Si nous choisissons ici une seconde oeuvre de
Sigmund FREUD, ce n'est pas parce
que nous nous attachons à une lecture orthodoxe de la psychanalyse. Qu'elle soit commentée positivement ou critiquée de fond en comble, celle qui porte le nom de Totem et tabou reste un point de
départ obligé, une référence, lorsque des auteurs veulent aborder des thèmes touchant à la fois la psychanalyse et l'anthropologie. Même René GIRARD, qui se déclare opposé à la philosophie
d'ensemble de la psychanalyse freudienne doit passer par cette fameuse théorie du meurtre du père fondateur de la civilisation, thème présent dans les mythes d'Oedipe, pour affirmer sa propre
vision du rôle des religions.
Totem et Tabou, publié en 1913 (Totem und tabu) constitue le premier livre dans lequel l'auteur aborde la psychologie collective, une psychanalyse
collective. Sigmund FREUD souhaite établir une véritable théorie de la culture, basé sur les correspondances entre la vie primitive d'un côté, la personnalité des névrosé et des enfants de
l'autre.
Le livre se compose de 4 parties, la peur de l'inceste, Le tabou et l'ambivalence des sentiments, L'animisme, magie et toute puissance des idées et Le
retour infantile du totémisme.
Le découpage ne doit pas faire illusion ; il s'agit bien de quatre essais distincts dans l'esprit de l'auteur. En outre, dans chacun d'eux, se mêlent considérations psychanalytiques,
anthropologiques, historiques qui en font des oeuvres difficiles, surtout pas résumable par la théorie du meurtre du père. Michèle PORTE écrit à ce propos : "L'oeuvre est difficile du fait de sa
construction complexe, du maniement de l'analogie, de l'extrême puissance interprétative des analyses, de la richesse conceptuelle - la projection, l'ontogenèse de la conscience morale, le
Moi-réalité du début et le Moi-plaisir y sont aussi étudiés -, enfin, du fait des "haies d'épines de littérature et de références (lettre à Ferenczi, 13 mai 1913). Elle réfère le complexe
d'Oedipe à un mythe scientifique que l'on retrouve, modifié, chez la plupart des psychanalystes ultérieurs."
Dans un avant-propos, Sigmund FREUD avertit : "Ce livre, tout en s'adressant à un public de non-spécialistes, ne pourra cependant être compris et apprécié que
par des lecteurs déjà plus ou moins familiarisés avec la psychanalyse. il se propose de créer un lien entre ethnologues, linguistes, folkloristes, etc, d'une part, et psychanalystes de l'autre,
sans prétendre donner aux uns et aux autres ce qui leur manque : aux premiers une initiation suffisante à la nouvelle technique psychologique ; aux derniers, une maîtrise suffisante des matériaux
qui attendent leur élaboration.(...) Les deux sujets annoncés dans le titre du livre, le totem et le tabou, n'y sont pas traités de la même manière. Le problème du tabou y reçoit une solution que
je considère à peu près définitive et certaine. Il n'en est pas de même du totémisme, au sujet duquel je dois déclarer modestement que la solution que j'en propose est seulement celle que les
données actuelles de la psychanalyse semblent justifier et autoriser."
La peur de l'inceste débute par l'admission d'une hypothèse : il existe une comparaison possible entre la "psychologie des peuples primitifs" et la
psychologie des névroses. il s'agit de trouver les points communs et de voir sous un jour nouveau l'une et l'autre.
Presque partout, existe la loi "d'après laquelle les membres d'un seul et même totem ne doivent pas avoir entre eux de relations sexuelles, par conséquent ne doivent pas se marier entre eux".
