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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 15:04
          De même que la valeur n'attend pas le nombre des années, la valeur d'un livre ne se mesure pas à son nombre de pages. Ce petit livre sur le cinéma militant et le cinéma politique en est bien la démonstration. A l'heure des commémorations en tout genre de l'année terrible pour tous les conservatismes, les auteurs ont voulu montrer que la question de la fonction sociale, politique et esthétique du cinéma avait été débattue autrement que par une simple perturbation du festival de Cannes.
         Cette fonction sociale du cinéma, sur laquelle on reviendra abondamment dans ce blog, est souvent passée sous silence par le cinéma institutionnel et commercial, et pourtant elle est très agissante, quasi quotidiennement.
Les auteurs rappellent les différentes approches de l'articulation entre cinéma et politique issues de Mai 68, et le premier d'entre eux , David FAROULT, prend une position paradoxale à première vue : le cinéma militant n'existe pas. Ou alors tout le cinéma est militant, du film nazi au film industriel qui consolide les mentalités du désordre existant.
Retraçant l'action de Cinélutte, de ses productions comme de ses débats internes, est reposé la question à quoi sert le cinéma pour des militants révolutionnaires? A informer sur les luttes? Qui? Comment? Avec quelle efficacité et quelle utilité? En revenant sur le film de GODARD, "Un film comme les autres" comme sur le groupe DZIGA VERTOG ou le groupe Cinéthique, on peut mesurer la difficulté de dépasser à la fois la dramaturgie dominante comme les contraintes des circuits de distribution des films. Le constat que les débats se soient déplacés du film de fiction au film documentaire garde les questions ouvertes.
      Gérard LEBLANC tente lui aussi de délimiter le débat entre cinéma et politique et l'on retiendra sa différenciation entre films compris dans des stratégies politiques qui les intègrent comme facteurs actifs ou passifs, films à effets politiques produits dans le cadre de l'institution cinématographique et films réalisés par des non professionnels, acteurs des luttes.
    Une longue interview, publiée auparavant dans la revue Cinéthique en avril 1969, de Jean-Pierre LAJOURNADE, réalisateur de "Le joueur de quilles", constitue la dernière partie de ce petit livre. A travers l'évocation de nombreux films, il parcours l'ensemble des éléments de ces débats.
     Si ce petit livre est conseillé, ce n'est pas par nostalgie (l'auteur de ces lignes n'était pas né!), mais pour commencer à réfléchir sur la possibilité d'utiliser le cinéma pour changer la société. Avec en arrière-fond la pensée que le statut du spectateur-voyeur reste ambigu devant le spectacle même s'il s'agit du spectacle d'une lutte et même si le montage comme la mise en action veut déconstruire le cinéma et le déstabiliser. Les relations du spectateur et de l'acteur ne sont pas simples, et le dépassement d'une partie des dilemmes évoqués dans "Le cinéma en suspens" se trouvent sans doute dans la déconstruction même du statut de spectateur...
 
      Dans la présentation de l'éditeur de ce livre, nous pouvons lire : "Si, en Mai 68, les salles de cinéma continuent de projeter des films comme si de rien n'était, quelques cinéastes et beaucoup de spectateurs se posent, loin du corporatisme de la "profession", la question de la fonction sociale, politique et esthétique du cinéma. Quel est le rapport du cinéma aux conceptions du monde qui lui sont extérieures, aux idéologies qui traversent et divisent la société? Comment articuler politique et cinéma sur un autre mode que celui de la représentation? Comment penser le travail cinématographique - qui relève aussi du jeu et du plaisir - dans sa relation avec l'exploitation du travail? Comment la vie imaginaire peut-elle enrichir la vie réelle sans se substituer à elle? Comment faire un cinéma qui ne participerait pas à la reproduction de la société que l'on refuse? Quels moyens se donner pour que le cinéma devienne un des leviers de la transformation de la société? Le cinéma influencé par Mai 68 est pour l'essentiel un cinéma de l'après-coup et se construit tout au long des années 1970. On se propose ici d'en dégager les principales lignes de force et de présenter quelques démarches et trajectoires exemplaires. Non qu'elles soient nécessairement abouties mais parce qu'elles abordent frontalement les questions que l'on vient d'évoquer. Ce livre propose au lecteur de renouer le fil interrompu d'une réflexion théorique et pratique toujours vivante et ouverte. Il s'adresse à un lecteur d'aujourd'hui et d'abord à celui qui ne se satisfait pas de la façon dont il vit dans la société où il vit."
 
    David FAROULT (né en 1974) a co-animé pendant près de deux ans l'émission radiophonique "Pleins feux sur les médias" sur Fréquence Paris Plurielle, après avoir mené des recherches sur cinéthique et le groupe Dziga Vertov. Gérard LEBLANC a écrit aussi plusieurs livres dont Scénarios du réel (en deux volumes, L'Harmattan, 1997), Les années pop. Cinéma et politique : 1956-1970 (avec Jean-Louis COMOLLI et Jean NARBONI, BPI-Centre Pompidou, 2001) et Numérique et transesthétique (dirigé avec Sylvie THOUARD, Presses Universitaires du septentrion, 2012).

   David FAROULT et Gérard LEBLANC, Mai 68 ou le cinéma en suspens, Editions Syllepse/Festival International de films Résistances, 1998, 96 pages.

Note : Jean-Pierre LAJOURNADE a réalisé plusieurs films (Assommons les pauvres, 1967; Le joueur de quilles, 1968; La Fin des pyrénées, 1970) et avait démissionné de l'ORTF au moment des événements de Mai 68. Pour ceux qui ne connaissent pas (comme moi!), il est utile de consulter le site cineastes.net où se trouve notamment une présentation de ses films. Jean-pierre BOUYXOU, dans son livre "La science-fiction au cinéma" paru en 1971 aux éditions UGE, 10/18, commençait son commentaire du film "Le jour de quilles", de la manière suivante : 1968, An I du cinéma : LAJOURNADE tourne Le joueur de quilles. Meurent alors, déliquescentes, les vieilles structures-baudruches d'un art et d'un langage. Meurent aussi, pulvérisées, toutes notions connues, élaborées ou rêvées de temps et d'espace. Raconter ou résumer "Le joueur de quilles" serait insultant pour le film, inutile pour ses propos, impossible dans l'absolu. Raboté, saboté, ignoré plus d'un demi-siècle de cinéma narratif par essence... De quoi en vouloir savoir plus, non?
 
