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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 13:35

          Professeur d'entomologie et de zoologie, Alfred Charles KINSEY est célèbre pour avoir fait publier deux importantes études sur le comportement sexuel de l'homme et de la femme : sexual Behavior in the Human Male (1948, réédité en 1998) et Sexual Behavior in the Human Female (1953, réédité également en 1998).

Fondateur en 1947, au sein de l'Université de l'Indiana à Bloomington, d'un Institute for Research in Sex (Institut pour la recherche sur le sexe), financé par la Fondation Rockefeller, rebaptisé plus tard Kinsey Institue for Research in Sex, Gender and Reproduction (couramment appelé Kinsey Institute, le professeur américai, avec ses collègues, ouvre la voie par ses rapports à toute la sexologie clinique, à commencer par les travaux de MASTER et JOHNSON.

Premier professeur important à produire des études sur la sexualité humaine sous cet aspect, dans une ambiance plutôt hostile, il provoque le scandale dans beaucoup de couches sociales de la population américaine. Si ses travaux sont critiqués sur des questions de méthodologie qui obèrent certains de leurs résultats, le faisceau d'attaques vise le fait même de mener de telles recherches sur la sexualité. Sous couvert de critiques scientifiques (en elles-mêmes parfaitement valides), c'est son impact sur la perception de la sexualité, au détriment de l'influence d'institutions traditionnelles, qui soulèvre les protestations. Parfois ouvertement, sous forme d'attaques judiciaires pour violation de la loi de certains Etats, souvent à mots couverts, sous l'impulsion de voix religieuses. Ces voix religieuses protestent notamment contre l'enseignement de la sexualité dans les institutions éducatives et contre la libéralisation de la législation dans de nombreux états des Etats-Unis sur le divorce, l'adultère, les relations sexuelles hors mariages...

       L'influence de ces rapports, imités souvent dans d'autres pays, même si ces derniers n'utilisent pas les mêmes méthodes (notamment sur l'organisation des entretiens), sur l'ensemble de la société, et pas seulement américaine, est très importante. Même si d'autres courants sociologiques ne reprennent pas ses analyses, ces rapports ouvrent l'expression jusque là étouffée de réflexions sur la sexualité humaine. Nombre de courants de libération sexuelle (féminisme, homosexuels...) y trouvent des aliments pour leur développement. Ils provoquent encore aujourd'hui d'intenses discussions, même s'il est difficile d'établir avec certitude quels effets ils ont eu sur le public. En tout cas, ils sont très discutés tant sur la scène académique que dans la culture populaire. Du vivant de l'auteur, les critiques sont d'autant plus vives que celui-ci refuse de répondre à nombre d'entre elles et met même fin à des collaborations de confrères critiques. Le mélange des conflits d'ordre professionnels et d'ordre scientifique fait presque des rapports Kinsey un cas type dans nos réflexions sur le conflit.

   Certains auteurs estiment, pour le dénoncer, comme Judith A REISMAN et Edward W EICHEL (Kinsey, Sex and Fraud, 1990) que ses études sont le point de départ de toute une révolution sexuelle et ont servi de base aux récriminations du mouvement gai. Plus, ils jouent un rôle majeur directement ou indirectement dans l'établissement des valeurs de la majorité des Américains d'aujourd'hui.

 

     Les rapports Kinsey remettent en cause la vision hétérocentrée qui prédominait aux Etats-Unis dans les années 1950. Ces travaus de recherche mettent en évidence la diversité des orientations sexuelles : ainsi, d'un tiers à la moitié de la population américaine aurait eu une expérience homosexuelle, sans que cela ne remette en cause les rapports hétérosexuels. Si ces propostions sont sans doute exégérées, elles mettent en cause tout une vision dominante religieuse et conservatrice. Sur deux plans : qu'une proportion importante s'adonne à des expériences homosexuelles (ce qui peut être vrai tant les institutions non mixtes abondent aux Etats-unis) constitue déjà en soi un scandale, mais qu'en plus ces expériences n'endommages pas les relations hétérosexuelles par la suite est encore plus scandaleux... 