Cette loi de l'exogamie est inséparable du système totémique. Sigmund FREUD s'appuie beaucoup sur des études qualifiées dans certaines polémiques de seconde main. Edward WESTERMACK
(1862-1939), auteur d'une monumentale Histoire du mariage, Walter Balling SPENCER (1860-1929) et James GILLEN (1855-1912) auteurs de The native tribes of Central Australia (1899), James George
FRAZER (1854-1941) auteur de The Melanesians et Ernest CRAWLEY auteur de The magistic Rose de 1902 sont-ils des auteurs de seconde main? En tout cas, dans une note importante, Sigmund FREUD
signale la difficulté que les travaux sur place et les théories élaborées ne sont pas toujours effectués par les mêmes auteurs. C'est à partir de leurs études qu'il établit des comparisons avec
son expérience clinique :
"...la phobie de l'inceste, qui existe chez les sauvages, est depuis longtemps connue comme telle et n'a pas besoin d'interprétation ultérieure. Tout ce que nous pouvons
ajouter à la conception régnante, c'est que la crainte de l'inceste constitue un trait essentiellement infantile et s'accorde d'une façon étonnante avec ce que nous savons de la vie psychique des
névrosés" "Nous sommes ainsi amenés à voir dans l'attitude incestueuse à l'égard des parents le complexe central de la névrose (...) "Nous sommes obligés d'admettre que cette résistance (sur le
rôle de l'inceste) découle surtout de la profonde aversion que l'homme éprouve pour ses désirs incestueux d'autrefois, aujourd'hui complètement et profondément refoulés. Aussi n'est-il pas sans
importance de pouvoir montrer que les peuples primitifs éprouvent encore d'une façon dangereuse, au point de se voir obligés de se défendre contre eux par des mesures excessivement rigoureuses,
les désirs incestueux destinés à se perdre un jour dans l'inconscient." Nous ne comprenons pas toujours ce que l'auteur entend par là, si nous ne savons pas que Sigmund FREUD, comme
beaucoup à son époque, croient à la transmission héréditaire de certains comportements expérimentes au cours des âges, dans une forme amoindrie ou accrue selon les cas. Il pense donc pouvoir
comparer l'existence du tabou de l'inceste dans les sociétés primitives - comprises comme étant la "copie" des sociétés très anciennes, sans "dégradation culturelle" - au refoulement du désir de
l'inceste constaté dans les symptômes des névrosés, et plus loin chez l'enfant lors de son développement.
Dans le second essai, Le tabou et l'ambivalence des sentiments, Sigmund FREUD explique que le tabou "est une série de limitations auxquelles ces
peuples primitifs se soumettent ; ils ignorent les raisons de telle ou telle interdiction et l'idée ne leur vient même pas de les rechercher ; ils s'y soumettent comme à des choses naturelles et
sont convaincus qu'une violation appellerait automatiquement sur eux le châtiment le plus rigoureux." "Sont "tabou" toutes les personnes, toutes les localités, tous les objets et tous les états
passagers qui possèdent cette mytérieuse propriété ou en sont la source. Est encore "tabou" au sens littéral du mot, tout ce qui est à la fois sacré, dépassant la nature des choses ordinaires, et
dangereux, impur, mystérieux. Ce mot et le système qu'il désigne expriment un ensemble de faits de la vie psychique dont le sens semble nous échapper. Nous sommes tentés de croire de prime abord
que ces faits ne peuvent nous devenir intelligibles, tant que nous n'avons pas examiné d'un peu plus près la croyance aux esprits et aux démons, si caractéristiques de ces cultures
primitives.".
Après une mise en garde dans l'analogie entre le tabou et de la névrose obsessionnelles qui "peut être purement extérieure, ne porter que sur les manifestations symptomatiques", il cite ce
qui apparaît la plus frappante des ressemblances "qui consiste en ce que les prohibitions sont aussi peu motivées que le tabou et ont des origines tout aussi énigmatiques".
Ces ressemblances sont au nombre de quatre : - absence de motivation des prohibitions ;
- fixation en vertu d'une nécessité interne ;
- facilité de déplacement et contagiosité des objets prohibés ;
- existence d'actes et de règles cérémonieux découlant des prohibitions.
