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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 13:40

          Jean-Pierre DURAND et Cictor SCARDIGLI présente l'évolution des approches sociologiques de la communication suivant trois orientations :

- information, communication et médias, dans laquelle, pour asseoir les fondements de la sociologie de l'information et des mass media, de nombreus auteurs ont recours à la théorie de l'information, elle-même issue de la physique du XIXe siècle et développée par Claude Elwood SHANNON (1916-2001). Dans cette théorie, rappellent-ils, la communication peut se résumer à un schéma E-R, (sujet) Emetteur-(sujet) Récepteur. Si on travaille généralement sur un schéma un peu plus complexe, la circulation d'information s'effectuant dans les deux sens et un support technique se mettant en place dans la communication à distance, l'accent est souvent mis sur les problématiques du point de vue des récepteurs. Plus la châine de communication devient complexe, plus nombreux sont les "bruits" qui risquent de brouiller les messages : depuis les simples parasites électromagnétiques dans la communication téléphonique jusqu'aux erreurs humaines dues à des "codes" différents ou interprétés différemment au départ et à l'arrivée.

la théorie de l'information prépare l'avènement de la sociologie des technologies dites nouvelles, puisque "les technologies de l'information et de la communicatioin consistent précisément à transformer tout le réel en informations codées selon une convention universelle, pour pouvoir ensuite faire subir à ces données des opérations de tous ordres ; opérations logico- mathématiques (traitements des données...) aussi bien qu'opérations de déplacement dans le temps et dans l'espace (télécommunications, stockage de données...). Empruntée à la thermo-dynamique, cette théorie de l'information fournissait le moyen de mesurer le flux informationnel, ce qui a séduit et continue de séduite de nombreux sociologues, soucieux de pouvoir enfin quantifier ce qui se passe dans le champ des mass media, comme dans la communication interpersonnells, et ce qui commence à se produire autour ds nouveaux outils et services audiovisuels."

Cette sociologie, centrée sur les mass médias et directement reliées au maeché des biens de grande consommation, se fait connaitre par les thèses de Vance PACKARD (1914-1996) (La persuasion clandestine, Calmann-Lévy, 1958) pour la sociologie de la communication commerciale et celles de Paul LAZARSFELD (1901-1976) (The People's choice,New York, Columbia University Press, 1944) pour la sociologie de la communication politique. 

Les sociologues qui se situent dans cette lignée, après avoir affirmé (notamment pour la télévision) que les médias disent ce que le consommateur ou le citoyen doivent penser, insistent surtout aujourd'hui sur un "effet agenda", où ils suggèrent plutôt ce à quoi ils doivent penser, dans un sorte de multiples focalisations d'attention qui sont souvent autant de détournements d'attention. Dominique PASQUIER, par exemple, analyse ces recherches faites dans ce sens dans son étude sur Vingt de recherches sur la télévision (Sociologie du travail, 1994,1). Si les Américaines (entendre les Etats-Uniens comme souvent...) ont beaucoup étudié la culture de masse induite par les mass media, la sociologie française se montre plus critique à l'égard de ce concept (comme Edgar MORIN dans L'esprit du temps, en deux volumes publié en 1978 aux Editions Grasset). Cette dernière s'attache à dégager les significations implicites de simages te symboles (analyse sémiologique de Roland BARTHES), suivant en cela les approches de Marcel MAUSS (Sociologie et Anthropologie, PUF, 1950). 

Georges FRIEDMANN (1902-1977), à l'origine auparavant des recherches françaises sur les communications de masse avait une idée plus globale, au-delà d'orientations culturelles ou politiques (notamment coloniales...) derrière les messages, tente, à travers la sociologie des communications de retrouver "les valeurs et les exigences de la culture et de l'esprit (Introductions aux aspects sociologiques de la radio-télévision, CERT, 1955). Si de nos jours, la grande masse des recherches sont reliées directement ou indirectement à la gestion des médias, elle-même relié à la gestion de la publicité et de ses aspects économiques et financiers, il y a toutefois un renouvellement de la sociologie des communications de masse par des recherches qualitatives sur la réception subjective de la télévision. De nombreuses études prennent par exemple les séries télévisées comme objet, et décortiquent les pourquoi et comment de leur réception et de la popularité... 

