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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 13:33
      Au mot Conflit,  Le "Dictionnaire de l'ethnologie et de l'anthropologie" publié au PUF (Collection Quadrige, 2002) sous la direction, notamment, de Pierre BONTE et de Michel IZARD,  renvoie immédiatement à Max GLUCKMAN.
     Celui-ci, anthropologue britannique (1911-1975) a étudié sur le terrain de nombreuses peuplades, dont les Zulu (Afrique du Sud), les Lozi du Barotseland, les Tonga et les Lamba. Il a publié de nombreux ouvrages comme "Custom and Conflict in Africa" (1956) ou "Order and Rebellion in tribal Africa" (1963). Le conflit, pour Max GLUCKMAN, loin de menacer l'unité du corps social, permet l'intégrité même de celui-ci. "Un conflit et son mode de résolution peuvent faire l'objet d'une mise en scène rituelle qui, dans le même temps, libère l'expression d'une rébellion contre l'ordre social et le résorbe".
     Visiblement, et on le comprend, tellement les études des sociétés dites primitives ont fait l'objet de batailles rageuses (allant jusqu'à la falsification de résultats d'études sur le terrain) entre différents auteurs, les coordonnateurs de ce Dictionnaire ne se sont pas hasardés définir le conflit.
    Faute de consensus sur une définition sur cette discipline aux frontières extrêmement mouvantes, on rappelera simplement ici différentes facettes qui sont autant de renvois à partir du mot conflit.
La guerre (ses origines, ses modalités ancestrales), les structures de parenté et leurs système de répression sociale, notamment sur la prohibition de l'inceste, les relations conflictuelles de l'économie du don et du contre-don, la chasse (chasseurs-cueilleurs nomades et agriculteurs sédentaires), et les inégalités entre sociétés, constituent autant de thèmes beaucoup étudiés par les anthropologues et les ethnologues.

    

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 12:43

  La sociologie compréhensive

Max WEBER (1864-1920), père de la sociologie compréhensive, à partir d'une critique de l'illusion positiviste à la manière d'Auguste COMTE qui veut figer l'organisation sociale idéale à l'aide de concepts de la causalité qui ne sont que des idéaux-types de la réalité et non la réalité elle-même, a suscité nombre de vocations de sociologues.

Dans ses nombreuses communications et publications, Il met l'accent sur le conflit de valeurs où selon que l'une ou l'autre l'emporte, entraîne la société dans une direction et non dans une autre. Pour comprendre ce conflit des valeurs, il est nécessaire, dans la démarche propre aux sciences de la culture, de se distancier par rapport à ces valeurs, possibles préjugés qui faussent le jugement.

Axant ses travaux sur la sociologie religieuse, il tente de voir les phénomènes à l'oeuvre par les effets des croyances collectives. Mais à trop se distancier de l'objet de leur étude, les webériens ne proposent pas de changer la société. Du coup, l'approche du conflit risque de ne pas se traduire par beaucoup de changements.
     Max WEBER, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Presse Pocket, Agora, Plon, 2002; Le savant et le politique, 10/18 biblothèque, 2005.

 


 Une sociologie de la division du travail


     Avec Emile DURKHEIM (1858-1917), on entre de plein pied dans une vision normalisatrice de la société : la sociologie permet de distinguer entre un état normal d'une société ou d'une organisation donnée et un état normal qu'il faut éviter, entre le normal et le pathologique. Se plaignant d'une évolution morale des société modernes aux individus atteints par un dérèglement de la division du travail, il met l'accent sur le fait que l'état maladif résulte des changements profonds dans la structure de la société.

Ses études sur l'anomie sociale, sur les suicides, l'amènent à penser les conflits comme les symptômes de ces maladies. De là à penser que le conflit est une pathologie sociale... Beaucoup de ses successeurs semblent vouloir le faire, à commencer par des auteurs comme BOUDON et BOURRICAUD qui soutiennent que sa conception holiste de la société est responsable du flou qui enrobe les concepts durkheimiens. Son invention de la conscience collective, issu de ses études sur la religion, est combattue par les tenants d'un individualisme méthodologique. Il faut rendre justice à Emile DURKHEIM, car sa conception même permet de concevoir comment se structure une société, dans ses conflits mêmes.
    Emile DURKHEIM, Le suicide, PUF Quadrige, 2004; De la division du travail social, PUF, 2007.

 

 Une sociologie de l'imaginaire


    Réfléchissant sur l'expérience du monde ouvrier, Cornélius CASTORIADIS (1922-1997), le cofondateur et animateur du groupe et de la revue "Socialisme ou Barbarie", prolonge les études de Karl MARX en insistant sur les rapports à l'imaginaire des sujets sociaux et critique l'approche marxiste dominante économico-fonctionnelle. Au delà du symbolique, qui détermine des aspects de la vie en société, et partant, des aspects de ses conflits sociaux, Cornélius CASTORIADIS veut saisir l'imaginaire de la société.

Support de l'ordre social, l'imaginaire social actuel permet l'irrationalité de la rationalité du monde moderne à travers la construction de besoins artificiels ou la multiplication des crises financières. Les conflits sociaux se situent dans un espace où se rencontrent le réel et l'imaginaire, la psyché et le social-historique, mais les recherches sur les liens entre les uns et les autres sont simplement en projet dans l'oeuvre de cet auteur.
    Cornélius CASTORIADIS, l'institution imaginaire de la société, Seuil essais points, 2006; La société bureaucratique, Tome 1, Les rapports de production en Russie et Tome 2, La révolution contre la bureaucratie, 10/18, 1973.

