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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 09:36

         L'hypothèse de recherches en matière d'armes climatiques, à défaut de communication officielle ou de prises en compte de telles recherches par les organismes travaillant sur les changements climatiques, enrichit actuellement l'édition électronique (Internet) sans pour autant faire l'objet d'ouvrages scientifiques dans l'édition sur papier. Rarement évoquées en dehors de la science fiction littéraire ou cinématographique et de passages parfois détaillés de la Bible et des Vêdas hindous ou autres textes religieux où ils font figures d'armes proprement divines, ces armes climatiques, non déployées et utilisées ouvertement, donc non connues du public, même scientifique, constituent sans doute plus des objectifs appétissants pour des organismes de recherche militaire que des réalisations, même à l'état de prototype. Nous n'avons pas l'habitude de céder à des rumeurs complotistes ici mais n'oublions pas que les recherches atomiques mêmes faisaient partie de l'horizon de la fiction dans les années 1930 (et en fait la réalité dépassa alors la fiction dans les années 1940...). 

 

      Etudier les phénomènes atmosphériques, des plus courants aux plus extrêmes s'avère déjà une affaire très compliquée. Quand la communauté scientifique et industrielle pense y trouver son compte, prévoir le temps, objet de la météorologie, constitue déjà un exercice encore aléatoire (et encore plus aléatoire aujourd'hui qu'hier, vu les bouleversements climatiques en cours). Manipuler ces phénomènes, dans une séquence maitrisée - objectifs-conséquences dans une perspective de combat armé, même sur le moyen terme - constitue sans doute encore une hypothèse. Mais sans doute, également, n'est-ce pas seulement une hypothèse de conversation, mais aussi une hypothèse de travail de certains instituts de recherche. S'attaquer aux potentiels agricoles ou industriels de l'adversaire au moyen de la manipulation de masses atomosphériques, tout en protégeant les siennes, constitue un grand exercice...

Cela ne veut pas dire que des expérimentations n'ont pas encore été réalisées, tant l'esprit d'apprenti sorcier domine certaines sphères scientifiques. Notamment aux Etats-Unis où les ouragans violents sont la règle et où les activités, agricoles notamment, pourraient bénéficier de la manipulation du climat, ne serait-ce que pour éviter les multiples désastres causés par ceux-ci. Des recherches sont certainement menées dans ce sens, et à une époque où les appareils militaires et civils de recherche croisent les recherches scientifiques, il n'est pas exclu que cela intéresse aussi l'ensemble de la recherche militaire, au moins de veille. Tout ce qui tourne autour de la Géo-ingénierie, même si les organismes internationaux restent sceptiques sur sa faisabilité et même son utilité, constitue pour certaines instances civiles et militaires une grande perspective d'avenir, notamment si l'urgence d'agir s'avère bien plus importante qu'elle ne l'est actuellement encore.

 

      De là à écrire que des recherches sont effectivement menées dans ce sens et que certains phénomènes violents sont le résultat de ces recherches, il existe un pas que seulement certains franchissent.

Ainsi Michel CHOSSUDOVSKY, économiste canadien, professeur à la faculté des sciences sociales de l'Université d'Ottawa, à côté de ses ouvrages sur la mondialisation (Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial, 1978), prétend que le projet High Frequency Active Auroral Research Program (HAARP), programme américain de recherche à la fois scientifique et militaire sur l'ionosphère, est en fait une arme de destruction massive opérationnelle. Avec le pouvoir d'altérer la météo, d'interrompre les système régionaux, et de modifier le champ magnétique terrestre, et aussi potentiellement de déclencher des séismes et d'affecter la santé. 

      Rappelons que ce projet, amorcé en 1992, dont les activités se situent dans la base aérienne de Kirtland AFB est financé conjointement par l'US Air Force et la Navy. Ces activités scientifiques sont gérées par l'Université d'Alaska et mises en oeuvre par le laboratoire Philips de l'US Air Force et l'Office of Naval Research. Les installations utilisent notamment la technologie IRI (Ionospheric Research Intrument) et des techniques radioélectriques afin de comprendre les mécanismes complexes qui gouvernent l'ionosphère, région de la haute atmosphère. Un des objectifs, par excitation des ondes haute fréquence, est d'étudier l'impact de l'ionosphère sur les communications longues distances. HAARP est le 3ème site de recherche ionosphérique des Etats-Unis (les autres étant dans les environs de l'observatoire à Porto Rico, et proche de Fairbanks en Alaska).

Ces recherches sont extrêmement coûteuses et sembleraient être interrompues en 2013 (désinformation?).