 
Complété le 26 juillet 2012
 


                                                                                         FILMUS
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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 12:55

 

  Si l'on doit conseiller une seule revue généraliste du cinéma, c'est bien la revue trimestrielle CinémAction. A l'intention de tout citoyen curieux, cinéphile ou non, qui veut voir au-delà d'une parfois envahissante promotion commerciale, de tout étudiant qui commence à étudier le cinéma tout en ne sombrant pas dans l'ennui académique, CinémAction constitue le véritable portail qui mène à tous les cinémas, comme à toute les analyses de cet art.
  Fondé en 1978, par Guy HENNEBELLE, CinémAction propose à chaque numéro 200 pages environ d'analyses sur un thème particulier. Sur l'histoire des théories du cinéma (1991), le panorama des genres au cinéma (1993), les producteurs français (1998) ou dernièrement Fassbinder l'explosif et Masque et Lumière, cette revue fait le tour presque complet de chaque thème, chaque numéro comprenant en plus de multiples bibliographies et filmographies.
   Depuis 30 ans, CinémAction a publié 160 volumes, en comptant les différentes séries, avec 20 à 30 collaborateurs par ouvrage. Chaque numéro, de 200 pages en moyenne, est constitué par une équipe dirigée par un coordinateurs qui s'attache à traiter le sujet sans oeillères. La revue traite aussi bien des sujets concernant le cinéma que concernant la télévision
  Elle est co-éditée depuis 1989 par Corlet-Télérama et son équipe d'une dizaine de personnes, dirigée par Monique MARTINEAU et Françoise PUAUX, continue de contribuer à la réflexion de fond sur le cinéma, mais aussi sur la télévision, avec l'apport de très nombreux collaborateurs extérieurs. La presse salue régulièrement l'action de cette équipe, comme proposant des ouvrages et des dossiers de référence, avec un esprit d'ouverture réel.
  Il faut enfin signaler les liens étroits qui unissent cette revue à la collection Septième Art, presque la plus ancienne collection de cinéma au monde (présente depuis 1952), publiée aujourd'hui par le même éditeur.
 
   A noter un numéro récent (2011, n°140) consacré à Jorge SEMPRUN (1923-2011), scénariste et écrivain engagé. Il participa comme scénariste et dialoguiste à des films comme La guerre est finie (Alain RENAIS, 1966), Objectif : 500 millions (Pierre SCHOENDOERFFER, 1966),  Z (COSTA-GAVRAS, 1969), L'aveu (COSTA-GAVRAS, 1970), L'attentat (Yves BOISSET, 1972), Stavisky... (Alain RENAIS, 1974), Section Spéciale (COSTA-GAVRAS), Une femme à sa fenêtre (Pierre GRANIER-DEFERRE, 1976), Les routes du Sud (Joseph LOSEY, 1978), La guérilla (Mario CAMUS, 1983), Les trottoirs de Saturne (Hugo Santiago MUCHNICK, 1986), El Salvador, le pays des quatorze volcans (Florestano VANCINI, 1988), L'affaire Dreyfus (Yves BOISSET, 1994), K (Alexandre ARCADY, 1997), Ah, c'était ça la vie! (Franck APPREDERIS, 2008) et Le temps du silence (Franck APPREDERIS, 2011). Il réalisa Les deux mémoires en 1973 et écrivit de nombreux ouvrages sur le cinéma, de multiples scénarios, des essais et des pièces de théâtre. Cenuméro , dirigé par Jaime CÉSPEDES, comporte sur près de 170 pages, des articles très documentés.

 CinémAction, 106 boulevard St Denis, 92400 COURBEVOIE. Abonnement à Corlet Editions Diffusion : BP 86, 14110 CONDE-SUR-NOIREAU. 
 Le site cinemaction.net. semble inactif. Il vaut mieux consulter www.corlet-editions.fr
(Actualisé le 15 mars 2012)
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 15:02

     Affirmer le droit de la guerre constitue une ambiguïté fondamentale car dans le détail des sources de ce droit se trouvent à la fois affirmées l'illégitimité de la guerre comme mode de règlements des conflits et la légalité d'un certain nombre de règles permettant le déploiement de la violence collective. Charles ROUSSEAU, dans son Traité sur le droit des conflits armés n'écrit pas autre chose : "A l'égard de la guerre on peut adopter deux attitudes extrêmes : la condamner systématiquement ou la glorifier sans réserves. On peut aussi se rallier à l'affirmation moyenne qui y voit un mal nécessaire dans certains cas. la doctrine du droit international reflète ces divergences. Pour certains auteurs (cas des auteurs de l'école nationale-socialiste) la guerre constitue un phénomène supérieur au droit. Pour beaucoup d'auteurs positivistes elle est un phénomène étranger au droit. Enfin l'opinion dominante depuis la conclusion du Pacte KELLOG est que la guerre est un phénomène contraire au droit, dont le caractère essentiel est de n'être ni supra, ni extra-juridique, mais bien anti-juridique.". Même constatation chez Q.WRIGHT : "D'étape en étape, le droit s'est en quelque sorte rationalisé et cérébralisé (pour ne pas dire "céphalisé"). Il est davantage tête sans cesser d'informer un corps. le problème est aujourd'hui de savoir si un nouveau pas est possible et souhaitable. D'aucuns ont prophétisé l'ère planétaire et le mondialisme, dans le dessein d'arracher la violence et d'établir "la paix perpétuelle", mais cette annonce rappelle étrangement la promesse de la non-violence absolue qui relève davantage, pense t-on, du mythe religieux que du réalisme politique. Cette non-violence mondiale, si elle ne débouche pas sur la mort, risque fort de dégénérer en une nouvelle violence par la résurgence d'un groupe particulier dominant les autres, "race de seigneurs" étendant son empire ou dictature de classe se déclarant société sans classes.(...) Comme un impératif au coeur de la violence, la tâche surgit de dominer la violence ; la non-violence se promet comme un appel. Au moment où la guerre risque de provoquer un paroxysme de violence, un cataclysme sans nom, force est que le droit aussi connaisse une mutation qualitative. Dire le droit de la guerre n'est pas la légitimer mais la dépasser."

      Historiquement, ce droit de la guerre, on pourrait écrire droit de guerre, a presque toujours existé. En Babylone, 2000 ans avant J.C., le code d'HAMMURABI imposait un mode de conduite en cas de guerre. En Inde ancienne, le Mahâbhârata prêchait la miséricorde envers les troupes ennemies vaincues. La Bible et le Coran regorgent de régles prônant le respect de l'adversaire. Au Moyen-Age occidental, les gloses autour de la guerre juste et de la paix de Dieu fournissaient les moyens de limiter les temps et les lieux de guerre.
  D'abord coutumier et religieux, le droit de la guerre s'écrit et se codifie avec notamment GROTIUS au XVIIème siècle dans son oeuvre de référence "De la guerre et de la paix". La définition même de la guerre, en la limitant comme instrument des Etats souverains pour régler leurs conflits entérine et généralise sa rationalisation.
   Deux conceptions s'élaborent presque en même temps, se construisant de textes en textes, de codes en codes et de traités de paix en traités de paix :
   - le droit de faire la guerre ou d'entrer en guerre (jus ad bellem) qui suppose un motif tel que se défendre d'une menace ou d'un danger (qui n'exclue pas évidemment pas l'attaque dans les faits). Ce droit réglemente les conditions d'entrée en guerre et prévoit parfois les procédures qui y mettent fin ;
    - le droit pendant la guerre (jus in bello) qui implique des comportements des armées sur les champs des batailles ainsi qu'avant et après celles-ci. ce droit limite l'étendue des violences autorisées, protégeant notamment les populations civiles non armées de celles-ci.

