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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 08:45
          Une sociopsychanalyse
                Cette nouvelle voie de la psychanalyse, fondée par Gérard MENDEL (1930-2004) veut mener le plus loin possible une analyse de la société qui aille au tréfonds des conflits intrapsychiques. Comme les individus sont traversés de tels conflits, il est logique de penser que la société toute entière est prise dans une dynamique de confrontations de tous ces conflits intrapsychiques. Confrontant constamment ses réflexions inscrites dans une trentaine d'ouvrages à une pratique collective de terrain, Gérard MENDEL privilégie l'école (de la maternelle à la terminale) comme l'un des lieux d'application de sa méthode pour y installer l'apprentissage de la démocratie par le développement et la socialisation des jeunes, aussi bien entre eux, qu'avec leurs enseignants.
   Pour lui, le phénomène de l'autorité est au centre de l'articulation du psychique et du social. Le pouvoir de l'acte et le pouvoir sur l'acte le conduisent à l'actepouvoir, mouvement d'appropriation de l'acte, mouvement fondamental. "La révolte contre le Père" (1968) par lequel Gérard MENDEL introduit la sociopsychanalyse veut montrer une évolution de l'humanité du primat de la Mère Nature à celui du Père Fort pour aboutir sous la poussée de l'Idéal Technologique à une révolte destructrice contre le Père et contre les valeurs qui s'y rattachent. Mêlant une anthropologie à la psychanalyse, "La chasse structurale" (1977) mène à une réflexion sur le long terme, sur l'animalité de l'homme, travaillé depuis quatre millions d'années par une organisation collective et structurale du travail, par un nouveau mode de production matériel produisant le devenir humain.
   A travers notamment son groupe-outil d'étude "desginette" (créé en 1971), son oeuvre fait la promotion d'un socialisation différente de l'enfant pour un devenir humain moins fondé sur la soumission à l'autorité.
      Cette sociopsychanalyse française fait partie d'une tentative, répandue également en Grande Bretagne et au Québec, de créer une sociologie proche de l'expérience vécue, qui faut du sujet, de son clivage et de ses contradictions un élément central dans la construction sociale, même si diverses applications, y compris celle de Gérard MENDEL et de son équipe, n'ont pas aujourd'hui - loin de là - l'assentiment de la majorité des psychanalystes.

       Gérard MENDEL, La révolte contre le Père, une introduction à la sociopsychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, 1968; La crise de générations, PBP, 1969; La chasse structurale, une interprétation du devenir humain, PBP, 1977. Gérard MENDEL et Christian VOGT, Le manifeste éducatif, PBP, 1973. Proches de l'activité clinique, sont parus entre 1972 et 1976, également à la Petite Bibliothèque Payot, six livres, portant le titre Sociopsychanalyse, tomes 1 à 6.
Un film tourné dans un collège rural en 2000 témoigne de l'activité de Gérard MENDEL.
Site de l'ASGAP : www.sociopsychanalyse.com.

                                                                                                               PSYCHUS
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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 16:17
          La psychanalyse culturaliste
               
           Erich FROMM (1900-1980) et Karen HORNEY (1885-1952) sont deux différents représentants d'une psychanalyse parfois éloignée de celle du fondateur, notamment en ce qui concerne le rôle de la sexualité.

                   Erich FROMM, après une pratique plutôt "traditionnelle" de la psychanalyse dans les années 1930, excelle à critiquer les bases morales et philosophiques centrales de Sigmund FREUD. Dans "Fuite de la liberté" (1941), il cherche à joindre les études de l'individu et les études de la société. Marxiste, il l'est beaucoup moins que Wilhelm REICH et il se borne souvent à défendre la démocratie telle qu'elle existe aux Etats-Unis où il émigre dès 1933.
Pour lui, le phénomène fondamental n'est pas le rapport avec la satisfaction ou la frustration d'une pulsion, mais plutôt avec la relation spécifique de l'individu au monde. La névrose résulte d'un conflit entre les pouvoirs innés de l'homme et les forces qui font obstacle, dans la société, à un développement. Ce conflit n'est que secondaire car l'homme est mû par une pulsion innée d'intégration et de croissance. Dans "l'anatomie de la destructivité humaine" (1973) Erich FROMM se livre à une longue étude sur le caractère, détaillant des conceptions sur l'agressivité humaine qui lui fait distinguer l'agressivité bénigne, l'agressivité maligne et la destructivité.
Beaucoup enseigné au Mexique, ses oeuvres trouvent toujours un grand écho en Allemagne (où il fait partie de l'école de Francfort) et en Italie.

             Karen HORNEY compte parmi les fondateurs de l'Institut psychanalytique de Berlin, mais se détache dès 1934 (lorsqu'elle émigre aux Etats-Unis) des notions fondamentales du freudisme pour élaborer ("La personnalité névrotique de notre temps", 1937; "L'auto-analyse", 1942 - particulièrement mal reçu en Europe - "Nos conflits intérieurs", 1945, "Névrose et croissance humaine", 1950), une théorie originale. Notamment sur les conflits intérieurs : l'origine des structures caractérielles névrotiques se trouve dans les conflits entre trois attitudes fondamentales : mouvement vers autrui, mouvement contre autrui, fuite devant autrui.
Karen HORNEY met l'accent sur les stratégies interpersonnelles ("Nos conflits intérieurs"). Comme les gens ont tendance à recourir à plusieurs stratégies à la fois, ils sont assaillis de conflits intérieurs. pour éviter d'être déchirés ou paralysés, ils suivent la stratégie dominante qui s'accorde le mieux à leur culture, à leur tempérament et aux circonstances ; mais les tendances refoulées persistent, engendrant des incohérences et remontant à la surface en cas d'échec de la solution prédominante.
Elle met l'accent également sur les stratégies intrapsychiques ("Névrose et développement humain"). Afin de compenser les sentiments de faiblesse, d'insuffisance et d'amour-propre déficient, les gens cultivent d'eux-même une image idéalisée, qui engendre un système d'orgueil. Ce système d'orgueil est fait d'orgueil  névrotique, de prétentions névrotiques et d'impératifs tyranniques qui, tous intensifient la haine de soi contre laquelle ils sont censés opposer une défense. L'image idéalisée est intérieurement divisée puisqu'elle réfléchit non seulement la stratégie interpersonnelle dominante, mais aussi le conflit entre elle et les tendances subalternes (Bernard PARIS dans Dictionnaire international de la psychanalyse)
  Considérée comme la première féministe psychanalyste, elle ne cesses de poursuivre les réflexions sur les conflits intérieurs à la femme plongée dans une culture machiste. Ses écrits influencent aujourd'hui une grande partie de la psychanalyse américaine, notamment l'école interpersonnelle de psychanalyse.


   Erich FROMM, la peur de la liberté, 1941 (Buchet-Chastel, 1963); La passion de détruire, anatomie de la destructivité humaine, 1973 (Robert Laffont, 1975); La crise de la psychanalyse, Essai sur Freud, Marx et la psychologie sociale, 1970 (Denoel, 1971).
     Karen HORNEY, Névrose et développement humain, 1950 (je ne connais pas la traduction française); La psychologie de la femme, 1922 (Payot,1969); Nos conflits intérieurs, 1945 (L'arche, 1997). 


