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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 17:41

    Les arts martiaux japonais sont d'abord et historiquement des arts guerriers, même si par la suite nombre des déclinaisons des techniques d'origine subissent, notamment en Occident, d'autres orientations avec d'autres philosophies morales.

     Connus depuis au moins la période de KAMUKURA, le butjutsu, le budô et le bugei pratiqués par les guerriers (buke, bushi, samuraï) sont classés à l'origine sous la dénomination générale de "Voie de l'arc et du cheval" (Kyûba no Michi). A l'époque d'Edo, ils sont englobés dans les arts guerriers appelés bushidô, et sous leur forme alors ils conquiert au XXe siècle une audience internationale et ont été imités ou ont inspirés le développement de nombreux autres arts du même type en Corée, Chine, Viet-Nam, Inde et Indonésie notamment, provoquant dans ces pays une résurgence d'arts, anciens non codifiés se rapportant aux technique de défense et d'attaque, avec ou sans arme.

Ces arts martian, destinés à l'origine à parfaire l'éducation militaire des guerriers, sont transformés au XIXe siècle au Japon en sports, et de bujutsu ou "techniques guerrières" deviennent budô ou "Voie (spirituelle) de combat". A l'époque du Meiji, les samouraï ayant perdu leur statut de guerriers professionnels, certains d'entre eux transforment leurs arts de la guerre appris au sein des diverses écoles, en techniques corporelles destinées à permettre aux jeunes gens de s'aguerrir et de pouvoir se défendre efficacement, tout en leur inculquant une éthique particulière directement issue de celle du bushidô. Les buggei ou "arts martiaux" connaissent alors une évolution rapide et comportent bientôt à la fois un entrainement physique (waza) et une discipline morale (dô, michi), qui, ensemble, constituent une sorte de recherche d'un esprit noble combinant les arts de défense contre un agresseur et les sentiments de non-peur, de maîtrise de soi, de fermeté de caractère et de bienveillance (kokoro, shin). 

De nombreux professionnels créent alors des arts martiaux particuliers pour, à partir des arts traditionnels guerriers, développer une éthique de comportement chez ceux qui les pratiquent. Enseignant l'art de se défendre, ils invoquent en même temps, la non-violence et la non-agressivité. Progressivement codifiés, les sports martiaux se répandent alors rapidement, réglementés de manière à les rendre inoffensifs pour les pratiquants : sports sans armes (budô) comme l'Aïkido, le Jûdo, le Karaté et arts de défense avec armes comme le Kyûdô (arc et flèches) ou l'entrainement au naginata... Le Karate est d'ailleurs un ensemble de techniques adapté des méthodes utilisées par les paysans d'Okinawa pour se protéger des bandits et des samuraï, fait également usage d'armes particulières comme les nunchaku, sai ou tonfa. Des écoles transforment de même l'ancienJûtjutsu en Jûdô qui devient une "voie de la souplesse" sous l'impulsion de Kanô Jigorô qui établit la première école d'enseignement de ce type de sport, le Kôdôtan, en 1882 à Tokyo.

Par la suite, d'innombrable autres écoles d'arts martiaux se créent, utilisant des noms différents pour se distinguer les unes des autres et enseignant des techniques diverses, toutes cependant fondées sur celles d'écoles anciennes.

     En Occident, et notamment aux Etats-Unis, certaines de ces écoles, se réclamant des arts martiaux japonais, se transforment, le long du XXe siècle, pour devenir , à l'encontre des véritables budô, des écoles de combat à but offensif et non plus seulement défensif, comme par exemple certaines formes de Karate et le "full-contact". D'autres écoles mettent au contraire plus l'accent sur la mystique et l'acquisition d'une certaine discipline corporelle que sur des techniques défensives, comme celles se réclamant (sans appelations contrôlées...) des pratiques du Shugendô. Il existe actuellement dans le monde des centaines de ces écoles dites d'arts martiaux, qui comptent plusieurs dizaines de millions de pratiquants, certaines prenant parfois des allures de sectes. (Louis FRÉDÉRIC, Dictionnaire des arts martiaux, Le félin, 1988, réédition en 1993).

 

    Le Kendô (Voie du sabre), art du maniement du sabre autrefois appelé Ken-Jutsu, se transforme en sport de combat lors de son interdiction en 1876. Cette transformation, menée par Sakakibara KENCHIKI (1830-1894) pour l'entrainement physique et mental des jeunes gens, fait de cet art martial le plus populaire des sports de combat au Japon. Codifié de façon stricte, comportant six grades d'élèves et dix rangs (dan) de maîtres, le Kendô rassemble des milliers d'adeptes de part le monde et une fédération internationale organise depuis 1970 des rencontres de haut niveau. Comme les autres arts martiaux transformés, le Kendô a un certain nombre de penseurs de référence, comme Jôchô YAMAMOTO du clan Nabeshima qui est à l'origine d'un ouvrage pratique et moral, le Hagakuré, longtemps gardé secret par le clan. Utilisé à des fins idéologiques et politiques, et surtout pour aider la détermination des pilotes-kamigkazes, cet ouvrage est interdit en 1945 par les Américains, de même d'ailleurs que sa pratique, jugée très dangereuses. Ce n'est que lorsque de grands maitres japonais communiquent entre eux les techniques de leur dojo, pour étendre leur enseignement au japon, en Europe et aux Etats-Unis que la pratique du Kendô est de nouveau admise, avec des aménagements qui lui enlèvent une grande partie de sa personnalité guerrière d'origine. Le Kendô fait partie de ces arts martiaux qui peuvent très bien, car les traditions sont conservées au sein des écoles, qui peuvent revenir à un usage militaire.

 

 Robert CALVET rapporte l'origine controversé des arts martiaux. D'après la tradition bouddhique, cette origine se trouve ni au Japon, ni en Chine, mais plutôt en Inde. Des sources prétendent que même la boxe chinoise est originaire de Turquie, avant de se diffuser lentement vers l'Inde et la Chine. "C'est pourtant un monastère chinoise, celui de Shaolin, qui leur a donné leurs lettres de noblesse. Des pratiques martiales étaient par ailleurs amplement développées en Chine avant la visite de Bodhidharma et les moines de Shaolin se sont également inspirés de ces techniques, comme l'art du poing (quanfa ou chuan fa), noté par Sunzi dans son Art de la guerre écrit au quatrième siècle avant notre ère. La boxe chinoise est censée exister depuis l'époque de la dynastie Kou, qui édifia une grande civilisation le long de la vallé du fleuve Jaune voilà quelques 5000 ans. Le taiji quan (tai chi chuan), le bagua zhang (pa kua tchang), le xingyi quan (hsing i chuan), issus du courant taoïste, sont des exemples de l'ancienneté de ces techniques en Chine, que l'on fait remonter à un ancêtre commun, le daoyin."  

Ce serait à part de cette forme antique d'art martial que ce serait développé, sous de très multiples variantes, ces arts martiaux japonais, d'abord guerriers, puis "civilisés". 

 

Robert CALVET, Une histoire des samouraïs, Larousse, 2012. Louis FRÉDÉRIC, Le Japon, Dictionnaire et civilisation, Robert Laffont, 2002. 

 

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Published by GIL - dans SOCIOLOGIE
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