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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 14:19

   Le discours général tenu par les manuels d'économie est une succession, un progrès constant qui va de l'économie du troc, à l'économie monétaire puis enfin qu système de crédit. Les pères fondateurs de l'économie politique, Adam SMITH en premier, ont tenu ce discours en l'appuyant parfois sur des situations fictives "trouvées" dans les contrées "primitives". On s'aperçoit bien en relisant leurs lignes consacrée aux origines de l'économie du caractère imaginaire de leurs récits, tout à leur volonté d'alors d'établir une nouvelle science : l'économie, une science qui ne devrait rien à la religion ou aux sciences naturelles, une science qui s'appuyerait sur la logique et les mathématiques dans ses fondements comme dans ses développements. Au moment où le système économique dominant dans le monde, le capitalisme, va de crise et crise, la remise en cause de ses fondements recule de proche en proche, des logiques libérales financières aux logiques libérales tout court, jusqu'aux racines de l'économie politique. Sont remise alors en cause de nombreux fondements logiques de cette économie politique, et parfois bien plus loin que ne l'avait fait les marxiste, et à commencer par Karl MARX, qui reprenait, faute d'informations fiables et d'un autre discours possible cohérent sur les origines de l'économie, le mythe de l'économie originelle du troc. Les multiples découvertes anthropologiques auraient dû aboutir à la confirmation de cette vision des choses, mais les chercheurs n'ont pu trouver des systèmes de troc que lorsque la monnaie était déjà connue et de plus dans des circonstances de dégradation de l'économie d'échange, après des effondrements monétaires ou des effondrements de civilisation tout court. Pas d'éléments d'économies fondées sur le troc, dans les sociétés "primitves" alors découvertes et étudiées, ce qui aboutit à une contradiction entre connaissances anthropologiques et "connaissances" économiques sur les orgienes de l'économie, sur l'émergence de la monnaie, sur les systèmes de crédit, sur la dette...

 

  Nous pouvons trouver cette présentation générale du troc dans l'ouvrage de référence de Paul A SAMUELSON et William NORDHAUS. Dans une présentation de la monnaie et banques commerciales, et sur les origines de la monnaie, ils écrivent :

"Dans un des premiers voyages sur la monnaie, quand Stenley Jevons voulait illustrer le formidable bond en avant consécutif à l'introduction de la monnaie dans les sociétés, il utilisa l'expérience suivante : Il y a quelques années, Mademouzelle Zélie, une chanteuse du Théâtre Lyrique de Paris... donna un concert en Polynésie. En échange d'un air de la Norma et de quelques autres, elle devait recevoir le tiers des recettes. Quand on fit le calcul, sa part se composait de trois cochons, vongt-trois dindons, quarante-quatre poulets, cinq mille grains de cacao, en plus de considérables qunatités de bananes; de citrons et d'oranges... A Paris, cet ensemble de produits peut être acheté pour quatre mille français, ce qui aurait été une bonne rémunération pour cinq chansons. Mais dans les îles de la Société, les pièces de monnaie étaient rares ; et comme Mademoiselle ne pouvait pas consommer elle-même une part importante des recettes, il devint nécessaire à moyen terme, de nourrir les cochons et les volailles avec les fruits.

Cet exemple décrit le troc qui consiste à échanger des biens contre d'autres biens. Le troc contraste avec l'échange utilisant la monnaie, qui est toute chose communément acceptée comme moyen d'échange ou de paiement. Même s'il vaut mieux du troc que pas de commerce du tout, il entraine de graves inconvénients parce que la mise en place d'une division du travail serait impensable sans l'introduction de cette grande invention sociale qu'est la monnaie.

Avec le développement des économies, les agents économiques n'ont pas continué longtemps le troc d'un bien contre un autre. Au lieu de cela, ils vendent des biens contre de la monnaie et ensuite utilisent cette monnaie pour acquérir les autres biens qu'ils souhaitent. A première vue, cela semble plus compliqué, puisque l'on a deux transactions au lieu d'une. Si vous averz des pommes et que vous voulez des noisettes, est-ce que cela ne serait pas plus simple d'échanger l'un contre l'autre plutôt que de vendre des pommes contre de la monnaie et ensuite utiliser la monnaie pour acheter les noisettes?

En réalité, c'est l'inverse qui est vrai : deux transactions monétaires sont plus simples qu'un troc. Par exemple, certaines personnes peuvent vouloir acheter des pommes et d'autres vouloir vendre des noisettes. Mais il est très exceptionnel de trouver une personne exactement complémentaire de vos propres désirs - désireux de vendre des noisettes et d'acheter des pommes. Pour utiliser une phrase classique en économie, au lieu d'avoir une "double coïncidence des désirs", il y a probablement un "désir de coïncidence". Ainsi, à moins qu'un tailleur affamé arriver à trouver un fermier qui à la fois dispose de nourriture et désire acheter un pantalon, il ne peut pas y avoir d'échange direct par le troc.