     Les découvertes des deux rapports Kinsey peuvent être énoncés de la manière suivante :

- Orientation sexuelle: Différentes parties de ces rapports à propos de la diversité de l'orientation sexuelle sont régulièrement mises à contribution pour affirmer qu'environ 10% de la population humaine est homosexuelle. Cependant, le Professeur KINSEY évite et désapprouve l'utilisation de termes comme homosexuel et hétérosexuel pour décrire les individus, affirmant que la sexualité évolue au fil du temps et que le comportement sexuel peut à la fois être vu comme un contact physique et une manifestation de la pensée (désir, attirance sexuelle et surtout fantasme). A la place de 3 catégories - hétérosexuel, bisexuel et homosexuel - largement utilisé dans la communauté scientifique, il propose un système à 7 degrés. Son échelle catégorise les comportements sexuels de 0 à 6, allant de complètement hétérosexuel à complètement homosexuel. Par le suite, ses collègues crée une catégorie 7 pour catégoriser les asexuels. Cette échelle est par la suite souvent utilisée dans les études de sexologie.

- Fréquence des rapports sexuels dans le mariage et hors mariage. Il établit, pour les hommes comme pour les femmes la fréquence moyenne des coïts au sein des couples mariés. Etudier cette fréquence est un passage maintenant obligé des rapports sur la sexualité. Certains par la suite mettent en relief la baisse tendancielle de cette fréquence d'une génération à une autre, baisse variable suivant les âges, mais qui se manifeste également par des taux de fécondité décroissants.

Alfred KINSEY estime qu'environ la moitié de tous les hommes mariés ont eu des relations sexuelles extra conjugales. Mais comme il avait catégorisé les couples qui avaient vécu ensemble pour au moins un an comme étant mariés, cela biaise les résultats.

- Qualité des rapports sexuels. 12% des femmes et 22% des hommes ont rapporté avoir eu une relation sadomasochiste. La catégorie sadomasochiste étant soumise à définition variable dans les rapports qui suivront, il est difficile d'établir le degré des violences - réelles ou fantasmées - des relations sexuelles.

     Le premier rapport Kinsey, fastifieux et lourd de mille vingt pages, a tout de même rencontré une réussite commerciale inattendue aux Etats-Unis. Il est divisé en trois parties : historique et méthode ; facteurs déterminant l'activité sexuelle ; sources des manifestations sexuelles. le second rapport, instruit par le succès du premier, s'adresse plus au grand public : plus concis (730 pages), écrit sur un style plus léger, il abrège la première partie sur la méthode, s'attarde sur les comportements sexuels des femmes tandis que la troisième partie compare les femmes aux hommes. Le spectre des stimulations et activités sexuelles est assez large puisqu'il englobe les rêves érotiques nocturnes, la masturbations, le coît, les pratiques hétérosexuelles et homosexuelles, le recours à la prostitution, les pratiques avec des animaux. Les caresses se multiplient dans une variété que les traducteurs peinent à rendre. 

 

          Les critiques ne portent pas surtout réellement sur les résultats eux-mêmes mais sur la méthologie suivie, ce qui influe évidemment sur les résultats. On peut noter d'ailleurs dans les différents rapports publiés à la suite que les mêmes objets de recherche sont poursuivis : orientation sexuelle, fréquence des rapports sexuels, qualité des rapports sexuels...

    Les données furent principalement recueillies lors d'interviews, codées pour maintenir la confidentialité. Les journaux intimes de personnes condamnées pour avoir eu des relations avec des enfants (mineurs de moins de dux-huit ou seize ans en fait...) furent aussi mis à contribution. Les données furent saisies dans des banques de données pour faciliter leur traitement. Tout ce matériel incluant les notes des premiers chercheurs, peut encore de nos jours être consulté au Kinsey Institute par les chercheurs autorisés. Les problèmes ne résident donc pas sur la confidentialité.

