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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 14:29

    Antimilitariste et pacifiste libertaire néerlandais, Barthélemy ou Barholomeus ou encore Bart de LIGT est un théoricien reconnu à son époque de la résistance non-violente.

Un activisme au sein de l'Église

   Pasteur protestant, fils de pasteur calviniste, il évolue du christianisme à l'athéisme, et parallèlement du socialisme à l'anarchisme. C'est ainsi que suivant l'exemple de son père Nicolaas Maringue de LIGT, il étudie la théologie à l'université d'Utrecht de 1903 à 1910 et qu'en 1909 ou 1910, il adhère à la Ligue des socialistes chrétiens (Bond van Christen-Socialisten, BCS). Lorsqu'en 1910, il est nommé pasteur protestant à Nuenen, près de Eindhoven en Brabant hollandais, il déploie une intense activité sociale et diffuse de la littérature socialiste. Il dénonce dans ses textes les positions réactionnaires des églises sur la question sociale (notamment le concept de charité chrétienne) et leur soutien aux classes sociales dominantes (Profeet en volksfeet, Amsterdam; 1913), la guerre et l'impérialisme (Profeet en volsnood, Amsterdam, 1914).

 

Pacifiste et Antimilitariste pendant et après la Première Guerre mondiale

     Il déploie, pendant et après Première Guerre mondiale une intense activité de soutien aux réfractaires et aux insoumis qui lui vaut plusieurs séjours en prison.

Dès 1914, il manifeste sa foi et ses convictions pacifistes dans ses sermons contre la mobilisation et la Première Guerre mondiale. Progressivement, il se sépare de l'Église et évolue du pacifisme chrétien à l'antimilitarisme et le socialisme libertaire. Sa rencontre avec Clara WICHMANN joue un rôle important dans cette évolution.

En 1915, il est le co-auteur d'une brochure, De Schuld der Kerben (La dette des Églises) où il affirme que la plupart des dirigeants de l'Église et les pasteurs sont en partie responsable de la guerre en raison de leur glorification du nationalisme et du militarisme, ce qui lui vaut d'être désavoué par la hiérarchie de l'Église réformée néerlandaise et banni de son domicile, de sa paroisse et d'une partie du territoire des Pays-Bas.

En septembre 1915, il signe le Dienstweigeringsmanifest (Manifeste contre le service militaire) en soutien aux réfractaires et aux insoumis. En mars 1916, il est condamné à 15 jours de prison. En juin 1915, il avait déjà prononcé un sermon radicalement antimilitariste lors de l'office de la Pentecôte.

Au printemps 1917, il est expulsé des provinces d'Overijessel et Gueldre. Il donne de nombreuses conférences, y compris à la Internationale School voor Wiljsbegeerte (École internationale de philosophie) de Amersfoort.

En 1919, il rompt définitivement avec les socialistes chrétiens du BCS.

 

Activisme anarchiste

    Comme bon nombre de libertaire de l'époque, il accueille avec enthousiasme la révolution russe d'octobre 1917, avant de prendre assez rapidement conscience (l'information circulait alors très bien en Europe, de Paris à Moscou) de la brutalité et de l'oppression du nouveau pouvoir bolchevique : l'État "communiste" a la même nature coercitive et violente que les autres États. La conférence anarchiste de Berlin du 25 au 31 décembre 1921 confirme ses intuitions et informations.

Dans la brochure Anarchisme et révolution (Baarn, 1922), il rappelle l'importance dans une situation révolutionnaire, de mettre en accords les buts et les moyens. Contre la centralisation et la "dictature du prolétariat", il réaffirme les principes anti-autoritaires d'autogestion, d'autonomie et de fédéralisme libertaire qu'il considère fondamentalement supérieurs au marxisme.

En 1921, suite à un meeting de soutien à la grève de la faim de l'objecteur de conscience Herman GROENENDAAL, il est poursuivi et condamnée à 26 jours de prison avec Albert de JONG pour "appel à la révolte".

 

Il participe alors à l'Association Internationale Antimilitariste (AIA) fondée le 28 juin 1904 à la suite du Congrès antimilitariste d'Amsterdam, et en 1921 dès sa fondation lors des rencontres de Bilthoven (Pays-Bas) à l'Internationale des Résistants à la Guerre (IRG). Les deux organisations fonctionnent en parallèle et le 27 juillet 1924, à la Maison du Peuple de La Haye, il est l'un des orateurs aux côtés de Domela NIEUWENHUIS, Rudolf ROCKER, Emma GOLDMAN et Pierre RAMUS, lors du meeting d'anniversaire des 20 ans de la création de AIA.

En 1924, il figure parmi les fondateurs de la Social-Anarchistisch Verbond (Fédération anarchiste sociale) et prend en charge la rédaction du journal De Vrije Samenleving (La société libre).