 


 La sociologie critique


     L'ECOLE DE FRANCFORT, à la longue postérité malgré son hétérogénéité, à travers la théorie critique, se retrouve tout à fait dans des problématiques de conflits. D'emblée sociologie critique, elle promène l'analyse des conflits de classe, de la propriété à l'autorité, dans une superposition de leurs différents aspects.
   La dialectique de la raison (ADORNO, HORKHEIMER) est un processus où les idéaux du progrès tendent à éliminer ses propres valeurs avant même leur entrée dans la pratique sociale. Consciences de classe, formations de caractères sociaux, luttes des classes, tout cela alimente une dynamique dans le monde moderne où les individus agissent rarement en fonction de leurs véritables intérêts matériels. Le triomphe des apparences de la circulation des choses (marchandises, réalisations scientifiques...) camoufle la dynamique réelle des rapports sociaux. En clair, les consciences de classe tendent à dériver vers la négation des conflits sociaux en mettant en avant les bienfaits supposés de la société de consommation de masse, dans le temps même où l'évolution de ces conflits tendent à devenir de plus en plus préjudiciables à des classes sociales de plus en plus étendues.
  Sous la direction d'Alain BLANC et de Jean-Michel VINCENT, La postérité de l'école de Francfort, Syllepse, 2004; Max HORKHEIMER, Theodor ADORNO, La dialectique de la raison, Fallimard Tel, 2007


                                                                                                  SOCIUS

 

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 12:37


 Je vous donne le choix entre plusieurs définitions de la publicité.
   - Propagande commerciale ;
   - Mensonge organisé de façon à orienter les actions d'achats des consommateurs ;
   - Matraquage psychologique répétitif détourneur d'attention et polarisateur de pulsions sur le futile et l'inutile ;
   - Putlicité est un anagramme entre publicité et prostitution : les panneaux publicitaires fixes ou mouvants font la rue et les lignes, comme les ondes, comme des prostituées archi-racoleuses, insistantes, agressives et perverses.
  - Economie de la stupidité, du gaspillage et de l'inutilité (quoique pas pour tout le monde...)

 

  La mauvaise humeur peut se répandre très facilement de nos jours avec la prolifération de la publicité. Très loin de l'adage - très commercial - selon lequel la publicité adoucirait la vie, égayerait le paysage, introduirait de la musique dans le quotidien, comme un doux aphrodisiaque - il semble que la multiplication des sollicitations visuelles et sonores, amplifiées de manière grotesque dans les pages d'Internet, rendent de plus en plus agressives les moeurs. En effet, comme d'ailleurs toutes les études sur le bruit (dans l'information comme dans la rue, ou dans les immeubles...) le montrent, (le bruit constitue, à partir d'une certaine intensité et d'une certaine continuité, une agression majeure) la publicité en tant que bruit agace de plus en plus. 

  Le fait qu'une grande partie des médias soient constitués de ces bruits, qui se nichent un peu n'importe où, dans les tranches horaires comme dans les pages écrites, sans parler des coupures intempestives de films sur certaines chaînes de télévision, publique ou privée d'ailleurs, devrait interroger les responsables de la presse en général sur la qualité de leurs informations, qui ne se juge pas seulement par leur contenu vérifiable et valide, mais également sur leur présentation et leur lisibilité ou visibilité...

   Le fait que l'outil Internet, au sens large, base une grande partie de son économie sur les messages publics - d'ailleurs de plus en plus invasifs - est plutôt inquiétant, dans la mesure où plus les fenêtres publicitaires sont sollicitées passivement ou activement par les internautes, plus la circulation de l'argent est rapide et importante dans cette économie. C'est l'envers sans doute de la gratuité - en fait pas si gratuite que ça! - de l'accès à Internet, que clament les... publicitaires et leurs clients. Mais de même qu'il n'est pas sûr que les téléspectateurs refuseraient une augmentation de la redevance pour avoir beaucoup moins de publicités à l'antenne, il n'est pas sûr que les internautes n'acceptent pas un renchérissement de l'accès si l'on supprime ces sollicitations bruyantes.

    Enfin, cette mauvaise humeur, ce sentiment publiphobe, qui nous envahit à chaque fois qu'une vidéo intempestive nous empêche de nous concentrer sur ce que nous lisons ou visionnons, cette tendance à développer des attitudes défensives (des logiciels bloquants à des réflexes oculaires), ne vont t-elles pas à l'encontre du but recherché par les publicitaires? De même que trop d'impôt tue l'impôt, trop de publicité tue la publicité.

     Mais allons plus loin. Si la publicité continue de croitre de cette façon, et que son efficacité s'érode au même rythme, sans que des mesures soient prises par les publicitaires eux-mêmes, c'est que les intérêts financiers derrière ces publicités ne s'y... intéressent pas! Ils n'ont cure de l'efficacité ou non des publicités ; ce qui les intéressent - et uniquement - ce sont les flux d'argent générés par ce mouvement incessant. il y a belle lurette que les entreprises ne sont plus dominées par le goût du métier ou la qualité des marchandises ou des services vendus ; seuls importent les dividendes distribués aux actionnaires - qui se moquent du nom des entreprises achetées ou vendues, comme de leur première chemise (et encore, parfois, ils l'aimaient bien, leur première chemise!).