Les travers méthodologiques reprochés aux travaux de KINSEY sont de trois ordres :

- Echantillonnage : Une proportion significative des sujets étaient des prisonniers ou des prostitués. Les personnes qui ont participé aux interview sur des sujets tabous étaient probablement volontaires, du coup d'opinions plutôt libérales ou tolérantes, ce qui crée bien entedu un biais statistique vis-à-vis de la population étudiée (l'ensemble de la population américaine). Par la suite, les successeurs d'Alfred KINSEY, notamment Paul GEBHARD, à l'Institut ont procédés à l'élimination des données provenant des détenus.

En 1979, Paul GEBHARD et B JOHNSON publient The Kinsey Data : Marginal Tabulations of the 1938-1963 Interviews Conducted by the Institute for Sex Research. Ils indiquent qu'aucune des valeurs originalement estimées par KINSEY n'était perturbée de façon significative par ces biais. Pour eux, les prisonniers, les prostitués mâles et ceux qui avaient volontairement participé aux études sur les tabous sexuels avaient les mêmes tendances sexuelles que la population en général... D'autres études, cependant, minorent très fortement ensuite la proportion de contacts homosexuels. 

- Fraudes concernant les sources : Des observations sur la sexualité infantile sont entâchées de survalorisation statistique (un seul témoignage de pédophile condamné aurait été transformé en observation d'expériences d'orgasmes pré-pubaires et présenté comme synthèse de plusieurs témoignages...). Il semble que, dans les deux rapports, des généralisations son faites à partir de cas-limites...

- Motivations personnelles de l'auteur. Des buts cachés de KINSEY (appétit pour du sexe hors norme et dédain de la morale sexuelle traditionnelle de l'époque, l'incitant à éliminer la culpabilité autour du sexe et à miner la morale traditionnelle) orientent les travaux de l'Institut.

Le flot de "témoignages" biographiques dénigrant son travail n'est finalement qu'un exemple de la banalisation des attaques personnelles dans les milieux scientifiques aux Etats-Unis (on passe très facilement du qualificatif de faussaire à celui d'amoral...). Ce genre d'attaque, en provenance de groupes fondamentalistes, se sont multipliées dans les années 1990, en parallèle avec les développements de la "révolution conservatrice". De toute manière, il fallait sans doute une bonne dose d'attitude critique par rapport à la morale traditionnelle pour oser faire publier à l'époque de tels rapports...

 

      Sylvie CHAPERON, Maitre de conférence d'histoire contemporaine à l'Université de Toulouse II, dans son étude sur la réception des rapports Kinsey en France, explique que dans l'histoire des sexualités féminine et masculine, "les rapports Kinsey marquent un tournant. Pour les chercheurs d'aujourd'hui (qui sont surtout des sociologues), Alfred Kinsey et son équipe sont les fondateurs de la sexologie moderne. (...) Alfred Kinsey prend pour objet le plaisir - qu'il mesure par l'organsme - et non plus la reproduction. La sexualité se détache ainsi d'un modèle biologique pour rejoindre une vision démocratique. Déplacement qui s'accompagne d'une nouvelle morale, non plus soucieuse de normalité des pratiques mais de respect égalitaire du ou des partenaires. (...) Toute la seconde partie du Comportement sexuel de l'homme montre (...) les "facteurs déterminant l'activité sexuelle" : âge, situation matrimoniale, niveau social, situation rurale ou urbaine, formation religieuse. Mais il est vrai que la personnalité psychique de l'individu importe peu pour cette comptabilité sociale. Sous disposer d'autant de recul, les contemporains du chercheur américain perçoivent aussi sa radicalité nouveauté, pour la déplorer ou s'en filiciter. Bruce Bliven, journaliste au New Yorker, pense que le rapport Kinsey contient plus de dynamite qu'aucun autre document scientifique publié depuis le livre de Darwin sur l'origine des espèces (cité par ERNST et LOTH, La vie sexuelle en Amérique et le rapport Kinsey, Paris, SFELT, 1948)." 