 

Exil en Suisse et théories de la résistance non violence

     En 1925, il quitte les Pays-Bas pour s'installer en Suisse, près de Genève. Il y nous des correspondances avec GANDHI, NEHRU, Albert EINSTEIN et Aldous HUXLEY. Ses échanges avec eux nourrissent en partie son travail éditorial : la renaissance de Marie (Arhnem, 1926), sur l'émancipation des femmes ; la paix et l'action (Arhnem, 1931-1932), sur l'histoire du mouvement pacifiste radical ; Érasme considéré comme l'une des figures majeures de la culture européenne (Arhnem, 1936). Rédacteur à partir de 1930 de Bevrijding (Libération), il publie en 1934 à Neue Niedorp, la brochure Religion et athéisme.

Il est également le fondateur de l'Association des intellectuels révolutionnaires (1919-1922) ainsi que du Bureau international Antimilitariste, qui propose en 1934 un "Paln de mobilisation contre toute guerre".

Dans la brochure de 1937, Le problème de la guerre civile, il exprime publiquement ses critiques sur les choix militaires des anarcho-syndicalistes de la Confédération Nationale du Travail pendant la guerre d'Espagne.

     En 1929, son Manuel de résistance passive, traduit et publié en 1936 en français (Pour vaincre sans violence- et en anglais en 1937 (The Conquest of Violence), préfacé par Aldous HUXLEY, a une grande influence sur les pacifistes anglais et américains.

 

 

  Sa vie durant, il récuse toutes les formes de guerre et de recours à la violence, qu'elle soit horizontale (entre les nations et les peuples) ou verticale (entre les classes sociales). De tous les penseurs anti-autoritaires non violents, il est celui qui parvient à définir et à organiser sur un plan théorique les nouvelles méthodes de lutte non-violente. Son "Plan de Mobilisation contre la Guerre", en 1934, développe de façon radicalement novatrice pour l'époque la "stratégie et la tactique antimilitariste", en période de paix ou de guerre. Cet ouvrage reste un guide pratique, très souvent imité, de l'action directe contre la guerre.

 

Barthélemy de LIGT, Contre la guerre nouvelle, Paris, Marcel Rivière, 1928 ; La paix créatrice : histoire des principes et des tactiques de l'action directe contre la guerre, Marcel Rivière, 1934 ; Mobilisation contre toute guerre, Bruxelles, Pensée et action, 1934 ; Pour vaincre sans violence : réflexions sur la guerre et la révolution, Paris, G. Mignolet et Storz, 1935 ; le problème de la guerre civile, Bruxelles, Pensée et action, 1937 (disponible sur Internet à kropot.free.fr).

Hem DAY, Barthélemy de LIGT, l'homme et son oeuvre, Bruxelles, Pensée et action, 1960.

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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 07:21

  Le sociologue et économiste français Laurent THÉVENOT est l'initiateur avec Luc BOLTANSKI du courant pragmatique à partir des "économies de la grandeur" étendues aux "régimes d'engagement". Il est en outre le fondateur de l'économie des conventions, avec Jean-Pierre DUPUY, François EYMARD-DUVERNAY, Olivier FAVEREAU, André ORLÉAN et Robert SALAIS.

 

    Sorti diplômé de l'École polytechnique (1968) et de l'ENSAE (1973), il prend d'abord part avec Alain DESROSIÈRES; en tant qu'administrateur de l'INSEE, à la création de la nouvelle classification des professions et catégories professionnelles (PCS). Ses travaux sur les classifications et le codage social conduisent à la publication de l'ouvrage Les catégories professionnelles, avec Alain DESROSIÈRES, et le rapprochent de Pierre BOURDIEU, puis de Luc BOLTANSKI. L'analyse de la production statistique devient alors un axe de recherche sur la "politique des statistiques".

  A partir d'enquêtes sur le travail et les organisations - certaines menées en collaboration avec l'économiste François EYMARD-DUVERNAY - il propose une notion d'"investissement de forme" qui rend compte de l'établissement de formes d'équivalence (codes, standards, coutumes, etc.) dotées d'un pouvoir de coordination. C'est une des origines, avec le travail de BOLTANSKI sur les dénonciations dans la presse, des "économies de la grandeur" qui inaugure un nouveau courant de sociologie pragmatique. Avec BOLTANSKI, il fonde le Groupe de Sociologie Politique et Morale, en se séparant du groupe et de la sociologie de BOURDIEU, pour développer une sociologie qui traite des capacités critiques des acteurs et de leurs limites. De la Justification. Les économies de la grandeur, écrit avec BOLTANSKI, distingue et analyse les répertoires d'évaluation visant la légitimité du bien commun dans la vie politique, qu'il s'agisse des relations de pouvoir politique, des relations sociales ou de la vie économique.