Si les clients des publicités continuent de croire en l'efficacité de leur publicité (chose qui s'arrange assez facilement d'ailleurs, les enquêteurs sur cette efficacité et les fabricants de la publicité étant souvent les mêmes! ...), pourquoi pas continuer d'inonder les espaces privés et publics d'informations inutiles! En fin de compte, les publicitaires se moquent bien de leur publicité (et de leurs clients crédules, au passage), du moment que ça rapporte! Seuls sans doute, les personnels qui s'échinent à faire de l'art publicitaire, sont assez cons pour y croire...

 

   Il est des billets de presse qui font chaud au coeur. Ainsi celui d'Olivier ZLIBERTIN paru dans Le Monde du 15-16 juin 2014.

Les internautes sont incorrigibles, écrit-il, car ils refusent obstinément de cliquer que les pubs et même de les regarder. En tout cas, il serait de plus en plus nombreux à vouloir éviter la pub. Il cite une étude de Comscore (Comscore.com) : en 2012, 31% des pubs n'étaient jamais vues, et en juin 2013, 54%. Je souhaite que ça s'accélère! Bien entendu, comme l'écrit également notre chroniqueur (C'est tout net!), les pubs n'étaient peut-être pas regardées avant, mais aujourd'hui on peut le mesurer! On peut regretter son regret (mais n'est-ce pas plutôt de l'ironie mordante...), car cette situation, écrit-il toujours, si elle s'aggrave, pourrait conduire à rendre l'accès à Internet beaucoup plus cher.

Sans l'argent de la pub, qu'arrivera-t-il? Or, et tous les sondages concernant des lieux où la pub était envahissante (et l'est encore d'ailleurs), les canaux de télévision, je pense que les internautes seraient prêts à payer plus cher l'accès à Internet, voire payer au service et au site, s'ils étaient débarassés de ces images parasitaires. En effet, une large majorité de téléspectateurs se déclaraient régulièrement prêt à accepter une grosse augmentation de la redevance en échange d'une réduction drastique du temps de publicité...

Si l'inquiétude gagne tout le réseau, comme le rapporte notre auteur, c'st plutôt l'inquiétude des publicitaires que celui des utilisateurs!  Si les logiciels destinés à bloquer les pubs rencontrent de plus en plus de succès (200 millions de téléchargements pour le plus connu : Adblock (Adblockplus.com), il n'y aurait tout simplement plus de publicité en ligne en 2018, prévient Pagefaire.com... Et bien, ce serait l'occasion de revoir absolument toute l'économie d'Internet, sous peine de voir émerger sur Internet, via les virus par exemple, des batailles dantesques, à chaque fois que l'on veut consulter un site, entre logiciels anti-pub et logiciel anti anti-pub... jusqu'à rendre les pages d'Internet difficilement accessibles. Autrement, il faudra attendre 2018 (vivement 2018!) pour que la pub s'arrête par collapsus! La complète révision de l'économie d'Internet permettrait de plus de lutter contre les effets des changements climatiques, tellement les publicités sur Internet (qui représentent tout de même une grosse proportion des videos circulantes...) contribuent à faire d'Internet un monstre dévoreur d'énergie...

 

Continué le 3 novembre 2013

Continué le 16 juin 2014

Revu le 24 novembre 2017 (on ne voit pas trop pour l'instant la couleur de ce collapsus publicitaire...)

Continuez, continuez dans les commentaires. Quels qu'ils soient, on les laisse en ligne!

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 12:05
    Livre indispensable pour ceux qui veulent étudier la psychanalyse et singulièrement le conflit psychique, "Trois essais sur la théorie sexuelle" (1905) eut un accueil virulent.

   Comme l'écrit Michel GRIBINSKI dans la préface de l'édition de 1987, le livre tout entier est porté par une détermination iconoclaste, celle d'attaquer le savoir antérieur sur la sexualité humaine. Jean LAPLANCHE, dans "Vie et mort en psychanalyse" (Flammarion Champs, 1977) indique que c'est la sexualité qui représente le modèle de toute pulsion et probablement la seule pulsion au sens propre du terme.

     Accusé de pansexualisme, Sigmund FREUD n'a cessé de répéter que toute sa théorie est fondée sur le conflit. Du conflit psychique, il en fait donc trois essais, parmi les textes les plus remaniés de sa vie : le premier, sur les aberrations sexuelles veut montrer qu'il ne s'agit justement pas d'aberrations et qu'elles se ramènent à la sexualité humaine, le deuxième sur la sexualité infantile veut prouver qu'elle existe et existe fortement, le troisième sur les remaniements de la puberté veut argumenter sur le fait que la découverte de l'objet sexuel n'est qu'une retrouvaille.