Les sociétés qui commercent intensément ne peuvent pas surmonter les handicaps accablants du troc. L'usage d'un bien couramment accepté comme moyen d'échange, la monnaie, permet au fermier d'acheter un pantalon au tailleur qui achète des chaussures au cordonnier qui achète du cuir au fermier.

La monnaie comme moyen d'échange est d'abord apparue dans l'histoire de l'humanité sous la forme de marchandises. Une grande variété de biens a servi de monnaie à un moment ou à un autre : bétail, hule d'olives, bière ou vin, cuivre, fer, or, argent, bagues, diamants et cigarettes. (...)".

 

   Il apparait que toute cette logique provient tout simplement d'un décalque à partir de la situation du commerce généralisé et de la monaie circulante, situation dans laquelle se trouvent ces auteurs et dans laquelle nous nous trouvons encore, de ce qui se passerait en l'absence de monnaie... Elle implique que la monnaie est conçue depuis les débuts de l'économie comme circulante et circulante partout où un échange doit avoir lieu. Or, le propre de ces matériaux cités plus haut, est qu'ils étaient historiquement concentrés dans l'histoire dans des temples ou dans des bâtiments de dépôts, ne quittaient que fort peu leur lieu de stockage et que si les échanges marchands existaient depuis fort longtemps, peu d'acteurs sociaux faisaient usage de la monnaie pour cela. Pour que ces échanges aient lieu, il fallait inscrire quelque part pour mémoire la transmission d'un bien d'une personne à une autre, à charge pour l'acquérir de le rembourser par tout moyen, d'où la formation de montagnes d'écrits comptabilisant ces créances et ces dettes...

 

    C'est en substance ce que veut expliquer des auteurs comme David GRAEBER, à la suite de nombreux autres, en s'appuyant sur l'anthropologie notamment. Pour comprendre comment fonctionnaient les échanges et notamment toutes les relations entre créanciers et débiteurs dans l'Antiquité (et bien avant), et dans les périodes précédant l'établissement de cette nouvelle science, l'économie politique, il faut d'abord démonter ce mythe originel du troc.

 

       Nous retrouvons ce mythe dans pratiquement tous les manuels d'économie, dont beaucoup d'ailleurs ne sont que des introductions pour les étudiants à la mathématique économique, avec tous ces calculs de coûts, de prix de revient, de prix de ventes... David GRAEBER cite le manuel de CASE, FAIR et HEATHER, Economics de 1996. Tous ces auteurs de manuel d'économie suivent le prolongement d'élaborations intellectuelles anciennes, d'ARISTOTE à Adam SMITH (1723-1790), certains comme Karl MENGER (1840-1921) et Stanley JEVINS (1835-1882) améliorant les détails de cette construction toute théorique.

Cette histoire, qui fait de la monnaie un moyen d'échange, une unité de compte et un moyen de stocker de la valeur, sa fonction initiale étant la première, passe pour être de bon sens aux yeux du grand public comme des spécialistes. Cette idée, précise d'ailleurs David GRAEBER, d'une succession d'étapes historiques allant du troc à la monnaie puis au crédit semble en fait avoir été formulée clairement pour la première fois dans les cours d'un banquier italien, Bernardo DAVANZATI (1529-1606). Des historiens allemands de l'économie l'ont développée pour en faire une théorie explicite. Bruno HILDEBRAND (1864) a posé un stade préhistorique du trox, un stade antique du moyennage, puis, après un certain retour au troc au Moyen-Age, un stade moderne de l'économie de crédit. Cette théorie a pris sa dorme canonique dans l'oeuvre de son élève Karl BÜCHER (1907). Cette succussion aujourd'hui est devenur une évidence universellement admise, et elle répparait tacitement au moins chez Karl MARX et explicitement chez SIMMEL...