- Nouvelles technologie et société de l'information, dans laquelle la prise en compte de la multiplication des micro-ordinateurs et magnétoscopes, logiciels, téléphones mobiles et visiophones, numérisation des images et développements d'internet engendre une véritable nouvelle sociologie.

Les approches peuvent se voir suivant trois lignes de force. Les chercheurs ont surtout étudié l'invention des usages quotidiens ; ils commencent à s'intéresser à la conception même des nouvelles technologies et enfin, leurs éventuelles conséquences sur la société... 

La première série d'approches les font ressembler aux recherches socio-anthropologiques sur la réception des médias. Elles associent l'étude des représentations et des pratiques quotidiennes, éclairées par l'histoire de la technologie étudiée, pour construire une sociologie de l'invention des usages. C'est la problématique de l'appropriation par les usagers de l'innovation qu'étudient par exemple Philippe MALLEIN et Yves TOUSSAINT (dans la revue Technologie de l'information et société...). Jacques PERRIAULT (La logique de l'usage, essai sur les machines à communiquer, Flammarion, 1989) étudie comment se fait la construction sociale au quotidien, quelle "logique de l'usage" conduit le public.

La deuxième série d'approches part d'une disctinction d'ordre épistémologique entre la découverte scientifique, présentée comme une sorte de révélation d'une vérité extérieure à l'humanité, et ses applications techniques, dont la sociologie est invitée à étudier l'insertion sociale.  Mais comme le rappelle les deux auteurs, l'école anglo-saxonne d'histoire des sciences montre qu'en réalité chaque grande découverte résulte d'une transformation de l'imaginaire scientifique, et plus largement de la vision du monde propre à la société de l'époque (Thomas KHUN, La structures des révolutions scientifiques, Flammarion, 1983, première édition anglaise de 1962). La sociologie est d'emblée concernée par la conception même d'un objet nouveau. Plusieurs courants de la sociologie vont dans le même sens : le constructuvisme social, la sociologie de l'innovation en biologie ou en recherche-développement...

La société de l'information constitue l'objet de la deuxième série d'approches. Daniel BELL (1919-2011), notamment dans son Vers la société post-insdustrielle (Robert Laffont, 1976), discute déjà de cette société de l'information comme pouvoir et comme fondement des métiers de demain. Dans un sens voisin, Pierre-Alain MERCIER, François PLASSARD et Victor SCARDIGLI (La société digitale, le Seuil, 1984) évoquent les conséquences possibles des nouvelles technologies basées sur le traitement numérique de la réalité physique et sociale. mais encore aujourd'hui, il est difficile de cerner quelles seront ces conséquences. Des études multiples ont lieu sur deux domaines  : celui des grands réseaux et de la diversité des cultures - quelle rationalité (ou pas) va s'imposer sur le plan planétaire? - et celui de la vie humaine dans un environnement de machines "intelligentes".  

- L'Informatisation de la production et des services, car cette société informationnelle plonge ses racines dans l'entreprise informationnelle. les sociétés occidentales se son lancées les premières dans l'informatisation des entreprises, suite logique d'un processus d'automatisation de la production commencé bien avant, qui bouleverse pratiquement tous les métiers, malgré des résistances analysées parfois comme relevant de micro-féodalités (soit patronales, soit syndicale. Les décennies 1960 et 1970 ont été celles des débats sur le "progrès technique". Le concept de révolution scientifique et technique (RST) popularisé par l'ouvrage publié sous la direction de Rodovan RICHTA (1924-1983) (La civilisation au carrefour, 1967) érige la science en force productive et cette RST devait favoriser de nouveaux progrès considérables dans les pays socialistes et exacerber les contradictions du capitalisme. On dénonce ailleurs le progrès technique accéléré par le capitalisme comme conduisant à de vastes gaspillages humains et matériels (notamment mais pas seulement dans le monde syndical).