   Laurent THÉVENOT étend ensuite ce cadre d'analyse dans deux directions :

- En complément des critiques et justifications prétendant à une légitimité publique à partir du modèle des grandeurs, le modèle des régimes d'engagement et de leurs pouvoirs associés élargit la perspective en deçà du public, jusqu'à atteindre l'intime familier ;

- D'autre part, il propose d'analyser la construction politique des communautés selon des grammaires de la mise en commun - incluant le traitement des différends - qui ne passent pas seulement par des justifications publiques ; à la faveur de programmes comparatifs internationaux qu'il a codirigés avec des sociologues américains puis russes, ont été mises en évidence une "grammaire libérale du public" et une "grammaire d'affinités personnelles à des lieux communs pluriels".

   Cette sociologie pragmatique de la justification et des engagements est mise en oeuvre  dans des domaines très divers : action politique, critique, mouvements sociaux, participation et reconnaissance : mise en valeur et évaluation : quantification, information, cognition et émotions : travail et organisations ; agro-environnements ; droit et gouvernement par els standards ; art et littérature.

    Laurent THÉVENOT participe au comité de rédaction de la revue Annales,. Histoire, Sciences sociales.

 

Laurent THÉVENOT, Sous sa direction, Conventions économiques, Paris, Centre d'études de l'emploi, PUF, 1966 ; Avec Robert SALAIS, Jean-Jacques SILVESTRE, Le Travail, Marchés, règles, conventions, Economica, 1986 ; Avec Luc BOLTANSKI, Les économies de la grandeur, Centre d'études et d'emploi, PUF, 1987 ; Avec A. DESROSIÈRES, Les catégories socioprofessionnelles, La Découverte, 1988, réédition 2002 ; Sous sa direction et celle de Luc BOLTANSKI, Justesse et justice dans le travail, Centre d'études de l'emploi, PUF, 1989 ; Avec Luc BOLTANSKI, De la justification. Les économies de la grandeur, Gallimard; 1991 ; Avec Bernard CONEIN, Cognition et information en société, EHESS, 1997 ; L'action au pluriel. Réflexions sur les régimes d'action, La Découverte, 2006 ; La participation en actes, Entreprise, ville, association, avec Julien CHARLES, Desclée de Brouwer; 2016

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 08:43

     Initiateur avec Laurent THÉVENOT d'un courant "pragmatique", appelé aussi "économies de la grandeur" ou "sociologie des régimes d'action, ou encore conventionnalisme, il mène une carrière de sociologue, tout en se déclarant proches des "communistes libertaires". En 2009, il participe à la société Louise Michel, proche du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).

      Son engagement politique s'inscrit dans une tradition familiale (originaire de Russie), d'un père médecin juif (se cachant pendant l'occupation) et d'une mère chrétienne, qui devient écrivain après la guerre et adopte les idées du Parti Communiste. Pendant la guerre d'Algérie, Luc BOLTANSKI est militant anti-colonialiste. Il soutient ensuite pendant un an ou deux l'Union de la gauche socialiste, un groupe de militants de gauche qui tente une première expérience d'unité entre chrétiens et marxistes.

 

Une carrière universitaire et des objets éclectiques d'études....

     Ses première recherches sociologiques sont menées dans le cadre du Centre de sociologie européenne, dirigé par Raymond ARON, puis Pierre BOURDIEU. Ses premiers travaux sont orientés par l'influence du cadre théorique bourdieusien, étant dans le premier cercle du "maître".

Au début des années 1970, BOLTANSKI devient maitre-assistant à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il participe à la création de la revues Actes de la recherche en sciences sociales. Au milieu des années 1980, il se désengage des Actes et se désinvestit de l'équipe de Pierre BOURDIEU. Parallèlement à son travail en sciences sociales, il écrit et publie des ouvrages de poésie et, plus récemment de pièces de théâtre. Nuits, ouvrage édité à ENS Éditions, regroupe les deux pièces La nuit de Mantagnac et La nuit de Bellelande.

    Il publie en 2004 La condition foetale, ouvrage qui ouvre un débat autour de l'usage de la notion de contradiction dans les sciences sociale et de la possibilité d'articuler structuralisme et phénoménologie dans une approche historique, rejoignant ce que de nombreux collègues développement depuis plusieurs années dans des champs aussi différents que la sociologie des sciences, la sociologie des crises ou celle de la construction des problèmes publics.

Ses recherches s'orientent ensuite sur le lien entre le roman policier et l'émergence de l'État, qui fait l'objet d'un livre paru en 2012 : Énigmes et complots : Une enquête à propos d'enquêtes. En 2017, il publie avec Arnaud ESQUERRE Enrichissement. Une critique de la marchandise, représentant le troisième volet de l'enquête menées pour tenter de décrire les nouvelles formes du capitalisme contemporain après Les cadres : La formation d'un groupe social (1982) et Le nouvel esprit du capitalisme (avec Ève CHIAPELLO, 1999).

