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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 08:41

      Dans sa constatation d'une absence de tradition d'études sociologiques sur la musique, Anne-Marie GREEN transpose ce qu'écrit Pierre BOURDIEU à propos de la littérature (Les règles de l'art, Seuil, 1992) : "Pourquoi tient-on tant à conférer à l'oeuvre d'art - et à la connaissance qu'elle appelle - ce statut d'exception, sinon pour frapper d'un discrédit préjudiciel les tentatives (nécessairement laborieuses et imparfaites) de ceux qui entendent soumettre ces produits de l'action humaine au traitement ordinaire de la science ordinaire, et pour affirmer la transcendance (spirituelle) de ceux qui savent en reconnaître la transcendance?"   La force de la croyance du don (inné souvent, bien entendu...) musical provient de sa capacité à inventer sans cesse des processus de réaffirmation et de réinculcation. Cette croyance, jointe à une conception idéaliste qui affirme que la musique se réduit à un phénomène purement artistique, explique la pauvreté de la production sociologique sur la musique. Et lorsque des sociologues ou des musicologues s'essayent à une sociologie de la musique, ils inféodent souvent l'esthétique musicale à la démarche sociologique et expliquent le fait musical en le subordonnant au fait social. De sorte que la musique, en sociologie, pourrait se réduire à une conséquence ou un accompagnement de faits sociaux plus vastes. Peu d'entre eux se centrent sur la musique lorsqu'ils élaborent une sociologie de l'art, préférant la littérature ou les arts plastiques (peinture, sculpture...).


      Anne-Marie GREEN, chargeant peut-être un peu la barque, estime que le "père" de la sociologie Emile Durkheim n'a non seulement pas incité à développer la démarche sociologique envers la musique et l'art en général, mais l'a freinée avec une certaine hostilité. Dans Les règles de la méthode sociologique (PUF, 1981), on peut lire : "L'art répond au besoin que nous avons de répandre notre activité sans but, pour le plaisir de la répandre, tandis que la morale nous astreint à suivre une voie déterminée vers un but défini : qui dit obligation dit du même coup contrainte. Ainsi, quoiqu'il puisse être animé par des idées morales ou se trouver même à l'évolution des phénomènes moraux proprement dits, l'art n'est pas moral par soi-même. Peut-être même l'observation établirait-elle que, chez les individus, comme dans les sociétés, un développement intempérant des facultés esthétiques est un grave symptôme au point de vue de la moralité". Nous ne sommes pas loin d'une accusation d'effemmisation de la société (au sens péjoratif du terme) porté contre les activités artistiques en général... Cela s'explique selon nous par l'environnement culturel où naît la sociologie, environnement où la morale doit se distancier de toute fantaisie, pour être... sérieuse!

      Loin de vouloir noyer la musique dans des considérations sociologiques générales, Anne-Marie GREEN tente, prenant l'exemple d'Ivo SUPICIC (Les fonctions sociales de la musique, dans Musique et Société, Editions de l'Université de Bruxelles, 1988) de sauvegarder initialement dans l'étude sociologique, l'autonomie et la spécificité du fait artistique musical, "qui est un fait de valeur à part". 

 

      Anne-Marie GREEN considère que c'est surtout au XXe siècle que s'élaborent les éléments d'une sociologie de la musique, étant donné que la musique a été analysée auparavant surtout sous l'angle philosophique. La professeur des Universités évoque tour à tour, dans cette période antérieure :

- Les philosophes de l'Antiquité ne séparaient pas la morale, la politique et l'esthétique, assimilant souvent le Vrai, le Bien et le Beau. Entre PLATON pour qui l'art imite la réalité, mais doit choisir ce qu'il imite et s'en tenir au juste, au beau, au vrai et ARISTOTE qui, surtout dans l'éducation, examine les effets de la musique, il existe quelques différences. Certaines de leurs conceptions ont une influence importante jusqu'au XIXe siècle ;

