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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 14:01

        Née en 1932, sous le parrainage du Maréchal LYAUTEY, avec Henri PROST (1864-1959) comme Président, Urbanisme, prend la suite de La Vie urbaine et de Le Maître d'oeuvre.

Dans des difficultés - notamment financières - dues essentiellement à un certain manque d'intérêts pour ces questions d'urbanisme, elle survit longtemps grâce au soutien des pouvoirs publics et connaît aujourd'hui, suite à un renouvellement complet de son projet éditorial, un regain d'activité à la mesure des attentes d'un certain public composé surtout d'universitaires.

Après une grande stabilité dans les années 1950-1960, la revue connut encore de graves difficultés financières à la fin des années 1980, entraînant le retrait de ses actionnaires traditionnels et l'entrée dans le capital de l'entreprise de la Caisse des Dépôts et Consignations. C'est surtout depuis 1994, que la revue, entamant un recentrage sur le monde universitaire et certains milieux professionnels, et réduisant drastiquement ses coûts (elle devient bimestrielle), sous la direction de Thierry PAQUOT, éditeur-rédacteur en chef, avec une équipe réduite, réussit à prendre une place importante comme support de réflexions qui nous intéressent particulièrement, autour de l'urbanisation et de ses conséquences.

Devenue revue de référence, elle est lue dans plus de 45 pays différents et cherche à sensibiliser ses lecteurs à l'évolution de pensée et des enjeux urbains du XXIe siècle : ville éclatée, environnement menacé, insécurité croissante, repli identitaire...

 

          Lue par environ 4 000 abonnés (dont 40% d'étudiants), centrée autour de trois séquences, Magazine, Dossier, Idées en débat et une copieuse Librairie, Urbanisme a renforcé depuis 2001 sa prise en compte des nouvelles politiques publiques, en créant notamment les "Chroniques de la rénovation urbaine". Elle a renforcé également sa dimension de lieu de réflexions et de débats avec une rubrique Agora ouverte à tous, Urbanisme.

Selon Thierry PAQUOT, alors éditeur d'Urbanisme (aujourd'hui remplacé par Stéphane KEÏTA), "est une revue de réflexion de fond et non d'informations générales sur la ville (...). Nous devons toujours garder une longueur d'avance pour aborder les problématiques nouvelles de la ville. C'est ainsi que nous avons été les premiers à sortir des dossiers sur la religion et la ville (...).  Ou encore, sur les sujets très controversés des villes privées, de la place des femmes dans les métiers de la ville, etc." . Pour Antoine LOUBIÈRE, journaliste, rédacteur en chef actuel d'Urbanisme, à la tête d'une quinzaine de personnes d'un comité de rédaction et de lecture, "la formule actuelle a trouvé son équilibre entre le suivi de l'actualité professionnelle et la réflexion de fond. Mais nous avons le souci de répondre aux attentes de nos différentes catégories de lecteurs : architectes, urbanistes, paysagistes, aménageurs, promoteurs, élus, professionnels d'organisme publics, universitaires, étudiants, etc. Nous devons donc sans cesse améliorer le contenu de la revue et mieux l'articuler avec notre site Internet."

Un comité d'orientation comprenait également une quinzaine de personnalités, de France, de Belgique, des États-Unis et même de Chine, et nous remarquons les noms, entre autres, de Julien DAMON, Dominique FIGEAT, Sylvie HARBURGER, Paul VIRILIO et Rosemary WAKEMAN... Actuellement, un comité éditorial comprend entre autres Mireille APEL-MULLER, Catherine BARBÉ, Vincent BOURJAILLAT, Jean FRÉBAULT, Cynthia GHORRA-GOBIN, Hélène HATZFELD...

Pour Patrick MICHEL, Antoine LOUBIÉRE et Thierry PAQUOT, "beaucoup de choses ont changé en 75 ans, aussi la revue, non seulement s'adapte-t-elle mais anticipe-t-elle ces modifications, tant techniques, symboliques et politiques que culturelles. Sans lister les profondes mutations (économiques, sociales, politiques, etc.) qui affectent le monde des villes, rappelons simplement trois faits parmi bien d'autres qui nous concernent. Primo, au niveau planétaire, la majorité des quartiers nouveaux (formels ou informels bien sûr) sont réalisés sans urbanisme et sans urbaniste, ce qui entretient les phénomènes d'exclusion et de ségrégation liés à la question foncière. Secondo, la privatisation des "lieux urbains" - sous diverses formes - se généralise, réduisant de plus en plus deux qualités essentielles de l'urbanité, la gratuité et l'accessibilité, d'où la nécessité de contrer cette tendance par des "espaces publics" généreux. Tertio, l'étalement urbain nourri par l'automobilisation généralisée s'effectue sans aucun ménagement des lieux et sans l'avis des habitants : seul un éco-urbanisme s'appuyant sur une démocratie active à l'échelle d'un territoire pourrait en réorienter le funeste destin!  Nous le voyons, à l'heure du déploiement technologique (qui change radicalement nos rapports au temps et à l'espace), de l'urbanisation planétaire et de la préoccupation environnementale, l'urbanisme (cette discipline traversée par toutes les disciplines, mêlant en permanence théories et pratiques) s'avère l'indispensable garant du commun de ce qui engage chacun d'entre nous vis-à-vis d'autrui. (...)".