    Ouvrage à la fois polémique et de recherche scientifique, "Trois essais sur la théorie sexuelle" part des aspects les plus répandus de toutes les perversions, le sadisme et le masochisme (nommés par Von KRAFFT-EBING) pour retrouver le mécanisme du refoulement sexuel, dont l'origine se situe dans l'enfance. Par l'analyse des explications infantiles de la sexualité (théories fausses de la naissance, conception sadique des rapports sexuels), la redécouverte des manifestations physiques des appétits de l'enfance dès son plus jeune âge (activités musculaires, masturbations, suçotements) comme ses manifestations phantasmatiques (envie de pénis et complexe de castration), il dresse un tableau de la genèse et de développement de l'organisation de la sexualité (orale, sadique-anale, génitale), de ses ambivalences, de son choix des objets sexuels. Les métamorphoses anatomiques et physiologiques de la puberté déplacent les modalités et les lieux d'expression de la sexualité infantile.
  
    Dans sa récapitulation en fin d'ouvrage, Sigmund FREUD indique que la recherche sur la sexualité humaine est toujours à entreprendre pour comprendre aussi bien le normal que le pathologique. Il faut sans cesse combattre les idées fausses, nées des refoulements eux-mêmes. En sériant les facteurs de la sexualité humaine, la prématuration dès la naissance, la temporalité des manifestations physiologiques, l'adhérence ou capacité de fixation des pulsions sur un objet, l'auteur n'arrête pas au fil de ses années de recherche d'approfondir, de mettre en question, de questionner constamment les ressorts des pulsions sexuelles. En tout cas, "une bonne part des déviations qu'on peut observer plus tard par rapport à la vie sexuelle normale est déterminée d'emblée, aussi bien chez les névrosés que chez les pervers, par les impressions de la période infantile, soit-disant libre de toute sexualité." A notre époque de résurgence de pseudo-spiritualités et de religions castratrices, il est bon de rappeler de bonnes évidences, qui n'en sont pas toujours pour tout le monde.
 

    Sigmund FREUD, Trois essais sur la théorie sexuelle, traduction de l'allemand de Philippe KOEPPEL, Gallimard, folio essais, 2001, 213 pages. Auparavant traduit en français "Trois essais sur la théorie de la sexualité" par Blanche REVERCHON-JOUVE en 1923. Cette traduction fut simplement revue en 1962 par Jean LAPLANCHE et J-B PONTALIS. Editions allemandes de 1905, 1910, 1915, 1920, 1922, 1925, 1942 et 1982.

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 14:31

 

    Cette revue trimestrielle traite, sous l'angle de la géographie et de la géopolitique, de pratiquement tous les conflits politiques et sociaux. Par exemple, en 2007, l'équipe dirigée par Béatrice GIBLIN et Yves LACOSTE a traité du Proche-Orient, de la Chine, de la langue française et du tourisme. Il s'agit donc d'une mine d'informations où se mêlent souvent sociologie et histoire au long cours, rassemblées en un dossier consistant par numéro (vers 180 pages de lectures denses).
   Créée en 1976, en même temps que la parution du livre-manifeste, "La géographie, ça sert d'abord à faire la guerre", la revue a aujourd'hui un tirage de 3 500 exemplaires (1 200 abonnés). Son équipe, basée à l'Université Paris 8, anime également un "Institut Français de Géopoltique", qui forme au master de géopolitique, avec option recherche et option professionnelle.
  A signaler que la revue a fait l'objet d'une mise en ligne de tous les anciens numéros (130 numéros) par la Bibliothèque Nationale Française. Ces numéros sont disponibles sur le site Gallica.bnf.fr, y compris des tables des sommaires bien utiles. 
      Site Internet : Hérodote.org 
                 Editions La Découverte

                     Abonnements : Editions Elsevier Masson, 62 rue Camille-Desmoulins, 92442  ISSY-LES-MOULINEAUX CEDEX 9

                        Rédaction : Institut Français de Géopolitique, Université Paris VIII, Annexe Basilique, 6, rue Edouard Vaillant, 93200 SAINT DENIS.

  A noter le numéro du premier trimestre 2009, portant le Numéro 132, un dossier très instructif sur les plans stratégiques et économiques autant que géopolitiques proprement dits, sur "L'Amérique d'Obama". Prenant ouvertement parti pour le nouveau président des Etats-Unis, qui sucite beaucoup d'espoir après les années catastrophiques des administrations Bush, la revue propose une longue interview de Pierre MELANDRANI (Vers une nouvelle politique étrangère?) ainsi que neuf gros articles portant sur divers domaines. Ainsi sur les relations des Etats-Unis avec les diverses parties du monde, sur les défis énergétiques et climatiques, sur la question de l'immigration, très vive là-bas, comme sur les enjeux de la revitalisation urbaine est dressé l'ensemble des problèmes que doit affronter Barak Obama, ainsi que la nouvelle administration qui se met en place. En juin 2009, il est utile de jeter un coup d'oeil sur les structures pour juger rationnellement les diverses initiatives des Etats-Unis.

Un autre numéro était en préparation pour faire, au moment des élections présidentielles de 2012, pour faire le point sur les avancées ou les stagnations de cette présidence Obama. Il y a à ce jour deux numéros sur la politique d'OBAMA : les numéros 132 et 149 (2ème trimestre 2013).