                                                                                                                      PSYCHUS
     

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 13:37
      Ce rapport date de 1977. Il fut rédigé dans une ambiance sécuritaire qui rappelle l'hystérie médiatique de la fin des années 90. C'est pourquoi, il est intéressant aujourd'hui de revenir sur ce rapport, d'autant que sa tonalité, du moins au début de celui-ci, allait plutôt à l'encontre d'un sentiment d'insécurité auquel il opposa toute une série de chiffres et d'analyses. De plus, il semble que ce rapport soit à l'origine de la politique de sécurité intérieure mise en oeuvre dès les années 80 et accentuée de nos jours en France. Nous allons d'abord nous livrer à une petite analyse sans prétention de ce rapport, préférant de beaucoup céder à une manie un peu descriptive (C'est un rapport!), et ensuite nous examinerons les conséquences de l'application de certaines de ses recommandations.

  A  -  Le rapport du Comité d'Etudes sur la violence, la criminalité et la délinquance.

    Installé en 1976, le Comité abordait tant les aspects psychologiques et biologiques de la violence que l'urbanisation, l'économie, la protection de la jeunesse et les aspects pénaux et pénitentiaires. Il commanda de nombreuses études sociologiques sur divers points et le rapport général peut impressionner encore aujourd'hui par la profondeur de certaines analyses que tous les amis du président du Comité, à l'étiquette RPR (Rassemblement pour la République, de droite), Alain PEYREFITTE, n'ont pas dû tous apprécier...
   Comme de juste, "l'analyse a donc été centrée sur les comportement de violence générateurs d'insécurité : au premier chef, la criminalité et la délinquance de violence, mais aussi les violences économiques, les violences dans le monde du travail. En revanche ont été exclues en tant que telles, mais considérées dans leurs implications et dans leurs effets, les formes admises (sports violents...); les violences dites légitimes; les guerres; le terrorisme politique.".

    La première partie débute sur l'étude du sentiment d'insécurité lui-même.
Sur ce point le Comité conclue : "Le sentiment d'insécurité se développe dans l'appréhension d'une réalité imprécise. Il s'alimente moins de faits concrets, qu'il ne repose sur une image subjective de la criminalité. une représentation de la société qui tend à se propager. Elle est perçue comme une donnée immédiate de notre temps. Elle reflète partiellement la réalité, mais d'une certaine manière s'y intègre aussi : elle influe à son tour sur les comportements. Pour mieux apprécier la place de la violence dans la société française contemporaine, il importe de se dégager de cette perception première pour approcher autant qu'il est possible la réalité des faits criminels"."
  Aussi, le Comité s'est attaché à approcher objectivement la criminalité... et commença par constater l'insuffisance de l'appareil statistique, raison pour laquelle il a été obligé de commander quantités d'études, qui se retrouvent toutes dans la deuxième partie du rapport.
   Le Comité constate que "la violence contemporaine a (...) pris une forme nouvelle. Par l'insécurité qu'elle suscite, elle possède sa dynamique propre. Elle conduit à surestimer le phénomène criminel. Elle se diffuse de manière contagieuse dans notre société. Devant la pluralité des modes de la violence, l'analyse est sans doute difficile. Elle demeure indispensable." Par diffusion de manière contagieuse dans la société du phénomène criminel, le rapport entend la toxicomanie, l'alcoolisme, le suicide (classés dans les comportements de fuite), les réactions de violence des groupes sociaux qui ont fait des formes habituelles de "dialogue social" dans l'entreprise, la séquestration, la fraude fiscale, les incivilités plus ou moins grave en milieu urbain...
 
   Dans les facteurs d'aggravation, on peut lire l'action des médias, les aléas de la croissance, l'accroissement de la mobilité dans le monde du travail (ce qui pourrait faire réfléchir certains libéraux), la dévalorisation de l'autorité familiale, la peur de la jeunesse, les désillusions de l'euphorie éducative (thème préparant certaines remise en cause de principes éducatifs du modèle français), le danger de perfectionnisme des institutions de socialisation destinées aux jeunes (on voit venir des promesses de réduction de crédits en la matière)... Quand on sort de ces thèmes, on rentre dans les lignes suivantes dans des formulations curieuses du malaise social. La société de consommation, société de convoitise, exalte l'acte de consommer et appauvrit les liens sociaux... par la dilution du sentiment de propriété (dilution qui rend légitime le vol à l'étalage, thème favori des démarques inconnues des grandes surfaces). Et surtout, il existe un "abaissement du seuil de tolérance à l'inégalité" (thème sociologique vraiment intéressant...) et le Comité se plaint du resserrement du lien entre violence et inégalité. Cela pourrait être humoristique s'il n'y avait derrière le regret que l'accroissement des inégalités favorise l'augmentation des luttes sociales, des conflits sociaux. "En présence de ce constat, individus et groupes peuvent être tentés de mettre en cause un statut moral et juridique qu'ils voient ou croient voir bafoué par d'autres : voleur de bicyclettes contre homme d'affaires véreux." On pourrait croire naïvement qu'il s'agit là d'une banale constatation, mais viennent dans le texte du rapport, tout de suite après, des considérations morales, pour que ne s'ouvre pas, devant le spectacle de ces injustices, la "porte à la déraison"!
   Populations entassées, segrégées, anonymes, le constat est clair sur la responsabilité d'un certain urbanisme dans le développement de violences, violences qui sont autant de cris de ceux qu'on ignore, de réponses à ce que le Comité appelle l'appauvrissement du dialogue social à tous les niveaux avec un certain art de la litote.
En d'autres termes, c'est le constat de carences dans la démocratie qui est dressé. Mais on en reste évidemment - ne débordons pas le cadre des compétences du Comité - au "difficile dialogue prévention-répression" pour éviter que la violence dégénère dans les quartiers.
    Le comité  rappelle les insuffisances d'alors de la prévention (présence policière, programmes sociaux d'aide insuffisamment coordonné lorsqu'ils existent). Il dénonce en même temps les "hésitations de la répression", la politique pénale insuffisamment adaptée à l'évolution de la délinquance" et stigmatise le laxisme dans l'application des peines. Quelques lignes seulement sont consacrées au reclassement des condamnés.
   Au fil du texte, le Comité, composé, rappelons-le de professionnels très connus de la sociologie, de la psychiatrie, de la justice, des arts et métiers, de l'urbanisme, oscille entre une approche sécuritaire (appareils de la justice et de la police inadaptés à la nouvelle situation) et une approche sociétale, notamment dans le domaine de l'urbanisme, ce qui donne dans la troisième et dernière partie du rapport des recommandations qui vont de la première logique à la seconde...

   105 recommandation sont émises, regroupées par thèmes :

    Nous reproduisons de façon exhaustive la liste de ces 105 recommandations, car dans la deuxième partie, je m'y référerais pour comparer celles-ci aux politiques suivies par la suite dans la partie 2 de cet article.
              