- DIDEROT, comme les autres encyclopédistes, considèrent que les sciences et les arts ont une même origine. Denis DIDEROT (Ecrits sur la musique, Jean-Claude Lattès, 1987, présentation de Béatrice DURAND-SENDAIL) a peu écrit sur la musique, mais son intérêt pour les conditions physiques de la production du son, pour l'acoustique et l'organologie, le fait considérer comme un précurseur des théories qui ont tenté d'inscrire le fait musical dans une réalité sociale. Il analyse le matériau sonore du point de vue de l'auditeur, du récepteur des faits musicaux et s'interroge pour comprendre et déterminer qui est apte à bien juger la musique. Dans L'entretien entre d'Alembert et Diderot (Oeuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Galiimard, 1951) et Le Neveu de Ramaud, il est question de la manière dont les êtres recueillent les données du monde, comment la conscience et les idées viennent et se développent. DIDEROT utilise la musique comme une métaphore du fonctionnement de la société et du fonctionnement social. il pense qu'il est nécessaire, par ailleurs, qu'une nation ait une politique de la musique. La place de la musique dans la réflexion des Encyclopédistes en général se confirme à la lecture des articles consacrés à la musique dans l'Encyclopédie.

- KANT et HEGEL influencent les penseurs du XIXe siècle, de manières différentes. L'idéal de la beauté de KANT se distingue nettement de celui de HEGEL.

KANT insiste surtout sur le fait que l'artiste est l'unique bénéficiaire d'une révélation ; celui-ci se sépare des autes hommes et doit cultiver sa différence. Le jugement du goût, totalement désintéressé est universel et n'a aucune finalité même s'il peut être conforme parfois à une idée. L'art et le goût sont inscrits dans la subjectivité, parce que l'art est une activité libre, désintéressée et individuelle, un jeu indépendant de l'histoire et des conditions sociales de sa production ou de sa réception. Dans le beau, KANT découvre une finalité transcendante et cette conception est proche de celle des théoriciens qui étudient l'art et la musique comme des domaines indépendants.

HEGEL cherche surtout à comprendre les différentes formes de l'art dans leur contexte historique et social. Même s'il nie toute part sociale à l'oeuvre d'art, il définit la beauté artistique comme "la beauté née comme deux fois l'esprit" (Esthétique, PUF, 1990). La mission de l'art est "d'offrir à la perception sensible la vérité telle qu'elle est dans l'esprit, le vrai dans sa totalité, concilié avec le monde objectif et visible". L'art est médiation sensible entre le Réel et l'Idée : "S'il est vrai, en effet, que la musique a pour but essentiel d'exprimer l'intériorité subjective, non sous une forme extérieure et comme une oeuvre objectivement présente, mais avec son caractère d'intimité subjective, cette manifestation sensible doit aussi prendre la forme d'une communication qui nous est faite par une personne vivante, laquelle met son âme toute entière dans l'oeuvre qu'elle exécute". Le marxisme trouve dans l'Introduction à l'Esthétique (Esthétique, Aubier, 1945) une source de sa réflexion sur l'art. HEGEL écrit que "L'homme est également engagé dans les rapports pratiques avec le monde extérieur, et de ces rapports naît également le besoin de transformer le monde, comme lui-même, dans la mesure où il en fait partie, en lui imprimant son cachet personnel. Et il le fait, pour encore se reconnaître lui-même dans la forme des choses, pour jouir de lui-même d'une réalité extérieure". Dans son oeuvre, il traite de la dialectique de l'artiste et de son oeuvre. 

 

        Pour Anne-Marie GREEN toujours, toute une filiation s'établit dans la littérature "savante" entre ces deux philosophes et les philosophes du XIXe siècle, qu'elle partage en trois grands courants, concernant la musique :

- Les philosophes qui ne tiennent nul compte de la vie sociale, qui adhérent surtout à des conceptions métaphysiques ou purement psychologiques, producteurs de théories de l'art pour l'art. Tels les auteurs du romantisme et NIETZSCHE...

- Les philosophes qui font dépendre l'art de fins sociales diverses : traditionnelles, ethnico-religieuses, morales, politiques, utilitaires, éducatives. Tel DURKHEIM...

