messianisme. Désincarnés, il ne sont plus qu'ombres errantes, acharnées à se survivre, en vain.
Pas de foi tranquille, sans cliché qui torche! La scène ici est à la manière de la nuit du chasseur. A main droite, l'esprit scientifique, à main gauche, l'esprit prophétique. Du catch
attrape-coeur! Cette opposition qui fleure bon le synthétique repose sur un postulat implicite, laissé dans l'ombre: l'idiot qui parle, étant en mesure de déterminer ce qui est scientifique et ce
qui ne l'est pas, est, par cette définition même, un scientifique. Freud et Marx sont ainsi ramenés à l'état de bruit et de fureur, objets d'une contemplation réservée aux seuls esprits dotés d'un
calme olympien. Sans ça, les pires conséquences ne peuvent qu'advenir! Le corollaire d'une telle antinomie, soluble à l'origine, avant d'être tirée du pot cassé de la philosophie, par quelque
membre viril de la confrérie médiatique, est que, et là, prolétaires, entrons dans la danse, réjouissons-nous, c'est son dieu que l'idiot assassine, le noyau de toute religion est proprement
irrationnelle, because le prophétisme! Autrement dit la forme première de tout individualisme.
 
D'un buisson ardent dont on ne sait aujourd'hui, s'il figure l'en-deçà brûlant ou l'au-delà palpitant de la vérité qui sépare le haut et le bas, comme ceinture de pantalon, se dégage, après
refroidissement, le bouclier des religions naturelles. Si l'on mollit sur l'impôt du culte, la volonté de confiscation reste intacte. Marx et Freud sont donc au même titre que Moïse, des allumés!
Et donc des pyromanes. Mais les deux premiers le sont de manière totalement anachronique, en tant que grands irrationnalistes européens, autrement dit suppôts du totalitarisme. Voilà une leçon de
vie aussi renversante qu'avertissante de brutale détermination. Ce qui nous ramène ipso facto à l'idiot médiatique dont la figure logique ressortit au deux-en-un du fameux paquet Bonux. Car la
question en l'air, lestée d'un certain sérieux, c'est-à-dire pasteurisé préalablement à sa mise sur le marché, revient inévitablement, du moins si l'on a un certain esprit de suite, à l'envoyeur.
Quelle chose cachée, cette enveloppe rationnelle médiatique abrite-t-elle, à son corps défendant?

Eh bien déjà, le même matériel que feux-Marx et Freud! Qui englobe ensuite, il va de soi, le monde, l'homme et la société. Ce bel ensemble naturellement affecte aussi, et comment non, notre briseur
médiatique d'idoles. Mais s'il semble, chez lui, plus présent et massif, jusqu'à crever l'écran et inonder kiosques et librairies, il n'en est pas moins éteint au vu des productions respectives.
C'est que le cerveau éruptif-intrusif de l'idiot médiatique, en tant que matière futuriste, ne tolère pas les choses mortes . Il est d'un autre siècle et d'une autre nature, plus ruminante,
qui, un jour, un jour, peut-être, se révèlera comme nature d'un bloc, tiré de l'abîme, mastoc: ça pousse, ça gronde, ça explose vite, mais au final, rien! Disons trois fois rien, car, n'en doutons
pas, en tant qu'être rationnel, ce bébé-krakatoa est né pour se renier. C'est même sa seule réalité.

 


GIL 16/11/2010 15:05



Nous vous remercions de ce commentaire un peu inhabituel dont nous ne voyons pas trop l'objectif. En tout cas, ce commentaire qui ne manque pas de poésie pourrait s'appliquer à à peu près tous
les auteurs de toutes les formes d'écrits... Quant aux idiots médiatiques, ils fleurissent effectivement sur tous les écrans à la fois, et ils sont très loin de comprendre même ce dont ils nous
entretiennent...



Le Cazals 16/06/2009 00:04

Très heureux d'avoir découvert votre tout récent blog :
Peut-être rejoindrez-vous : http://www.over-blog.com/com-1001296317/La_commune_des_philosophes.html.

Bonne continuation à vous vous me semblez toucher un point central de la réalité que les grecs nommaient Eris ou Agôn (voir la joute chez Aristote l'un des premiers textes de Nietzsche, parfois Polemos (le Combat héraclitéen)...

Je vous signale cette autre communauté où peut-être pourrez-vous puiser :
http://www.over-blog.com/com-1001412929/Politique_Directe.html

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  • : LE CONFLIT
  • : Approches du conflit : philosophie, religion, psychologie, sociologie, arts, défense, anthropologie, économie, politique, sciences politiques, sciences naturelles, géopolitique, droit, biologie
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