            Appareil statistique
   1 Assurer une coordination des statistiques judiciaires et des statistiques du Ministère de l'intérieur, pour une utilisation combiné   
    2 Diversifier les rubriques utilisées pour l'établissement des statistiques judiciaires
    3 Publier et diffuser plus régulièrement et rapidement les statistiques de délinquance des mineurs
    4 Etudier la création d'un système de prise en compte des faits délictueux plus fiable
    5 Affiner les statistiques judiciaire par la prise en compte distincte des faits commis par des malades mentaux
              
                Recherches
    6 Poursuivre les recherches sur le coût du crime (tableau de bord économique sur les profits de la délinquance et         évaluation des processus judiciaires)
    7 Réévaluation des crédits consacrés aux études sur la violence, la criminalité et la délinquance
    8 Coordonner ces recherches par la Délégation Générale à la Recherche Scientifique et Technique
    9 Accroître les recherches sociologiques et pénologiques
  10 Soutien prioritaire aux recherches médico-psychologiques
            
                 Urbanisation
  11 Eviter un éparpillement désordonné des constructions à la périphérie des villes, altérant l'environnement
  12 Limiter la population des villes à 200 000 habitants
  13 Favoriser pour cela l'essaimage de la cité
  14 Mettre à l'étude pour cela les mesures pour rendre coûteux la rétention des terrains constructibles, combattre la spéculation foncière (Si si, c'est bien le texte du Comité)
  15 Réduire la taille ds immeubles de grandes dimensions
  16 Favoriser les maisons individuelles
  17 Appliquer une stratégie de construction de villes nouvelles pour pallier l'isolement des premiers habitants
  18 Restructurer les villes existantes pour refaire renaître la notion de quartier
  19 Encourager les habitants à personnaliser leur quartier et décentraliser certains équipements généraux
  20 Doter un même quartier d'activités diversifiées
  21 Encourager la vie associative
  22 Eviter la ségrégation des quartier par âges, revenus et cultures
 23 Faire de la ville un point de rencontre et non un carrefour de solitudes (un lieu d'habitat réel et moins de circulation, de passage, c'est du moins ce que j'ai compris). Installer des zones piétonnes
  24 Favoriser la création d'équipement sommaires (terrains de jeux, d'aventure)
  25 Développer les pistes cyclables
  26 Réserver dans la conception des immeubles les possibilités d'adaptation intérieure
  27 Accroître l'isolation phonique des appartements et des ateliers (problème du bruit, facteur de violence)
  28 Eviter le gigantisme des établissements publics (administrations, hôpitaux, universités...)
          
                 Déculturation
  29 Mesures pour réduire les déracinements culturels  (aménagements du territoire, main d'oeuvre locale, zones de            créations d'emplois locaux, déconcentration de l'activité industrielle)
  30 Etudier les remèdes pour combattre les effets du déracinement
         
                Positions dominantes et Abus
  31 Répression des abus liés à une position dominantes en économie (C'est dans le texte aussi...)
  32 Développer l'arbitrage rapide dans les lieux de travail
  33 Sanctionner l'arbitraire administratif
  34 Remédier aux anomalies de service dans les administrations
  35 Rendre plus difficile l'utilisation abusive de lois sibyllines ou le détournement de textes (cela semble concerner   
     plutôt les administrations, que les assurances ou les serveurs d'internet se rassurent... )
           
                Délinquance
  36 Rendre plus difficile la délinquance astucieuse (moyens de paiement, entreprises-écrans...)
  37 Accroître les risques encourus par le délinquant (répression plus rapide, interdictions professionnelles,                
    amendes plus proportionnalisées au montant des sommes fraudées (texte assez général pour favoriser le        
    relèvement  des amendes pour fraude fiscales ou indélicatesses financières, mais il ne faut pas rêver...)
 38 Donner aux parents des informations éducatives (éléments psycho-sociaux) par voie de radio et de télévision
        (parfois les professionnels de l'éducation rêvent....)
 39 Développer l'économie familiale
 40 Favoriser le temps partiel pour permettre la vie familiale (certains pensaient sans doute au 35 heures véritables)
 
           Mass Media
 41 Etudier les corrélations entre spectacle et violences (Les membres du Comité sont très divisés sur cette question)
 42 Etudier la création d'un comité consultatif, pour chaque chaîne TV, de programmation des émissions.
 43 Accroître le rôle des maires en matière de spectacle public
 44 Limiter l'accès des mineurs à certains établissements

         Alcoolisme et Médecine
 45 Prévenir plus énergiquement l'alcoolisme
 46 Développer le dépistage systématique de l'alcool
 47 Actualiser la loi de 1954 sur les alcooliques dangereux
 48 Mieux informer sur l'alcoolisme en tant que facteur criminogène
 49 Appliquer plus sévèrement les règles de publicité de l'alcool
 50 Compléter la formation des personnels de certaines professions la formation sur les comportements violents
 51 Dispenser aux psychiatres l'enseignement de la pathologie sociale, de la psychiatrie légale et de la criminologie
 52 Informer les praticiens des résultats des recherches en criminologie

          Protection de la jeunesse
 53 Encourager les réalisations spontanées de groupes de jeunes (associations de quartier)
 54 Accroître la participation des jeunes aux choix  et à l'organisation de leurs loisirs
 55 Ouvrir les institutions socio-culturelles aux jeunes
 56 Eviter en matière de sport une politique de sélection systématique
 57 Compléter la formation des éducateurs en prévention spécialisée
 58 Ouvrir le recrutement des éducateur de prévention
 59 Organiser le reclassement et la promotion professionnelle des éducateurs de prévention
 60 Inciter à la constitution d'équipes pluri-disciplinaires de prévention
 61 Favoriser les conventions pédagogiques entre équipes de prévention
 62 Organisation la coordination des services concernés par la prévention
 63 Assurer aux associations de prévention un financement plus souple
 64 Sensibiliser les tribunaux sur la nécessité d'orienter les affaires concernant les mineurs vers le juge des enfants
 65 Développer les services d'orientation éducative près des tribunaux pour les mineurs
 66 Organiser une concertation régulière au niveau du département entre juges pour enfants et représentants de la
        Direction de l'Action Sanitaire et Sociale
 67 Favoriser les mesures d'éducation en milieu ouvert
 68 Limiter là à des interventions ponctuelles l'action de la police et de la gendarmerie en matière de prévention
         individualisée
 69 Doter chaque juridiction de la jeunesse des équipement divers suffisants
 70 Modifier la dénomination des juges qui se consacrent à la protection judiciaire des mineurs (les professionnels
         ne négligent pas les mesures cosmétiques... )
 71 Augmenter les effectifs de juges de la jeunesse et leur formation
 72 Accroître le nombre d'éducateurs
 73 Aménager la scolarité obligatoire, de manière à favoriser l'insertion des élèves les plus défavorisés
 74 Accroître l'intérêt des élèves pour l'enseignement qui leur est dispensé
 75 Réduire les handicaps socio-culturels
 76 Assurer une pré-formation professionnelle adaptée
 77 Autoriser les dérogations exceptionnelles à l'obligation scolaire, pour les élèves qui ne peuvent plus suivre

          Sécurité des édifices
 78 Définir des règles de prévention de la violence lors de la construction des édifices
 79 Renforcer l'éclairage des rues (On se croirait dans un rapport de la fin du XVIIIème siècle, pour devoir faire une
       recommandation de ce type ...)