Sur la longue latence des questions sexuelles en France, elle remarque que "les délais de traduction sont, pour une fois, exceptionnellement courts. Sexual Behavior in the Human Male, sorti en 1948 aux Etats-Unis, est imprimé en décembre de la même année par les éditions du Pavois et Sexual Behavior in the Human Female, paru en 1953, sort un an plus tard aux éditions Amiot-Dumont. Pourtant les ouvrages de sexologie ont d'ordinaire peu de succès en France. Le fondamental Psychopathia écrit par Kraff-Ebong en 1886, et considéré par beaucoup comme l'acte de naissance de la sexologie, est traduit une première fois en 1931 (...). Cette exception s'explique à la fois par la nouveauté des rapports et par le contexte d'après-guerre. Alfred Kinsey ne se place pas sur le même terrain que ses prédecesseurs. Il ne veut produire ni un tableau clinique des normalités ou déviations sexuelles (...) ni une théorie de la libération (...). Plus modestement, il veut brosser à grands traits le tableau des pratiques sexuelles de ses contemporains, à partir d'un large échantillon de la population. Cette volonté descriptive rebute moins que les jargons scientifique ou politique des autres sexologues. De plus, à la Libération, l'édition connait un dynamisme inhabituel. (...). (L')histoire mouvementée (rachats de départements des maisons d'éditions qui disparaissent, rachetés par d'autres) rend très difficile l'étude de la réception des rapports Kinsey en France. Les publications ultérieures sur les rapports Kinsey n'ont pas non plus laissé d'archives ou celles-ci ont été perdues. Les dossiers de presse, les chiffres des tirages et des ventes, la correspondance entre les auteurs et les traducteurs, tous ces documents précieux sont hors de portée. Heureusement, Daniel Guérin, auteur d'une remarquable étude sur Kinsey et la sexualité, qui sort en librairie peu de mois après le second rapport, a conservé de très nombreux documents, classé et remis à la BDIC. (...).

Contrairement au cas américain, les analyses pionnières de Kinsey ne semblent pas voir provoqué en France, dans un premier temps du moins, de nombreuses prises de position. Jusqu'au début des années 1950, seule la presse à sensation, les humoristes ou les amateurs de littérature érotique se sont emparés du premier rapport. (...) Ce relatif silence tient à l'état de la sexologie dans la France des années 1970 et 1950. Depuis la fin du XIXe siècle, l'étude scientifique de la sexualité connait un fort essor (dans les pays protestants notamment), (mais) en France ces idées s'imposent difficilement. (...) De surcroit, le climat particulier de la guerre froide suscite des conflits qui occupent déjà bien assez les uns et les autres. Dans ces années où la morale la plus étroitement conformiste triomphe, la psychanalyse, accusée de n'être que propos complaisant sur la sexualité, est prise à partie aussi bien par les communistes que par les catholiques. (...). Mais d'un côté comme de l'autre, ces attaques contre la psychanalyse visent en fait l'émergence d'une nouvelle attitude devant la sexualité. Ces discours nouveaux parés des vertus scientifiques, qu'elles soient sexologiques ou psychanalytiques, tentent d'extraire la sexualité de la morale du péché et de faire du plaisir un des moteurs humains fondamentaux. (...) Ainsi les années dures de la guerre froide n'autorisent pas un vrai débat autour du premier rapport Kinsey.(...). En 1954, lors de la publication du second rapport, un climat politique et culturel plus serein permet cette fois l'émergense de la discussions. Outre le second rapport Kinsey et le commentaire de Daniel Guérin, cette année voir sortir une profusion d'ouvrages sur la sexualité. C'est aussi en janvier 1954 que parait le premier numéro d'Arcadie, revue littéraire et scientifique "homophile". (...)." Parmi les communistes, la croisade contre la psychanalyse décline et parmi les catholiques, bien des voix réclament aussi une réhabilitation des plaisirs de la chairs, pourvu qu'ils prennent place dans le cadre légitime du mariage.