Depuis, le progrès technique et plus particulièrement la technologie sont pensés comme un produit social, cristallisation d'un rapport social, et entre dans une dynamique de coopération/conflit qui implique bien des acteurs. Pour les uns prolongement (François EYRAUD) d'une dynamique aux origines lointaines, pour les autres rupture dans l'organisation du travail (au moins des PME) (William CAVESTRO), tout un débat sur l'intellectualisation du travail ouvrier a pour toile de fond la nature de la "révolution informationnelle" par rapport à la révolution industrielle. Que ce soit d'une manière optimiste (certains auteurs discutent d'un nouveau management des entreprises) ou d'une manière pessimiste (certains autres auteurs prennent même leurs distances par rapport à des concepts comme celui d'entreprise informationnelle), il s'agit bien d'un débat sur l'émergence d'un nouveau modèle productif qui traverse de très nombreuses entreprises (et influe les relations entre elles comme il change les rapports entre les différentes parties des entreprises, allant jusqu'çà une restructuration de tout l'appareil de production). L'informatisation apparait parfois, pour de nombreuses parties des dirigeants de grandes entreprises (Toyota par exemple), comme la possibilité de gérer au plus près les flux de production. On trouve même des élaborations de concepts comme évolution parallèle d'un flux informationnel et flux matière. 

 

  Eric MAIGRET, dans un regard sur un siècle de sociologie de la communication, constate que l'accent a été mis sur les médias de masse, comme si la majeure partie de la communication passant par l'intermédiaire de ces médias. Les données d'une anthropologie de la communication, qui inclue toutes les formes de communication, qui permettent de cerner les dynamiques conflictuelles et coopératives dans la communication, en conséquence sont peu exploitées par la communauté des sciences humaines. Le professeur de sociologie estime qu'à part leur irruption... en masse dans la vie quotidienne, il existe une autre raison à ce "succès" : "les médias de masse constituent le fait communicationnel le plus original et le plus déterminant dans les sociétés qui se définissent désormais majoritairement par la démocratie. Ils impliquent d'un coup les trois questionnements sur nos univers d'appartenance en rendant possible une mise en relation rapide et permanente des peuples et des cultures par le biais d'images, de textes et de sons - en rupture avec les miyens de communication et les régimes politiques antérieurs." Dans le grand changement de ce siècle, il propose de distinguer cinq grandes étapes, dressant en quelque sorte une périodisation :

- La fin du XIXe siècle et l'essor manqué d'une science sociale de la communication ;

- L'obsession des objets : le temps des angoisses et des "effets" ;

- Le passage à une science sociale des médias et de leurs publics : le jeu production-réception, situé en Europe au cours des années 1960-1980, hors du paradigme des effets ;

- L'apparition du concept d'espace public : penser la communication par la démocratie ;

- Le retour aux objets ou l'impossible régression, à la fin du XXe et au début du XXIe siècle.

      A la fin du XIXe siècle, on peut dégager des oeuvres de Karl MARX, Alexis TOCQUEVILLE, Emile DURKHEIM, Max WEBER et des autres "pères fondateurs" européens de la sociologie, la plupart des éléments nécessaire à une ananlyse complexe des médias qui réfuterait les thèses naïves (mais populaires) de l'influence délétère sur des sociétés soumises à la médiatisation. Eric MAIGRET dégage "les pièces à deux faces du puzzle théorique qui ont pour nom domination idéologique/culture, conflit/démocratie". Cette pensée est tributaire selon lui d'un pessimisme à l'égard de la modernité "qui a handicapé le développement d'une forte tradition de recherche en Europe." En contraste, les auteurs américains, de PIERCE à DEWEY en passant par PARK et MEAD, "proposent des visions moins anxieuses du nouveau phénomène communicationnel et mettent au point des modèles plus complets de la relation d'échange ainsi que des protocoles empiriques pour l'étudier, créant une atmosphère intellectuelle plus propice à l'implantation d'écoles de recherche dans ce pays" (les Etats-Unis). 