          Police
 80 Engager une étude  afin de déterminer quels devraient être les effectifs minima des forces de police, pour que les besoins de sécurité des citoyens soient satisfaits
 81 Instituer dans les villes de petits postes de quartiers et recourir à îlotage
 82 Recherche l'efficacité en accroissant les matériels à disposition des services de police
 83 Améliorer les relations entre la police et les citoyens

      Institutions judiciaires
 84 Assurer une meilleure connaissance des institutions par le public
 85 Organiser en liaison avec les Tribunaux d'instance, une mission générale de conciliation pour les petits conflits
       quotidiens
 86 Augmenter les effectifs de la Police Nationale affectés à la police judiciaire
 87 Inciter les procureurs à mieux animer et coordonner l'action de la police judiciaire

      Coopération internationale
 88 Renforcer la coopération internationale en matière de prévention et de la lutte contre la grande criminalité
 89 Procéder à l'étude des circuits criminels (blanchiment... )

       Système pénal
 90 Promouvoir les peines de substitution à la prison
 91 Accroître la possibilité pour les tribunaux de moduler les peines en fonction des situations de fortune
 92 Permettre aux tribunaux de prononcer l'interdiction de détenir une arme
 93 Permettre aux tribunaux de prononcer des peines éducatives pour les jeunes adultes
 94 Moderniser le régime des incriminations pénales (refonte du code pénal)
 95 Etude d'une diversification des qualifications délictuelles

         Expertise
 96 Donner à l'expertise mentale toute sa valeur et son efficacité. (Ne souriez pas, l'affaire d'Outreau n'a pas encore
          eu lieu)
 97 Elargir le champ des expertises à tous les cas graves d'infractions de violence
 98 Moderniser les conditions techniques de l'expertise

      Application des peines
  99 Réformer les conditions de libération conditionnelle pour les condamnations à lourde peine
100 Augmenter le nombre des juges de l'application des peines  (Arrêtez de rire, c'est une affaire sérieuse, et la
         recommandation est bonne en soi, même si elle est régulièrement faire depuis plus de cent ans... )
101 Aménager le régime des permissions
102 Créer des établissements pénitentiaires de faibles dimensions

     Peine de mort
103 Abolition de la peine de mort, et son remplacement par une peine de sûreté

    Institutions
104 Créer à l'échelon national un organisme permanent chargé de coordonner l'action des diverses institutions chargés de missions de prévention de la délinquance et de la violence
105 Créer un organisme départemental décentralisé

   Réponses à la violence, Rapport général du Comité d'études sur la violence, la criminalité et la délinquance, présidée par Alain PEYREFITTE, Presses Pocket, 1977.

                                                                                                          SOCIUS


 
 
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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 13:29
     Au début, je croyais qu'un contable, c'est quelqu'un qui racontait des histoires, des contes à dormir debout.
     Ensuite, j'ai pensé que les comtables (les rapprochant des comtes)  étaient plutôt des gens très proches du pouvoir, si proches qu'on leur filait le titre de comte, la particule.
    Ce n'est que plus tard que j'ai compris que les comptables faisaient tout simplement des règlements de comptes.
   Et en affinant mon enquête, finalement ils faisaient simplement des comptes avec des chiffres et non pas avec des révolvers, quoique le résultat est parfois aussi probant.
    Mais réflexion faite, dans notre monde plein de chiffres, ce serait plutôt des personnages qui racontent des histoires, avec plein de chiffres au lieu de mots ou d'armes, permettant de régler certains comptes dans les sphères du pouvoir... et par ces comptes, départageant (de manière souvent très fictives) les acteurs des différents rapports de force, avec autour de leur activité un respect qui frise celui qu'on avait auparavant pour les actes religieux...
   Et les experts comptables sont vraiment des experts quand il s'agit de raconter des histoires chiffrées. Car s'ils ont des comptes à régler, c'est souvent avec... la réalité!
 
   Ce qui précède provient d'un comptable.
   C'est tout dire le degré de considération que peut atteindre ce métier.
   L'occasion de fréquenter des experts-comptables, de réfléchir sur le fond sur la pratique de ce métier (des approximations transformées en exactitudes, des compromis passés avec les clients entre intérêts des actionnaires et intérêt fiscal et des transformations, parfois très curieuses,  dans les procédures de comptabilisation sans compter l'idéologie forte qui traverse tout le système comptable, mettant au premier plan le capital financier au détriment du capital humain, le point de vue du dirigeant de l'entreprise au détriment des associés ou salariés...), de constater bien des présentations fallacieuses de comptes, provoque une certaine répulsion.
   Il faut dire que l'invasion des considérations financières dans la vie quotidienne des gens et des organisations a de quoi remettre en question bien des sympathies antérieures. Après tout, on peut avoir aimé ce métier...
   Certes, il faut bien compter pour bien dépenser et bien gagner de l'argent. Mais il ne s'agit absolument plus de cela. Il s'agit de faire passer d'abord les flux financiers avant même les objectifs premiers des entreprises, qui est de produire des biens et services. On ne parlera pas des associations à qui l'on veut faire épouser l'idéologie et les pratiques de ce que sont devenus les entreprises... On en arrive à des absurdités telles que les comptes sont apurés, la situation financière brillante, et plus aucun bien et service valables produits!
 
   Ceux qui pensent que ce qui précède n'est pas très sérieux devrait réfléchir (cela a beau vouloir être humoristique, ce n'en est pas moins très sérieux...) à l'étrange voisinage entre les verbes compter et conter. Si étrange que Bernard COLASSE, auteur d'un Dictionnaire de comptabilité (La Découverte, 2015) y consacre une rubrique. "Comme le mot comptable, écrit-il, le verbe "compter" est dérivé du latin computare (calculer, mettre dans un compte, faire les comptes) : compter l'entreprise, c'est la mettre en comptes. Computare a également donné naissance à "conter", qui signifie aujourd'hui narrer, raconter, relater...
Les verbes compter et conter restent cependant étrangement voisins : on compte l'entreprise pour faire rapport dessus, pour la conter, et il arrive aussi que les comptes d'une entreprises soient des contes... On parlera encore longtemps des "comptes de fées" d'Enro, de Vivendi, de Worldcom ou de Parmalat.
De computare et "compter" viennent aussi le verbe "comptabiliser" (enregistrer), le substantif "comptabilisation", son antonyme "décomptabiliser" (action de sortir de la comptabilité un actif ou un passy), le lourd adverbe "comptablement" (en comptabilité), et bien sûr, compte et comptabilité." 
Bien entendu, pas d'analogie avec le comte ni la comtesse, mais on n'arrête pas le progrès!
 