Sylvie CHAPERON met en évidence la radicalisation des propos du biologiste américain en opérant une relecture, comme Daniel Guérin le fait, de ses écrits à travers les réflexions de Wilhelm REICH. Des rapprochements entre KINSEY et MARX suscitent des réactions fortes. De même, le rejet des théories freudiennes sur la sexualité, notamment féminine, provoque des débats féroces entre certaines sexologues et psychanalystes. Par exemple, Alfred KINSEY conteste le monisme sexuel de FREUD et réfute, le premier, totalement l'orgasme vaginal. Par ailleurs, Alfred JINSEY estime que si la sexualité des filles est moins précoce, plus discontinue, moins variée que celle des garçons, c'est parce qu'elle subit une répression bien supérieure. Il est proche d'une certaine manière de la démarche de Simone de BEAUVOIR, et d'une partie du mouvement féminisme qui trouvent dans le deuxième rapport, matière à étayer les revendications égalitaires. En réaction, sur cette question de la sexualité féminine, l'ouvrage de BERGLER et KROGER, l'un psychanalyste, l'autre gynécologue (L'erreur de Kinsey, ce qu'il n'a pas dit sur la femme et son comportement sexuel, Paris, Pierre Horay, 1955), parmi d'autres, se veut une réfutation de la "masculinisation des femmes" que l'auteur américain opère. Mais, toujours d'après Sylvie CHAPERON, "le débat le plus important concerne l'homosexualité. Kinsey introduit une rupture importante avec la vision que la sexologie avait progressivement imposées epuis le fin du XIXe siècle. A la suite de Michel Foucault, les historiens insistent sur "l'invention" de l'homosexualité, opérée par la psychiatrie. Prenant le relais des théologiens, de la police et des juges, la médecine investit le terrain des crimes et délits sexuels en établissant une taxinomie des perversions (terme qui apparait en 1885). Le sodomite, simple adepte d'une pratique sexuelle, devient alors l'homosexuel, "individu réduit à une particularité sexuelles (F TAMAGNE, Histoire de l'homosexualité en Europe. Berlin, Londres, Paris, 1919-1939, Seuil, 2000). Il cesse d'être un criminel mais pour devenir un malade. (...). Une altérité se met en place entre le normal, l'hétérosexuel, et le pathologique, l'homosexuel." Alfred KINSEY pousse plus loin que ses prédécesseurs les réflexions sur l'homo, l'hétéro et la bi sexualités. "Guidé par la variabilité des comportements, il instaure tranquillement un continuum des pratiques qui gomme toute altérité." Même si la plupart des auteurs (même Donald Webster CORY, auteur de L'homosexuel en Amérique, après une étude de l'intérieur de la communauté homosexuelle - Pierre Horay-Editions de Flore, 1952) estiment la proportion des homosexuels (10%, mais presque le tiers a une expérience homosexuelle) dans la population américaine exagérée, le débat tourne désormais autour de la libération sexuelle et au moins de la fin d'une stigmatisation. Même si, encore de nos jours, aux Etats-Unis comme en Europe, des résistances s'organisent contre cette libération sexuelle, au nom souvent de la morale. 

En conclusion, Sylvie CHAPERON écrit : "L'oeuvre de Kinsey préfigure par bien des aspects les revendications des nouveaux mouvements sociaux qui émergeront des années plus tard dans les société occidentales. Tout comme lui, les Women's Lib nieront l'existence de l'orgasme vaginal, tout comme lui les mouvements homosexuels lutteront contre les discriminations. Pourtant aujourd'hui encore les conclusions d'Alfred Kinsey trouvent des adversaires. Le Monde s'est ainsi fait l'écho d'une biographie à scandale qui tendait à décridibiliser le biologiste américain par des allusions à sa vie privée, d'où la réponse d'Eric Fassin "pour faire oeuvre de savant, un brevet de bonnes moeurs serait-requis?" (E Fassin, A propos de Kinsey : la science a-t-elle un sexe?, Le Monde, 30 avril 1998). 

 

Alfred KINSEY et collaborateurs, Le comportement sexuel de l'homme, Editions du Pavois, 1948 ; Le comportement sexuel de la femme, Le Livre contemporain Amiot-Dumont, 1954.

Sylvie CHAPERON, Kinsey en France : les sexualités féminine et masculine en débat, Le Mouvement social, n°198, 2002, La Découverte. (disponible sur le site Cairn.info).

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