    Les réflexions les plus entendues au début du XXe siècle, écrit le même auteur, "sont en fait marquées par une obsession des objets et de leur fonctionnement supposé, les dimensions culturelles et politiques, bien présentes, étant en quelque sorte aplaties sur elles, réglées sur un discours apocalyptique ou pathologique." La notion de propagande l'emporte souvent et de nombreux auteurs expriment des "paniques morales", dont l'exemple médias/violence est assez emblématique. On peut trouver dans des ouvrages, surtout de vulgarisation sociologique, de véritables théories pavloviennes sur la question. En fait comme le résume bien Eric MAIGRET, "le paradigme des effets forts est un paradigme faible (pas pour tout le monde, dirions-nous...) parce qu'il apporte une information très limitée sur la réalité de l'interaction sociale."  

Face à ces courants "naïfs", la Théorie Critique développée par Theodor ADORNO et Mark HORKHEIMER, représente une première forme de réflexion complexe, mais la véritable rupture intervient avec LAZARSFELD, qui oppose une démarche empirique aux recherches antérieures. "Dans le contexte accueillant de l'université américaine, déjà préparée à ce tournant par le pragmatisme et l'interactionnisme, (cet auteur) balaie les angoisses sur les effets directs en déployant toute la richesse d'une sociologie qui mènera par la suite, sous l'impulsion de Eliuh Katz (né en 1926), à une analyse des "usages et gratifications", en établissant également le lien entre communication interpersonnelle et communication médiatique (il y a supériorité de la première sur la seconde)." Mais la volonté, bien dans le contexte global de la société américaine, d'évacuer la question du pouvoir, enferme finalement sa théorie dans une rhétorique des effets, même s'ils sont limités. Son succès institutionnel pendant plusieurs décennies dans les universités américaines ne peut camoufler sa limite. Du coup, la première période des recherches en communication s'achève presque logiquement avec l'épanouissement de nouvelles théories marquées par l'obsession des objets, éloignant les sociologues d'une recherche sur les conflits autour de ce thème. "Ces dernières se teintent de couleurs vives, optimistes, suivant un mouvement de balancier qui fait régulièrement alterner au cours de l'histoire dénonciation et apologie dans la description des médias. Leur originalité est de pousser à bout une logique de réduction de la communication humaine aux phénomènes biologiques et physiques en même temps que d'idéalisation des supports techniques de l'échange (...) logique encore latente dans les projets ultérieurs." Seuls des groupes d'abord restreints, comme les membres de l'école de Palo Alto effectuent des efforts pour penser l'essence de l'idéologie techniciste et la dépasser. 

     Le développement d'une véritable science sociale de la communication s'opère en Europe au cours des années 1960-1980. Elle repose sur une relativisation des objets au profit des logiques d'action. Les médias ne constituent que des éléments d'un vaste ensemble social. Les sémiologues Roland BARTHES et Umberto ECO initient le changement en dévoilant les moyens cognitifs par lesquels les médias de masse enregistrent les rapports de force entre les milieux sociaux. Malgré cette avancée, "l'analyse sémiotique sera le plus souvent critique et ancrée dans une position adornienne, en dernier ressort anti-démocratique : l'intellectuel est seul capable de comprendre le monde et de déconstruire la domination bourgeoise des industries culturelles." Ce présupposé disparait avec les travaux suivants sur les processus de production et de réception des messages qui abandonnent l'idée d'une extériorité sociale des médias et d'une correspondance simple entre les deux pôles d'émission et de réception. La sociologie et l'histoire françaises des pratiques culturelles, influencées par l'empirisme américain, l'esthétique de la réception et la Culture du pauvre de Richard HOGGARD (né en 1918), réhabilitent les "récepteurs", désormais perçus avec Michel de CERTEAU (1925-1986) comme des acteurs dotés de compétences d'interprétation et de résistance. La "culture de masse" est un objet d'études totalement original car largement partagé, pouvant participer en parrallèle du développement d'anthentiques cultures populaires, moyennes et minoritaires (Pierre BOURDIEU, Stuart HALL et David MORLEY, selon des angles différents). "La communication de masse est un dialogue hiérarchisé mais elle est aussi un dialogue, y compris dans la domination et la souffrance. Elle forme un jeu où se négocient les multiples rapports de classes, de groupes et d'âges, et non seulement la domination d'un centre à l'égard d'une périphérie. Il faut relier l'idéologie et l'histoire, l'hégémonie et le conflit, le pouvoir et la culture, pour décrire un univers des médias en équilibre instable, traversé de tensions internes et d'appropriations contradictoires (voir par exemple Sous la direction de David MORLEY, KUAN-HSING Che, Stuart Hall. Critical Dialogues in Cultural Studies, Routledge, 1996). Du côté de la production, le chemin vers la reconnaissance de la complexité et de la contradiction est d'abord passé par une sociologie du journalisme qui, malgré tous les liens structurels unissant cette profession aux milieux dominants, démontre l'autonomie de pratiques traversées par des enjeux cognitifs, économiques et politiques non congruents, pratique également dépendantes de la relation imaginée aux publics."