 

    Les numéros 146-147 du 3e/4e trimestre 2012 (de 325 pages) nous parait important car il traite de La géopolitique des géopolitiques. C'est l'occasion pour l'équipe de la revue de faire le point sur le succès, uniquement en France d'ailleurs, de la géopolique. "il répond àla préoccupation de l'équipe d'Hérodote face au succès médiatique du terme (souvent utilisé à tort et à travers) et à la multiplication de manuels de géopolitique à l'adresse des étudiants d'école de commerce, de science politique et, dans une moindre mesure, de géographie - où la géopolitique est encore tenue en suspicion. En effet, si, grâce à l'appui de Laurent Carrouée, géographe, inspecteur général, les conflits sont désormais étudiés en tant que tels au programme de l'agrégation et du CAPES, l'approche géopolitique reste mal vue. Cet engouement pour la "géopolitique" est une caractéristique française, car on le constate pas ailleurs en Europe, ni dans le reste du monde. De nouvelles revues : Diplomatie, Carto, Questions internationales, sont autant de publications qui doivent aussi leur existence au succès d'une émissions, ancienne désormais, Le dessous des cartes, pensée il y a vingt ans déjà par Michel Foucher, réalisée par Jean-Christophe Victor, et dont le succès ne se dément pas." L'équipe pointe ce succès médiatique, et l'utilisation abusive du mot géopolotique à propos de presque tout (Diplomatie sort, par exemple Une géopolitique des religions, dont l'ambition pourtant est de dépasser les frontières géographiques...). Cette fréquence sert parfois à discréditer àla géopolotique dans les milieux universitaires. Retraçant l'histoire de la discipline Géopolotique en France, les membres de l'équipe rappelle la liaison entre géopologique et géographie, et la fonction efficace de l'outil Géopolitique dans les représentations contradictoires des territoires objets de conflits. Yves LACOSTE rappelle les fondements du raisonnement géographique dans la géopolitique et comment cette discipline, autrefois au service des dirigeants, pénètre le monde universitaire et constitue un outil important dans la compréhension des ensembles spatiaux de tailles très différentes et dont les configurations s'entrecroisent et se superposent pour tous ceux qui se réclament d'une lutte politique en faveur de changements importants. Nous nous demandons par ailleurs si la réticence d'une partie importante du monde universitaire ne provient pas du fait que la géopolitique peut être envisagée comme élément par des militants politiques très engagés pour la réforme ou pour la révolution du système politique existant... Entre autres, Philippe SUBRA s'interroge sur la place, les enjeux et les outils d'une géopolitique locale, Barbara LOYER analyse Les crises géopolitiques et leur cartographie, Xavier Le TORRIVELEC donne des éléments sur le nomadisme : patriotisme, citoyenneté et sous-idéologies dans une Russie multiethnique, Kevin LIMONIER se livre à une Analyse géopolitique des enjeux d'une politique de puissance dans le cas de la science et de l'innovation en Russie et Frédérik DOUZET avec David H KAPLAN scrutent Geopolitcs : la géopolitique dans le monde anglo-américain.  On remarque aussi une étude de Philippe PELLETIER sur La guerre de Fukushima.

 

 

(Article actualisé le 6 mars 2012)

Complété le 21 septembre 2013

    

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 14:01
   Henri PIERON (en fait Daniel LAGACHE comme contributeur), dans son Vocabulaire de la psychologie (PUF, Quadrige, 2000), donne du conflit une définition assez succinte : Etat de l'organisme soumis à l'action de motivations incompatibles. Et il aiguillonne tout de suite sur la psychanalyse. La psychanalyse ramène la névrose à un conflit entre le besoin de sécurité, ou, en termes "topiques", à un conflit entre les pulsions du ça et la défense du Moi.
Il n'en dit finalement pas beaucoup plus qu'André LALANDE dans son "Vocabulaire technique et critique de la philosophie" (même édition, même collection, 2002). L'expression "conflit de tendances" est usuelle en psychologie et en psychanalyse, spécialement en ce qui concerne les conflits entre le conscient et l'inconscient dans les phénomènes de refoulements.
 
     Il faut donc ouvrir le "Vocabulaire de la psychanalyse" (Jean LAPLANCHE et J-B PONTALIS, PUF, 1976) pour prendre connaissance du conflit psychique. C'est donc par une exégèse de l'oeuvre de Sigmund FREUD que l'on continue.
On retiendra surtout cette définition, écrite en caractère gras : On parle en psychanalyse de conflit lorsque, dans le sujet, s'opposent des exigences contraires. Le conflit peut être manifeste (entre un désir et une exigence morale, par exemple, ou entre deux sentiments contradictoires) ou latent, ce dernier pouvant s'exprimer de façon déformée dans le conflit manifeste et se traduire notamment par la formation de symptômes, des désordres de la conduite, des troubles de caractère...
La psychanalyse considère le conflit comme constitutif de l'être humain et ceci dans diverses perspectives : conflit entre le désir et la défense, conflit entre les différents systèmes ou instances, conflits entre les pulsions, conflit oedipien enfin où non seulement se confondent des désirs contraires, mais où ceux-ci s'affrontent à l'interdit. On peut difficilement faire mieux dans une définition du conflit intérieur à la personne.
  Au cours de leur exégèse très instructive, les deux auteurs indiquent que FREUD, dans l'ensemble de son évolution sur le conflit, a toujours cherché à ramener celui-ci à un dualisme irréductible que seule peut fonder, en dernière analyse, une opposition quasi-mythique entre deux grandes forces contraires ; entre deux pôles, la sexualité d'une part toujours, et d'autre part des réalités changeantes dans son oeuvre : Moi, Pulsions du Moi, Pulsions de mort.
   Le conflit nucléaire de l'être humain demeure le complexe d'Oedipe. Le conflit, avant d'être conflit défensif, est déjà inscrit de façon pré-subjective comme conjonction dialectique et originaire du désir et de l'interdit.
   On rencontre une exégèse semblable, quoique moins développée, sous la plume de Roger PERRON dans le "Dictionnaire international de la psychanalyse" (Sous la direction d'Alain de MIJOLLA, Calmann-Lévy, 2002).

