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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 13:48
                  Fondée en 1973, la revue trimestrielle Alternatives non-violentes se veut depuis l'origine une revue de débats et de recherches, indépendante de tout mouvement, Eglise, syndicat et parti.
"Face à la violence, incapable d'apporter une solution humaine aux inévitables conflits qui constituent la trame de l'histoire de l'humanité, la non-violence propose une alternative. La philosophie de la non-violence veut déconstruire l'idéologie de la soit-disant violence nécessaire et légitime qui domine nos cultures et sociétés, tout en développant une culture de non-violence, avec des méthodes d'action permettant la gestion positive des conflits. La cohérence entre la fin et les moyens s'avère être un impératif autant éthique que stratégique. L'action non-violente a été historiquement mise en oeuvre dans les luttes de résistance pour les droits de l'homme, avec au premier rang la lutte pour l'indépendance de l'Inde menée par Gandhi. L'action non-violente est résistance, non-coopération, désobéissance aux lois injustes ; elle vise alors à créer un rapport de forces pour combattre les situations d'injustice et d'oppression. Mais la non-violence est aussi une force de proposition ; elle veut réaliser un programme constructif qui vise, ici et maintenant, dès la phase de résistance, à anticiper la société solidaire de demain, en mettant en place les structures alternatives garantes de la justice et de la liberté." Voilà comment ses fondateurs, Christian DELORME, Georges DIDIER, Christian BRUNIER et Christian MELLON, et sa petite équipe actuelle menée depuis 1989 par François VAILLANT conçoivent l'orientation de la revue.

              Alternatives non-violentes, avec un dossier à chaque fois, en moyenne de 68 à 72 pages, un lectorat de base d'un millier d'abonnés (1 500 dans les années 1970), constitue une revue de référence en ce qui concerne la pensée et l'action non-violentes. Elle fait largement appel dans ses numéros à des collaborations extérieures.  Jusque dans les années 1980, elle était un lieu de débat presque incontournable sur les questions d'objection de conscience, de militarisation de la société, des alternatives à la défense armée...notamment dans un dialogue de haut niveau entre composantes de ce qui s'appelait la gauche de la gauche, tout ce que le pays comptait de personnes et de groupes réfléchissant à l'élaboration d'une autre société, en rupture avec le capitalisme. Aujourd'hui encore, elle offre à travers des dossiers très élaborés sur des questions aussi diverses que le "problème des banlieues", la publicité, l'éducation, les religions... des éléments d'informations et de réflexions non négligeables, même si les temps ne sont plus à la pensée d'une alternative globale à la société actuelle. Des numéros comme ceux sur Jaurès, la désobéissance civile ou les luttes non-violents au XXème siècle fournissent de solides bases de réflexion, accessibles à un large public, même si l'on ne partage pas les idées de la non-violence.
       Un des derniers numéros de la revue (n°160) porte sur Désobéir par éthique professionnelle. L'éditorial de François VAILLANT présente ce numéro : "Le phénomène est récent. Des fonctionnaires, maintenant rejoints par des salariés du privé, osent désobéir à des consignes et règles de leur hiérarchie qui voudrait les contraindre à des pratiques professionnelles déshumanisantes." Après avoir fait référence à l'ouvrage d'Elisabeth WEISSMAN, qui intervient d'ailleurs dans ce numéro, (La désobéissance éthique, Stock, 2010), il situe cette forme de désobéissance :  "La désobéissance éthique englobe en quelque sorte les postures de la désobéissance civile et de l'objection de conscience, qui, elles, sont spécifiques (voir ANV numéros 142 et 143). La désobéissance éthique est souvent isolée, individuelle, et s'organise peu à peu pour critiquer des règles imposées par l'employeur, alors que la désobéissance civile, elle, se situe dans l'opposition collective à une loi générale valable pour tous les citoyens. Il y a la désobéissance éthique dans tout acte de désobéissance civile, mais l'inverse ne vaut pas au sens strict. La désobéissance éthique a un bel avenir devant elle, tant elle apparaît adaptée au monde du travail tel qu'il va aujourd'hui. Et force est de constater que "éthique" renvoie, dans "désobéissance éthique" à la notion de non-violence pour qui l'humanité de tout homme vaut plus que n'importe quel profit ou rendement. Les médias font actuellement connaître cette forme de résistance/désobéissance. (L'auteur évoque la désobéissance alors en croissance dans le monde enseignant). Mais il est lamentable que les centrales syndicales ne s'y intéressent pas encore vraiment, tant elles demeurent encore rivées à des modes de lutte traditionnels ; ce qui peut être une raison de plus pour se syndiquer et se faire entendre. (...)"


         Depuis 1989, la revue est associée à l'Institut de Recherche sur la résolution Non-violente des Conflits (IRNC), lui-même fondé en 1984, qui axe ses activités, avec son équipe d'une quinzaine de membres, sur des recherches scientifiques pluridisciplinaires sur l'apport de la non-violence dans la résolution des conflits que ce soit en France ou dans le monde entier. L'IRNC co-organise des formations ainsi que des colloques, et entretient des relations avec de nombreux instituts similaires dans le monde. Il participe à certaines initiatives de l'UNESCO.

   Alternatives non-violentes, Centre 308, 82, rue Jeanne-d'Arc, 76000 ROUEN
   Site : http://alternatives-non-violentes.org
   Site IRNC : www.irnc.org.
Actualisé le 16 Avril 2012

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Published by GIL - dans REVUES
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