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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 12:58

           Les racines de l''écologie politique résident loin dans le passé, dans des philosophies de la nature qui posent la question de la centralité de l'homme dans l'univers, ou moins loin, la question du droit de l'homme à changer la nature à son profit, au nom du progrès matériel. De nombreuses idéologies que l'on pourrait qualifier d'Ancien Régime ou réactionnaires (c'est selon...) refrènent tout idée de progrès humain, et au fur et à mesure que l'on approche de notre époque, doutent de la possibilité et de la nécessité, voire des deux, du progrès économique et social, notamment de la masse des hommes. On retrouve dans ce débat le long combat entre matérialistes et spiritualistes, mais pas seulement. Les idées de progrès l'emportent par une dévalorisation absolue de la nature, célébrant l'artifice, tandis que de nombreux penseurs estiment que, de tout façon, dès l'apparition de l'espèce humaine, la plantère a été modifiée profondément, et que l'on n'a plus affaire depuis longtemps à une nature non artificielle.

Sans remonter à ces débats, l'industrialisation modifie suffisamment la nature et cela de manière de plus en plus visible et même nocive pour l'espèce humaine, pour que relativement tôt, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, des voix s'élèvent pour avertir responsables politiques et opinions publiques des "dégâts" du progrès.

 

           Des déséquilibres écologiques graves comment à se manifester et des personnalités diverses émettent des travaux précurseurs de la grande prise de conscience planétaire dont une grande manifestation-clé est le fameux rapport au Club de Rome de 1972. Jean-Pierre RAFFIN () fournit une liste substantielle de celles-ci dans le livre collectif publié sous la direction de Marc ABELES en 1993 (De l'écologie scientifique à l'écolologie politique, dans Le défi écologiste, L'Harmattan). 

- Robert HAINARD (1906-1999) avec Nature et mécanisme, 1946 ;

- Henri Jr Fairfield OSBORN (1887-1969), avec Or Plundered Planet, 1948 ;

- Roger HEIM (1900-1979), avec Destruction et protection de la nature, 1953 ;

- Louis J et M MILNE, avec The Balance of Nature, 1960 ;

- Rachel CARSON (1907-1964), avec Silent Spring (Le Printemps silencieux), 1965 ;

- Julien Michel HERVÉ (1927-1966)), avec L'Homme et la Nature, 1965 ;

- Jean DORST (né en 1924), avec Avant que nature meure, 1965 ;

- Paul Ralph (né en 1932) et Anne Howland (né en 1933) EHRLICH, avec Populations, ressources, environnement, 1970 ;

- Gordon Rattray TAYLOR (1911-1981), avec The Doomsday Book (Le jugement denier), 1970 ;

- Barry COMMONER (né en 1917), avec The Closing Circle (L'encerclement), 1971 ;

- Philippe SAINT-MARC (né en 1927), avec Socialisation de la nature, 1971.

 

    La planète au pillage, l'un des premiers ouvrages à s'inquiéter des menaces qui pèsent sur la Terre, d'inspiration naturaliste au sens où l'homme, s'il continue de développer ainsi ses activités industrielles, va détruire la nature est suivi de Destruction et protection de la nature, dans le même état d'esprit. Roger HEIM, toutefois, naturaliste qui ne s'ouvre qu'incidemment à la biologie et à l'écologie, diffère du premier car il est plus sensible à la culture naturaliste qui respecte l'altérité de la nature en tant que telle et ne recourt que dans un deuxième temps aux arguments économique. Pour lui, peu importe, dans son époque de guerre froide, du socialisme ou du libéralisme, de capitalisme ou de marxisme : l'urgence requiert la lutte contre le gaspillage des ressources naturelles. Il propose des solutions toute naturalistes visant à préserver la nature de l'activité humaine : réserves et sanctuaires naturels plus ou moins intégraux. 

