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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 07:51
          Les fondateurs de cette jeune revue semestrielle/annuelle de sociologie et d'anthropologie née en 1996 ont choisi le nom de Mana en référence à ce mot découvert par Robert-Henry CODRINGTON (1830-1922) un peu avant 1890 en Mélanésie. Selon leur propre présentation, "le mot mana désignait la puissance et la chance de toute action réussie, humaine ou cosmique, magique ou religieuse. Il fut bientôt emprunté par l'ethnologie européenne et les sciences de religion qui pensèrent lui trouver des équivalents ailleurs", à Madagascar par exemple. L'école sociologique française utilisa beaucoup ce terme flou, au contours mal définis. Précisément, "le mana se dérobe donc en même temps qu'il insiste dans sa polysémie, à l'interface du sens et de l'affect, des formes et des forces, du conscient et de l'inconscient, du mécanique et du magique, de même qu'il se joue à percer les frontières des savoirs, défiant également l'anthropologie, l'ethnologie, la linguistique, la psychanalyse et la sociologie, là où la revue mana entend se tenir pour poursuivre l'enquête."
      
       Membres du Centre d'étude et de recherche sur les risques et les vulnérabilités (CERReV), à l'Université de Caen, Stéphane CORBIN et Claude RAVELET (Maîtres de Conférence en sociologie), puis actuellement Frédérik LEMARCHAND et Agnès SALINAS,  emmènent un Comité de rédaction d'une vingtaine de personnes, qui assurent, en relation avec de nombreux collaborateurs extérieurs présents en France ou  à l'extérieur, tour à tour, la direction de chaque numéro de la revue centré entièrement sur un thème. Le premier numéro portait sur Religion et Politique, s'interrogeant surtout sur l'évolution de l'Islam. Des thèmes tels que l'Approche sociologique de l'intime, Prisons : entre l'oubli et réforme, Drogues : nouveaux regards, nouveaux défis, la Communauté (thème du numéro 16 paru en 2009, dirigé par Sylvain PASQUIER) témoignent de la diversité des préoccupations des acteurs de la revue.
    Ses analyses, sur près de 250 pages par numéro sont souvent très pointues et se trouvent en phase avec l'actualité du petit monde des sociologues. Aujourd'hui, la communauté, souvent décriée, la société ayant plus la faveur des analyses de façon générale, connaît un regain de curiosité, qui n'est pas sans relation avec la crise sociétale que nous vivons bien entendu. Mais aussi avec une sorte de nouvelle faveur pour un certain modèle anglo-saxon très présent au États-Unis.
Mais loin de cette référence, les auteurs du numéro préfèrent s'interroger sur le sens de la communauté, sur le concept et sur son usage, sur son mythe également, sur les "frontières de la sociabilité", en braquant, comme ils le font d'habitude, les projecteurs sur des aspects souvent méconnus (Essor et déclin des Shakers, Communautés d'Emmaüs), avec des incursions et des rapprochements inattendus (Le terreiro et le tempe, Religions "sacrificielles" et religions "éthiques" dans le brésil contemporain).

      Mana fait partie des nombreuses revues sociologiques qui témoignent aujourd'hui de la vivacité de la réflexion sociologique. Elle exige une attention soutenue à la lecture et s'avère, pour une recherche avancée, très utile. Bien évidemment, de nombreux conflits sociétaux y sont traités de manière souvent critique, mais sans parti-pris. Le CRReV traite beaucoup du risque, ses axes de recherche se partageant entre Analyse du politique (crise des institutions et du lien social), Risques technoscientifiques pour l'environnement et la santé, Santé et intervention sociale (sociétés, territoires et politiques publiques), Socio-anthropologie du symbolique, et publie par ailleurs la revue Bastidiana (sur les travaux de Roger BASTIDE. Elle est publiée depuis le numéro 14-15 par les Éditions l'Harmattan. Par ailleurs, le Centre de recherche anime des animations variées, des conférences (Sport et propagande en avril 2019), et des séminaires..., que l'on peut retrouver sur son site.
   
    A noter le dernier numéro 17/18 (2010), de 302 pages,  qui porte sur l'Extension du domaine du Management, sous la direction de Fabrice LIEGARD, et de Guillaume MARGUERIE. "Par sa connexion avec le néolibéralisme, le management se convertit en une forme, insuffisamment identifiée, de gouvernementalité globale. Quels éclairages peuvent nous apporter les sciences humaines sur les conséquences de cette extension du discours managérial pour chacun d'entre nous, que nous soyons étudiant, salarié, militant associatif ou patient? Pourquoi le discours du néo-management s'est-il imposé aussi facilement? Quelles conséquences pour la démocratie?"
  A l'heure de l'urgence climatique, il importe de noter que le centre s'est également spécialisé dans un master de sociologie de Gouvernance des Risques Et de l'ENvironnement, sous la responsabilité de Frédérick LEMARCHAND.

Mana, revue de sociologie et d'anthropologie, Rédaction CERReV : MRSH - Bureau SH 110, Esplanade de la Paix, Université de Caen, 14032 CAEN CEDEX,
Abonnement : Editions L'Harmattan, 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 PARIS.
Internet : www.unicaen.fr
 
Actualisé le 8 Avril 2012. Relu le 27 avril 2019.
 

     
       

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