     Eric MAIGRET apparait tout de même optimiste dans la description de l'étape suivante : "Cette absence d'autarcie (des créateurs et animateurs culturels), souvent considérée comme le défaut des médias de masse et la preuve de leur vacuité, constituent en fait leur force, celle d'une provessus démocratique certes imparfait mais bien réel. En transposant les débats sur la culture de masse au niveau de la querelle politique, les recherches de la fin du XXe siècle ont permis de dépasser la réflexion sur les formes de cultures, aboutissant à la salutaire mais insuffisante dichotomie production-réception, pour analyser la dynamique entre les deux éléments, perpétuellement sous pression l'un et l'autre (...)". Les recherches sur les notions d'opinion publique, de représentation officielle ou non comme celle d'HABERMAS qui tente de décrire les éléments d'un espace public, vont dans ce sens. Des chercheurs, dans la lignée des Cultural Studies, tentent également d'analyser la nature de la médiation entreprise par les différents outils techniques, la réflexivité et l'expérience acquise par différents groupes sociaux, dans une ambiance souvent... conflictuelle (avec des remises en cause en ricochets des manières de voir la communication) et dans un contexte mouvant du point du vue technologique.

     De la fin du XXe siècle à maintenant; il semble s'opérer un retour aux questionnements sur les objets - sans doute parce que ceux-ci changent et changent la nature des relations entre médias et "usagers". Le développement très rapide d'Internet et de nouveaux réseaux techniques et économiques ne permet pas de garder sans doute certains acquis de la recherche sociologique en communication. On retourne à "la cascade d'utopies et de contre-utopies technicistes ainsi que de théories marquées par le déterminisme technologique. Ces mouvements idéologiques masquent pourtant des changements de taille dans le champ des théories de la communication. Pour beaucoup (notamment Ulrich Bech et Bruno Latour), la technique, vue comme un construit intégrant les processus sociaux qui rendent possible son existence et son efficacité, a longtemps été oubliée en science sociale sous le prétexte qu'elle ne pouvait être intégrée aux mondes humains." Ce retour aux objets ne peut se faire toutefois qu'à partir d'une vision d'amocratique de leurs interactions (et non influences) avec les hommes et non à partir de la simple interrogation d'une nature brute et caché, semble espérer Eric MAIGRET. L'ambiance idéologique générale, entre l'enthousiasme provoqué par les nouveaux prodiges technologiques et une dévalorisation de l'action politique à bien des niveaux, semble pour l'instant à la recherche de solutions techniques à des problèmes humains, qui tente de faire l'économie d'une résolution de certains conflits lancinants autour de la répartition des richesses et des ressources... On tente, souvent par des tours de passe-passe... communicationnels de dresser des plans du futur en mettant surtout en avant les nouvelles potentialités techniques, en faisant semblant d'oublier les conflits politiques, économiques et sociaux...

 

Eric MAIGRET, Sociologie de la communication et des médias, Armand Colin, 2013. Jean-Pierre DURAND et Victor SCARDIGLI, Sociologie de la communication et des technologies de l'information, dans Sociologie contemporaine, Vigot, 2002.

 

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Published by GIL - dans SOCIOLOGIE
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