Le projet européen équivalent mené par l'association scientifique EISCAT (European Inconherent Scatter Scientific Association) est une collaboration entre l'Allemagne, la France, le Royaume Uni, la Finlande, la Norvège et la Suède. Elle se consacre à l'étude de la haute atmosphère et de l'ionosphère, et au couplage entre le Soleil et la Terre (interaction entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre). Elle dispose de deux antennes radar réceptrices situées à Kiruna en Suède et à Sodankylä en Finlande, de deux antennes émettrices-réceptrices situées à Tromso, et d'un radar à Svalbard en Norvège. En novembre 1995, le Japon, avec l'institut national de la recherche polaire du Japon, est devenu le septième membre de la société EISCAT.

 

       Michel CHOSSUDOVSKY estime que HAARP est une arme de destruction massive, capable de déstabiliser des systèmes agricoles et écologiques au niveau mondial. Sans écrire que les actuels changements climatiques sont un effet des expérimentations de cette arme, il pense que la guerre climatique est susceptible de menacer l'avenir de l'humanité, "mais elle a été exclue des rapports du GIEC". 

Selon lui, "des techniques de modification de l'environnement ont été appliquées par l'armée US pendant plus d'un demi-siècle. Le mathématicien étasunien John von Neumann, en lien avec le Département de la Défense des Etats-Unis, a débuté ses recherches sur la modification des conditions météorologiques à la fin des années 40, au plus fort de la Guerre Froide, et il prévoyait des "formes de guerre climatique encore inimaginables". Pendant la guerre du Vietnam, les techniques d'ensemencement des nuages ont été utilisées à partir de 1967 dans le cadre du projet Popeye, dont l'objectif était de prolonger la saison des moussons et de bloquer les voies d'approvisionnement ennemies le long de la route de Ho-Chi-Minh-Ville (Saïgon).

L'armée US a développé des fonctionnalités spohistiquées qui permettent de modifier les conditions climatiques de manière sélective. La technologie, qui est actuellement perfectionnée dans le cadre du programme HAARP, est un appendice de l'Initiative de Défense Stratégique, "la Guerre des Étoiles". D'un point de vue militaire, HAARP est une arme de destruction massive, qui opère à partir de l'atmosphère externe et qui est capable de déstabiliser des systèmes agricoles et écologiques partout dans le monde. 

La modification des conditions météréologiques, selon le document de l'US Air Force intitulé AF 2025 Final Report, "offre aux combattants de guerre un large éventail d'options possibles pour faire échec ou pour contraindre un adversaire", des capacités, dit-on, de déclencher des inondations, des ouragans, des sécheresses et des tremblements de terre : "La modification des conditions météorologiques va devenir un élément de sécurité intérieure et de la sécurité internationale et elle pourrait se faire de manière unilatérale... Elle pourrait avoir des applications offensives et défensives et pourrait même être utilisé comme moyen de dissuasion. La capacité de générer des précipitations, du brouillard et des tempêtes sur terre ou de modifier la météo spatiale... de même que la création de conditions météorologiques artificielles sont une partie d'un ensemble intégré de technologies (militaires)."

En 1977, une Convention intrnationale a été ratifiée par l'Assemblée Générale des Nations Unies qui interdit, "un usage militaire et toute autre forme d'utilisation hostile des techniques de modification environnementale ayant des effets étendus, durables ou graves". Elle a défini "les techniques de modification environnementale" comme "toute technique pour changer, grâce à une manipulation délibérée des processus naturels, la dynamique, la composition ou la structure de la terre, y compris ses boiets, sa lithosphère, son hydrosphère et son atmosphère, ou de l'espace intersidéral".

Bien que le fond de la convention de 1977 a été réaffirmé dans la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) signée au Sommet de de la Terre à Rio en 1992, le débat sur la modification météorologique à des fins militaires est devenue un tabou scientifique.

Les analystes militaires sont muets sur le sujet. Les météorologistes n'enquêtent pas sur cette question et les écologistes se concentrent sur les émissions de gaz à effet de serre en vertu du Protocole de Kyoto. Il n'est pas non plus question de la possibilité que les manipulations climatiques ou environnementales fassent parties d'un agenda militaire ou des services de renseignement, alors qu'il est tacitement reconnu qu'elles font partie du débat plus large sur les changements climatiques sous l'égide de l'ONU." 