       Le problème, avec l'extension des moyens de guerre et l'élaboration de stratégies globales de guerre totale est que ni l'une ni l'autre de ces deux conceptions ne résistent à l'évolution des guerres sur le terrain. Tous les moyens redeviennent bons, on l'a vu notamment pendant la Seconde Guerre Mondiale.
  L'accentuation des continuités entre guerres entre Etats et guerres civiles, présentes déjà lors des guerres napoléoniennes et l'extension des effets des guerres à tous les territoires et à toutes les populations civiles rendent fragiles les élaborations théoriques d'un droit de la guerre. Carl SCHMITT, dans sa "Théorie du partisan" (1963) notamment, analyse ces évolutions. Toutes les études actuelles sur la guerre et sur le droit de la guerre posent la question : "Peut-on conserver les termes classique du jus publicum européen (guerre limitée) ou en contraire en sortir (guerre illimitée)?" L'humanité est-elle entrée dans une ère de guerre globale continue, alternant guerres "chaudes, crises, et guerres "froides"?

    Du coup, on conçoit que tous les efforts menés depuis qu'Henri DUNANT a fondé la Croix Rouge Internationale, jusqu'aux montages juridiques compliqués de la Société Des Nations (SDN) et de l'Organisation des Nations Unies (ONU) ne peuvent plus suffir à garantir le droit de la guerre minimal du jus ad bellum et du jus in bello. Nous sommes probablement entrés dans une sone de turbulances planétaires qui rendent urgentes l'élaboration de nouvelles sources du droit de la guerre, sources qui ne peuvent seulement venir des Etats instrumentalisateurs de ce droit ou même des organisations internationales qui s'apparentent un peu trop à des arênes juridiques entre Etats.

   Charles ROUSSEAU, Le droit des conflits armés, Editions A.PEDONE, 1983 ; Sous la direction de Mohammed BEDJAOUI, Droit international, Bilan et Perspectives, Tome 1, Editions A.PEDONE et UNESCO, 1991 ; Hugo GROTIUS, Le droit de la guerre et de la paix, PUF, Quadrige, Grands textes, 2005 ; Q.WRIGHT, Article Droit de la guerre, Encyclopedia Universalis, 2004.

                                                                                           JURIDICUS

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 15:59

     Dans ce livre important, comme l'écrit John KEEGAN dans l'Introduction, Victor Davis HANSON, professeur d'Université d'Etat de Californie, a "essayé d'évoquer d'évoquer le cadre de cette expérience de la bataille ainsi que le mal et les difficultés extraordinaires qu'avaient les hommes qui combattaient." "Ma conviction", écrit encore l'auteur dans sa Préface, "est que la forme pure de la bataille chez les Grecs nous a laissés, en Occident, possesseurs d'un héritage embarrassant : nous sommes devenus persuadés qu'une bataille autre qu'un confrontation face à face entre des ennemis calmes et déterminés est contraire à nos valeurs et à notre style.".
   En 5 parties et 19 chapitres, il détaille ce qu'il appelle le modèle occidental de la guerre, une manière de privilégier les batailles rangées décisives.

        Dans une première partie, "Les Grecs et la guerre moderne", l'auteur entend étudier davantage que la tactique et la stratégie si "nous devons apprendre pourquoi la manière grecque de combattre a eu une telle influence en Occident".
La raison d'être de la bataille d'infanterie se trouve non pas dans la nécessité d'éviter les désastres agricoles (la vigne et l'oliveraie sont en fait très résistants), mais dans le fait qu'elle est, dans l'époque classique de la Grèce ancienne (VIIème-Vème siècles av.JC) "une provocation ou une réaction contre la simple menace d'une attaque contre les fermes.
"Les batailles d'hoplites grecs étaient des luttes entre petits propriétaires fonciers qui, d'un commun accord, cherchaient à limiter la guerre et, partant, la tuerie à un affrontements unique, bref et cauchemardesque." "Il faut expliquer la manière grecque de combattre comme une idée élaborée, comme une vision présente à l'esprit des petits fermiers : leur terre ancestrale devait à tout prix rester inviolée, n'être foulée par personnes d'autres qu'eux-mêmes. C'était une terre dont tous les citoyens de la polis consentaient à défendre l'intégrité à tout instant. A la fin du Vème siècle, après 200 ans de guerre d'hoplites, Athènes et d'autres communautés apprirent qu'il pouvait être avantageux de rester à l'intérieur des murs de la cité et de mettre l'ennemi au défi de réduire en ruines les propriétés agricoles. Le rituel conventionnel de la bataille rangée des hoplites fut alors mis en question et, ainsi, périclita. Ensuite, au IVème siècle, le développement rapide des troupes auxiliaires et de la poliorcétique accompagna ces idées nouvelles et eut pour effet que, par la suite, la bataille dut être sans rémission, et non épisodique, élargie, et non restreinte, offrant au vainqueur une occasion nouvelle de rechercher non pas une humiliation bénigne, mais souvent une reddition et un assujettissement inconditionnel du vaincu. En un mot, l'idée que la bataille d'infanterie était irrévocablement partie intégrante de l'agriculture fut entièrement rejetée."
 Cette mise en perspective historique veut montrer l'originalité de cette manière de combattre, et, surtout, sa supériorité militaire. "C'est ce désir occidental d'un choc d'infanterie unique et grandiose, d'une tuerie sauvage mettant aux prises, sur un champ de bataille, des hommes libres munis d'armes acérées qui a déconcerté et terrifié nos adversaires du monde non-occidental pendant plus de 2500 ans." "Ces hommes (les Grecs anciens) furent les premiers que nous connaissions à avoir relégué la cavalerie dans un rôle secondaire, et à avoir ainsi fait disparaître, pendant un millier d'années l'idée que le champ de bataille était le domaine privé de cavaliers aristocrates."
     Victor Davis HANSON pense que "nous devons nous demander à quoi étaient confrontés les hoplites dans la phalange, car ils sont la clé de notre compréhension de la guerre dans la Grèce ancienne". La guerre dans une société agraire met au centre le non-spécialiste qui défend sa terre et celle de ses amis contre des ennemis situés "rarement à plus de 2 ou 300 kilomètres. Les invasions étrangères, perses, seront le facteur d'évolution qui changeront plus tard les choses, mais l'auteur veut se limiter à cette période pour en montrer le poids et l'influence sur les siècles postérieurs, tant les diverses armées du monde intégreront cette idée de la bataille rangée pour en faire un puissant instrument de conquête. Il allie dans tout son livre son expérience agricole, son attention extrême au terrain, à une érudition qui cherche les détails de la véritable bataille d'hoplites dans les écrits d'HERODOTE, de THUCYDIDE et de XENOPHON (VI-Vème siècles), mais aussi à une connaissance des trouvailles archéologiques pour les périodes plus anciennes (VII-VIème siècles). L'auteur insiste beaucoup sur les détails et alimente certainement sa réflexion de toute une branche nouvelle de l'archéologie, l'archéologie expérimentale, qui tente de reconstituer la réalité des batailles anciennes.