        La quasi-totalité de la recherche historique dément pourtant cette chronologie. Depuis plusieurs siècles, les explorateurs tentent de découvrir le fabuleux pays du troc. Aucun n't a réussi. Asam SMITH situe son histoire en Amérique du Nord aborigène (d'autres préfèrent l'Afrique ou le Pacifique) sans aucune scientificité. Les économistes ont tout simplement choisi d'ignorer les multiples informations rapportées par les anthropologues, qui en revanche, ont découvert une diversité presque infinie de systèmes économiques. Aucun ne mentionne le troc comme moyen d'échange. Caroline HUMPHREY (née en 1943), auteure de l'ouvrage d'anthropologie quasi définitif (il peut y en avoir d'autres après elle...) sur le troc (voir Baxter, exchange and value, New York, Cambridge University Press, 1992) est tranchante : "C'est bien simple : aucune exemple d'économie de troc n'a jamais été décrit, sans parler d'en faire émerger la monnaie ; toute la recherche ethnographique suggère qu'il n'y en a jamais eu." En fait, les seules constatations de troc dans les sociétés simples, sans grande division du travail, organisée en petites bandes regroupant au plus une centaine de personnes chacune, ont lien entre étrangers, voire ennemis (Nambikawara du Brésil, Gunwinggu d'Australie...). Echanges directs de biens contre d'autres biens, ces trocs ont lieu de manière très irrégulières, à la faveur de rencontres entre groupes proches de se faire de la guerre, précédés de danses et de chants très démonstratifs. Le point commun de ces cas d'échange par troc, c'est qu'il s'agit de rencontres avec des étrangers que l'on a de fortes chances de ne plus jamais revoir et avec lesquels on ne va sûrement pas établir de relations suivies. 

       L'explication que donne David GRAEBER de l'ignorance de ces faits par les économistes (et c'est d'ailleurs presque un cas-type de conflit entre corpus de connaissances...) ets que l'existence même de cette discipline appelée "économie", "qui porte d'abord et avant tout sur la façon dont chacun chercher à configurer à son avantage l'échange de chaussures contre des pommes de terre, ou de tissus contre des lances, oblige nécessairement à postuler que l'échange de ces biens n'a rien à voir avec la guerre, la passion, l'aventure, le mystère, le sexe ou la mort. L'économie suppose une division entre des sphères différentes du comportement humain qui, chez des gens comme les Gunwinggu et les Nambikwara, n'existe tout simplement pas." Le troc, en définitive, ne peut pas se faire à l'intérieur du groupe, "c'est ce qu'on fait avec ceux auxquels on n'est pas uni par des liens d'hospitalité (ni de parenté, ni d'autre chose)." "Et ces motivations peu scrupuleuses (chercher à refiler un objet jugé peu intéressant ou défectueux en échange d'un autre convoité...), continue David GRAEBER, "ne sont pas propres à l'Asie centrale, elles paraissent inhérentes à la nature même du troc - ce qui expliquerait pourquoi, dans les cent ou deux cent ans qui ont précédé l'époque d'Adam Smith, les mots anglais "truck and barter" (faire du troc), comme leurs équivalents français, espagnol, allemand, néerlandais et portugais, signifiaient littéralement "duper", "embobiner" ou "dépouiller". Echanger directement une chose contre ne autre en essayant de profiter le plus possible de la transaction, on le fait en général avec des gens dont on ne se soucie pas et que l'on compte bien ne jamais revoir"... 

    Le troc ne semble pas être un phénomène particulièrement ancien et il n'est répandu qu'à l'époque moderne. "Il est certain que, dans la plupart des cas que nous connaissons, il a lieu entre des personnes auxquelles l'usage de la monnaie est familier, mais qui, pour une raison quelconque, n'en ont pas beaucoup. Les sytèmes complexes de troc surgissent souvent dans le sillage de l'effondrement d'une économie nationale, comme dans la Russie des années 1990. L'adoption d'une forme quelconque de système de crédit, même dans ces cas, surtout si cette situation se prolonge, est la solution la plus fréquente. "Quand une grande partie de l'Europe est "revenue au troc" (dixit de nombreux ouvrages d'histoire...) après l'effondrement de l'Empire romain, et à nouveau après la désagrégation de l'Empire carolingien, c'est apparemment ce qui s'est passé. Les gens ont continué à tenir des comptes dans la vieille monnaie impériale, même s'ils n'utilisaient plus les pièces."

David GRAEBER estime que le "coup le plus terrible à la version traditionnelle de l'histoire économique" vient de la traduction des hiérogloyphes égyptiens, puis des cunéiformes mésopotamiens, qui permettent aux chercheurs de remonter de près de trois millénaires dans leur connaissance de l'histoire écrite. Ces textes révèlent que des systèmes de crédit ont précédé de plusieurs millénaires l'invention des pièces de monnaie. L'économie sumérienne est dominée par de vastes complexes de temples et de palais, au personnel très nombreux : les administrateurs des temples ont élaboré un système de comptabilité unique et uniforme, avec lequel ils enregistrent, sous forme d'unité monétaire à partir du sicle en argent, toutes les transactions commerciales, sans qu'il y ait circulation de cette monnaie-là. Les dettes, calculées en argent, étaient payées essentiellement en orge par les paysans qui se rendaient au temple ou au palais. La plupart des transactions dans les cités mésopotamiennes reposaient sur le crédit. Les transactions étaient inscrites sur une ardoise qui servaient de référence lorsque les débiteurs payaient au moment de la moissons. 

