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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 14:16

      La revue d'analyse marxiste Contretemps, fondée en 2001 par le philosophe Daniel BENSAÏD (1946-2010), se présente comme une revue indépendante, clairement engagée dans la mouvance anticapitaliste. Outil dense de la mouvance trotskiste, cette revue se situe après la chute du Mur de Berlin et la fin du régime soviétique, dans une interrogation sur la lutte quand l'horizon révolutionnaire s'éloigne.

 

      En rupture avec la conception marxiste traditionnelle, le philosophe français, avec Mateo ALALUF, Stéphane BÉAUD, Philippe CORCUFF, Samuel JOHSUA, Bernard LAHIRE, Gérard MAUGER, Dominique PESTRE, Michel PIALOUX, Pierre ROLLE et Jean-Marie VINCENT, se penchent, dans le numéro 1 de la revue sur Le retour de la critique sociale : Marx et les nouvelles sociologies. Daniel BENSAÏD et Philippe CORCUFF, dans une présentation de la revue écrivent : "On prétend qu'il faut vivre avec son temps, il faut non moins savoir penser à contretemps, de manière intempestive ou inactuelle, "à rebrousse-poil" disait Walter Benjamin. Avec son temps et à contretemps : ne s'agit-il pas d'inventer une politique du temps présent où la danse du virtuel l'emporte sur le piétinement du réel, où l'éclosion des "peut-être" brise le cercle de l'éternel retour? La solitude éthique de l'homme sans dieu ne pourrait-elle s'apaiser dans une action politique refusant obstinément de croire à l'incroyable, c'est-à-dire à l'éternité de la marchandise et de la domination, cette "fin de l'Histoire" nous présentant le nouveau siècle comme l'entrée dans une hibernation temporelle? Pour cela, on doit sans doute repousser les voix des sirènes postmodernes, qu'il s'agisse des éloges en vogue de l'émiettement de la pensée et des luttes, dans un smal is beautiful désarmant face aux avancées de la "globalisation" marchande, ou du scepticisme blasé d'anciens combattants revenus de tout sauf de leur ego. Mais on ne peut pas, non plus, retourner tel quel aux certitudes de la Modernité, ces concepts à majuscules (l'Humanité, la Raison, le Progrès, le Peuple, etc.) qui ont perdu de leur superbe dans les fracas du siècle qui vient de s'achever (le judéocide, le stalinisme, le colonialisme, l'impérialisme, le racisme, les catastrophes et les menaces écologiques, le triomphe de l'inégalité capitaliste sur la planète...). 

On a besoin aujourd'hui de quelque chose comme des Lumières tamisées (qui ne sauraient se confondre avec le couvre-feu où tous les chats sont gris) à la recherche de formes alternatives de globalisation, dans la ferme certitude de l'incertitude, et donc du risque, de l'erreur et du provisoire inclus dans tout pari. Des Lumières mélancoliques, qui n'opposent pas la tradition (des cultures enfouies des opprimés et des pensées critiques marginalisées) à l'horizon d'un avenir radicalement autre. Car pour résister à l'air du temps et tenter d'ouvrir un nouveau chemin, il vaut mieux être lestés d'un passé qui reste à advenir. Comment, sans le recours à une telle mélancolie active et radicale, trouver les ressources d'un décalage nécessaire avec les évidences aveuglantes et aveuglées des "Z'élites"? L'aventure politique, comme l'aventure esthétique et l'aventure amoureuse, nourrie du souvenir d'instants d'éternité, d'événements impromptus et inoubliables, mais aussi d'un sens du tragique (la Barbarie peut gagner, la tristesse peut être au rendez-vous), nous lance dans l'avenir comme un coup de dés. De tels paris n'ont-ils pas plus de souffle que les habitudes paresseuses de la gauche gestionnaire? (...)".

 

      Depuis ce premier numéro, fait dans le prolongement d'une journée d'études en octobre 2000 sur les rapports entre les marxismes et sociologies critiques, les fondateurs de la revue entendent renouveler la réflexion marxiste, en prise directe sur les luttes contre la mondialisation capitaliste.

Une nouvelle formule est lancée en 2009, avec les Editions Syllepse comme éditeur et le lancement d'un site Internet, qui est plus qu'une simple extension de la revue papier. Les titres portent sur De quoi quoi le communisme est-il le nom? Frantz Fanon, cinquante ans après, La nouvelle gauche anticapitaliste, Révolutions arabes... Le Moyen-Orient sous les ruines de Gaza, dans une cent-cinquantaine de pages pour chaque numéro, avec une parution trimestrielle.

Le numéro 13 (premier trimestre 2012) de la revue porte sur 2012, Sarkozy, et après? avec des contributions entre autres de Francis SITEL, Stéphane ROZÈS et Rémi LEFEBVRE.

 

Contretemps, Revue de critique communiste, 88, rue de Bagnolet, 75020 PARIS.

www.contretemps.eu ; www.syllepse.net.

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Published by GIL - dans REVUES
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