      L'épreuve de l'hoplite constitue le sujet de la deuxième partie de son livre : il décrit les conditions physiques et psychologiques dans lesquelles chaque homme combat. Les armes et l'armure, l'âge des combattants (des très jeunes aux très vieux), la crainte et l'attente de l'attaque massive, la peur de la mort très éventuelle qui panique et bouleverse la physiologie du combattant (transpiration, incontinences multiples) sont détaillés par l'auteur qui montre ainsi l'inconfort de l'hoplite. Il insiste pour que l'on garde à l'esprit "quatre réalités de base" :
 - une tendance graduelle mais continue, sur quelques 250 ans, à altérer, à modifier, puis à abandonner entièrement certains éléments de la cuirasse.
 - l'habitude de retarder le moment de s'armer jusqu'aux toutes dernières secondes, littéralement, avant le heurt des lances.
 - l'utilisation régulière de serviteurs personnels pour transporter l'équipement.
 - le mouvement naturel qui poussait l'hoplite à ôter à tout instant sa coûteuse armure achetée, en général, par les citoyens, et non fournie par l'Etat.

    Dans la partie intitulée "Le triomphe de la volonté", HANSON développe l'état d'esprit du combattant avant l'assaut. Ce triomphe trouve ses sources dans la confiance au général présent à la tête de son armée, l'esprit et le moral de corps, où il y voit les origines du système régimentaire... Ces "liens extraordinairement forts entre les hoplites constituaient simplement les relations normales de presque tous les combattants dans les phalanges de la plupart des cités grecques. Ils ne présupposent pas d'entraînement spécialisé exceptionnel ou d'effort concerté pour former un corps d'élite."... HANSON consacre de longues lignes sur l'alcool qui développe la rage de combattre comme l'inhibition de la conscience de la mort peut-être toute proche.

      L'assaut, la charge, le heurt d'hommes, la poussée des deux phalanges lancées l'une contre l'autre et l'effondrement recherché chez l'adversaire, les confusions des mêlées, les erreurs d'orientation et la violence de horde.. sont les éléments clés du type de confrontation recherché par les Anciens grecs. Les conditions du choc de deux murs de lances et de boucliers, le plus rapide possible pour éviter les jets divers à distance, déterminent l'issue de la bataille. "Dans de nombreux cas, l'issue d'une bataille d'hoplites se décidait alors, pendant la première charge, lorsque des soldats cédaient à la peur et détruisaient l'unité de leur colonne avant même d'avoir atteint l'ennemi. (...) la clé du succès dans une bataille entre phalanges était de créer un vide fatal dans les rangs ennemis, une brèche initiale dans laquelle les troupes pouvaient faire une percée, anéantissant la cohésion de la formation ennemie toute entière. Certaines armées étaient disloquées avant même d'avoir atteint les lances de l'ennemi, et la bataille se terminait avant même d'avoir commencé." Le maniement individuel de la lance et du bouclier, la coordination entre voisins de gauche et de droite, le rôle des différentes rangées de combattant à l'avant et à l'arrière, tout tendait à la recherche d'une brêche dans les lignes de l'adversaire. "A un moment, dans un camp ou dans l'autre, une partie de la phalange ne pouvait plus résister à la poussée et commençait à être refoulée. A ce moment, l'unité de la colonne toute entière était mise en danger et tous les hommes - ceux qui avaient avancé à l'intérieur de brêches dans la ligne ennemie et ceux de l'arrière qui poussaient en avant - commençaient à penser pour la première fois à leur propre survie individuelle. En d'autres termes, c'était le début de la déroute finale. Parfois se produisait un effondrement dramatique et soudain en un point particulier de la phalange". La nécessité de garder le plus longtemps possible l'ordre de bataille entre proches combattants était vitale, non seulement pour éviter l'effondrement, mais aussi pour limiter les pertes dues aux coups des amis.

    Les batailles concentrées en des temps et des espaces restreints, à terrain découvert, laissaient sur les terrains de massacre des morts, des blessés et surtout des estropiés en nombre, mais "le nombre des morts dans le camp victorieux au cours d'une bataille d'hoplites représentaient en moyenne 5 pour cent des forces engagées, tandis que les vaincus subissaient un taux de pertes avoisinant 14 pour 100 de leurs forces." Ce qui était recherché, c'était la victoire sur place, ici et maintenant. Les poursuites en territoire ennemi étaient rares.

     En conclusion, l'auteur développe la thèse d'un lien entre la démocratie grecque et le modèle de guerre, enraciné dans la réalité même du combat, intégré dans la vie des fermiers.
"Le cadre réel de la bataille pour les hommes qui servaient dans la phalange était presque le même quel que soit le lieu et le moment du combat. Cela permettait à chaque soldat-citoyen de savoir exactement pourquoi le poète appelait la guerre grecque "une réalité qui fait peur". La simplicité et l'ordre net du combat d'hoplites garantissaient que la lutte serait en gros la même en tout lieu et à tout moment de la bataille : l'expérience de l'individu était aussi celle du grand nombre. Cette exceptionnelle uniformité des armes et de la tactique garantissaient sur un plan plus large, que tuer et blesser étaient, dans une large mesure, des actes familiers à de nombreuses générations (...)".
 "Parce que les Grecs classiques concevaient, en dernière analyse, leur combat d'infanterie comme économique et pratique, il y a une moralité dans leur legs : l'idée que l'image de la guerre ne doit jamais être autre chose que celle de corps en train de tomber et de blessures béantes." Egalité dans le combat, égalité dans la vie, voilà le lien entre la démocratie et le modèle de guerre occidental, avec la pensée que la guerre n'a rien de romantique.
   L'auteur nous met en garde sur cet héritage de mentalité collective à l'heure où les missiles ont remplacé les lances. "En clair, nous ne sommes plus une société agraire formée de petits propriétaires terriens indépendants. Nous avons seulement en héritage l'idée de la bataille grecque en tant que notion héroïque, nous l'avons isolée de la réalité du combat et avons ignoré ses véritables enseignements en appliquant le mode de pensée des Grecs à un ensemble de circonstances tout à fait différent et dangereux à à un théâtre d'opérations qui lui est étranger."
  En "Guerre et agriculture dans la Grèce classique (1984) et "Carnage et Culture" (2001), "Le modèle occidental de la guerre" renouvelle la perception que nous avons de l'héritage grec sur notre culture de la guerre, et sur notre culture tout court. L'ethos guerrier occidental, qui peut être une idée discutable (et qui d'ailleurs discutée!) est lié, pour l'auteur, dont on connait par ailleurs la sympathie pour une idéologie néo-conservatrice, à l'essence même du régime politique démocratique occidental. Sans doute y-a-t-il des chapitres entiers sautés dans cette vision et que la réalité est moins simple, mais elle a le mérite de faire réfléchir sur une certaine éthique du combat et de la guerre, comme au lien entre régime politique et forme de l'armée.
   Victor Davis HANSEN a toujours en tête dans son "modèle occidental de la guerre" la confrontation de cette manière de faire la guerre à celle hors Occident, à laquelle se heurte par exemple les armées américaines en Irak ou ailleurs aujourd'hui. Ce modèle de guerre s'oppose à celui de nombreux stratèges et stratégistes chinois, que l'on songe aux rédacteurs des "36 stratagèmes" (TAN DAOJII, 420-479) ou des "13 articles sur l'art de la guerre" (SUN TSE, 512-473 av.JC).

  Victor Davis HANSEN, Le modèle occidental de la guerre, La bataille d'infanterie dans la Grèce classique, Les belles lettres, collection Histoire, 1990, 298 pages. Introduction de John KEEGAN, traduction de l'américain par Alain BILLAULT, "The western way of war, infantry battle in classical Greece", 1989.
  Notez bien un site officiel http://victorhanson.com
  Cet ouvrage a été également publié en français chez Tallandier, collection texto, en 2007.

