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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 14:42
        De très nombreux films traitent en arrière-fond de la peur atomique, qu'elle soie issue du développement d'une course aux armements nucléaires et de l'utilisation industrielle de l'énergie nucléaire à des fins civiles. Moins nombreux sont les films, téléfilms ou docudrama traitant directement des effets d'une guerre nucléaire. Ceux-ci, nés pour la plupart dans les milieux de cinéastes sensibles aux dangers des armements nucléaires ou des plans de guerres nucléaires, proches parfois des mouvements pacifistes ou des mouvements de paix, décrivent la société telle qu'elle pourrait se trouver après le début d'une guerre nucléaire.

      La Bombe (The War Game) de Peter WATKINS, est un documentaire-fiction britannique sorti en 1965. Réalisé à la demande de la BBC, qui a refusé par la suite de le diffuser, le film pu sortir tout de même en salles. Récompensé d'un Oscar et du prix spécial du Festival de Venise, ce documentaire en noir et blanc de 65 minutes décrit, à partir de données recueillies à Hiroshima et Nagasaki, et d'autres lieux de bombardements intensifs pendant la Seconde Guerre Mondiale, les effets sur les populations de l'explosion d'une arme atomique. Construit comme un reportage de bout en bout, le réalisateur montre, avec forces images et entretiens d'acteurs de ce drame, les effets sur les gens de l'explosion atomique, notamment ceux qui ont été exposés directement (souffle, chaleur, éclair, radioactivité), sur plusieurs jours. Le chaos, la désorganisation des services publics, l'absence d'eau potable et d'électricité, les charniers, les répressions des pillages, tout cela est montré froidement. D'une manière si réaliste que les propos des autorités sur les mesures prévues semblaient vraiment très décalées par rapports aux effets réels des explosions.

      Malevil, de Christian de Chalonge, est un film français de 120 minutes sorti en 1981. Partant du roman de Robert Merle du même nom, le traitant dans un scénario qui reprend les mêmes personnages mais dans une histoire différente, le réalisateur, qui reste dans le flou quant à l'origine de l'explosion nucléaire (civile ou militaire), décrit les différentes péripéties de réfugiés qui cherchent un abri contre la radioactivité et les cendres tombantes. C'est une société autoritaire, un retour à une société médiévale, où la loi du plus fort l'emporte, qui s'établit, dans un environnement de pénuries de toutes sortes, essentiellement dans un train bloqué dans un tunnel.

     Le dernier Testament (Testament) est un film américain de Lynne LITTMAN, sorti en 1983. C'est autour d'une famille et dans une maison (très peu d'extérieurs) qu'est construit ce film sobre et triste en couleur de 90 minutes. Les membres de cette famille apprennent à la télévision que New York est détruit, se trouvent privés de plus en plus de provisions, tombent malades les uns après les autres, en premier les enfants. C'est une véritable tragédie humaine sans issue qui est relatée ici.

        Le Jour d'après (The day after) de Nicholas MEYER est un téléfilm américain de 1983. De 130 minutes environ, ce film est en revanche spectaculaire, montrant les paniques d'avant les explosions nucléaires, dans le cadre d'une montée des tensions entre l'Union Soviétique et les États-Unis, et les explosions nucléaires détruisant plusieurs villes. Il s'agit dans une seconde partie des conséquences de ces attaques sur des familles de ou des environ de Kansas City, avec son cortège de populations en errance sur les routes, de conflits autour de maigres points d'eau. Les survivants luttent pour survivre et rien d'autres, sans beaucoup d'espoir. D'un rythme soutenu jusqu'à la fin, le film rencontra tant de succès qu'il sortit ensuite sur les grands écrans, notamment en Europe. Nous étions alors en pleine crise des euromissiles et sa diffusion suscita de nombreux débats.

    Threads, faux documentaire télévisé anglais de Mick JACKSON sorti en 1984, décrit lui aussi en 110 minutes les effets d'une guerre nucléaire au Royaume-Uni et ses conséquences sur la population de Scheffield, après un échange croissant (210 mégatonnes tombent, sur un total de 3000 sur la planète entière) de missiles entre les États-Unis et l'Union Soviétique, reprenant tels quels les termes de la doctrine de la destruction mutuelle assurée. A l'atmosphère très oppressante, le film se termine 13 ans après l'apocalypse nucléaire sur la vision d'une société redevenue médiévale. Le film ne fut que très peu diffusé à la télévision britannique (trois fois sans doute...) mais est disponible en DVD. Attention le titre en français peut ne pas signifier la véritable signification du film, Les fils du Destin....

       Pour ceux qui s'intéressent aux films réalisés dans le contexte de la peur de la guerre nucléaire, et pas seulement sur ceux qui en montrent directement les effets, nous ne pouvons que conseiller l'ouvrage d'Hélène PUISEUX, L'apocalypse nucléaire et son cinéma, Editions du Cerf, collection 7ème art, 1988.
  La plupart de ces films est disponible en DVD.

    Signalons dans le domaine des oeuvres filmiques qui traitent des conséquences d'explosions nucléaires, la série télévisée américaine Jericho, diffusée de 2006 à 2008. Bien qu'elle ne soit pas la première qui traite du terrorisme nucléaire, elle aborde le thème de la menace atomique en tenant franchement compte des changements de la situation internationale.
 La menace nucléaire n'est plus le fait de l'accumulation d'arsenaux gigantesques (quoique ces armes soient toujours là...), mais bien celle due à la dissémination un peu partout dans le monde d'éléments pouvant être rassemblés pour pouvoir fabriquer à petite échelle de petites bombes atomiques de puissance tout de même considérable.
Une catastrophe nucléaire plonge la petite ville de 5000 habitants de Jericho, dans le Kansas, aux États-Unis dans une période de pénurie (alimentaire et énergétique, sans compter les problèmes de communication), de dangers dus aux retombées radioactives... Mais la série s'attache surtout (sans beaucoup d'effets spectaculaires) aux conséquences psychologiques et politiques de l'explosion de bombes nucléaires ayant rayé de la carte une vingtaine de villes américaines, plus qu'aux effets sur le climat ou l'exposition prolongée aux radiations, au prix de quelques invraisemblances météorologiques.
Après avoir attiré à ses débuts 10 millions de téléspectateurs, la série produite par la chaine CBS et créée par Stephen CHBOSKY et Jon TURTELBAUD fut interrompue au bout de deux saisons seulement de 29 épisodes (42 minutes par épisodes). Sans doute à cause du malaise diffus causé par la vision d'États-Unis désunis en trois alliances qui se déchirent et de la mise en cause de services secrets américains à l'origine de la catastrophe (causes possibles d'une baisse d'audience...)
  Cette série est disponible en DVD.

                                                                          FILMUS
 
Relu le 14 septembre 2019

   

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commentaires

non 08/12/2011 05:01

il me semble que l'on peut aussi citer Dr Folamour de Kubrick

GIL 08/12/2011 09:04



Parmi les films traitant de la guerre nucléaire, le film de Stanley KUBRIK constitue bien entendu une référence. Mais il traite surtout des origines d'une guerre nucléaire (ici la folie
paranoäque de destruction jointe à la peur de l'attaque de l'autre camp...), plutôt que de ses conséquences...



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