Rachel CARSON, déjà auteure de Cette mer qui nous entoure en 1962, dresse dans le printemps silencieux une sorte de bilan de la "guerre nouvelle" que les hommes livrent à la nature. Elle oriente la réflexion, à partir d'une position naturaliste, vers la maitrise d'équilibres complexes et fluctuants par l'utilisation de substances non destructrices (elle s'étend sur les ravages de l'insecticide DDT). Il est urgent d'entreprendre une recherche active dans ce sens, et s'adresse aux autorités politiques pour le développement d'autres activités humaines. Son plaidoyer figure parmi les ouvrages classiques qui accélèrent alors la prise de conscience écologique, malgré de nombreuses contestations en provenance des milieux industriels qui rappellent, mais à un degré moindre de mystification, les campagnes des climatosceptiques. 

Jean DORST, avec Avant que la nature meure, un volumineux ouvrage succès de librairie, veut vulgariser les enseignements des sciences naturelles et biologiques auprès du grand public. Il est du devoir des biologistes, médecins et sociologues d'appuyer les initiatives à l'échelle de toute la terre. Si demeure une influence naturaliste perceptible (respect de l'altérité naturelle), le zoologiste s'inquiète aussi de la dilapidation du "capital" naturel, dommageable à l'homme. Il se désole de l'appât du gain qui motive de telles dégradations (déforestations, défrichements) et de telles pollutions. Il faut assurer désormains, dans une sorte de contrat avec la nature, un "aménagement rationnel de la Terre". Dans la Force du vivant de 1979, il développe une problématique écologique large et une philosophie morale ("un humanisme vrai à l'échelle de notre puissance"), proche de celle dégagée par Robert HAINARD.

   Paul EHRLICH, avec la Bombe "P" (comme Population) en 1968, touche l'opinion publique américaine, celui-ci publiant deux ans plus tard avec son épouse un volumineux ouvrage Population ressources environnement, ce dernier à l'intention des communautés scientifiques et politiques. Le chef du département de biologie de l'université de Stanford clame l'urgence absolue de la lutte contre la croissance démographique "qui déferle sur le monde". L'ouvrage universitaire constitue une somme des connaissances sur le problème démographique en 1970. Ils envisagent pour y faire face toute une palette de solutions, du niveau individuel au niveau collectif, du niveau national au niveau international. Ils proposent une régulation des naissances (contraception, avortement) planifiée, et avec elle tout un changement de valeurs. Il faut opposer des valeurs qualitatives à la course de croissance économique. Il s'inscrivent dans tout le mouvement de contestation de la société de consommation. Ils vont aussi plus loin : une véritable redistribution des richesses est nécessaire, les Etats-Unis devant arrêter de financer des régimes dictatoriaux qui plongent leurs populations dans la misère. Les épour EHRLICH estiment en 1970 qu'il faut envisager la cration d'un nouveau parti politique d'inspiration écologique, le mouvement Zero Population Growth fondée en 1968 pouvant en être l'embryon. La postérité de ces deux ouvrages est très importante au début des années 1970, même si par la suite ils disparaissent des bibliographies écologistes. C'est que leur analyse est alors affinée considérablement et il s'effectue un déplacement du centre d'intérêt des problématiques démgraphiques aux problématiques plus environementales et économiques. Toutefois plusieurs ouvrages éccordent encore une grande place aux problèmes démographiques : Le jugement dernier, de Gordon RattrayTAYLOR ; Ecole : détente ou cycle infernal (1973), du mathématicien français Pierre SAMUEL ; L'Encyclopédie de l'écologie (1977) éditée par Larousse ; Le Tour du monde d'un écologiste (1990) de Jean-Marie PELT ; les ouvrages de Jacques-Yves COUSTEAU (1910-1997)...

   Les ouvrages de vulgarisation écologique versent dans le catastrophisme, même si plusieurs notoriétés éconologistes s'élèvent assez tôt contre la problématique de la "bombe P". Ainsi René DUMONT, avec L'Utopie ou la Mort de 1974, réoriente fondamentalement la thématique écologique en lui donnant un ton politiquement très offensif. L'ensemble des mouvements et personnalités écologistes abandonnent cette problématique dès la fin des années 1970, pour se concentrer sur les causes des diverses dégradations de l'environnement et les solutions à y apporter. La démographie est même oubliée par la suite dans les différentes proclamations politiques des années 1980 et 1990. 