                                                                                                    STRATEGUS

                                                                                                
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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 13:30

      Discuter de la représentation des conflits, du conflit, au cinéma, c'est discuter en fait de la représentation des relations humaines, tant les conflits sont consubstanciels à ces relations.
    C'est aussi mettre en perspective cette représentation par rapport aux autres représentations du réel exprimées à travers les autres arts, tels que la peinture, la sculpture, la musique, le chant, la danse, la photographie, le théâtre ou la télévision (ou videovision), sans d'ailleurs attacher beaucoup d'importance au qualificatif "septième art".
    C'est également repenser la signification du spectacle par rapport à la réalité, et celle du spectateur par rapport à l'acteur social.
  C'est bien entendu poser la question de l'influence d'une esthétique sur la compréhension d'une oeuvre cinématographique ou d'en ensemble d'oeuvres cinématographiques.
    C'est enfin poser les questions clés des représentations : ce qui est représenté (pourquoi cela et pas d'autres choses), de quelle manière il l'est, par qui est-il représenté, en direction de qui la représentation s'effectue, les raisons de la représentation ainsi que les effets ou les conséquences de cette représentation...

    Dès ces débuts, "le mythe directeur de l'invention du cinéma est l'accomplissement de celui qui domine confusément toutes les techniques de reproduction mécanique de la réalité qui virent le jour au XIXème siècle, de la photographie au phonographe. C'est celui du réalisme intégral, d'une recréation du monde à son image, une image sur laquelle ne pèserait pas l'hypothèque de la liberté d'interprétation de l'artiste ni l'irréversibilité du temps." (André BAZIN).
Cette ambition du spectacle total, de la représentation vraie ou de la représentation fausse, ou plutôt d'une représentation de quelque chose qui dépasse le réel visible et immédiat, est si forte que l'art même du cinéma subit dès les premières exploitations commerciales du cinématographe une dissociation entre le documentaire (Frères Lumière) et le féerique (Méliès), dissociation qui n'a cessé d'être aujourd'hui et qui se prolonge dans l'outil télévisuel. L'écran révèle ses deux fonctions, ses deux effets, ses deux logiques : coller le plus possible au réel ou s'en éloigner le plus possible, par l'imagination de ce qui est peut-être et de ce qui pourrait être. Dans les deux cas, les représentations des conflits, quelles qu'elles soient, aboutissent aux yeux, aux oreilles et au cerveau du spectateur. Même sous la forme d'une fiction fantastique (et peut-être plus intensément), le monde parvient au sixième sens surtout sous forme d'images qui ont toute leur place dans la représentation globale du réel, parfois au même titre (parfois plus?) que la perception du réel sans l'intermédiaire de l'écran, ce miroir déformant et simplificateur.

    La représentation des conflits au cinéma, c'est d'abord bien sûr la représentation de leurs formes les plus visibles, les plus frappantes, la guerre ou d'autres violences, c'est-à-dire finalement, mais on l'avait déjà expérimenté au théâtre, en peinture, en danse ou en musique, dans leurs formes les plus esthétiques, avec leurs couleurs ou leurs sons les plus contrastés, les plus vifs, les plus rythmés, provoquant les réactions les plus vives chez les spectateurs.
Dans sa discussion sur le statut d'art du cinéma, Jean-Yves CHATEAU pose des questions pertinentes sur la liaison du beau et du sublime dans l'art, du primat de la forme, de l'unité de la forme esthétique pour une oeuvre, qui ne peut qu'être, vu les contraintes du cinéma, que collective.
 Tout l'appareillage technique nécessaire, d'enregistrement, de montage, de distribution des images donne au "septième art" une particularité, une complexité sans commune mesure avec la production d'une peinture ou d'une sculpture ou même de la représentation théâtrale. La combinaison des images, des couleurs et des sons, pour en faire un oeuvre à la fois logique et expressive, au sens de susciter des émotions, suppose la mise en oeuvre de la collaboration de nombreux corps de métier, du réalisateur au preneur de son. Cet aspect collectif se prolonge dans les conditions par lesquelles les oeuvres du cinéma parviennent au public, de l'affichage au matraquage publicitaire, du merchandising et de la floraison souvent redondante des critiques. L'importance considérable du cinéma dans la vie en société est telle qu'il constitue un mode de représentation très important, sources d'influences parfois grandes et prolongées sur les comportements individuels et collectifs.

    En cela, le cinéma a une importance considérable sur la perception des conflits, et même de façon générale sur la tonalité des relations sociales, plus ou moins empreintes d'agressivité. Cela est flagrant dans les périodes de tension ou de guerre, mais cela est également vrai de façon quotidienne. Il n'est pas étonnant par conséquent que le contrôle social des images soit un enjeu majeur. La violence au cinéma pose la question de son influence sur les comportements sociaux, complexe, qui ne peut se résumer à des imitations, sur la constitution et les évolutions des morales publiques et privées, sans doute plus d'ailleurs que les représentations de la sexualité. Sur l'aspect normatif, sur l'aspect cathartique, des représentation des conflits, beaucoup reste à étudier.

   La mise en spectacle total de la réalité devient partie intégrante de cette réalité et participe aux évolutions sociales. La mise en spectacle d'un certain point de vue sur des événements, par le truchement de l'esthétique, peut - c'est une question clé d'ailleurs à propos des conflits - quels que soient leurs modalités ou leurs intensités - peser plus que la vérité de ces événements.

André BAZIN, Qu'est-ce que le cinéma? Les éditions du Cerf, collection 7ème art, 1990
Jean-Yves CHATEAU, Pourquoi un septième art? Cinéma et philosophie, Presses Universitaires de France, collection Intervention philosophique, 2008

   

                                                                                        FILMUS
   
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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 15:56

     D'emblée, le pacifisme a mauvaise presse encore, que ce soit dans le langage courant (ce qu'atteste la plupart des dictionnaires de langue française) ou dans les milieux politiques institutionnels (surtout en France où le spectre des accords de Munich de 1938 plane toujours). Pourtant, les pacifismes ne peuvent se comprendre qu'en se plaçant dans une perspective historique longue. Nous sommes très loin désormais d'une culture guerrière de l'Antiquité ou du Moyen-Age. Les innombrables écrits de glorification et d'exaltation de la guerre sont difficiles à trouver en librairie. Surtout avec l'avènement du christianisme, la culture guerrière a fait place progressivement à une culture pacifique.

   Pour autant, l'ensemble des activités humaines, plus orientées aujourd'hui sur la coopération que sur le conflit, reste sous-tendue par une vision négative des pacifismes. Avant d'entrer dans une analyse des dynamiques sociales qui orientent le destin de l'humanité vers des avenirs qui laissent de moins en moins place à un image positive de la guerre, il est intéressant de se livrer à un effort de définition et de classification.
  On peut effectuer une classification par type de motivations des acteurs sociaux ou encore  une classification qui donne une échelle qui va du pacifisme intégral et inconditionnel à l'anti-pacifisme intégral, soit l'esprit guerrier digne des klingons de la série  télévisée de science fiction Star Trek ou mieux pour rester dans les degrés des pacifismes stricto sensu, du pacifisme à tout prix justifié moralement au pacifisme instrumental qui ne croit pas réellement aux vertus de la paix. Reste aussi une forme de classification suivant l'évolution historique, des Perses antiques à l'irénisme contemporain.