      Dans le "Dictionnaire de la psychiatrie et de la psychologie clinique" de Jacques POSTEL (Larousse, 2003), on retrouve sous la rubrique Conflit psychique (anglais mentionné : psychical conflict), la définition suivante : expression d'exigences internes inconciliables, telles que désirs et représentations opposées, et plus spécifiquement, de forces pulsionnelles antagonistes. Le conflit psychique peut être manifeste ou latent. Et l'on repart pour une description du cheminement de  FREUD et de ses conceptions du conflit.

    C'est dire qu'en psychologie et en psychiatrie domine la conception freudienne du conflit (même si cette domination ne veut pas dire adhésion de l'ensemble des psychiatres ou des psychologues à la psychanalyse, tant s'en faut), sans doute parce que justement le conflit intérieur n'a jamais été aussi bien décrit et analysé.
 

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 13:36

    La sociologie marxiste : le matérialisme historique

       Point de départ de nombreuses approches du conflit, Karl MARX et Friedrich ENGELS, par le matérialisme historique, ont élaboré toute une explication du monde et une stratégie de changement global autour du primat de l'économie dans la vie des hommes.
   A travers leur théorie de la valeur travail, à la fois sur la production et l'exploitation des marchandises, et leur théorie de l'aliénation, de la domination et de l'oppression d'hommes par d'autres hommes, de classes sociales par d'autres classes sociales, ils explicitent les mécanismes économiques et sociaux des conflits, au delà des apparences idéologiques. Une méthode scientifique de la mise à jour des conflits sociaux montre la voie, par le rôle clé du prolétariat, des révolutions nécessaires. L'apport du marxisme à la compréhension est irremplaçable, même s'il doit être complété, corrigé parfois, dépassé sans doute par des approches mettant plus l'accent sur les aspects idéologiques et culturels. Sûrement car nous sommes tout de même passés d'une société industrielle à une société post-industrielle, où les services dominent dans l'économie. Processus en devenir, le capitalisme, avec ses effets pervers,  demande toujours un renouvellement de la pensée, hélas figée un temps par des systèmes totalitaires qui n'avaient de communistes que le nom. Ce renouvellement est combattu aujourd'hui par des idéologies partisanes d'un développement toujours plus explosif du capitalisme.
   Henri LEFEBVRE, dans son petit livre sur "le marxisme", au chapitre de la sociologie, montre bien la dialectique de la lutte des classes avec leurs rapports et leurs modes de production. Après son analyse du capitalisme, Henri LEFEBVRE définit le communisme, étape nécessaire après le communisme primitif, l'esclavagisme, le féodalisme et le capitalisme : "le développement sans limites internes des forces productives, le dépérissement des classes sociales, l'organisation rationnelle, consciente, contrôlée par la volonté et la pensée, des rapports de production, correspondant au niveau atteint par les forces productives".
  Cette sociologie tranche parfois avec celle d'autres sociologies qui veulent présenter une vision "objective" des conflits : elle est une sociologie de combat en faveur des classes prolétarisées, que ce soit économiquement ou culturellement.     Et après MARX, il est difficile pour des sociologues de se définir comme neutres...

   Karl MARX et Friedrich ENGELS, Le Capital, 1872-1875; Les luttes des classes en France, 1848-1850; L'idéologie allemande, 1845-1846 ; Henri LEFEBVRE, Le marxisme, Presses Universitaires de France, collection Que sais-je?, 1974.

                                                                                                           SOCIUS

     

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 12:39

       Une sociologie du dynamisme social.

            On rentre dans une explication sociologique qui rend compte du dynamisme social avec Georges BALANDIER. Les sociétés traditionnelles (entendre avant l'industrialisation) révèlent le conflit social fondamental par leurs mythes et légendes. Loin d'être des événements exceptionnels, au contraire d'une logique sociale aux dysfonctionnements intermittents, les conflits permanents sont domestiqués en quelque sorte par les religions. Ces élaborations logico-mystiques, ces institutions organisées avec leurs rites et leurs guides, permettent une distanciation des conflits liés fondamentalement aux différences entre sexes et entre âges.
          Georges BALANDIER, Anthropo-logiques, PUF, 1974.
 

     Une sociologie de classes sociales comme acteurs sociaux.