"la principale caractéristique de la constellation psychologique ainsi fixée consiste en ce qu'on pourrait appeler l'attitude ambivalente de l'individu à l'égard de l'une de ses propres
actions. Il est toujours tenté d'accomplir cette action - l'attouchement - mais il en est à chaque fois retenu par l'horreur qu'elle lui inspire. L'opposition entre les deux courants n'est pas
facile à aplanir, car (...) leur localisation dans la vie psychique est telle qu'une rencontre, une collision entre eux est impossible. La prohibition est nettement présente à la conscience,
tandis que le plaisir de toucher, qui subsiste cependant d'une façon permanente, est inconscient, l'individu ne sachant rien sur lui." Poursuivant sa réflexion, il pense que "Les tabous
seraient des prohibitions très anciennes qui auraient été autrefois imposées de l'extérieur à une génération d'hommes primitifs, ou qui auraient pu lui être inculquées par une génération
antérieure. Ces prohibitions portaient sur des activités qu'on devait avoir une forte tendance à accomplir. Elles se sont ensuite maintenues de génération en génération, peut-être seulement à la
faveur de la tradition, transmise par l'autorité paternelle et sociale. Il se peut aussi qu'elles soient devenues une partie "organique" de la vie psychique des générations ultérieures."
"Les prohibitions tabou les plus anciennes et les plus importantes sont représentées par les deux lois fondamentales du totémisme : on ne doit pas tuer l'animal totem et on doit éviter les
rapports sexuels avec des individus de sexe opposé appartenant au même totem." "L'homme qui a enfreint un tabou devient tabou lui-même, car il possède la faculté dangereuse d'inciter les autres à
suivre son exemple : pourquoi ce qui est défendu aux autres lui serait-il permis? Il est donc réellement contagieux, pour autant que son exemple pousse à l'imitation, et c'est pourquoi il doit
être exilé". "Lorsque la violation d'un tabou peut être corrigée par une expiation ou un repentir, qui signifient renonciation à un bien ou à une liberté, nous obtenons la preuve que l'obéissance
à la prescription tabou était elle-même renonciation à quelque chose qu'on aurait volontiers désiré."
Approfondissant son étude, il examine les tabou des seigneurs et le tabou des morts. Dans les deux cas, les prescriptions fonctionnent comme les symptômes des névroses, par la crainte de la
tentation. Sigmund FREUD se livre ensuite à une réflexion sur la projection, tant chez l'homme moderne que chez l'homme primitif. Les hommes primitifs ont construits leur image du monde, en
projetant au dehors leurs perceptions internes ; et cette image influence toutes ses pensées et toutes ses actions, de la même manière que l'enfant ou le névrosé. "Dans la vie psychique du
primitif, l'ambivalence joue un rôle infiniment plus grand que dans celle de l'homme civilisé de nos jours. La diminution de cette ambivalence a eu pour corollaire la disparition progressive du
tabou, qui n'est qu'un symptôme de compromis entre les deux tendances en conflit. En ce qui concerne les névrosés, qui sont obligés de reproduire et cette lutte et le tabou qui en résulte, nous
dirons qu'ils sont nés avec une constitution archaïque, représentant un reste atavique, dont la répression, exigée par les convenances de la vie civilisée, leur impose une dépenses énorme
d'énergie psychique." Sigmund FREUD situe là l'origine de la conscience morale, par le remords face à la transgression possible d'un tabou.
Le troisième essai, Animisme, magie et toute puissance des idées se penche sur la manière "dont les peuples primitifs connus, disparus ou encore
existants, concevaient la nature et le monde." La place énorme de la magie dans la vie primitive provient du fait "qu'elle doit servir aux fins les plus variées : soumettre les phénomènes de la
nature à la volonté de l'homme, protéger l'individu contre les ennemis et les dangers et lui donner le pouvoir de nuire à ses ennemis". La pérennité de "l'usage" de la magie provient de la
similitude entre l'action accomplie et le phénomène sont la production est désirée. Les lois naturelles sont facilement remplacées alors par des lois psychologiques. Les choses s'effacent devant
leurs représentations, tous les changements imprimées aux choses sont finalement des changements faites aux représentations, tout en pensant que ces représentations forment la réalité réelle.