    Tout en se réservant toutes ces possibilités, qui seraient longues à détailler dans cet article, on peut s'inspirer de la classification établie en 1927 par Max SCHELER, dans son livre "L'idée de paix et le pacifisme", reprise par Yves SANTAMARIA. Ce philosophe allemand, adepte de la coopération économique et politique internationale distinguait ainsi :
        - le "pacifisme héroïque" du refus de la guerre décliné sous sa forme individuelle, dicté our des raisons morales, sans exclure des raisons d'efficacité politique ou sociale. Une forme collective de ce pacifisme peut exister, et souvent ses adeptes refusent le terme "héroïque" pour affirmer sa nécessité, sous forme de désobéissance civile massive par exemple.
         - le "pacifisme chrétien", demi-pacifisme qui privilégie le règlement négocié des conflits et leur humanisation, mais qui laisse une large place aux guerres justes, qualifiées par les Eglises de défensive, même quand elles prennent la forme de croisades plutôt offensives.
         -  le "pacifisme économique", des économistes utilitaristes, anglo-saxons notamment, favorables au libéralisme et souvent opportuniste.
         - le "pacifisme juridique" qui ancre de plus en plus, progressivement, de manière multi-séculaire dans des institutions la théorie du "droit naturel" et du "droit des gens". La criminalisation progressive de la guerre, favorisée par l'impérialisme anglo-saxon est considérée par nom de conservateurs, notamment allemands, comme une mystification.
             - le "demi-pacifisme" du "communisme" et du socialisme marxisme qui en fait une matrice de la guerre idéologique contre le capitalisme. Il est du même ordre que l'anti-militarisme anti-bourgeois pour une fraction importante des tenants de la révolution marxiste.

     Jean DEFRASNE dans son petit livre "Le pacifisme" ne réfute pas une telle classification, mais l'enchaînement historique des événements est si complexe que l'on trouve des pacifismes mêlés à presque toutes les tendances idéologiques, des royalistes aux républicains, des démocraties aux dictatures... C'est dans les réalités telles qu'elles se sont mises en place que les pacifismes trouvent leurs expressions, plus que dans les écrits des philosophes. C'est face d'ailleurs aux réalités et aux conséquences de tout ordre des guerres que se sont développés et affirmés des états d'esprits de moins en moins guerriers ou de plus en plus pacifiques, voire pacifistes...
       Sans aucun doute, les pacifismes ne trouvent leurs meilleures justifications qu'en regard des valeurs des acteurs qui les incarnent, des projets de société qu'ils entendent défendre. C'est en regard de leurs conceptions sur la justice et la liberté notamment que l'on mesure les vérités qu'ils renferment. On peut penser que les pacifismes se conjuguent à l'humanisme, au cosmopolitisme, au socialisme, au fédéralisme, plutôt qu'au nationalisme ou au libéralisme, mais seules les réalités concrètes nous montrent leur vérité. L'avenir seul dira, avec l'action de tous les membres de l'humanité, si la paix n'est qu'une idée.

  Jean DUFRASNE, Le pacifisme, PUF, collection Que sais-je?, 1995
  Yves SANTAMARIA, Le pacifisme, une passion française, Armand Colin, 2005

                                                                                                             PAXUS
         
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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 15:20

     Réalisé en 1979, ce film français d'un peu plus de deux heures se veut une réflexion sur les comportements humains. Et notamment à partir des thèses d'Henri LABORIT - qui apparait dans le film - sur les relations de l'homme face à son environnement, le conflit, la fuite ou l'inhibition d'action. Centré sur l'histoire d'un homme politique et littéraire joué par Gérard DEPARDIEU, ce film fourmille de parenthèses introductives et explicatives de son comportement. On y trouve ainsi la thèorie de Paul MAC LEAN sur les niveaux cérébraux et un constant parallèle entre le comportement humain en société et celui du rat, animal social par excellence. La relation au mensonge est un thème fort du film, ce mensonge sauve le couple et la vie familiale du héros principal.
   Il faut être un spectateur attentif aujourd'hui pour voir ce film - vu tout de même par 369 000 spectateurs en 9 semaines lors de sa sortie - car il fait très peu appel aux ressorts dramatiques, le promenant constamment sur trois niveaux : l'histoire racontée, les représentations mentales des membres de la famille et des connaissances du héros, influencées autant par... le cinéma que par leurs souvenirs propres, et les images d'expériences sur ces fameux rats. Faute de quoi, il ne perçoit pas à la fin du film leurs éclairages sur les personnages et sur la solution qu'ils apportent à leurs problèmes.

    Alain RESNAIS, Mon oncle d'Amérique, 1979, France, 125 minutes, scénario de Jean GRUAULT, avec Gérard DEPARDIEU, Nicole GARCIA, Roger PIERRE..., Couleur et Noir et Blanc, Production Les films Galatée avec Gaumont, Andréa Films et TF1. Disponible en cassette VHS et en disque DVD.
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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 15:04
   
     Rien de tel que la lecture d'une histoire mondiale au long cours pour comprendre les événements actuels de notre planète. Pour la période de 1917 à 1981, André FONTAINE, alors rédacteur en chef du journal "Le Monde" depuis 1969, présente une histoire des relations internationales, en grande partie centrée sur les relations Est-Ouest.