 

    Les travaux scientifiques qui salarment de ces dégradations affinent considérablement les analyses, tels ceux de Barry COMMONER, dont les ouvrages sont aujourd'hui devenus des "classiques" de l'écologie. Dans L'encerclement, il propose quatre lois écologiques qui connaissent une certaine postérité, jusqu'à d'ailleurs faire partie de convictions largement partagées de nos jours :

- Toutes les parties du complexe vital sont interdépendantes. Appuyant cette affirmation par l'étude du cycle lynx-lapins, Barry COMMONER insiste pour veiller à ne pas déséquilibrer trop brutalement un système écologique.

- La matière circule et se retrouve toujours en quelque lieu. Cette loi, enseignement de la physique, signifie que tout rejet de polluant quelque part se traduit par une réapparition ailleurs, comme l'illustre le cas du mercure des piles qui se retrouve dans les animaux consommés.

- La nature en sait plus long que les hommes, ce qui signifie, loin de personnifier la nature comme le font un peu vite les adeptes de la théorie de Gaïa, qu'elle est constituée de milliers de systèmes interdépendants et évolutifs que l'homme ne pourra jamais comprendre entièrement et encore moins maîtriser.

- Il n'y a pas, dans la nature, de "don gratuit". 

Ces quatre lois écologiques amènenent l'auteur à promouvoir une conception holiste, systémique du monde, qui doit se substituer aux analyses fragmentaires ignorantes des liaisons et des interdépendances. Pour lui, il n'est guère utile de de tenter de préserver des espaces de nature vierge - il n'adhère pas à la mode des espaces naturels protégés par des Etats ou des associations privées - il faut s'attaquer aux racines du problème et la question éconlogique est une question politique. Il souligne avec force les dimensions sociales et politiques de la question écologique. On ne peut poser les problèmes en termes nationaux car ni l'eau, ni l'air, ni les espèces végétales ou animales ne connaissent de frontières. Il cite souvent Jacques ELLUL qui diabolise les techniques, alors qu'il faut les utiliser afin de retablir les équilibres écologiques. Avec ses études Barry COMMONER tourne d'une façon qu'il veut définitive (mais qui ne l'est pas pour tout le monde...) la page du naturalisme en sortant de l'opposition nature/culture. Il fait largement école car ensuite les études de cas et sur la prédation humaine se multiplient, au niveau global de l'économie comme au niveau technique et de l'ingénierie. Ignacy SACHS (né en 1927), par exemple intègre les propositions de Barry COMMONER dan ses recherches, et participe activement à la préparation de la Conférence de Stockholm de 1972. Nombreuses sont les études égalements qui insistent sur le facteur technologique : François RAMADE, président de la Société nationale de protection de la nature (SNPN), insiste là-dessus dans son livre Elément d'écologie. Ecologie fondamentale. Maintes catastrophes écologiques accélèrent le mouvement de prise de conscience et les initiatives scientifiques et politiques.

 