- Les philosophes qui font de l'art une fonction de la vie sociale, individuelle et collective prise dans son ensemble et son évolution globale et qui appréhendent les fonctions sociales de l'art. Tel Auguste COMTE, Karl MARX, Hippolyte TAINE, Jean-Marie GUYAU, Gabriel TARDE...


   Le romantisme, à l'instar de KANT, considère que l'artiste se distingue des autres hommes par son art, loin de toute conception utilitaire. L'union de la satisfaction esthétique et de la satisfaction intellectuelle ne peut vraiment être atteinte que par une petite minorité d'être isolés qui transmettent à la société leur oeuvre, qui ne souffre pas d'impureté par ailleurs. NIETZSCHE (La naissance de la tragédie, Gallimard, Oeuvres complètes, 1977) aborde encore plus nettement la musique en insistant sur la relation entre le compositeur et l'auditeur, tout les deux liés l'un à l'autre. Il estime que l'auditeur de musique a un rapport direct et "charismatique" avec l'oeuvre : "...tout notre savoir à l'art est au fond complètement illusoire : voués au savoir, nous sommes incapables de nous unir et de nous identifier à cet être qui, parce qu'il est l'unique créateur et spectateur de cette comédie de l'art, s'en ménage une jouissance éternelle". Dans cette perspective, l'histoire de l'art ou de la musique devient l'histoire de l'expression de l'idée. Tout un courant néo-kantien (mais pas tout le courant néo-kantien, pensons-nous) développe ces conceptions qui influencent grandement l'approche esthétique du XXe siècle. Pour Anne-Marie GREEN, il faut voir là un élément important de la difficulté à définir et à développer une sociologie de la musique...

 

  DURKHEIM, bien qu'hostile à la possibilité de constituer une telle sociologie, n'en ménage pas moins un espace à d'autres sociologues qui ne pensent pas de même, notamment dans L'année sociologique (1902). il considère l'art avant tout comme une distraction, et une distraction qu'il convient de surveiller afin d'écarter celles qu'il qualifie de grossières. A part cela, son ouvrage De la division du travail social permet de transposer une analyse de la vie économique et sociale, dans le domaine de la vie intellectuelle et artistique. Anne-Marie GREEN émet l'hypothèse qu'à propos de la musique, la démarche sociologique de DURKHEIM, nettement mise en évidence dans ses Règles de la méthode sociologique, et qui tend à développer une démarche scientifique systématique pouvant dégager des lois des mécanismes sociaux, n'est quasiment pas démontrable scientifiquement. "En effet, en ce qui concerne l'art en général, et la musique en particulier, écrit-elle, la difficulté à construire une démarche scientifique rigoureuse est immense car (...) tout ce qui est directement associé au concept de culture s'inscrit dans une réflexion axiologique et Durkheim, en ce qui concerne l'art, semble avoir été pris dans cette contradiction."

   

Auguste COMTE (1798-1857) étudie (Cours de philosophie positive, tome V, Editions Anthropos, 1841) le phénomène artistique par rapport à la "statique" et à la "dynamique" sociales : l'art du passé et celui de l'avenir. Mais il le fait de manière fragmentaire. C'est au sein de la loi des trois états qu'il intègre l'art dans sa sociologie : les facultés esthétiques sont "intermédiaires entre les facultés purement morales et les facultés intellectuelles : leurs buts se rattachent aux uns, les moyens aux autres. Aussi leur développement convenable peut-il très heureusement réagir à la fois sur l'esprit et sur le coeur, constituant ainsi spontanément, l'un des plus puissants procédés généraux d'éducation, soit intellectuel, soit moral, que nous puissions concevoir". Plus important est le rapport qu'il établit entre "art" et "social". Il fait intervenir l'idée nouvelle de "consensus social", de solidarité organique. L'art est une activité nécessaire mais subordonnée à l'activité sociale générale ; l'art est un facteur puissant d'organisation sociale. Seul lui importe l'attitude du système futur vis-à-vis de l'art, celui-ci ayant un rôle éducatif. Pour lui, l'art c'est d'abord la poésie, mais il pense que la musique possède une particularité intéressante : "On peut distinguer le premier art (la musique) comme s'adressant à un sens dont la fonction est involontaire, ce qui contribue beaucoup à rendre les émotions plus spontanées et plus profondes. (...) Enfin, cette différence correspond encore à celle entre le temps et l'espace, principaux champs respectifs de l'art des tons et des arts de la forme (...). il exige moins que les trois autres (peinture, sculpture et architecture) une apprentissage particulier, soit pour goûter, soit même pour produire. AussI, est-il, à tous égards, plus populaire et plus social". (Système de Politique Positive, Tome I, Culture et civilisation, Bruxelles, 1969, réédition de l'ouvrage de 1929, à l'édition Société positiviste). Du coup, il ouvre la porte à une réflexion, sans l'approfondir lui-même, sur la fonction sociale de la musique au moins sur 3 aspects : évolution sociale, éducation, dimension émotionnelle. 