 

Le déplacement de la critique, face à BOURDIEU, position centrale dans ses études...

    Il se détache de la sociologie du "dévoilement", issue de la tradition marxiste, qui enquête sur les "vraies" contraintes pesant sur les agents, pour se pencher davantage sur les éléments communicationnels, relationnels et pratiques qui rendent possible un accord perçu et voulu consciemment comme tel. Bref, il passe d'une sociologie des conflits à une sociologie des coopérations.

Voir quels sont les éléments qui rapprochent (surtout) ou divisent les personnes autour d'un même objet, et l'analyse des processus par lesquels celles-ci arrivent in fine à un accord perçu, reconnu et voulu consciemment comme tel, voilà une des caractéristiques de l'approche de BOLTANSKI (voir l'article sur le conventionnalisme). Contrairement à la méthode bourdieusienne, qui accorde une place importante à la trajectoire, la méthode de l'auteur ne s'intéresse pas au passé des acteurs, encore moins à leurs habitudes ou à leurs caractéristiques socioculturelles. Au contraire, chaque acteur possède un libre arbitre qui lui permet, lors des épreuves, de faire valoir ses arguments et ses "justifications". Pour BOLTANSKI, à l'inverse de BOURDIEU, les personnes sont parfaitement à même de comprendre leurs motivations.

Ces enjeux intellectuels sont prolongés par des enjeux institutionnels lorsque BOLTANSKI fonde avec Laurent THÉVENOT le Groupe de sociologie politique et morale (GSPM) en 1984. Il devient alors l'un des principaux représentants de la sociologie pragmatique française; considérant que l'homme fait la "société" et que les acteurs sont compétents pour prendre position, juger, dénoncer, critiquer, en rendre compte. Il écrit avec Laurent THÉVENET De la justification (1991) ouvrage qui prolonge le grand article paru dans Actes de la recherche en sciences sociales de mars 1984 (volume 51), avec Y. DARRÉ et M-A. SCHILTZ, puisqu'il y montre qu'il n'existe non pas une seul façon d'être "grand" dans le monde social, mais bien différents moyens de devenir grand (Des économies de la grandeur).

     La rencontre de BOLTANSKI avec Ève CHIAPELLO et leur collaboration pour Le nouvel esprit du capitalisme (1999) permet d'élargir le cercle autour de la sociologie de "l'économie de la grandeur". En effet cet ouvrage apparait comme une configuration illustrative, à portée générale et pratique, de la typologie des "cités" déjà établie dans La justification : les économies de la grandeur (1991). Luc BOLTANSKI et Ève CHIAPELLO y ajoutent la "cité des projets". Ce terme est historiquement la récupération par les consultants en management et les dirigeants d'entreprise des thèmes de la critique de l'artiste du capitalisme dénonçant l'inauthenticité de la société marchande et l'étouffement des capacités créatrices de l'individu. Le cadre traditionnel devient un manager ou un coach chargé, dans des structures légères et innovantes, de tirer le meilleur parti des capacités créatrices de chaque employé. Mobilisé par des projets successifs, le salarié se doit d'être mobile, enthousiaste, flexible et convivial. L'écho qu'a eu ce livre dans les médias, notamment dans le champ des gestionnaires eux-mêmes, tend à prouver l'importance de sa portée. C'est aussi un premier passage de la sociologie pragmatique les années 1980 et 1990, au sein des sciences sociales en France, c'est la publication du Nouvel esprit du capitalisme qui a constitué le point de départ d'une nouvelle vigueur critique vis-à-vis de cette configuration socio-historique, avec toute son ambiguïté. Est-ce une nouvelle critique du capitalisme et un constat de sa capacité de se renouveler?  Est-ce réellement une critique ou une valorisation d'un éternel esprit du capitalisme, sans toucher à ses fondements?

   Les partisans de Luc BOLTANSKI estiment qu'il a, dans le sillage du Nouvel esprit du capitalisme, radicalisé son positionnement critique, en s'efforçant de dessiner en sciences sociales associant sociologie pragmatique et sociologie critique (passant par une lecture de l'École de Francfort...), dans la perspective d'une nouvelle théorie critique radicale originale associée à la notion d'émancipation. C'est la publication en 2009 de l'ouvrage De la critique. Précis de sociologie de l'émancipation... D'autres chercheurs issus de la sociologie pragmatique ont emprunté une réorientation critique convergente vers une "critique pragmatiste" tels que Philippe CORCUFF dans Où est passée la critique sociale? en 2012.

Son ouvrage Vers l'extrême, extension des domaines de la droite, écrit avec Arnaud ESQUERRE; s'inquiète de la reprise des idées de l'extrême droite dans l'espace politique, y compris à gauche, dans les médias voire dans les milieux dits "intellectuels", comme si elles allaient de soi.