     Notons que sur des activités durant la guerre du VietNam, un ensemble de technologies sont recherchées pour limiter l'engagement direct des Etats-Unis, à un moment où les protestations civiles prennent de l'ampleur. En plus des systèmes électroniques qui repèrent tout déplacement de troupes, de matériels, voire d'animaux, et déclenchent automatiquement un déluge de feu, de roquettes et de bombes sur le lieu d'un tel déplacement, sont mis au point de nombreux autres moyens d'économiser ce travail humain : la lecture automatique des photos aériennes prises par satellites ou par des appareils de reconnaissance téléguidés permet des déclenchements automatiques de bombardements ou d'autres processus également automatisables ; des bombardiers téléguidés (futurs drônes) sans pilote sont mis au point ; la "guerre géophysique" (provocation de pluies artificielles, de tremblements de terre, etc) est enfin un dernier moyen d'opérer à distance sans risquer de précieuses vies humaines. Sur cette dernière techonologie,  D SHAPELY, dans la revue Science, donne des éléments à deux reprises : Rain Making : Stokholm Stand Wartered down for Military (n°4042, juin 1972) et Science Officials Bow to Military on Weather Modification (n°4047, 1972).(cité par Georges MENAHEM)

 

La polémique autour de HAARP incite sans doute les organismes civils et militaires à ne pas faire trop de déclarations publiques sur l'avancement des travaux en matière de Géo-ingénierie. Manipulation délibérée du climat terrestre pour contrecarrer les effets du réchauffement climatique de gaz à effet de serre, mais sans doute pas seulement, le concept actuel de Géo-ingénierie est l'objet de rapports et d'incitations à effectuer des recherches ou de mise en garde sur des expérimentations ou des mises en oeuvre inconsidérées.

Tant par une fraction de l'opinion désireuse d'éviter ou de freiner le passage à une économie à basses émissions de carbone, l'obligeant à changer de mode de vie que par une partie des industriels qui met en avant régulièrement dans la presse le surcoût économique et social d'une telle transition. Un certain nombre de scientifiques et hommes politiques s'interrogent sur ses possibilités, de manière croissante au gré des rapports de plus en plus alarmants du GIEC. 

Régulièrement, rapports et conférences sont organisées à ce sujet. 

Ainsi, le 12 novembre 2010, l'UNESCO organise à son siège à Paris une réunion internationale d'experts sur la géo-ingénierie et les questions de gouvernance qui y sont associées. Comprenant 20 participants originaires d'une douzaine de pays et de diverses institutions universitaires, à but non lucratif, gouvernementales et intergouvernementales, les participants recommandent de classer les techniques en deux catégories :

- la géo-ingénierie solaire, qui désigne les interventions visant à réduire le rayonnement solaire absorbé par le système climatique de la Terre, telles que l'injection de particules réfléchissantes comme le dioxyde de soufre dans les couches basses ou élevées de l'atmosphère, pour aboutir à une réduction de la température mondiale moyenne ;

- la géo-ingénierie du carbone, qui désigne les interventions visant à débarrasser activement l'atmosphère de son dioxyde de carbone grâce à la mise au point d'épurateurs de gaz carbonique, ou à renforcer les processus écosystémiques, de façon à réduire l'effet nocif dde l'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. 

Ces experts recommandent la création d'un programme de recherche international semblable au Programme mondial de recherche sur le slimat (PNRC) parrainé par le conseil international pour la science (CIUS), l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'UNESCO. le nouveau programme pourrait relever les défis technologiques et scientifiques de la géo-ingénierie et permettre d'aller de l'avant dans la r'echerche scientifique légitime sur cette question controversée. Cette initiative fait suite à la déclaration formulée par le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique lors de sa réunion à Nagaya, au Japon, autorisant la conduite d'expériences de recherche en géo-ingénierie à petite échelle, dans la mesure où elles se soumettraient à un certain nombre de contrôles. (UNESCO)

Cette réunion internationale fait suite à un rapport de la Royal Society de Londres, publié en septembre 2009, intitulé "Géo-ingénierie du climat : science, gouvernance et incertitude" qui estime que les risques d'une maipulation délbérée du climat restent encore à évaluer.

   Dans le dernier rapport du GIEC (2013), pour la première la géo-ingenierie est évoquée par la Conférence Internationale. Ces dispositifs de manipulation du climat (voir Résumé à l'intention des décideurs), comme la dispersion massive de particules dans la stratosphère, qui réfléchirait une part du rayonnement solaire, contribuant ainsi à refroidir le climat, sont abordés à la demande des gouvernements qui se sont pencher sur la question. Les rapporteurs soulignent tous les risques et les incertitudes liés à ces technologies, et ils entendent mettre les choses au point à ce sujet, pour éviter la diffusion d'informations fausses à ce propos.

 

 

 

Michel CHOSSUDOVSKY, HAARP : la guerre climatique, article paru dans la revue The Ecologist de décembre 2007, traduit par Dany QUIRION pour Alter Info.

Georges MENAHEM, La science et le militaire, Seuil, 1976.

Résumé du Rapport à l'intention des décideurs, CIEC, 27 septembre 2013 (voir sur le site du GIEC).

 

 

Complété le 6 septembre 2013

Complété le 4 novembre 2013

 

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Published by GIL - dans ARMEMENT
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