Modifié le 4 novembre 2013
Modifié le 31 janvier 2016
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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 14:40
       Les hommes sont individuellement et collectivement jetés sur les routes de l'histoire, au milieu de conflits qui existaient bien avant eux et qui existeront longtemps après eux.
         Dans l'antiquité comme dans le temps que les contemporains appellent modernes, en espérant toujours un renouveau de la vie de l'humanité, les trois questions raciale, nationale et sociale se sont trouvées inextricablement liées dans la vie quotidienne comme dans les grandes occasions historiques. Et dans l'esprit de ces hommes et de ces femmes, des conflits réels se sont trouvés occultés par des conflits imaginaires, autant de thèmes de fixation de l'émotion collective. Que l'on songe aux contes de l'antiquité où les hommes doivent se concilier constamment des puissances surnaturelles au point d'y consacrer du temps et de l'espace, que l'on songe aussi aux religions "modernes" qui accaparent également encore l'esprit de millions d'êtres humains. Se concilier les forces d'en haut pour qu'elles n'entrent pas en conflit avec les hommes, s'en faire des alliés dans les actions de tous les jours comme sur les champs de bataille, a polarisé l'attention d'une infinité de fidèles de tout bord. Déclarer l'alliance avec un dieu, c'est déclarer la guerre à d'autres dieux, et cela prend de l'énergie, du temps et de l'intelligence... Déclarer la guerre à Satan, c'est aussi déclarer la guerre à ses serviteurs sur Terre, et on connaît l'ampleur des luttes religieuses qui ne sont pas encore terminées de nos jours. Les pensées et les actions sont tellement prises par ces conflits imaginaires transformés par l'épée et la bombe en conflits réels, que les hommes en oublient les véritables différends qui agissent en profondeur.
       Etablir une Eglise, une Communauté sur la base de prophéties et de croyances au surnaturel, d'espoirs de vie dans l'au-delà, cimenter la vie des hommes qui vivent les uns à côté des autres, les prochains comme disent certains, pour qu'ils ne tombent pas dans la violence de leurs divisions, de leurs véritables conflits est sans doute la facette positive d'institutions spirituelles qui par ailleurs font perdurer les injustices et les privilèges économiques et politiques. L'illusion religieuse - fondée sur ce que les hommes ne connaissent pas et craignent - permet de faire perdurer des situations en ne posant pas les questions sexuelle et sociale.
     La division de l'humanité en deux parties, la division du monde en inférieurs et en supérieurs ont été toujours justifiées par l'invocation des puissances d'en haut avant d'être jugées naturelles. Encore aujourd'hui, la femme demeure la seconde dans maintes parties du monde et les systèmes de castes régentent toujours d'immenses territoires.
        
         La croissance de la population, sa densification, a transformé les tribus rachitiques d'autrefois en ensembles très grands, posant des problèmes d'identité de plus en plus larges, que les royautés - même de droit divin - ne pouvaient résoudre. Des nations forment aujourd'hui des ensembles identitaires par excellence, la religion,  battue en brèche par l'esprit scientifique ne pouvant plus assumer le poids de service de l'unité et de la coopération entre gens nés dans ces ensembles trop vastes. La question nationale a donc occupé les esprits, pour ne pas s'occuper de la question sexuelle et de la question sociale, dont les solutions risquaient de mettre en cause tout l'édifice social et mental.
   Mais comme l'extension des découvertes des peuples conquérants les font occuper les espaces habités par d'autres peuples jusque là éloignés, ils découvrent ces peuples aux caractéristiques apparentes différentes, et ils y trouvent d'ailleurs des moyens de s'enrichir davantage que par leur propre travail, par leur mise en esclavage ou mise en tutelle. L'esclavage existait déjà mais de façon "artisanale" et limitée.
Ces contacts mettent au jour la question raciale, qu'habillent les possédants et les puissants entre leurs peuples et ces peuples qu'ils exploitent largement. Cette question finit par occuper d'autant plus l'esprit que les contacts entre populations différentes se font plus fréquents et plus rapprochés. la question raciale peut prendre le relais de la question nationale et de la religion pour, encore une fois, mettre de côté les questions sexuelle et sociale. Quoi de plus "naturel" de se sentir plus proche entre gens de couleur semblable, même s'ils s'exploitent dans la réalité entre eux, et de dresser des barrières entre des gens de couleur différente.

        L'existence des questions nationale et raciale constitue un vrai pain béni pour les individus et classes sociales qui bénéficient des positions sociales dominantes (riches souvent), en ce sens qu'au lieu de se poser la question de l'amélioration de leurs conditions économiques, les individus et les classes sociales dominés (pauvres souvent), restent polarisés par les menaces orchestrées et mises en scène, des autres nations et des autres races. Non que les questions  nationale et raciale n'existent pas, mais parce que les termes de ces deux questions sont dans l'esprit de presque tous fondés sur des aspects imaginaires.
    L'imbrication des réalités (exploitation des Noirs - et des Indiens - par les Blancs, exploitation des petites nations par les grandes...) et des illusions (souillure fondamentale de la noirceur de la peau, différences fondamentales entre Français et Allemands...) rendent les conflits sociaux et nationaux d'autant plus intenses que les questions sont mal posées. Il n'est que de voir la question raciale aux Etats-Unis où la guerre de Sécession a tranché une question mal posée de l'esclavage (Et aujourd'hui d'ailleurs l'accession possible d'un Noir à la présidence risque de faire croire que l'on résout la question raciale et de faire oublier une fois de plus la question sociale). Deux guerres mondiales en Europe n'ont pas suffit apparemment pour que les questions nationales illusoires (battues en brêche par les réalités économiques)  soient réglées, car l'on n'a pas réglé précisément les questions sociales, ne serait-ce que l'écart croissant entre niveaux de vie des riches et des pauvres. Car ceux qui font l'opinion continuent de raisonner et de faire raisonner comme si les plombiers polonais menaçent les plombiers français alors que les agissements bancaires français les menacent bien plus.

       En réalité, c'est lorsqu'on commence à s'attaquer à la solution des questions sexuelle et sociale que l'on commence enfin à changer le cours de l'humanité. L'émancipation des femmes a des répercussions sur le statut des femmes noires par rapport aux femmes blanches et l'organisation des forces ouvrières à l'échelon européen met en cause les distinctions nationales sur le continent. La solution des questions sociale en particulier font découvrir la véritable nature des questions raciale et nationale, qui deviennent d'anciennes illusions, tout comme les solutions nationales avaient détruits les illusions religieuses.
      La mise en avant des réalités, la mise en veilleuse des terreurs ancestrales provoquent, de proche en proche, l'ébranlement de tous les édifices sociaux fondés sur les inégalités de sexe, de "race" et de "nationalité".

                                                                                                                            GIL
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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 14:15
        Otto RANK, une psychanalyse de la volonté et du conscient
               Cofondateur de l'Association Psychanalytique Internationale, véritable compagnon intellectuel et administratif de Sigmund FREUD dès 1906, Otto RANK (1884-1939) rompt avec l'orthodoxie qui s'établit (1924) sur la question de l'expérience consciente de l'individu. Avec "Le traumatisme de la naissance" (1924), il insiste sur l'expérience de l'individu confronté brutalement dès sa naissance à la réalité extérieure, avec ce qu'un tel changement compte de violence et de modifications énergétiques.
Alors que les freudiens classiques travaillent sur l'inconscient et les relations avec le père dans l'établissement d'une relation d'objet, Otto RANK place beaucoup plus tôt la formation d'une telle relation d'objet, à travers la mère. De plus, dans la cure, il opte pour une relation plus égalitaire entre le thérapeute et le patient (faisant de la fin de l'analyse, le moment du développement indépendant, à à l'inverse des analyses interminables). L'objectif est de faire revivre le traumatisme originel pour en tirer une conscience et une volonté d'agir ici et maintenant. Par là, il influence encore aujourd'hui la manière d'effectuer les thérapies psychanalytiques. Par ailleurs, ses nombreux écrits sur l'art, la poésie (Le motif de l'inceste dans "Poésie et Légende", 1912), contribuent à l'intelligence du mythe, de la religion et de l'éthique. La confrontation dès la naissance de l'individu à son milieu et les conflits qu'elle engendre se traduit également dans ces mythes et ces légendes.