Pour préciser un peu les choses, on peut se référer à ce qu'écrit de lui Juliette GRANGE, à propos de ce que le philosophe français pense de l'art : On n'enthousiasma jamais la masse des hommes par la vérité, surtout dans le domaine politique. Le philosophe-roi ou les savants au pouvoir sont des utopies dangereuses et irréalistes. L'opinion, cependant, doit être libre, éclairée. Les idées doivent donc être transformées en images qui, sans les trahir, "émeuvent les passions" : "on ne passionnera jamais la masse des homme pour un système quelconque, en leur prouvant qu'il est celui dont la marche de la civilisation depuis son origine, a préparé l'établissement, et qu'elle appelle aujourd'hui à diriger la société (...). le seul moyen d'obtenir ce dernier effet consiste à présenter aux hommes le tableau animé des améliorations que doit apporter dans la condition humaine le nouveau système". Certes, la science politique indique les grandes lignes de l'avenir souhaitable et possible, détermine les valeurs qui sous-tendent généralement le progrès historique dans les domaines politiques et moraux, mais c'est à la poésie, à l'art de "combler les lacunes de la philosophie pour inspirer la politique" (SPP). c'est à ce titre que l'art sera la principale base de l'éducation. La réflexion de COMTE sur l'art paraît à Juliette GRANGE plus riche comme réflexion philosophique et politique sur le rôle de l'image dans les sociétés que dans son approche de l'oeuvre d'art proprement dite.

   

    En matière de musique, ce sont surtout par les oeuvres des continuateurs de Karl MARX, que le matérialisme historique développe une conception nouvelle. Toutefois dans L'idéologie allemande, dans Contribution à la critique de l'économie politique, des pistes sont tracées (Karl MARX et Friedrich ENGELS - Sur la littérature et l'art, Editions sociales internationales, 1936), pistes que reprennent PLÉKHANOV (1856-1918), LÉNINE et STALINE ("Pour le réalisme socialiste"). Karl MARX pose et essaie de résoudre deux problèmes importants : celui de la disproportion entre le développement économique et le développement idéologique, et celui de la raison pour laquelle les chef-d'oeuvres du passé peuvent encore nous émouvoir. Mais le fondateur du marxisme voit surtout l'art comme un moyen de difuser la pensée dominante. Anne-Marie GREEN, rappelant avec raison que le marxisme met en avant surtout les facteurs économiques, nous semble un peu injuste en écrivant que Karl MARX "ignore la variété et la complexité des faits qui caractérisent tout particulièrement l'art et la musique". Sans doute parce qu'à son époque l'art est réellement un vecteur de la pensée dominante et qu'il déconsidère le processus révolutionnaire. Mais ses successeurs voient en revanche la possibilité d'un art socialiste. Georges PLÉKHANOV, notamment, se pose la question du lien de la forme et du contenu de l'art, et des rapports idéologiques de l'art avec la société. Dans son livre L'art et la vie sociale (Editions sociales, 1949), il écrit par exemple : "Aux époques culminantes où l'art atteint sa plénitude, la forme et le contenu composent un tout harmonieux et indissoluble. Si le contenu l'emporte sur la forme, si la forme se détache du contenu, on peut affirmer sans risque d'erreur que la société traverse une période de gestation ou de dissolution". L'art doit donc être analysé en fonction de ses rapports avec la lutte des classes. Les arts de la décadence correspondent aux périodes où les "dominants" sont des réactionnaires. Du coup, le rétablissement  des liens entre du contenu et de la forme peut s'effectuer dans une période où les forces révolutionnaires prévalent... 