           Alain TOURAINE, sociologue engagé à des lieux d'une pseudo analyse neutre, prolonge l'analyse de la dynamique sociale en la concentrant sur les formes modernes des conflits. Considérant les classes sociales comme des acteurs sociaux, il examine des rapports sociaux, pas seulement des rapports de concurrence, pas seulement des superpositions dans l'ordre social, ni seulement des conflits entre classe dirigeante qui dit l'histoire, fait l'historicité et s'en sert, et classes populaires qui résistent à la domination. L'opposition des intérêts, qui se maintient également dans la société post-industrielle, n'apparaît plus seulement entre capitalisme et classes ouvrières sur le plan économique, mais plus largement entre système social dominant et l'ensemble des classes dominées sur le plan culturel. Les mouvements sociaux participent au déplacement de l'enjeu des conflits. Un véritable système d'action historique met aux prises des classes sociales non seulement sur ce qu'elles sont mais aussi sur ce qu'elles pensent être. C'est par les conflits qu'une société évolue et que les différentes classes sociales de cette société évoluent, et ces conflits mêlent aspects économiques et aspects culturels.
     Alain TOURAINE, Pour la sociologie, Seuil, 1974; Sociologie de l'action, Seuil, 2000.
 

    Une sociologie des espaces sociaux.

          Avec Pierre BOURDIEU, on aborde clairement la question de l'espace social des différentes classes sociales. Chaque classe sociale, dotée d'un capital, lequel est défini au sens large (économique, culturel...) évolue dans différents champs sociaux. Du coup, les conflits y sont reconnus, dans ces champs sociaux, comme une dimension permanente des pratiques sociales. Il y a bien lutte des classes, les agents des différentes classes sont en concurrence pour l'obtention de biens rares, de tout genre, économiques, sociaux, symboliques. Particulièrement symboliques, car c'est la domination dans ce champ qui est la plus importante. Elle assure la domination en douceur, sur la répartition des biens rares de toutes sortes. Notamment d'ailleurs dans le champ scolaire qui assure la reproduction et la légitimation de l'arbitraire culturel défini par les classes dominantes. Pierre BOURDIEU étudie les pratiques sociales de distinction, de séparation entre les diverses classes sociales qui se déroulent dans l'espace social hiérarchisé. L'espace social est finalement un champ de forces opposées et les conflits structurent la vie quotidienne de tous les acteurs sociaux, qu'ils soient collectifs ou individuels.
    Pierre BOURDIEU, La distinction, critique sociale du jugement, Les éditions de minuit, 1980; La reproduction, éléments pour une théorie du système d'enseignement, Les éditions de minuit, 2005.
 

  Une sociologie de la complexité sociale

      Edgar MORIN pose la question de l'analyse des phénomènes complexes en tenant compte de leurs dimensions contradictoires (conflit/consensus, raison/imaginaire...) et surtout de la méthode d'analyse elle-même. Se haussant à la hauteur du projet d'un DESCARTES (Discours de la méthode), il tente d'élaborer une science du complexe toute en élaborant une méthode de changement du monde. Ordre et désordre, organisation et processus de désorganisation ont tous des interactions où se rencontrent constamment antagonismes et coopérations. Tout cela - le changement réel, vers un monde meilleur ou moins mauvais - n'est possible que par l'existence d'une éthique dont il tente de cerner les termes : autonomie d'esprit, véracité, justesse et justice, intégrité, prudence et tolérance. Il rejoint alors plus des préoccupations philosophiques que sociologiques.
     Edgar MORIN, La complexité humaine, Flammarion, Champs, l'essentiel, 1994; Edgar MORIN, Sociologie, Fayard, 1984.

                                                                                SOCIUS

    

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 12:22
  Quelle sociologie du conflit ?
          Une approche sociologique du conflit est inséparable d'une option psychologique, philosophique, sociale générale. Il faudrait être légèrement niais pour concevoir l'approche sociologique du conflit d'un auteur en pensant qu'il l'aborde selon une option froide, objective, à la manière d'une science exacte. Et même s'il se met à écrire qu'il cherche par son étude à rapprocher les sciences sociales des sciences de la nature, son approche signe déjà sa préférence, disons-le, politico-sociale, sa position dans la société, selon qu'il considère l'individu ou la société comme la source du conflit, suivant qu'il pense le conflit comme normal ou pathologique, suivant encore qu'il possède une "tendance naturelle" à nier ou à minorer certaines formes de conflit, à amplifier et à majorer certains autres.
    Ainsi, on peut déjà effectuer une distinction entre des sociologies du conflit et des sociologies du consensus ou de cohésion sociale, dans la mesure où les options prises apparaissent dans les prémisses des écrits des auteurs... ce qui n'est pas toujours le cas!  Appelons un chat un chat : lorsque Marx et les marxistes mettent l'accent sur la lutte des classes et qu'ils élaborent des outils de compréhension de la production et de l'appropriation des richesses, ils ne présentent pas du tout la même sociologie que lorsque Boudon et Bourricaud, par exemple, partent des interractions individuelles pour expliquer les conflits.
  
         Dans un premier temps, évoquons l'attitude des différentes sociologies vis-à-vis du conflit. Comme l'expliquent Pierre ANSART dans son "Sociologies contemporaines" (Seuil, 1998) et Pierre DURANT et Robert WEIL dans leur "Sociologie contemporaine" (Vigot, 2002), un moyen sûr de comprendre ce qui rapproche et ce qui sépare les auteurs comme Marx et Boudon est d'opposer leur analyse du conflit.