   Otto RANK, Le traumatisme de la naissance, Influence  de la vie prénatale sur l'évolution de la vie psychique individuelle et collective, 1924 (Petite Bibliothèque Payot, 1928).


      Georg GRODDECK, une psychanalyse psychosomatique
           Médecin, pratiquant l'hydrothérapie, les massages et la suggestion, Georg GRODDECK (1866-1934), bien qu'admis dans la société psychanalytique de Vienne en 1920, ne s'y intègre pas. Il poursuit des recherches personnelles, tout en s'engageant dans les mouvements syndicaux, plus parfois romantiques que scientifiques, sur les relations entre le corps et l'esprit, entre les troubles somatiques et les processus psychiques inconscients. Il dialogue constamment avec Sigmund FREUD, notamment lors de la publication du "Livre sur le ça" en 1923, poussant ce dernier à approfondir ses conceptions du ça et du Moi. L'inconscient a une influence considérable sur la santé du patient ("Il n'y a pas de maladie qui n'ait sa cause première dans la pulsion sexuelle, et le combat avec cette pulsion) et il amorce le mouvement des multiples thérapies psychosomatiques d'aujourd'hui, notamment en France.
  Georg GRODDECK, tout en refusant de fonder une école ("Les disciples aiment que leur maître reste immobile, tandis que je prends pour un imbécile celui qui souhaiterait que je dise demain la même chose qu'hier"), trouve toujours par ses textes rédigés de manière vraiment inhabituelle, un public attaché à la mise en oeuvre d'une thérapie globale efficace des maladies somatiques.

    Georg GRODDECK, Détermination psychique et Traitement des affections organiques, 1917; Le livre du ça, 1923 (Gallimard, 1963).

                                                                                            PSYCHUS
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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 15:49
     A consulter d'emblée au terme Conflit les dictionnaires d'économie, on pourrait penser que le conflit économique n'existe pas... Ni l'"Economie" de SAMUELSON-NORDHAUS, ni l'"Encyclopédie économique" de GREFFE-MAIRESSE-REIFFERS, ni le "Dictionnaire économique et social" de Thomas SUAVET, ni même le "Dictionnaire critique du marxisme" de LABICA-BENSUSSAN ne proposent d'entrée "Conflit".
  
     Il faut pour trouver quelque chose qui y ressemble dans l'"Encyclopédie économique" passer au chapitre 7, "Gestion et économie" pour tomber sur "Les origines du mauvais procès intenté à l'économie", au chapitre 16, "Fondements micro-économiques de la macro-économie", au chapitre 18, "Théories de la valeur" (et encore...), au chapitre 21, "Marchés et concurrence imparfaite" et enfin au chapitre 35 "Relations du travail". Les relations et conflits du travail, y est-il écrit, "posent à la pensée économique un défi permanent, pour deux raisons sans doute fortement liées. La première est que les mouvements ouvriers et les processus de syndicalisation sont indissociables des critiques de l'économie politique et du capitalisme développés depuis la Révolution industrielle (...) La seconde tient à la nécessité de prendre en compte de multiples dimensions, juridiques, sociales, institutionnelles, politiques, etc, dans l'analyse ."
    Dans  le "Dictionnaire économique et social", on y trouve des modalités de ces conflits du travail : grève, boycottage, et aussi lutte des classes, conscience de classe.
    Dans "Economie", il faut aller au chapitre 32 pour y trouver quand même, après bien des exposés sur les marchés et les lois de l'offre et de la demande, "Le conflit des écoles de pensée en macro-économie". Sont alors cités la tradition classique et la révolution keynésienne, l'approche monétariste, la nouvelle macro-économie classique et l'ultra-classicisme de l'économie de l'offre. Il suffit de consulter le livre d'ALBERTINI-SILEM, "Comprendre les théories économiques" où sont détaillés les courants "des fils" de KEYNES, de SMITH, de MARX et de SCHUMPETER pour en mesurer toute la partialité. Une chose au moins est assurée : il existe un conflit entre divers courants de la pensée économique!

     Ces trois ouvrages possèdent en commun de développer - parfois très longuement - la question de la concurrence entre les entreprises, branches d'entreprises, circuits économiques... Il s'agit là de conflits entre entrepreneurs, indirects, par l'intermédiaire des consommateurs de leurs biens et services, qu'ils tentent de d'accaparer, qui évoluent dans un monde soumis à des "lois" du marché.
A en croire certains auteurs, si ces "lois" n'empêchent par les crises économiques de tout genre de revenir régulièrement dans le temps, c'est que la concurrence est imparfaite, faussée selon SAMUELSON-NORDHAUS par des interventions des puissances publiques, par l'action des organisations syndicales, par la formation de monopoles et d'oligopoles... Cette tonalité se retrouve dans "Encyclopédie économique" où l'on insiste un peu plus sur les différents régimes de concurrence et sur l'information imparfaite des acteurs du marché. La planification y est vue sous un angle un peu plus favorable également.

        Le "Dictionnaire critique du marxisme" présente lui aussi le concept de concurrence pour l'attaquer dans ses fondements. C'est là que l'on trouve une analyse détaillée de la question des monopoles, et beaucoup plus largement, des rapports de production, non seulement entre les entreprises ou branches d'entreprises, mais surtout entre les salariés et les propriétaires des moyens de production. C'est à partir de ces rapports de production que s'élaborent les rapports de force entre classes sociales et les luttes de classes. Ces relations économiques sur déterminent les rapports sociaux. Les conflits économiques sont les premiers des conflits, même s'ils sont camouflés par toute une idéologie et noyés dans ce que Karl MARX appelle le fétichisme (l'apparence de la marchandises - par la monnaie notamment - inhérente aux rapports de production marchande).

      Alors que la plupart des économistes traitent des conflits économiques - sans les nommer - entre entreprises (concurrence) en minorant les conflits entre entrepreneurs et salariés, l'ensemble des écoles marxistes placent en premier plan ces derniers. L'économie commande la vie sociale, la base des conditions de l'existence des humains et il ne faut pas s'étonner si, à l'origine de presque toutes les guerres et insurrections se trouvent des causes économiques. loin de pouvoir se dissoudre dans des formules mathématiques, le conflit en économie mène toujours le monde. Lorsqu'on veut changer une société, on est forcément obligé de changer son économie.