   Parmi les auteurs qui contribuent à mettre à mal (et même à détruite) le mythe du troc originel, Mitchell INNES figure en bonne place. Dans deux articles publiés par le Banking Law Journal de New York en 1913 et 1914, il démonte les faux postulats sur lesquels repose encore l'histoire économique. Ce dont on a besoin, suggérait-til, selon David GRAEBER, c'est une histoire de la dette. Mitchell INNES écrit notamment :

"L'une des illusions à propos du commerce consiste à croire qu'à l'époque moderne on a introduit un système, le crédit, qui permet de se passer de la monnaie, et qu'avant la découverte de ce système tous les achats se payaient en liquide, c'est-à-dire en pièces de monnaie. Une enquête attentive révèle que c'est le contraire qui est vrai.Autrefois, les pièces de monnaie jouaient dans le commerce un rôle beaucoup plus réduit qu'aujourd'hui. D'ailleurs, la quantité de pièces était si limitée qu'elle ne suffisait même pas au besoin de la maison royale (de l'Angleterre médiévale) et des domaines royaux, qui utilisaient régulièrement divers types de substituts pour effectuer les petits paiements. Les pièces avaient si peu d'importance que parfois les rois n'hésitaient pas à les rappeler toutes pour les refrapper et les remettre en circulation, et pourtant le commerce continuait comme avant."

On pourrait ajouter à l'argumentation de David GRAEBER qu'une des conditions importantes pour que la monnaie soit réellement utilisée quotidiennement à vaste échelle est que les gens (des notables aux paysans...) sachent réellement compter. Or, de même que lire et écrire, compter était, jusqu'à une époque récente, réservée à une catégorie sociale et professionnelle bien précise... Il n'était possible d'effectuer des transactions que par l'intermédiaire de scribes ou écrivains compétents, et généralement sous la direction d'autorités politiques précises...

"Notre récit habituel de l'histoire monétaire, écrit notre auteur, "marche à reculons". "Il est faux que nous ayons commencé par le troc, puis découvert la monnaie, et enfin développé des systèmes de crédit.l'évolution a eu lieu dans l'autre sens. La monnaie virtuelle (...) est apparue la première. Les pièces de monnaie sont venues plus tard, et leur usage s'est diffusé inégalement, sans jamais remplacer entièrement les systèmes de crédit. Quant au troc, il semble s'agir surtout d'une sorte de sous-produit accidentel de l'usage des pièces de monnaie ou de papier-monnaie." Sans monnaie, écrit-il encore, "les immenses systèmes de troc sont historiquement introuvables". 

 

  Lorsqu'Adam SMITH, par son ouvrage sur la Richesse des Nations (1776) veut fonder une science, l'économie, il minore sciemment le rôle politique de l'Etat, alors que, pour lui, ses successeurs et quantité d'auteurs libéraux, leurs entreprises commerciales ou financières n'auraient jamais pu avoir lieu sans le recours à l'Etat, et surtout à son pouvoir d'utiliser la violence pour "réguler" les, relations entre des créanciers (impatients) et des débiteurs (souvent récalcitrants!)... Dans l'histoire de la formation et le fonctionnement des marchés, les Etats ont pourtant un rôle moteur. Leur politique fiscale (le "recouvrement" de richesses captées, en fait) est intimement liée à la formation de ces marchés.

 

   En occultant précisément ce rôle, les économistes fondateurs de l'économie politique peuvent ensuite présenter l'économie qu'ils professent comme une alternative bienvenue aux pratiques de rapines violentes d'Etats kleptomanes. Cette présentation que l'on pourrait qualifier de marxiste ne reflète pourtant pas toute la réalité. Il y a de la part de ces économieste, à commencer par Adam SMITH l'espérance de voir concrétiser une vision utopique de l'économie et de la société : en présentant une Main Invisible, une Providence pacifiant les relations entre les hommes, de par leurs échanges, il y a comme une volonté de promouvoir d'autres moyens que la violence captatrice de concentration de richesses. En rejetant des formes d'échanges comme le troc vers le passé (et en lui donnant la connotation de méthodes barbares et peu efficaces de commercer), ils présentent le marché permis par la monnaie circulante comme le futur, celui des meilleurs mondes possibles. Hélas, la confusion entre cette utopie et des intérêts bien compris d'entrepreneurs autant avides (sinon plus) que par le passé, ils obscurcissent cette part (gigantesque) de la réalité que les économistes marxistes auront bien des difficultés ensuite à faire percevoir.

 

David GRAEBER, Dette, 5000 ans d'histoire, Editions Les Liens qui Libèrent, 2013. Paul SAMUELSON et William NORDHAUS, Economie, Economica, 2000.

 

ECONOMIUS

 

 

 

 

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Published by GIL - dans ECONOMIE
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