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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:31

         Les activités privées et publiques de renseignement constituent une importante part de l'économie, mais il faut distinguer bien entendu les activités civiles commerciales (énormes mouvements de capitaux liés à la publicité, qui ressortent sans doute plus à l'économie de la communication, mouvements liés aux sondages et autres enquêtes d'opinion, commeerciales, sociales ou politiques), des activités militaires "discrètes" de recherche.

     Ces dernières, qui nous intéressent tout particulièrement ici, prennent de plus en plus d'importance, car elles sont liés également aux activités privées d'espionnage commercial ou industriel... Dans beaucoup de pays, se renseigner sur la technologie est devenu aussi important que d'enquêter sur les armées des ennemis ou des alliés. Comme souvent la technologie est duale, toute information sur une technologie civile peut "cacher" une autre information sur une technologie militaire (électronique, informatique, nanotechnologies, biologie...). Entrent dans cette catégorie, tout l'ensemble des efforts déployés afin de pouvoir copier les technologies des concurrents ou ennemis, qu'ils soient civils ou militaires...

Constater l'importance de ces activités n'est pas forcément être capable de peser leur poids, car la plupart des organismes de renseignement liés à la défense ou même liés aux très grandes firmes gardent "discrets" leur budget. On peut soupçonner que ces activités, supportées par toute une technologie coûteuse, partagent certaines caractéristiques avec les industries de défense. Regarder du côté des chiffres officiels est utile, et il faut le faire, mais ne donne sans doute qu'une faible idée de l'impact économique du renseignement (d'ordre de la défense ou de l'industrie). Cet impact, difficilement mesurable donc, ne comprend pas seulement l'ensemble des "dépenses" de renseignement, qui alimente une partie de la technostructure du complexe militaro-industriel ou une partie des de celle de nombreuses entreprises ayant des activités de renseignement. Il faudrait tenir aussi des effets induits, au niveau économique, par la dissémination illégale des technologies. Il daudrait effectuer des recherches, écrit abruptement, sur la contribution des activités de renseignement au fonctionnement des économies, du capitalisme en général et même de son rôle dans la mondialisation, notamment par le biais des diffusions illégales de technologies. Quand on connait l'efficacité de la machine d'espionnage de l'Etat chinois, qui a fait de la copie une vertu, pour amorcer son économie capitaliste, l'étude en vaut la peine (Où est-ce une illusion?). Notamment, pour l'époque contemporaine, à la croisée des mondes bancaires, militaires et criminels. S'agit-il d'un simple parasitisme à la marge, ou d'une contribution essentielle?

 

    Pour ce qui concerne les dépenses des services de renseignement des Etats, le budget de ces services, écrit avec un certain humour Jacques BAUD, "fait l'objet, dans tous les pays, d'une discrétion particulière et le schiffres publiés sont le plus souvent le résultat d'estimation et d'extrapolation."

"Dans la plupart des pays, poursuit-il, le budget des services de renseignement est noyé dans celui de la défense ou de l'intérieur, et est le lus souvent regroupé dans une position définie en termes généraux. Par exemple, en Suisse, le budget du renseignement est compris dans la position "Travaux d'état-major", relativement peu explicite. En outre, ces budgets comprennent une partie officielle - publiée -et une partie "noire" qui ne fait l'objet d'aucune publication. La ventilation de ces budgets pour les différentes activités des services est le plus souvent secrète." Il signale qu'en octobre 1997, pour la première fois, la CIA rendait public le montant du budget alloué à la Communauté du Renseignement en 1996 (26,6 milliards de dollars). "Mais la ventilation de ce montant reste classifiée et les chiffres publiés sont basés sur des estimations."

"Outre ces budgets secrets, la plupart des pays entretiennent des "budgets noirs", qui échappent à tout contrôle parlementaire et permettent de financer des projets sensibles ou hautement confidentiels. C'est par ces budgets que la CIA a financé - en collaboration avec le Département de la Défense - les programmes d'avions et de navires furtifs". 

   Depuis la fin de la guerre froide et l'apparition de nouvelles formes de menaces (prolifération nucléaire et chimique, trafic de toutes sortes, terrorismes...), les besoins en renseignements se sont fortement accrus. "Toutefois, estime jacques BAUD, ces besoins ne devraient pas se traduire par un accroissement des budgets dévolus au renseignement", ce dont nous doutons vu la vaste réorientation de nombreux organismes de renseignement vers des informations de nature économique. Si de nombreuses menaces ne peuvent effectivement plus être surveillées par des moyens techniques, comme les satellites, mais requièrent davantage de renseignement humain, "qui est environ sept fois moins coûteux", ce qui est assez logique, les énormes moyens déployés pour l'espionnage économique entre pays occidentaux, en revanche, vont plutôt en sens inverse. Notre auteur écrit lui-même que "jusqu'au début des années 90, 40-50% du budget de l'Intelligence Community (USA) était alloué au renseignement sur l'URSS et ses pays satellites.

Depuis le début des années 90, cette part est tombée à environ 20%, tandis qu'environ 2/3 du budget est consacré au renseignement économique et technologique. Dans les pays de l'ex-Traité de Varsovie, l'estimation du budget de renseignement était rendue difficile :

a) par l'imbrication des différents organes de l'Etat dans la collection de renseignement ;

b) par l'étroite interdépendance des organes de sécurité et des organes de renseignement."

Que dire à cet égard, sur l'évolution des organismes de renseignement des pays développés...

 

Jacques BAUD, Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Lavauzelle, 1998.

 

ECONOMIUS

 

 

 

 

 

 

 

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Published by GIL - dans ECONOMIE
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