      Sous la direction de Xavier GREFFE, Jacques MAIRESSE, Jean-Luc REIFFERS, Encyclopédie économique, Economica, 1990; Paul SAMUELSON et William NORDHAUS, Economie, seizième édition, Economica, 2000; Thomas SUAVET, Dictionnaire économique et social, Economie et Humanisme/Les éditions ouvrières, 1971; Georges LABICA et Gérard BENSUSSAN, Dictionnaire critique du marxisme, 1999; Jean-Marie ALBERTINI et Ahmed SILEM, Comprendre les théories économiques, Editions du Seuil, 2001.
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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 15:00
          Jacques LACAN, la psychanalyse du symbolique, de l'imaginaire et du réel.
               Débutant en 1932 par une thèse sur "De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité" lors de ses études de médecine dans les milieux psychiatriques, Jacques LACAN (1901-1981) se fait surtout connaître en 1936 au XIVème congrès de psychanalyse par une communication sur "le stade du miroir".
 C'est surtout une réflexion sur deux concepts, celui de corps propre (emprunté à Henri WALLON) désignant l'intution de l'unité de sa personne par le bébé, et celui de représentation, l'image dans le miroir. C'est une première différence entre le Je, celui qui voit son image et qui s'y identifie et le Moi, l'image à laquelle l'enfant s'identifie. Le processus d'identification est une tension entre un Je (sujet de l'inconscient) et un Moi toujours social, posé dans l'ordre de la logique et dans l'ordre social. Le stade du miroir, c'est donc l'aliénation active du sujet à une image, image qui ne peut servir à ce processus que si elle est reconnue à la fois comme artificielle par l'enfant et désignée comme représentation adéquate par l'adulte.
  Mû par la volonté de revenir à un réel freudisme, Jacques LACAN inaugure donc en 1936 cette triade qui différencie castration (Symbolique), frustration (Imaginaire) et privation (Réel). En 1953, il la fonde sur le structuralisme (de Claude LEVI-STRAUSS), l'inconscient étant structuré comme un langage, l'analyste devant représenter sans cesse chez le psychanalysé le lapsus et autres tournures révélateurs de la personnalité. Les ruptures dans le monde psychanalytique français sont plus le fait de divergences sur la conception même de la cure (de sa longueur, de sa fréquence, de sa signification pour l'analysé et l'analyseur... ) et sur les fondements de la compétence du psychanalyste (médecin ou pas) que sur les orientations doctrinales et sur la théorie lacanienne. En 1953 comme en 1964, deux associations psychanalystes hostiles l'une à l'autre se forment. En fin de compte lorsque Jacques LACAN fonde en 1964 l'Ecole Freudienne de Paris, il apparaît bien isolé. Il l'est encore plus après une autre scission qui donne naissance au Quatrième Groupe en 1969.
  Par ces "Ecrits" en 1966 où il rassemble l'essentiel de ses articles, il conquiert un public important qui croît avec ses "Séminaires" (1969-1980), commencés dans l'ambiance de la contestation étudiante (Université de Vincennes, Paris 8). Même si le style de ses oeuvres (non exemptes d'utilisations abusives et contestées des mathématiques) rebute, Jacques LACAN élabore une pensée qui peut être définie comme une théorie structurale du désir et du langage qui est  très débattue dans beaucoup de milieux intellectuels. Ses textes marquent son époque et encore la nôtre, dans un constant effort de conceptualisation. Sa tentative de donner un fondement théorique à la parole de l'analysant qui institue un transfert et constitue ainsi l'Autre comme analyste marque une étape importante dans l'établissement de la psychanalyse comme véritable science de l'inconscient. Le face à face, souvent conflictuel, de la cure s'en trouve éclairci.

   Jacques LACAN, Ecrits, Editions du seuil, 1966. Les textes des Séminaires sont disponibles sur Internet, dans divers sites.


           Wilhelm REICH, une psychanalyse de l'énergie sexuelle
                  De formation médicale, admis en 1919 à la Société psychanalytique, dirigeant de la polyclinique, fondée par Sigmund FREUD, de 1922 à 1930, Wilhelm REICH (1897-1957) mène tujours de front activités soignantes et activités politiques. Membre du Parti Communiste Allemand, il ne cesse de se dépenser au service des ouvriers. Très tôt contre Sigmund FREUD et une certaine orthodoxie psychanalytique, qui recourent à l'hypothèse de la pulsion de Mort dans l'élaboration de la théorie, il soutient que la misère sexuelle est liée fondamentalement à l'aliénation économique et sociale. Dès 1927 ("La fonction de l'orgasme") jusqu'en 1935 ("L'irruption de la morale sexuelle", "La psychologie de masse du fascisme"), il lutte pour la libération sexuelle. En Suède (Revue de psychologie politique et d'économie sexuelle - Sexpol) depuis son exclusion de l'Association Psychanalytique Internationale en 1934, puis aux Etats-Unis (Maine) dès 1939.
       Marxiste jusqu'au bout, Wilhelm REICH veut promouvoir l'analyse et le traitement de ce qu'il appelle "la peste émotionnelle" qui engendre en nombre des êtres pourvues d'une "cuirasse caractérielle" qui les empêchent de mener une vie épanouie (qui déclenche des cancers) et qui les fait participer à leur propre oppression (développement de personnalités autoritaires). Il pratique la végétothérapie, expérimente à tour de bras sur l'"orgone", cette énergie vitale biologique spécifique qui agit de la cellule au cosmos dont il veut établir l'existence, publie énormément ("La révolution sexuelle", "L'éther, Dieu et le Diable", "La superposition cosmique"). Son influence est considérable, surtout sur les thèses de la libération sexuelle et la révolution sociale, plus que sur ses recherches "biologiques". Dans les années 60 et 70, il fait partie des auteurs les plus lus dans la jeunesse contestataire et des courants socio-psychanalytiques se forment, s'inspirant de ses travaux européens.
   Même si ses visions sur l'énergie cosmique soulèvent plus d'objections que d'adhésions, notamment parce que globale, trop globale, elles négligent le travail de mise en relation et d'articulation intermédiaires entre la cellule et le cosmos, entre le corps et le corps social, l'apport de Wilhelm REICH va bien au-delà de la psychanalyse et suscite encore aujourd'hui de nombreuses recherches et de nombreux combats.

 Wilhelm REICH, L'irruption de la morale sexuelle, 1932 (Petite Bibliothèque Payot, 1972); La lutte sexuelle des jeunes, 1932 (François Maspéro, Petite Collection Maspéro, 1972); La psychologie de masse du fascisme, 1933 (PBP, 1972); L'analyse caractérielle, 1933 (Payot, 1973); La fonction de l'orgasme (texte autobiographique), 1947 (L'Arche éditeur, 1952); La révolution sexuelle, 1948 (Union Générale d'Editions, 10/18, 1971); La superposition cosmique, 1953 (PBP, 1999). Roger DADOUN, Cent fleurs pour Wilhelm REICH, PBP, 1975.