   La pandémie de Covid-19 introduit encore de nouvelles perspectives pour la revue, en dehors du fait bien entendu d'une interruption dans la parution. Dans un éditorial, Stéphane KEÏTA, dans le numéro de printemps 2020 écrit : "(...) cette revue a traversé les époques en réaffirmant constamment l'originalité de sa ligne éditoriale et la qualité de ses contenus, par le dialogue entre chercheurs, opérateurs et décideurs, avec des regards pluriels. or, à l'heure où nos sociétés sont soumises aux tension d'une transition globale polymorphe, la nécessité de l'étude, de l'échange, du partage et de l'approfondissement des idées et des pratiques s'impose, afin de reconstruire du sens. La crise du Covid-19, en jetant une lumière crue sur nos modèles d'organisation et de développement, ne constitue qu'une nouvelle couche de l'urgence, elle aussi globale, qui mobilise nos sociétés : urgence sociale, urgence climatique, urgence sanitaire. La situation totalement inédite, engendrée par le confinement de 3,5 milliards d'humains sur l'ensemble du globe, a fait émerger quelques évidences, mais surtout des problématiques nouvelles à une telle échelle.

Dans ce contexte, l'engagement d'Urbanisme prend une autre dimension, car si le positionnement singulier de la revue pour comprendre les transformations du monde l'avait toujours amenée à éclairer, contextualiser les dynamiques sociales, urbaines et collectives, la crise du Covid-19 va renforcer cette tendance. C'est donc avec la sincère conviction d'être au bon moment à la bonne place, que la Scet est heureuse et fière d'accueillir en son sein la revue Urbanisme, avec son équipe de professionnels. En misant sur la complémentarité de leurs atouts, la Scet et Urbanisme vont démultiplier leurs capacités à animer des communautés professionnelles, à promouvoir et à provoquer le débat public. La Scet, société de conseil et d'accompagnement de projets, avec plus de 65 ans d'une expérience sédimentée dans l'aménagement et l'organisation des territoires, est particulièrement impliquée auprès des collectivités, des entreprises publiques locales, de l'État et de ses agences. Elle partage avec Urbanisme cet attachement profond aux grandes thématiques de la fabrique de la ville, tout comme son biotope, autour de son actionnaire la Banque des Territoires.

Et de débats, on ne manquera point, comme l'indique déjà la vigueur des apostrophes sur les causes profondes du Covid-19 ou autour des conséquences ultimes du confinement : sur les modes de vie et la biodiversité, sur la gestion de crise et le contrôle social, sur l'emprise technologique et les libertés individuelles, sur la nécessité d'adapter nos manières de concevoir l'habitat, les mobilités, le commerce, la vie sociale et culturelle, l'énergie, le tourisme... (...)".

 

 

      Urbanisme aborde ainsi de nombreux thèmes au fil de ces numéros, au rythme de 6 par an, des Aires numériques (janvier-février 2011), des Villes méditerranéennes (novembre-décembre 2009), des Familles (Septembre-Octobre 2007) aux Quartiers sensibles (Novembre-Décembre 2005) ou aux Corps et sexualités (Juillet-Août 2002). Elle aborde également dans des hors séries, des thèmes plus précis comme le génie des villes, à la suite des Rencontres FNAU 2009 (n°37, HS) ou Paris Rive Gauche (n°17 HS), ou encore Le droit au rez-de-ville (Automne 2019, n°413), et Pays en développement Transition urbaine et mobilité (Automne 2018, n°409), dans le souci constant de faire intervenir à la fois des voix professionnelles et des voix citoyennes. 

L'un des numéros de la revue (n°381, Nov-Dec 2011), traite de La France, état des lieux, notamment la question de l'étalement urbain et du regard des différentes sociétés d'architectes. L'un des derniers numéros, d'Hiver 2019, porte sur Questions à l'urbanisme (n°414).

 

Revue Urbanisme, Villes-Sociétés-Cultures : www.urbanisme.fr. Aouka, 61-63 rue Hallé, 75014 Paris.

 

Actualisé le 5 Mai 2012. Actualisé le 11 mai 2020.

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