A partir de 2014, Luc BOLTANSKI entreprend, toujours avec Arnaud ESQUERRE, une réflexion sur les changements du capitalisme liés au développement de ce que les deux auteurs nommes une "économie de l'enrichissement" et qui regroupe des activités en apparence disjointes telles que le tourisme, la patrimonialisation, le luxe et la culture, mais dont ils montrent la cohérence. Ils placent notamment au coeur de ce changement une forme de mise en valeur des marchandises nommé la "forme collection", proposant de considérer la valeur comme une justification de prix.

 

    Même si les différents ouvrages, écrits seul ou en collaboration - de Luc BOLTANSKI ont un retentissement médiatique, à l'aune sans doute d'une certaine mise en valeur - paradoxalement - du système capitaliste, précisément parce que son évolution va dans le sens de la valorisation de l'individu comme acteur, il n'est pas certain qu'il soit suivi par ses contemporains sociologues. Non seulement parce qu'il est un des rares à proposer encore une vision globale du social - ce qui fait d'ailleurs tout l'intérêt de son oeuvre, en face par exemple d'un Edgar MORIN, et que la plupart des autres auteurs se cantonnent dans un domaine particulier, se spécialisant sur une sociologie de secteurs, éducation, industrie, rural, urbain... sans chercher de généralisation, seul moyen pourtant de dépasser le niveau descriptif, et seul moyen aussi de pallier à l'impact limité des prescriptions proposées.

 

Luc BOLTANSKI, avec Pierre BOURDIEU, Robert CASTEL et Jean-Claude CHAMBOREDON, Un art moyen : Essai sur les usages sociaux de la photographie, Minuit, 1965 ; Prime éducation et morale de classe, EHESS, 1969 ; Les cadres - La formation d'un groupe social, éditions de Minuit, 1982 ; L'Amour et la justice comme compétences. Trois essais de sociologie de l'action, Métaillé, 1990 ; De la justification. Les économies de la grandeur, avec Laurent THÉVENOT, Cahiers du Centre d'études de l'emploi, PUF, 1989 ; Le Nouvel esprit du capitalisme, avec Ève CHIAPELLO, Gallimard, 1999 ; La Condition foetale. Une sociologie de l'avortement et de l'engendrement, Gallimard, 2004 ; La production de l'idéologie dominante, avec Pierre BOURDIEU, Demopolis, 2008 (réédition d'un article publié en 1976 dans Actes de la recherche en sciences sociales) ; Rendre la réalité inacceptable, Demopolis, 2008 ; De la critique. Précis de sociologie de l'émancipation, Gallimard, 2009 ; Un individualisme sans liberté?" Vers une approche pragmatique de la domination, avec Philippe CORCUFF, dans L'individu aujourd'hui, Sous la direction de P. CORCUFF, C. LE BART et F. de SINGLY, Presses Universitaires de Rennes ; Énigmes et complots. Une enquête à propos d'enquêtes, Gallimard, 2012 ; Domination et émancipation. Pour un renouveau de la critique sociale, dialogue avec Nancy FRASER, présenté par Philippe CORCUFF, Presses Universitaires de Lyon, 2014.

A noter qu'il existe des films de présentation de ses réflexions : Ulysse clandestin (Thomas LACOSTE, 2010), Penser critique, kit de survie éthique et politique pour situations de crise(s) (Thomas LACOSTE, 2012), Notre monde (Thomas LACOSTE, 2013)

 

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 09:48

    Walter CLARKE est un homme politique, qui devient gouverneur (Trois fois, 6e, 13e et 17e gouverneur, respectivement en 1676-1677, 1686-1686 et 1696-1698) de la colonie de Rhode Island et Providence Plantations et le premier gouverneur "natif", amérindien de cette colonie anglaise.

   Fils du président colonial Jeremy CLARKE, il est quaker comme son père. Sa mère Frances (LATHAM) CLARKE, est souvent appelée la "mère des gouverneurs". A la fin de la vingtième année, il est élu député de Newport et, en 1673, est élu à son premier des trois mandats consécutifs d'adjoint. Pendant la guerre du "roi Philip", il est élu à son premier mandat de gouverneur de la colonie. Il sert pendant un an dans ce rôle, s'occupant de la  réparation des dévastations de la guerre et des exigences prédatrices des colonies voisines sur le territoire de Rhode au lendemain de la guerre.