C'est comme cela que s'enchaînent les superstitions, et ce n'est que progressivement, que l'homme passe d'une phase animiste à une phase religieuse et enfin à une phase scientifique, et il nous
est facile, écrit Sigmund FREUD, de suivre ainsi le cours de l'évolution de la toute-puissance des idées. "Nous trouvons alors qu'aussi bien dans le temps que par son contenu, la phase
animiste correspond au narcissisme, la phase religieuse au stade d'objectivation, caractérisée par la fixation de la libido aux parents, tandis que la phase scientifique a son pendant dans cet
état de maturité de l'individu qui est caractérisé par la renonciation à la recherche du plaisir et par la sublimation du choix de l'objet extérieur aux convenances et aux exigences de la
réalité." "Alors que la magie utilise encore la totalité de la toute-puissance des idées, l'animisme a cédé une partie de cette toute-puissance aux esprits, ouvrant la voie à la religion". Mais
quel est le moteur de cette évolution? Pour le fondateur de la psychanalyse, il semble que ce soient les restrictions morales auxquelles les hommes se soumettent de plus en plus, oubliant
jusqu'aux origines de celles-ci, dont l'auteur dit ne pas vouloir se préoccuper par ailleurs... Un des indices dans cette évolution se trouve dans l'analyse du rêve, mais il faut dire que lorsque
nous lisons le texte, nous nous apercevons que nous sommes loin de suivre une argumentation linéaire. L'auteur ne cesse dans le développement de ses lignes de faire appel à des éléments comme
l'art et l'histoire, et de revenir en arrière souvent.
Sans doute plus clair est le quatrième essai, Le retour infantile du totémisme, qui débute sur le phénomène de la religion. Partant des études de REINACH
(Cultes, mythes et religions, 1909) qu'il critique pour insuffisance et de FRAZER à nouveau, il tente de se faire une idée du totémisme primitif. Il passe alors en revue les théories à ce sujet,
nominalistes (Herbert SPENCER), sociologiques (Emile DURKHEIM), psychologiques (WUNDT...) pour conclure sur l'exogamie, où il relève la confusion du traitement théorique des matériaux recueillis
sur le terrain. Il tente une clarification en préférant à certaines approches, celles qui voient dans l'exogamie une institution destinée à préserver contre l'inceste. Citant FRAZER encore, dont
il reproduit l'argumentation. Au lieu de conclure de l'interdiction légale de l'inceste, on doit plutôt penser à l'existence d'un instinct naturel poussant à l'inceste, et que si la loi réprouve
cet instinct comme tant d'autres, c'est parce que les hommes civilisés se sont rendus compte que la satisfaction de ces instincts naturel serait nuisible au point de vue social. Transposant cet
élément de l'ethnologie en psychanalyse, Sigmund FREUD remplace l'animal totémique par le père.
"Le résultat de notre substitution est très intéressant. S i l'animal totémique n'est autre que le père, nous obtenons en effet ceci : les deux commandements capitaux du totémisme, les
deux prescriptions tabou qui en forment le noyau, à savoir la prohibition de tuer le totem et celle d'épouser une femme appartenant au même totem, coïncident, quant à leur contenu, avec les deux
crimes d'Oedipe, qui a tué son père et épousé sa mère, et avec les deux désirs primitifs de l'enfant dont le refoulement insuffisant ou le réveil forment peut-être le noyau de toutes les
névroses. Si cette ressemblance n'est pas un simple jeu du hasard, elle doit nous permettre d'expliquer la naissance du totémisme aux époques les plus reculées. En d'autres trmes, nous devons
réussir à rendre vraisemblable le fait que le système totémique est né des conditions du complexe d'Oedipe, tout comme la zoophilie du "petit Hans" et la perversion du "petit Arpad"."
