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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 14:29

            Revue annuelle (puis semestrielle) publiée depuis 1982, cette revue est réellement la seule revue de sinologie généraliste en langue française. Publiée par l'Association Française d'Études Chinoises (AFEC),  reconnue internationalement, elle a pour vocation selon ses fondateurs, de promouvoir des travaux originaux et inédits de chercheurs français, même si l'on peut y trouver des articles rédigés en anglais. Soucieux de diffuser parmi le grand public souvent peu au fait de la civilisation chinoise, les éléments de compréhension de cet immense pays, (notamment les ressorts, souvent anciens, de son actuelle expansion), son comité de rédaction (d'une douzaine de personnes), autour de Valérie LAVOIX (après Samia FERMAT), sa directrice de publication, et de Damie, MORIER-GENOUD et Vincent DURAND-DASTÈS (après Damien CHAUSSENDE), son rédacteur en chef, entend donner consistance à une sinologie encore faible en France.

Exclusivement financée par les cotisations des adhérents à l'AFEC), elle bénéficie de l'aide matérielle du Centre d'Études sur la Chine Moderne et Contemporaine de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Elle est diffusée depuis 2012 par les éditions Klincksieck.

 

             Le numéro, XXVIII, de 2009, avant le numéro Hors Série de 2010 consacré lui au thème Étudier et enseigner la Chine, porte sur le Droit chinois et fait le lien entre les pratiques judiciaires anciennes et modernes, indiquant bien les enjeux et des débats des réformes juridiques chinoises. Généralement, les numéros portent sur divers sujets, en fonction des thèmes abordés lors de colloques ou de séminaires. Les articles sont très lisibles et portent la marque d'une volonté de ne pas encombrer l'esprit avec les calligraphies, jolies certes, mais n'apportant pas souvent d'éléments probants de compréhension. Très au fait des débats actuels sur une possible démocratisation, la revue offre de nouveaux coups de projecteurs sur le passé. Ainsi dans le numéro XXVII (2008), nous pouvons lire une contribution de Céline WANG sur la controverse autour d'un poème de Mao Zedong, de Christine VIDAL sur la question des intellectuels ralliés au pouvoir communiste entre 1948 et 1952, de Marie LAUREILLARD sur Feng Zikaï (1898-1975), caricaturiste lyrique, de Marie-Paule HILLE sur le processus de légitimation d'un nouveau courant religieux dans le Nord-Ouest de la Chine, le Xidatong, de Françoise AUBIN autour des relations entre sinologie et politique à propos des écrits d'Etienne BALAZS (1905-1963)...

Le numéro (XXX, 2011), porte surtout sur les Manuscrits et documents de Qin. Dans son numéro de 2018-2 (XXXVII), Études chinoises propose un dossier sur la vie des objets en Chine, avec des articles de Nathanel AMAR (The Lives of Dakou in China : from Waste to Nostalgia), Michel CHAMBON (Produire et consommer le sang du Christ. Matérialité et christianisme en Chine contemporaine), ZHU Pinhyan (Avalokitesvara in Gold : Art and Ideology at Contemporary Baodingshan) et de CHEN Guangehen (The biography of a Ritual Vessel : On Naming)....

 

               Chaque numéro comporte des articles à orientation bibliographique, des notes de recherche et des comptes rendus d'ouvrages en langues occidentales.

Ses articles sont disponibles en ligne gratuitement, à l'exception des trois dernières années et de l'année en cours. 

 

                   Le souci de développer la sinologie en France se vérifie dernièrement par l'organisation des Assises des études chinoises en 2009. Les thèmes abordés, Enseignement de la langue chinoise, Formations, littératures, Dialogues-coopérations, Publications, Ressources documentaires, Arts, Terrains chinois sont repris dans le numéro Hors Série de 2010. Il veut répondre à l'appel de Jean-François BILLETER, en 1998, pour l'émergence de "sinologues qui aient pour vocation principale de s'adresser non pas aux sinologues, mais au public (...), (qui) devraient avoir une formation très complète, comprenant la culture européenne autant que chinoise, ayant l'esprit d'invention autant que de synthèse" (Mémoire sur les études chinoises à Genève et ailleurs, Genève).

Même si ce problème dépasse largement les études chinoises - on le rencontre aussi à propos d'autres cultures - il se trouve pour le résoudre, dans les conditions actuelles de travail en Chine des conditions plus faciles qu'auparavant. Mais, notamment en ce qui concerne la sphère politique, de gros progrès sont encore à faire. Selon l'Argument qui ouvre les Assises, "la multiplication et la diversification des contacts rendent caduques l'opposition Chine/Occident sous le prétexte de l'originalité de l'héritage chinois. "La Chine" comme généralité correspond tout autant à des effets de miroir - la Chine comme idéal ou au contraire comme repoussoir - qu'à un parti pris culturaliste. Ce discours correspond à un imaginaire qui résiste de moins en moins à ce que nous apportent faits, documents, découvertes archéologiques et diversification des outils conceptuels. En outre, l'appropriation toujours plus affirmée du débat sinologique par les chercheurs chinois eux-mêmes, qu'ils soient en Chine ou dans les universités occidentales, ouvre davantage le champ de réflexion sur la Chine ancienne et classique."

Dans une problématique qui lie la recherche et l'enseignement, l'AFEC entend dépasser des pratiques et des images de la sinologie qui en font trop souvent encore sans doute - quoique l'offre littéraire s'amplifie d'année en année (émergence - bien avancée d'ailleurs - de la Chine oblige) - un champ clos entre spécialistes. 

        Un des obstacles que nous avons rencontrés - noms (propres et communs) occidentalisés de diverses façons et du coup certaines idées derrière - tiennent sans doute à une part irréductible d'étanchéité entre civilisations, mais commence à être bien prise en compte par maints vulgarisateurs de haut niveau.

 

          Complètement par ailleurs, la Revue bibliographique de sinologie, annuelle elle aussi, dont le dernier numéro date de 2006, présentait un choix (entre 1989 et 2002) des dernières parutions en langues occidentales, en chinois, en japonais et en coréen dans les domaines de l'histoire et des sciences sociales, de l'archéologie, des arts, du langage, de la littérature, de la philosophie, des religions, des sciences et des techniques et constitue encore un instrument important à l'usage de spécialistes de sciences humaines désirant suivre l'actualité des études chinoises. 

 

Études chinoises, AFEC, www.afec-etudeschinoises.com. 

 

Actualisé le 9 Mai 2012. Actualisé le 3 juillet 2020

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