   En 1676, lors de la dévastation de la guerre du roi Philip, il fait lors de son premier mandat de gouverneur face à une situation particulièrement difficile. La plupart des colons sur le continent (Providence et Warwick) fuient vers Aquidneck Island où se trouvent Newport et Portsmouth. Un flottille de sloops ou de canonnières, chacune avec 5 ou 6 hommes, naviguent constamment autour de l'île pour se replier d'éventuels attaquants. L'ile est en grande partie détruite, y compris la plupart des maisons et des champs. Comme la colonie est à moitié quaker, pendant cette période, une loi de 1673 est promulguée pour exempter les hommes de leur devoir militaire si porter des armes est contraire à leurs convictions religieuses. Pendant la guerre, l'acte est abrogé en mai 1676, mais ré-adopté 6 mois plus tard à la réunion d'octobre de l'Assemblée Générale. Toujours au cours de cette cession d'octobre, une lettre est envoyée à la colonie voisine du Connecticut pour les revendications dans le pays de Narragansett. En mai 1677, le "Parti de la guerre" gagne la plupart des sièges à l'Assemblée Générale, et Benedict ARNOLD est élu gouverneur. CLARKE quitte le pouvoir pendant deux ans, mais en 1679, il est élu vice-gouverneur. Il occupe continuellement ce poste jusqu'en 1686, date à laquelle il est de nouveau élu gouverneur.

   La mort du roi d'Angleterre Charles II en 1685 amène James II sur le trône, avec une nouvelle politique à l'égard des colonies américaines. Edward RANDOLPH est envoyé en Amérique pour établir un gouvernement temporaire sur les colonies jusqu'à ce qu'un gouverneur permanent puisse être établi.

   En juin 1686, Joseph DUDLEY et son conseil tiennent un tribunal à Narragansett, rendant le territoire, nommé Providence, nommé province du Toi, indépendant de toute colonie. Edmund ANDROS est nommé gouverneur royal de toutes les colonies de la Nouvelle-Angleterre sous le Dominion de la Nouvelle-Angleterre, et lorsque l'Assemblée Générale de mai 1686 est ajournée en juin, elle ne se réunirait plus. Pour ne pas perdre tout pouvoir législatif, les habitants des iles Rhodes placent ce pouvoir dans les villes individuelles, maintenant ainsi une grande partie des libertés de la colonie sous la régne d'ANDROS.

Cela fait rappeler que, constamment, les colons des différents villes de la nouvelle-Angleterre sont confrontés à des entreprises de reprise en main par le pouvoir royal, lequel entend par là faciliter à la fois le maintien de l'ordre, la fiscalité et la "protection" par rapport aux  puissances rivales (France), induisant une certaine uniformisation de l'ordre établi à laquelle résistent précisément les colons. Les germes de la guerre d'Indépendance américaine sont établis depuis très longtemps en Amérique.

   Quand ANDROS prend le pouvoir dans la colonie de l'île de Rhodes, il s'entoure de 7 conseillers dont CLARKE. Lorsque le gouverneur royal vient à Newport pour prendre possession de la Charte royale de la colonie, CLARKE cache le document chez son frère. L'un des résultats positifs du régime d'ANDROS est le retour éventuel à Rhode Island du pays narragansett, autrefois disputé et revendiqué par Humphrey ATHERTON et sa compagnie. Lorsque le roi James s'enfuit en France et William III et Mary II montent sur le trône d'Angleterre, ANDROS est chassé de la Nouvelle-Angleterre et la Charte royale de 1663 devient de nouveau le document directeur de la colonie de l'île de Rhodes. Mais CLARKE refuse de reprendre ses fonctions de gouverneur de la colonie et HENRY est élu à sa place. Sa position change plusieurs années plus tard, lorsque les colonies se préparent à une invasion par la France. Le gouverneur FLETCHER de NewYork demande un contingent d'hommes à Rhode Island, qui réplique alors qu'elle-même est trop exposée du fait d'un littoral sous-défendu pour s'en démunir. Lorsque, le traité de RyBrunswick rétablissant la paix avec la France est signé, CLARKE, en tant que quaker, refuse de prêter serment pour poursuivre les corsaires qui ne suspendaient pas leurs opérations en mer.

   Quand BRENTON fait venir une commission à Peleg Sanford pour contrôlé l'application des directives de la Couronne d'Angleterre, il s'en irrite. Il s'irrite de plus lorsque BRENTON demande d'imprimer les lois de Rhode Island, ce qui n'avait jamais été fait, et de destituer CLARKE. Tout ceci pousse CLARKE à démissionner de son poste de gouverneur et il est probable que son neveu, Samuel CRANSTON, ait présidé la réunion de mai 1698 de l'Assemblée, lorsqu'il est élu pour la première de ses nombreuses fonctions. CLARKE ne cesse toutefois pas sa fonction publique et il est élu en 1700 vice-gouverneur sous CRANSTON, sans cesse reconduit jusqu'à sa mort dans cette fonction.

   Les difficultés de CLARKE sont emblématiques des vicissitudes rencontrées par les leaders quaker dans certaines des colonies où ils sont hégémoniques dans posséder tous les leviers du pouvoir comme en Pennsylvanie. Les conflits entre leurs convictions quakers et les réalités s'accroissent en intensité au fur et à mesure que la population s'accroit d'éléments extérieurs, souvent amenés là à cause de nombreux troubles, mais aussi au fur et à mesure que les contentieux entre la Couronne et les colons se multiplient.