Abordant dans la foulée le sacrifice, Sigmund FREUD, utilisant les travaux de Robertson SMITH sur la religion des sémites, indique surtout l'identification de l'animal sacrifié avec l'ancien
animal totémique.
"La mise à mort de l'animal est assimilée à un meurtre, comme s'il portait sur un membre de la tribu et ce meurtre ne doit être effectué qu'en observant les mêmes précautions et les mêmes
garanties contre tout reproche possible". "Le mystère sacré de la mort de l'animal se justifie par le fait que c'est ainsi seulement que peut s'établir le lieu unissant les participants entre eux
et leur dieu". Il signale qu'après le sacrifie de l'animal totémique, suit le deuil, et suite la fête joyeuse. "La psychanalyse nous a révélé que l'animal totémique servait en réalité de
substitut au père, et ceci nous explique la contradiction (...) d'une part, la défense de tuer l'animal ; d'autre part, la fête qui suit sa mort, fête précédée d'une explosion de tristesse.
L'attitude affective ambivalente qui, aujourd'hui encore, caractérise le complexe paternel chez nos enfants et se prolonge quelquefois jusque dans la vie adulte s'étendrait également à l'animal
totémique qui sert de substitut au père".
La théorie darwinienne n'accorde bien entendu aucune place aux débuts du totémisme, et pourtant Sigmund FREUD semble s'y appuyer en supposant (comme Darwin, écrit-il) un père
violent, jaloux, gardant pour lui toutes les femmes et chassant ses fils au fur et à mesure qu'ils grandissent. Sur cela, il construit la désormais fameuse scène du meurtre du père, tentant
d'imaginer le premier groupement d'hommes. En se basant sur la fête totémique, "... un jour, les frères chassés se sont réunis, ont tué et mangé le père, ce qui a mis fin à l'existence de la
horde paternelle. Une fois réunis, ils sont devenus entreprenants et ont pu réaliser ce que chacun d'eux, pris individuellement, aurait été incapable de faire." Vient alors la première fête de
l'humanité. Mais le sentiment de culpabilité du fils a engendré les deux tabou fondamentaux du totémisme. La suite du texte s'ingénie à apporter des éléments qui corroborent cette vision, liant
sacrifices humains et sacrifices animaux, mettant en relation la doctrine du péché originel très présente dans le christianisme, l'humanité avouant alors franchement sa culpabilité dans l'acte
criminel originel. Il termine sur un nouvel examen du complexe d'Oedipe, dans lequel on retrouve selon lui, les commencements à la fois de la religion, de la morale, de la société et de l'art.
Mais pas tout-à fait, il termine en fait par une mise en garde de trop se fixer sur l'hypothèse qu'il vient d'émettre.
Au-delà de l'aspect sensationnel sur les lecteurs de cette théorie du meurtre du père, Totem et Tabou ouvre tout simplement la voie à la réflexion en
anthropologie et en psychanalyse, entre les apports respectifs de ses deux disciplines.
Cet ouvrage suscite dès sa parution une grande polémique sur l'universalité de la psychanalyse (notamment du complexe d'Oedipe) et sur la nature profonde du totémisme. Une part de cette
polémique continue aujourd'hui et toute discussion sur l'origine de la culture mentionne Totem et Tabou comme ouvrage incontournable.
Sigmund FREUD, Totem et Tabou, Petite Bibliothèque Payot, 2001, 227 pages. Il s'agit de la traduction de l'allemand Totem und Tabu par Serge
JANKELEVITCH, réalisée en 1965, elle-même révision de la première réalisée en 1923.
Michèle PORTE, article Totem et Tabou, dans Dictionnaire international de la psychanalyse, Hachette littératures, 2002.