       En France en tout cas (et aux Etats-Unis), à la confluence de préoccupations environnementales et technologiques, la question nucléaire constitue un noeud dans l'évolution de la philosophie politique concernant la protection des écosystèmes. Là se concentre des conflits entre un monde scientifique de plus en plus inquiet et un monde technico-industriel qui nourrit la course aux innovations technologiques dans l'élaboration et la construction des centrales nucléaires. Il existe une véritable bataille politique entre pro et anti-nucléaire qui, dans les années 1970, s'inscrit dans un climat de contestation plus ou moins radicale (et en fait de plus en plus radicale) de la société dans son ensemble, mêlant aspects techniques, politiques, idéologiques, sociaux et économiques. Des chercheurs estiment aujourd'hui, comme Dominique Allan MICHAUD, que  l'unification thématique de la mouvance écologiste s'est faite sur la "cible nucléaire". Des ouvrages ou une presse écologique à diffusion relativement importante (La Gazette nucléaire) popularisent cette thématique. A un type d'énergie correspond un type de société. A une société nucléaire correspond un système autoritaire de relations sociales. La contestation nucléaire mêle étroitement des considartions d'ordre éconologiue à des revendications d'ordre politique qui s'exprime dans des associations, des syndicats ou des partis politiques. Les Amis de la Terre dénoncent avec véhémence l'énergie nucléaire dans L'escroquerie nucléaire, ouvrage auquel partiticpent de nombreux chercheurs (Michel BOSQUET alias André GORZ, Philippe LEBRETON...). La CFDT et les Amis de la Terre relancent la lutte antinucléaire en 1979, après la manifestation de Creys-Maville de 1977, suite à l'accident de la centrale nucléaire américaine Three Mile Island. D'une certaine manière, les militants, les politiques et les scientifiques contestataires de l'énergie nucléaire constituent une pointe avancée, plus politisée, de la contestation écologique en général. Sur les pas de l'instituteur Jean PIGNERO, qui s'intéresse à la multiplication des examens radiologiques à des fins médicales (fondateur en 1962 de l'Association contre le danger radiologique, devenu en 1966 l'APRI - Association pour la protection contre les rayonnements ionisants), nombreux sont ceux qui expriment des inquiétudes fondées scientifiquement... et qui buttent sur l'opacité globale de l'industrie nucléaire, opacité qui perdure même après la catastophe nucléaire soviétique de Tchernobyl en 1986. A cette opacité s'oppose de plus en plus une communauté de plus en plus large, véritable opinion politique dissidente dans une société qui reste très influencée par le lobby nucléaire. Cette opinion dissidente s'exprime par exemple dans des publications comme la Gueule ouverte, fondée par le journaliste Pierre FOURNIER (1937-1973). Malgré les efforts de certains de dégager un mouvement social derrière une mouvance finalement assez hétéroclite, comme Didier ANGER et Brice LALONDE, cette contestation nucléaire, et plus largement écologique peine à trouver une expression institutionnelle sur le plan politique. Les résultats électoraux des partis se réclamant de l'écologie sont là pour témoigner de cette difficulté : si culturellement, les idées philosophiques écologiques gagnent peu à peu la société, quitte à ce que ce soit les partis "écologistes" qui concentrent des votes protestataires (et ce que d'ailleurs fleurissent régulièrement des partis qui se réclament de la défense de l'environnement et de valeurs dits naturelles comme la pêche ou la chasse!), politiquement, ces idées ne réussissent que très lentement et très timidement (pour les Etats-Unis l'histoire est un peu différente, car s'y mêle un mouvement consumériste très puissant) à se traduire sur le plan de programmes et de réalisations politiques. C'est cette lenteur à concevoir qu'il existe aussi un conflit entre les hommes et la nature qui interfère avec celui des conflits socio-économiques (et politiques...) "habituels" qui frappe dans l'examen de toute philosophie politique globale qui implique l'environnement et les hommes. Encore d'ailleurs aujourd'hui. Sans doute parce que la prise de conscience de ce conflit tient à une de ses caractéristiques : ce n'est pas un conflit dont les éléments s'expriment rapidement et où les acteurs qui y participent sont avant tout très proches les uns des autres. Suivant une tendance qui fait penser le conflit entre proches comme plus important, en dernière analyse, que le conflit entre lointains, le conflit entre l'homme et la nature ne se conçoit que par l'examen de dégâts perçus comme redoutables que par l'accumulation et l'importance sur de grandes étendues. L'une des difficultés est de concenvoir que toute action, même minime de l'homme sur son environnement a des conséquences. que l'ensemble de ses activités ne voie pas leurs effets néfastes - qui ne sont pas niés la plupart du temps pour eux-mêmes (il y a même des manuels de sécurité surtout dans les industries chimiques et nucléaires...) - de façon longue et profonde. D'une certaine manière, la nature apparait si vaste que les activités humaines ne la changeraient que peu. Il faut des études longues et portant sur de longues périodes pour se convaincre du contraire. 