 

Pour les écrits et la biographie de Walter CLARKE, voir surtout le site internet quahog.org

Arnold, Samuel GREEN, Hisotry of the State of Rhode Island and Providence Plantations, New York, D. A. Appleton & Compaby, 1859. Val S. RUST, Radical Origins, Early Mormon Converts and Their Colonial Ancestors, University of Illinois Board of Trustees.

 

 

   

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 19:29

    Ann AUSTIN est une des première quaker prêcheuse lors de ses voyages dans le Nouveau Monde. Elle et Mary FISHER sont considérées comme les premières quakers en visite dans les colonies anglaises d'Amérique du Nord.

     Résidente de Londres, elle quitte l'Angleterre avec Mary FISHER pour apporter le message de George FOX. Convertissant avec elle le gouverneur des Barbades dans les Caraïbes, elle devient le 11 juillet 1656 la première quaker à visiter les côtes anglaises de l'Amérique du Nord, arrivant à Boston sur le "Swallow", affrêté grâce à des fonds recueillis dans les communautés quakers d'Angleterre. Elle rencontre la ferme hostilité des populations puritaines et du gouverneur de la colonie, Richard BELLINGHAM.

A l'arrivée, elle est arrêtée et emprisonnée. Forcés de se déshabiller en public comme le veut la procédure en vigueur contre les sorcières, elle se voit saisir ses écrits et pamphlets brulés sur la place publique. Malgré des soutiens extérieurs à la prison (notamment Nicholas UPSALL), elle ne peut s'exprimer face à des autorités pénitentiaires hostiles. FISHER et elle sont ensuite déportées vers les Barbades sur le même navire après 5 semaines d'emprisonnement.

Elle retourne avec FISHER en Angleterre en 1657, où elle continue son ministère, jusqu'à sa mort en prison lors de la Grande Peste de Londres de 1665.

 

Anne AUSTIN, Works by Anne Austin, Project Gutenberg, site Internet : gutenberg.org

James BOWDEN, The History of the Society of Friends in America, part 1, Appelwood Books, 2009. Anne Austin and Mary Fisher arrested, sur le site Internet : christianity.com.

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 12:49

  Mary FISHER (Mary Fisher) Bayley CROSSE est l'une des Valiant Sixty (Soixante Vaillants), du groupe d'itinérants prêcheurs dont la mission est de répandre le message du fondateur des Quakers, George FOX. Dans le climat de l'époque, elle se considère comme véritable missionnaire de la vraie Parole de Dieu...

 

Prêches et persécutions

  Née dans le Yorkshire, en Angleterre, servante dans une famille à Selby, elle entend en décembre 1651, le prêche de George FOX, et conquise, elle y commence dès 1652 comme Diffuseuse de Vérité., avec publications à l'appui Emprisonnée assez vite, car les prêches des quakers sont plutôt véhéments et audibles quel que soit le lieu, au château de York, avec Élisabeth HOOTON et quatre autres quakers, qui se joignaient à elle dans le pamphlet False False Prophet and False Teachers Described (1652), appelant à quitter en urgence l'église d'État et dessinant une Lumière Intérieure. En 1653 et 1654, elle est emprisonnée à York pour offenses contre l'Église à Pontefract.

   En décembre 1653, accompagnée d'Elisabeth WILLIAMS, elle marche dans Cambridge dans une campagne prosélyte pour le sud de l'Angleterre. Elle rebute les étudiants en théologie du Sidney Sussex College. Par ordre du maire, elles sont exposées comme vagabondes, et deviennent les premières quakers à être publiquement fouettée pour leur ministère. En 1655, FISHER est de nouveau emprisonnée par le prieur de Newport PAGNELI à Buckinhamshire.

 

Mission dans le Nouveau Monde

    En 1655, Mary FISHER et d'autres prêcheurs quakers, dont Ann AUSTIN, voyagent dans le Nouveau Monde, d'abord aux Barbades dans les Caraïbes, où ils convertissent le lieutenant gouverneur. Le 11 juillet 1656, date emblématique pour la communauté quaker américaine, ils deviennent les premiers quakers à visiter les colonies anglaises d'Amérique du Nord, arrivant à Boston sur le Swallow, navire affrété grâce aux nombreux fonds recueillis un peu partout. Ils rencontrent une forte hostilité de la part de la population puritaine et du gouverneur de la colonie, Richard BELLINGHAM, les nouvelles sur leurs vues hérétiques les ayant précédés.

A l'arrivée, ils sont emprisonnés, les femmes sont examinées comme sorcières, leurs ouvrages saisis. FISHER et AUSTIN sont déportées aux Barbades après cinq semaines d'emprisonnement. Elles retournent en Angleterre en 1657.