   

   Hippolyte TAINE (1828-1893) discute presque exclusivement de la peinture, mais sa Philosophie de l'Art (Hachette, 1893) eut un grand retentissement pour tout le XIXe siècle, sur toutes les formes de l'art. Il reprend les réflexions de Madame de STAËL sur la littérature (l'influence de la religion, des moeurs et des lois sur la littérature, et l'influence en retour de la littérature sur le religion, les moeurs et les lois) en l'étendant aux arts. L'oeuvre d'art est déterminée par un ensemble, un état général de l'esprit et des moeurs environnantes. Elle n'est pas isolée et trouve un rayonnement justement dans cet ancrage. Le Beau n'est pas dans le monde métaphysique du Bien et du Vrai, et l'art n'a pas à exprimer "l'archétype idéal" des êtres. "Nous arrivons donc à poser cette règle que, pour comprendre une oeuvre d'art, un artiste, un groupe d'artistes, il faut se représenter avec exactitude l'état général de l'esprit et des moeurs du temps auquel ils appartiennent". 

 

     Jean-Marie GUYAU (1854-1888) (L'art du point de vue sociologique, Félix Alcan, 1889, Les problèmes de l'esthétique contemporaine, Félix Alcan, 1884) renvoie systématiquement au concept de sociologie à chaque fois que l'on parle de l'art. L'art est social par son origine, par son but, par son essence même. "L'art est une extension par le sentiment, de la société à tous les êtres de la nature, ou enfin aux êtres fictifs créés par l'imagination humaine. L'émotion artistique est donc essentiellement sociale. Elle a pour résultat d'agrandir la vie intellectuelle en la faisant se confondre avec une vie plus large et universelle. Le but le plus haut de l'art est de reproduire une émotion esthétique de caractère social". Le génie d'un artiste n'est en fin de compte qu'"une forme extraordinairement intense de la sympathie et de la sociabilité". Pas seulement un reflet, comme le laisse entendre nombre d'auteurs marxistes du siècle. L'art rapproche les consciences, que les intérêts opposent parfois, parce qu'il crée ou exprime des sentiments qui peuvent être reçus par les consciences les plus différentes. Il rapproche plus qu'il ne divise, malgré la réception houleuse de certaines oeuvres. 

    Gabriel TARDE (1843-1904), qui s'oppose sur de nombreux sujets à Emile DURKHEIM, estime (La logique sociale, Félix Alcan, 1904) que "l'art est chose essentiellement sociale (...) qui suppose toujours un public et un artiste : un public désireux de voir ou d'entendre des oeuvres plastiques, musicales ou littéraires, créées suivant les exigences de son goût momentané, que l'admiration imitative des maîtres anciens a modelé et répandu ; et un artiste plus pénétré de ce goût général qu'il ne le croit lui-même, et cherchant à s'y conformer dans une certaine mesure (...)". Il insiste beaucoup sur l'imitation, l'art oscillant perpétuellement entre deux formes : l'art-coutume et l'art-mode. Il s'intéresse surtout à la socialisation de la psyché individuelle par l'art. 

 

Juliette GRANDE, article Auguste COMTE, dans Le Vocabulaire des Philosophes, Tome III, Ellipses, 2002 ; Anne-Marie GREEN, De la musique en sociologie, L'Harmattan, 2006.

 

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Révisé (sur la forme) le 18 septembre 2013

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Published by GIL - dans SOCIOLOGIE
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