    Une sociologie dite de l'individualisme méthodologique
          Aujourd'hui, en France, une grande part de la sociologie dominante repose sur ce que l'on appelle l'individualisme méthodologique, qui fait des acteurs individuels les éléments premiers de l'analyse.
    Les comportements individuels constituent la source des conflits de tout genre. Et, dans les système d'interdépendance et d'interaction que constituent les sociétés, les conflits seraient autant de dysfonctionnements. L'agrégation des conduites des différents acteurs, dans un cadre donné (une usine, une administration, un Etat...), conduit à toute une série d'effets non désirés et pervers, parfois violents. L'analyse d'un conflit renvoie à l'analyse des motivations, des choix et des actions des acteurs. Selon Raymond BOUDON, la logique du conflit social, c'est la logique de l'interprétation des situations par les acteurs qui choisissent des degrés de coopération et de conflit souhaitable pour eux, en faisant référence à la théorie des jeux.
          Raymond BOUDON, la logique du social, Hachette littératures, 2001; Raymond BOUDON, François BOURRICAUD, Dictionnaire critique de la sociologie, PUF, Quadrige, 2004.

         Une sociologie des organisations
                    S'intéressant surtout à la sociologie des organisations (industrielles, bureaucratiques), Michel CROZIER considère, lui, l'affaiblissement des relations interpersonnelles.
     Les conflits sont déterminés par la structure bureaucratique de l'organisation et les acteurs sociaux utilisent pour leurs propres objectifs, l'existence même des tensions induites par l'impersonnalisation des relations dans l'entreprise. Ils utilisent les zones d'incertitude du comportement de leurs collaborateurs proches ou lointains et manipulent leurs propres zones d'incertitudes dans une sorte de jeu collectif. Particulièrement, les acteurs cherchent à accroître leurs propres zones d'incertitude et à affaiblir celles de leurs collaborateurs. Une telle conception majore fortement la part d'activité des différents acteurs, possédant chacun leur système d'action, sans nier que les marges de liberté sont variables selon les acteurs et selon les organisations. Cela minore bien souvent l'intensité des conflits.
            Michel CROZIER et Erhard FRIEDBERG, l'acteur et le système, Seuil, 1977 ; Michel CROZIER, le phénomène bureaucratique, Seuil, essais, 2005.

                                                                                                 SOCIUS

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 12:16
      S'il y a des mots et des expressions souvent utilisés dans les médias qui me tapent sur les nerfs et s'il y en a qui constituent comme une insulte à mon intelligence, ce sont bien ceux-là : classique, ancien, moderne, post-moderne, archéo, dépassé. Pourquoi pas la renaissance de l'antique, du classique, le post-post-post-moderne!
   Pour moi, ces expressions ne sont que des jugements et des perceptions, avec objectifs de dévalorisation ou de valorisation à la clef...
   C'est un peu comme réforme et révolution. Réforme par rapport à quoi, en faveur de qui? Révolution : c'est le retour cyclique en arrière ou quelque chose de radicalement nouveau?
   Tout est dans l'explicitation et dans la clarification de qui parle ou écrit et pour qui. Sinon, le bon peuple se laisse abuser par les mots...
   Passe encore que ces expressions soient utilisées dans des traités ou des essais où elles se trouvent effectivement - mais pas toujours! - explicitées, mais lorsqu'elles abondent à longueur d'articles de journalistes surtout préoccupés de monter dans la hiérarchie ou de figurer dans le bottin mondain, cela est insupportable!
 De même lorsque qu'elles circulent (ces expressions) dans des conversations a moitié sensées de discussions de café de commerce entre collègues de bureau, cela m'exaspère encore plus! Car là pas d'objectifs visibles pour des cerveaux embués par la fumée de cigarettes ou de verres d'alcool, mais des habitudes de répéter ce que leur distillent les médias, avec l'attrait en plus d'apparaitre comme vraiment dans le vent, très intelligent, très fréquentable!  Ah, ça fait moderne, de parler moderne... Assassinons ces archéo qui retardent l'évolution de la société! Place aux idées nouvelles, même si elles sont plus fausses que les précédentes...
 
     C'est le triomphe de la très mauvaise rhétorique, qui elle-même, triomple dans les médias. Plus les propos sont creux et pompeux, illustrant ou agrémentés par de belles images très scénarisées, plus facilement cela passe !  
 
     Il vient un temps où, tout de même, vu les décalages entre les discours post-post-post-modernes sur la société hyper-post-industrielle, et la réalité quotidienne, de plus en plus de gens, où ces discours ne passent plus... Vous avez beau continuer de qualifier, avec forces références historiques et surtout avec forces images et sons, les utopies, - surtout socialistes ou communistes - de vieillotes, dépassées, dangereuses, pré-modernes, archaïques... la plupart des gens finissent par comprendre tout l'intérêt qu'il y a pour les catégories les plus privilégiées de la société de nous asséner de telles "vérités"... En effet, les échecs d'utopie ne proviennent souvent pas de ces utopies, mais de l'utilisation que des générations de politiciens, de généraux, de financiers en ont fait, contre leurs contenus mêmes!   Et les "véritables" historiens de broder sur ces échecs, en cachant soigneusement leur propre train de vie!  Et les éditorialistes-pseudos journalistes d'entonner sur la même musique!
 
Révisé le 2 novembre 2013

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