 

Mission dans l'Empire Ottoman

    En 1658, Mary FISHER voyagent dans un groupe de 6 quakers dans la Méditerranée et visitent l'Empire Ottoman, pour exposer leur vérité au jeune Sultan Mehmed IV, après des péripéties de Venise en Grèce, en Macédoine et en Thrace. Elle peut, dans ses récits §notes de Turquie), comparer ses impressions par rapport à des précédents voyages en terres chrétiennes. Les quakers y furent mieux traités et elle constate qu'il y a moins d'intolérance en Turquie qu'en Amérique...

Elle termine là ses voyages en 1659 et retourne en Angleterre et termine son ministère et sa vie en Caroline du Sud (Nouvelle-Angleterre) où elle émigre en 1678, après s'être mariée (deux fois, le premier mari ayant péri en mer).

 

Mary FISHER, Quakers in the World, 2013 (qfp.quaterweb.org). Les écrits de Mary FISHER sont éparpillés dans de nombreux ouvrages, présents partiellement dans plusieurs sites, dont Panels of the Quaker Tapestry (web.archive.org) et Essay on the Valiant Sixty (ibid). On peut consulter les sites quakersintheworld.org et quakerhistory.org

Geraldine LEATHEROCK, Preaching Truth and Listening for Truth : Early Qauker Mary Fisher and Prospects for interreligious Dialogue, Indiana, 2013, site erquaker.blogspot.com

   

    

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 08:11

  Homme d'État américain, administrateur et professeur, James LOGAN est le quatorzième maire de Philadelphie. Il sert comme secrétaire colonial de William PENN et est un des fondateurs du collège de Philadelphie, prédécesseur de l'Université de Pennsylvanie. Même s'il n'est pas aussi prestigieux que les leaders des quakers comme William PENN, il fait partie de ce "personnel" qui permet le rayonnement des conceptions quakers de gouvernement, parmi les nombreuses commnautés d'origine diverses qui viennent s'établir en Amérique du Nord, étant lui même originaire d'Irlande.

  Comme beaucoup de membres de la Société des Amis de sa génération, il se converti au quakerisme en Irlande. Obligé de suivre ses parents pendant la guerre de 1689-1691, d'abord à Edinbourg, puis à Londres et Bristol, où en 1693, James LOGAN remplace son père comme professeur. Il vient à la colonie de Pennsylvanie en 1699, comme secrétaire de William PENN. 

Plus tard, il soutient la cause des droits de propriétaires en Pennsylvanie et mène une carrière politique, étant élu maire de Philadelphie en 1722. Pendant son mandat, il encourage la participation massive à la vie de la cité des immigrants catholiques irlandais. En l'absence de gouverneur de Pennsylvanie, il exerce cette fonction avant de devenir effectivement gouverneur de 1736 à 1738. Durant son mandat, il oppose le pacifisme quaker à la taxe de la guerre, et encourage les Pacifistes Quakers à abandonner leur siège à l'assemblée de Pennsylvanie pour que soit réalisées les réquisitions de guerre. En 1736, il répond à la requête des Américains natifs de contrôler les ventes d'alcool qui créent de graves problèmes sociaux, en installant des pénalités. Il faut noter que le thème de l'alcoolisme et de ses ravages dans les populations blanches et indigènes occupe énormément de temps dans le mandat de gouverneur. De même d'ailleurs que la lutte, ce n'est pas suffisamment développé dans les présentations, contre le commerce non autorisé des armes. James LOGAN joue un rôle central en tant que Chief Justice, Président de la Cour Suprême de Pennsylvanie (1731-1739) et que Gouverneur (1722-1723).

Durant son installation au poste de gouverneur, il joue un rôle actif pour l'extension territoriale de la colonie et poursuit des relations amicales avec le peuple Delaware. Il s'agit de contrôler avec le maximum de tranquillité l'expansion indéfinie de la colonie durant toute cette période, vu l'afflux des émigrants. Tout en poursuivant ses activités politiques LOGAN mène des travaux philosophiques (dans American Philosophical Society notamment) et apporte des contributions dans les sciences naturelles (botanique). Il développe les moyens de diffusion des connaissances et de la culture (bibliothèques, établissements universitaires...). C'est grâce à l'extension de ces moyens-là que se répand en partie les enseignements des quakers.

 

James LOGAN, Écrits divers dans les archives de l'Université de Pennsylvanie (en Anglais). Il n'existe pas d'ouvrages traduits en Français.

E. WOLF, James Logan, Bookman, Extraordinary. Proceedings of the Massachusetts Historical Society, 1967 ; The Romance of James Logan's Books. The William and Mary quaterly, 3, 1956. STRAHAN (ed.) EDWARD, A Century After, picturesque glimpses of Philadeplphia and Pennsylvania, Philadelphia, Alla, Lane & Scott and J.W. Lauderbach, 1875. Claus BERNET, James Logan (statesman), In Bautz. Traugott (ed.), 2010.

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