   De la Révolution d'Octobre 1917 à l'invasion soviétique de l'Afghanistan en 1979, nous pouvons suivre le grand jeu mondial de la guerre froide et de la détente. Loin de suivre une chronologie figée rébarbative, c'est une lecture serrée des événements que le grand journaliste nous propose. On y retrouve bien sûr les origines et les conséquences des guerres du VietNam et de Proche Orient comme les méandres des stratégies déclaratives en matière d'armement en passant par les vicissitudes des deux guerres mondiales. On comprend d'ailleurs mieux le conflit actuel en Géorgie si on replonge dans l'histoire du Caucase depuis l'avènement de l'URSS. Le jeu mondial ne se limite pas bien entendu à la confrontation Union Soviétique/Etats-Unis d'Amérique ; il révèle sa complexité avec l'intervention de la Chine, des pays non alignés, de l'Europe...
    On comprend mieux comment le monde bipolaire d'alors a préparé le monde multipolaire d'aujourd'hui. Ces trois volumes sont à conseiller absolument au début de toute découverte d'étudiant en histoire comme à tout citoyen désireux de ne pas s'en laisser conter par les modes quotidiennes journalistiques sur l'état du monde.
   La première édition d'Histoire de la Guerre froide, sous ce titre, date de 1965 pour le premier tome, de 1967 pour le second. Une recension dans Politique étrangère, n°1 de 1968 (volume 33), comparait ces deux livres à celui de Louis-J HALLÉ, sur le même thème, Cold War as History (Chatto & Windus, Londres 1967, de 434 pages). "Le moment est probablement venu d'adopter à l'égard des événements qui constituaient hier l'actualité brûlante une attitude d'historien. Telle est au moins l'ambition, pleinement justifiée d'ailleurs, dont témoignent dans deux ouvrages, parus presque en même temps, André Fontaine et Louis Hallé. Ouvrages d'une égale qualité dont la lecture ne saurait trop être recommandée et qui méritent l'un et l'autre, à des titres divers, de demeurer ouvrages de références. Les deux volumes d'André Fontaine font débuter la guerre froide à la Révolution d'octobre 1917. Louis Hallé (ancien fonctionnaire du département d'état, alors professeur à l'Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève), au contraire, situe le commencement de la période que désigne cette expression aux années 1945-1947 marquées par l'échec des efforts pour liquider pacifiquement entre Alliés le deuxième conflit mondial (...). Cette différence de présentation témoigne déjà d'une différence de perspectives. André Fontaine semble attribuer au caractère révolutionnaire de l'Etat Soviétique, c'est-à-dire à l'idéologie qui anime ses dirigeants, sensiblement plus d'importance que ne lui en accorder Louis Hallé. Celui-ci tend à interpréter la guerre froide comme un conflit interétatique du type traditionnel, un cas classique de ce que les anglo-saxons désignent par l'expression du "power politics". (...) Quelle que soit la "philosophie" différente qui s'exprime dans ces deux ouvrages, les auteurs s'accordent sur les dates essentielles ; pour l'un comme pour l'autre, l'année 1947 constitue le tournant. Mais l'interprétation de ce tournant n'est peut-être pas tout à fait la même chez l'un et chez l'autre. Pour André Fontaine, l'année 1947 ne fait que confirmer une rupture qui n'a fait que s'aggraver depuis la fin des hostilités. Pour Hallé, au contraire, un accord avec l'Union Soviétique pouvait encore être regardé comme une possibilité (...) jusqu'à la fin de juin 1947 (moment du refus de Molotov de participer au programme de reconstruction européenne suggéré par le général Marshall). Quant à l'autre tournant de la guerre froide, les deux auteurs le situent à la fin de 1962 au lendemain de la Crise de Cuba (...). Toutefois cet "armistice" de 1962, A Fontaine marque plus clairement que Louis Hallé qu'il fut l'aboutissement du côté soviétique, d'une maturation qui remonte à l'année 1959 (déclaration de Khroutchev sur la possibilité de faire disparaître la guerre mondiale de la vie même de la société même avant la victoire complète du socialisme sur la terre). (...). On lira avec un égal intérêt chez A Fontaine les pages (...) qui résument les problèmes de l'engagement américain au VietNam. On méditera utilement ce qu'il en dit à nouveau dans l'Epilogue qui formule à nouveau un espoir exprimé dans l'introduction : "Il est maintenant permis d'espérer que, de part et d'autre, on finira par reconnaître ce qu'il y avait de fou dans la prétention de certains à ne vouloir donner d'autres choix à l'humanité, pour régler les problèmes du XXe siècle, qu'entre deux idéologies nées au XIXe siècle, avant l'avion, l'atome, l'espace, l'information de masse, l'automation, la décolonisation et l'explosion démographique". Dans le même sens, Hallé affirme plus nettement encore que depuis 1945, la présence des armes nouvelles a eu un effet décisif d'inhibition sur la tendance traditionnelle à régler les conflits par confrontation militaire. "Dans ces armes nouvelles réside l'espoir du monde en même temps que les dangers". Telle est la dernière phrase de l'ouvrage. Faut-il cependant adhérer à l'opinion de Fontaine que "les Etats-Unis n'ont cessé au cours de ces dernières années de regagner du terrain" (Précisons le tout de suite : Histoire de la "détente" revient sur cette appréciation) (...) Je serais plutôt tenté de nuancer l'opinion d'André Fontaine par les réflexions qui terminent l'ouvrage de Hallé : "L'origine de la guerre froide (...) doit être attribuée à l'expansion soudaine de la Russie en Europe. En conséquence, il ne pouvait y avoir guère de doute pour un esprit impartial que lorsque l'Occident s'est rassemblé sous la direction américaine pour mettre un terme à cette expansion, il agissait pour sa légitime défense plutôt que dans un esprit d'agression. (...)". (www.persee.fr)
     
      Le journaliste français (1921-2013), travaillant notamment au journal Le Monde, a aussi écrit d'autres ouvrages  : L'Alliance atlantique à l'heure du dégel (Calmann-Lévy, 1960), La Guerre civile froide (Fayard, 1969), Le Dernier Quart du siècle (Fayard, 1976), La France au bois dormant (Fayard, 1978), Sortir de l'hexagonie (Stock, 1984), L'un sans l'autre (Fayard, 1991), Après eux, le déluge, de Kaboul à Sarajevo (La Martinière, 1995), La Tache rouge, le roman de la Guerre froide (La Martinière, 2004), réédition augmentée d'une chronologie (Le Seuil, 2006). Partisan d'un journalisme d'investigation, il s'efforce pendant toute la période qu'il dirige le journal Le Monde (comme rédacteur en chef, puis comme directeur - 1969-1990), de garder la balance entre approfondissement de l'information et attrait de la présentation : "Résistons à la tentation d'épuiser le sujet, d'écrire pour des spécialistes qui en connaissent déjà tous les aspects. Ce que nous devons faire, ce n'est pas un manuel de Science Po ; c'est un journal. Un journal où, soit dit en passant, il serait bien nécessaire que l'on sente passer un peu plus d'émotion, où l'on aimerait pouvoir lire des histoires, racontées avec talent et, pourquoi pas, humour, un journal, pour tout dire en peu de mots, plein de vie". Nous nous souvenons d'une époque où nous lisions ce journal de bout en bout....
 
       André FONTAINE, Histoire de la guerre froide, Tome 1, De la Révolution d'Octobre à la guerre de Corée, 1917-1950 ; Tome 2, De la guerre de Corée à la crise des alliances, 1950-1963, Fayard, Collection Point Histoire, 1983;  502 et 570 pages.
André FONTAINE, Histoire de la "détente", Un seul lit pour deux rêves, 1962-1981, Fayard, Collection Point Histoire, 1984, 534 pages. Plusieurs fois réédités depuis.
Complété le 18 Juillet 2012
Complété le 3 avril 2013
Complété le 1er novembre 2013
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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 13:39
   