   Il n'est pas étonnant, du coup, que la prise de conscience s'effectue par des phénomènes d'ampleur mondiale (accidents pétroliers et nucléaires) et lorsque les conséquences apparaissent massives et se traduisent par des dégâts qui touchent personnellement les acteurs. Les leçons de l'écologie scientifique se vulgarisent dès la fin des milieux des années 1960 dans quelques milieux plus ou moins liés aux milieux dirigeants, au niveau international. La Conférence de Stockholm de l'ONU de 1972 accélère ce mouvement : portée entre autres (car les acteurs sont nombreux)  par le "Message de menton" de 1971 émanant de 2 200 scientifiques, lancé par l'ONG Daï Dong, parrainé par le Mouvement International de la Réconciliation (MIR), élément de la mouvance non violence internationale, et par d'autres manifestes, dont celui lancé par Georges KRASSOVSKY (Manifeste pour la survie de l'homme, de 1971 également) ou celui d'une Charte de la Nature, de Philippe SAINT MARC (né en 1927) et de René RICHARD, la Conférence aboutit au fameux "Rapport sur les limites à la croissance" du Club de Rome, porté à la connaissance du grand public en 1972 même. 

   Jean JACOB écrit qu'il s'agit d'un véritable séisme. Ce fameux rapport rédigé par une petite équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) composées notamment de Donella H MEADOWS, Dennis L MEADOWS, Jorgen RANDERS et William W BEHRENS III, examine la situation en 5 points et constitue trois enseignements majeurs qui font bouger ensuite de proche en proche toutes les sociétés occidentales et bien ailleurs.

Ces cinq points sont :

- le caractère exponentiel de la croissance, qui caractèrise l'augmentation de la population mondiale ;

- les limites obligatoires d'une telle croissance dans un monde fini ;

- la généralisation à l'ensemble de la planète d'une possible pénurie de matières premières, laquelle risque de provoquer l'effondrement du monde d'ici un siècle ;

- la mise en garde des incurables partisans du progrès techniques contre leur optimisme infondé ;

- la nécessaire prise des responsabilités des hommes, vers une non-croissance qualifiée d'équilibre. Chager le mode de vie est la seule manière de garantir le futur.

Les trois leçons sur les limites à la croissance sont :

- une leçon d'écologie, qui découle de l'impératif pour les pays industrialisés de prendre en compte la nature ;

- une leçon culturelle, philosophique émise par des scientifiques, qui n'entendent pas rester cantonnés dans leurs disciplines respectives. L'homme a désenchanté le monde et les lieux et affirmé son individualisme prédateiur et à cause de cela, le monde court à la catastrophe ;

- une leçon politique : les hommes politiques actuels et leurs électeurs ne comprennent rien à la fameuse "problématique" que seule une élite scientifique peut saisir à sa juste mesure. C'est donc à elle qu'il faudrait confier notre avenir ; c'est elle qui redessienrait la carte géopolitique du monde pour le bien de tous. Mais on peut aussi considérer que ces dégradations incessantes de l'environnement sont souvent le fait de logiques économiques à court terme qui visent un bénéfice immédiat et négligent le bien commun. En conséquence de quoi les luttes contre les dégradations de l'environnement ne peuvent s'envisager que dans le cadre de rapports de force politiques. 

   C'est précisément cette troisième leçon, qui sucite à l'intérieur même du Club de Rome et plus encore dans les différentes instances de l'ONU, qui est l'objet des conflits qui deviennent de plus en plus vifs au fur et à mesure que les dégradations de l'environnement s'amplifient. Le Club de Rome a tendance par la suite à revendiquer pour lui même ce rapport qui de "au Club de Rome" devient "du Club de Rome", pour rappeler son rôle capital dans le monde...

  On trouve dans ce Club de Rome des personnalités telles que Bertrand de JOUVENEL (Futuribles), Aurélio PECCEI (qui en est à l'initiative), Alexander KING, Jean SAINT-GEOURS et Dennis GABOR, qui savent opérer des liaisons dans le monde scientifique et dans le monde politique, et s'appuyer sur les mass medias dans leurs initiatives. Son ambition est bien de promouvoir un nouvel ordre international qui s'appuie sur un connaissance et une activité croissante (de premier plan en fait dans les objectifs planétaires) sur l'environnement. En matière de philosophie politique, il s'agit de promouvoir un monde qui sache gérer une planète, intégrant la nature au centre de son analyse. Ce qui bien évidemment n'exclut pas des conflits sur la définition de cette gestion, sur ses modalités, sur la nature des acteurs prépondérants...

 

Jean JACOB, Histoire de l'écologie politique, Albin Michel, 1999.

 

PHILIUS

 

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