                                                                                            PSYCHUS

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 15:53
        Le mot Conflit n'apparaît pas dans le "Dictionnaire de biologie" de LENDER-DELAVAULT-LE MOIGNE de 1979 (PUF), pas plus que dans plusieurs autres dictionnaires de biologie plus récents (celui de Jacques BERTHET, De BOECK, 2005 par exemple).
    Toutefois, une problématique conflictuelle figure bien lorsque sont décrites les bactéries, virus et autres pathogènes pour le corps humain, comme lorsque est détaillé le fonctionnement du système immunitaire. Il s'agit de l'action d'un "ensemble de tissus lymphoïdes assurant par des réactions immunologiques la protection d'un organisme contre toute intrusion de substance organique étrangère dans son milieu intérieur. Ce sont : la moelle osseuse, organe hématopoiétique, à l'origine des érythrocytes, des leucocytes polynucléaires, des plaquettes sanguines et des lymphocytes ; le thymus où se différencient les lymphocytes T ; la rate, les ganglions lymphatiques, les nodules lymphoides des muqueuses où les cellules provenant du thymus et de la moelle entrent en contact avec les antigènes, ce qui entraîne les réactions de l'immunité cellulaire et humorale ; le sang et la lymphe qui transportent les antigènes et les anticorps. Les cellules immunologiquement compétentes amplifient ces phénomènes de défense immunitaire".
"L'immunologie", dit le même dictionaire, "est la science qui étudie les différents aspects des réactions immuniaires qui permettent à un organisme de reconnaitre et de réagir contre un autre organisme vivant (bactérie, virus, tissu greffé) en contact avec son milieu intérieur. Elle étudie les mécanismes d'apparition et les conséquences des réactions immunitaires."
  Idem pour "l'Atlas de biologie" de Gunter VOGEL et d'Hartmunt ANGRMANN, où se trouve décrit le système biologique de défense. Gardons à l'esprit que si l'on peut parler de réactions de défense d'un organisme, ce sont justement des réactions automatiques, d'une cascade de séquences biochimiques et neurobiochimiques qui se déplient en présence de corps étrangers, il faut se garder de parler de Conflit au sens strict qui implique la notion d'intentionnalité et possède une dimension d'enjeu. Or, s'il existe un enjeu, celui de garder ne vie l'organisme, les virus et les bactéries ne sont pas les soldats d'une armée qui opère en vue d'objectifs à plus ou moins longs termes. Si ces dernières lignes sont écrites, c'est pour ne pas tomber dans une certaine imprudence intellectuelle, car si le monde des humains est effectivement conflictuel, ils ont tendance à percevoir l'univers entier comme conflictuel. En même temps, si l'on regarde au microscope électronique une lamelle sur laquelle on dépose un liquide quelconque (de la salive par exemple), que voit-on? Une véritable bataille entre micro-organismes qui ne laissent sur le terrain que des vainqueurs affaiblis et des cadavres, des organismes décomposés en leurs plus simples éléments inanimés.
  
  Tout en se gardant donc de tout anthropomorphisme dans ce domaine, que ce soit pour des organismes monocellulaires ou pour des organismes multicellulaires (végétaux, animaux, humain), Henri LABORIT  a développé toute une "nouvelle grille", basée sur ses travaux sur la "réaction organique à l'agression". Son approche sur les mécanismes complexes à l'oeuvre chez les êtres vivants établit un continuum entre les divers comportements réactifs aux agressions, qu'ils soient physiques ou sociaux.

   Versant souvent par contre dans un anthropomorphisme populaire, Jean-Marie PELT a écrit beaucoup d'ouvrages, dont le moindre sur le conflit en biologie n'est pas "La loi de la jungle", où la guerre fait rage, même chez les plantes.

  Théodore LENDER, Robert DELAVAULT, Albert LE MOIGNE, Dictionnaire de biologie, PUF, 1979 ; Gunther VOGEL et Hartmunt ANGERMANN, Atlas de biologie, le livre de poche, 2005 ;  Henri LABORIT, Biologie et structure, Gallimard, collection idées, 1968 ; La nouvelle grille, Robert Laffont, collection "Libertés 2000", 1981 ; Jean-Marie PELT et Franck STEFFA, La loi de la jungle, Fayard, 2003.


  
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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 14:28
       Anna FREUD, la psychanalyse clinique des enfants
              Alors que son père, Sigmund FREUD, pratique très peu la psychanalyse d'enfants, Anna FREUD (1895-1982) y passe une très grande partie de son travail.
 Installée en 1938 en Angleterre, elle se consacre aux services de l'éducation et de l'entraide aux enfants victimes de la  guerre, tant directement vers les enfants eux-mêmes, que vers les éducateurs et les enseignants envers lesquels elle a une grande influence.
 Dès son premier livre de 1936, "le Moi et les Mécanismes de défense" où elle fut la première à établir une distinction entre les défenses reconnues comme des motions pulsionnelles dérivées et les défenses contre les affects douloureux. Comme dans "Le Normal et le Pathologique chez l'enfant" en 1965, elle développe une psychanalyse des enfants différence de la psychanalyse des adultes, tellement le champ des troubles infantiles déborde les catégories traditionnelles de névrose, psychose et perversion. Toujours tendue vers les perspectives thérapeutiques, sa psychanalyse veut se servir des potentialités de l'enfant afin de lui permettre d'exprimer harmonieusement sa libido et son agressivité et d'atténuer les tendances destructrices induites par des environnements défavorables. Contrairement à Mélanie KLEIN et à son courant auquel elle s'oppose frontalement dès 1941, Anna FREUD pense que les rêves des enfants ne sont pas sources d'association sur lesquelles on pourrait agir. Le jeu et le dessin, simples matériels d'observation, ne sont pas directement interprétables. Comme l'enfant n'est pas considéré comme capable d'avoir conscience de sa souffrance, il est nécessaire d'établir une séduction active et délibérée de l'analyste, en s'appuyant sur les soignants et les parents. Il ne peut y avoir de transfert au cours de l'analyse, contrairement à ce que pense Mélanie KLEIN, et l'analyste ne peut venir qu'en plus et non en place des parents. Tant sur le plan clinique que sur le plan théorique, il faut suivre l'évolution des mécanismes de défense du Moi de l'enfant pendant tout son développement.

   Anna FREUD, Le MoI et les Mécanismes de défense, 1936 (PUF, 1946); Les Conférences d'Harward, 1952 (PUF, 1994); Initiation à la psychanalyse pour éducateurs, 1956 (Privat, 1968); Le Normal et le Pathologique chez l'enfant, 1965 (Gallimard, 1968).


   Mélanie KLEIN, la psychanalyse des enfants
         Formée surtout par Sandor FERENCZI qui s'intéresse alors beaucoup au cas du "petit Hans" en 1914, Mélanie KLEIN (1882-1960) s'établit très tôt à Londres (1925) et entreprend la construction d'une théorie psychanalytique un peu différente de celle de Sigmund FREUD, quoiqu'elle est toujours d'accord avec lui sur la pulsion de Mort. Les stades du développement libidinal ne sont pas rigoureusement programmé dans le temps mais se recouvrent parfois. L'Oedipe, que Sigmund FREUD plaçait tardivement, est à l'oeuvre beaucoup plus tôt, lors des stades archaïques et dépend autant des pulsions orales et anales que des pulsions génitales. Le SurMoi le précède probablement et sous une forme très sévère. Ses modèles de l'angoisse, des défenses et des relations, ses descriptions des positions dépressives et schizo-paranoïdes provoquent des controverses si importantes que deux sociétés psychanalytiques opposées voient le jour en Angleterre. Les descriptions fantasmatiques souvent crues qu'elle fait dans "La psychanalyse des enfants" (1932) font de l'amour et de la haine de véritables protagonistes d'une guerre interne chez l'enfant. L'effort que l'enfant désireux de contrôler ses pulsions destructrices, anthropophages, cannibales, doit faire pour s'intégrer dans des relations saines avec les parents et les autres, doit être soutenu par une cure serrée favorisant le transfert affectif vers l'analyste, à travers l'interprétation fine des rêves et des jeux. La plupart des psychanalyste aujourd'hui, sans être kleiniens au sens strict, admettent ses théories.

  Mélanie KLEIN, Essais de psychanalyse, série de conférences de 1923 à 1945, publié en 1947 (Payot, 1968); La psychanalyse des enfants, 1932 (PUF, 1959). Mélanie KLEIN et Joan RIVIERE, L'amour et la haine, le besoin de réparation, 1968, Petite Bibliothèque Payot. KLEIN, HEIMAN, ISAACS et RIVIERE, Développements de la psychanalyse, 1952 (PUF, Quadrige, 2001; première édition 1966).

                                                                                        PSYCHUS
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