    Voilà une vraie étude de sociologie militaire! Plutôt que de traiter à longueur d'ouvrages de l'évolution des choses militaires, en insistant sur les guerres ou l'évolution des corps d'armées et des armements,  Raoul GIRARDET a choisi de comprendre l'histoire sociale et l'histoire des mentalités de cette société plus ou moins fermée que constitue en France, la société militaire.
   L'histoire de ces hommes et de ces familles qui traversent la révolution, l'empire, la restauration, la république,  la vision que l'on a du rôle de l'armée dans la société globale, l'évolution de l'esprit militaire, depuis les soldats de la liberté de 1789 jusqu'à l'épreuve algérienne, en passant par les deux guerres mondiales, sont bien décrites dans ce livre... Enthousiasme, méfiance, antipathie, fièvre irraisonnée alternent dans la société militaire comme dans l'ensemble de la société. Parfois l'armée est au diapason de la l'ensemble de la société, parfois elle en est à l'opposé idéologique... En deux grandes parties, la vieille armée et l'armée nationale, l'auteur s'appuie autant sur des études historiques d'ensemble, des mémoires et des témoignages qui traversent toute la hiérarchie, pour comprendre les soubresauts de la conscience militaire.
  C'est une étude intéressante pour qui veut appréhender l'évolution des mentalités militaires, même au-delà de la période que s'assigne l'auteur. Autant pour les évolutions des mentalités militaires en général, qui ne sont pas les mêmes en temps de guerre et en temps de paix, que pour se faire un idée de ce que peuvent vivre tout le corps d'armée français dans le début du XXIème siècle. Il existe bien entendu de nombreuses autres études, mais pour commencer, on ne saurait trop conseiller de consulter l'ouvrage de Raoul GIRARDET.
    De 1815 au contemporain le plus immédiat, écrit l'éditeur (en quatrième de couverture), l'armée s'était de plus en plus identifié à la nation. "Celle des années 2000 représentera peut-être un corps d'élite au sein d'une armée d'Europe. On imagine les soubresauts et les déchirements que cette évolution implique. Après être passée de la vie de garnison dans les provinces sous la Restauration à la remobilisation sous le second Empire, de la tragédie de la guerre perdue à l'aventure coloniale, elle traverse un XXe siècle non moins bouleversé : la victoire en 18, la défaite en 40, les guerres successives - contre l'Allemagne, en Indochine, en Algérie - jusqu'au saut dans l'inconnu que représente la professionnalisation d'aujourd'hui. Analysant ce qui distingue du reste de la société française ce groupe fermé, aux valeurs, au mode de vie et de recrutement propres, Raoul GIRARDET montre, dans une fresque d'une exceptionnelle qualité, tout ce qui compose le tissu si particulier de cette communauté." Dans cette réédition d'un ouvrage paru en 1953 et amplifié depuis, l'auteur se montre, avec un attachement à certaines valeurs (patriotisme, tradition), très lucide. Il participa à la revue monarchiste La Nation française, dirigée par Pierre BOUTANG.
    Pour Raoul GIRARDET (né en 1917), historien et universitaire français (Institut d'Etudes Politiques de Paris, Ecole Nationale d'Administration, Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, Ecole Polytechnique...), "au même titre que l'école, le principe de la conscription, l'obligation du service sous les armes ont constitué l'un des facteurs essentiels de ce grand mouvement unificateur qui, au-delà de ses lacunes et de ses failles, a dominé l'évolution même de la société française au cours des deux derniers siècles". L'auteur s'interroge dans sa conclusion sur un risque de repli, voire d'enfermement corporatiste dont il semble nécessaire d'en comprendre l'urgence, mais aujourd'hui, qui le prendra en compte? Au moment de l'élaboration d'un nouveau livre blanc sur la Défense, au début d'une nouvelle présidence de la République, ce questionnement reste vif.
    Raoul GIRARDET est aussi l'auteur de plusieurs autres ouvrages : Pour le tombeau d'un capitaine (Editions de l'Esprit nouveau, 1962), La Crise militaire française (1945-1962) (Armand Colin, 1964), Le Nationalisme français (1971-1914) (Armand Colin, 1966), L'idée coloniale en France de 1871 à 1962 (La Table Ronde, 1972), Mythes et mythologies politiques (Seuil, 1986), Problèmes militaires et stratégiques contemporains (Dalloz, 1988), Singulièrement libre, entretien avec Pierre ASSOULINE (Perrin, 1990), Nationalismes et nation (Complexe, 1995).

   Raoul GIRARDET, La société militaire de 1815 à nos jour, Librairie académique Perrin, collection Agora, Pocket, 2001, 340 pages.
Complété le 19 juillet 2012
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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 13:30

 

       La France est vraiment un pays de sportifs de l'âge de 5 à 85 ans, comme dirait Hergé, le père de Tintin et Milou. Si, si, le foot perpétuel, le rugby un peu moins perpétuel, le tour de France et bientôt les jeux olympiques de Pékin. Tout le monde participe! A ce rythme en sportivé, il n'y aura plus d'obésité dans notre charmant pays.
       C'est bizarre pourtant... Pas beaucoup de vélos en dehors de Paris, pas beaucoup de ballons ronds qui traversent le champ de vision... Ah oui, il ne faut pas confondre. Il y a les sportifs qui courent, qui tapent (le ballon, qu'est-ce que vous croyez?), mais il y a aussi d'autres sortes de sportifs : le sportif-télé, le sportif-fauteuil (souvent le même, mais il y aussi le canapé), le sportif en bière (pas de vilains jeux de mots, hein!) ou en coca-cola, le sportif-hurleur dans les stades, le sportif fixe au bord de la route, le sportif-tiercé ou footé, un vrai joueur dans la vie celui-là, le sportif-causeur (si vous ne les entendez pas, vous avez un problème!), le sportif-tiroir caisse (vous savez les gens en costard-cravate aux tribunes)... Quels sports quand même!
          Tous ces sportifs se retrouvent périodiquement en esprit, sinon en corps (oh là là...) pour célébrer les grandes messes périodiques comme le Mundial pour le football. Avec toujours les mêmes prétextes qui veulent camoufler des aspects pas très...sportifs de la mondialisation ou du fonctionnement des sociétés actuelles.
             Les "meilleurs" de ces sportifs sont les supporters et les joueurs du hasard... Il n'y a pas plus sportif que les supporters. La preuve, ils participent à la mêlée générale à la fin de certains matchs, de tout leur corps, avec pieds et poings, cannettes de bières, quand ils ne se livrent pas à de longues tirades sportives d'injures contre les équipes adverses, les pas-bons, les losers, les arabes, les juifs, les noirs, les blancs... Quand ils se pointent lors des match en groupes compacts, on est sûr qu'il va y avoir du spectacle! Quand ils défilent dans les rues, ivres grâce aux commerçants du quartier, ils font déguster à ces commerçants les joies du sport! 
           Les plus discrets, les plus nombreux sportifs sont les joueurs du lot sportif et de la quirielle de jeu autour des courses de chevaux, de foot, de... n'importe quoi! Là, les cerveaux et les mains sont mis à contribution pour remplir les caisses de l'Etat et des officines du sport au lieu des bêtes pieds. C'est à qui perdra le plus d'argent toutes les semaines dans cet impôt parfaitement volontaire qui ne dit pas son nom. 
      Il y a bien entendu plusieurs autres catégories de sportifs dont la fréquentation est recommandée pour le délassement des muscles, surtout ceux du cerveau... Sport massif de la bêtise massive!
      J'oubliais : le sport des injures!  Là pas de problème, c'est un sport massif, même pas réservé aux adeptes du sport tel qu'on l'entend généralement. Sport qui implique un jeu complexe - des études scientitititfiques le prouvent - mimiques, mouvement de salives, paroles guturales et prononciations recherchées, mouvement du corps tout entier, de la tête aux organes sexuels,  pour le plus grande efficacité. Et quoi de plus beau quand ce sport-là se mélange au sport de masse, dans les stades... Oh que c'est beau, comme dirait l'autre!
Salement complété le 5 novembre 2013
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