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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 14:13

  Bien que la filmographie se concentre sur le grand procès des criminels chefs de l'État nazi, à Nuremberg ou ailleurs eurent lieu d'autres procès concernant les crimes commis dans diverses parties du monde pendant la seconde guerre mondiale (notamment de la part de responsables japonais), qui marquent pour longtemps la tradition juridique dans le monde entier, poursuivie notamment par le la Cour de Justice Internationale (crimes en ex-Yougoslavie par exemple).

 

Côté documentaires :

- Dans la série Les grandes batailles, le procès de 1945-1946

 

- De Nuremberg à Nuremberg, dans la partie 2 (ROSSIF) et Avant l'oubli? (GIROD)

 

Côté films :

- Eichmann Show, Le procès d'un responsable nazi

 

- Jugement à Nuremberg (KRAMER)

 

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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 09:15

  On n'insistera pas suffisamment sur la distinction entre le guerrier - aimant ou faisant de son activité principale la guerre et le soldat - obligé de participer à ou volontaire pour une guerre précise. Des documentaires et films rendent bien cette distinction. Bien entendu, avec la présence - quasi technique - des principaux personnages à l'écran dans les films de fiction, pratiquement tous les métrages se centrent plus ou moins du début à la fin sur un homme ou un groupe d'hommes. Sinon sans doute, le film ne "fonctionne" pas, le spectateur devant pour soutenir son attention s'identifier à un personnage dans l'action.

 

Côté documentaires :

- 39-45, Le monde en guerre, Le guerrier, dans le DVD 2, volume 4

 

- L'Asie en flammes, Saïpan. Le 15 juin 1944, les troupes américaines entreprennent la conquête des iles Marianne et en particulier de l'île de Saïpan où 30 000 japonais, militaires et civils, sont allés jusqu'au dernier sacrifice pour protéger cette terre. Le réalisateur Serge VIALLET revient sur cette tragédie et tente d'expliquer comment les japonais ont été endoctrinés afin de tous donner leur vie ôur empêcher les américains de prendre ces îles stratégiques qui mettaient le Japon à portée des bombardiers alliés. Ce documentaire utilise de nombreuses images en noir et blanc et en couleur prises durant la bataille complétée par de passionnants témoignages de survivants des deux camps. Exemplaire, ce montage nous montre jusqu'où peut aller l'horreur de la guerre quand les militaires sont également des fanatiques obnubilés par leur empereur...

 

Côté séries :

- Frères d'armes, Les hommes avant tout dans le DVD 5

 

- The Pacific, dans plusieurs parties (Partie 3, partie 4, partie 10...)

 

- Generation War, série télévisée allemande de 2013 en trois épisodes, relate le parcours hétéroclite de cinq amis, ayant 20 ans en 1941, qui vivent différemment les heures de gloire et de misère de l'armée allemande et du IIIe Reich. Elle permet d'aborder des thèmes clefs de cette période sombre - et occultée dans l'esprit de beaucoup d'Allemands. Multiplicité des positionnements, à cent lieues de la propagande nazie, prise de conscience de l'absurdité de la guerre sont bien rendues par la qualité de la reconstitution, tant dans les scènes intimistes que dans les scènes de bataille. Ce réalisme est en partie gâché par la présentation de la résistance polonaise comme antisémite, autant que les nazis eux-mêmes. Même si des pogroms eurent lieu en Pologne, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale, on ne peut pas dire que cette résistance, qui se composait aussi d'organisations armées ou humanitaires juives était globalement antisémite. Le fait même d'ailleurs qu'une polémique à cet égard eut lieu en Pologne à la sortie du métrage dans ce pays montre une réalité, là encore, plus complexe. Cette série fait partie d'un ensemble d'oeuvres qui ravive en Allemagne les débats sur les événements de la seconde guerre mondiale.

 

Côté films :

- Bataillon du ciel (ESWAY)

 

- La bataille de Tobrouk (film tchèque)

 

- Bastogne (WELMANN)

 

- Mémoires de nos pères (EASTWOOD)

 

- Indigènes ( BOUCHAREB)

 

- Nom de code : Overlord (COOPER)

 

- Le général du diable  (KAUTNER)

 

- Le pont (WICKI)

 

- Far away  (KANG JI KUJ)

 

- The captain , l'usurpateur (SCHWENTKE)

 

- Kokoda, le 39e bataillon

 

- Attack! (ALDRICH)

 

On oubliera sans doute sans peine Les douze salopards, de même qu'un certain film de TARENTINO... tant les personnages frisent la caricature (mais il est parfait pour les âmes simples de brut décoffrage)

 

 

FILMUS

 

 

 

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 08:10

   L'histoire de la seconde guerre mondiale se clôt généralement par les deux explosions atomiques sur le Japon en 1945, et nombre de documents filmiques lui sont consacrés, soit dans la genèse de l'existence de ces deux bombes, soit dans les conditions politiques de leur utilisation, soit encore dans les conséquences de leur usage pour l'après Seconde guerre mondiale.

 

Côté documentaires :

- 39-45, Le monde en guerre, La bombe, février-septembre 1945

 

- L'Asie en flammes, Nagasaki. Le 9 août 1945, un bombardier américain largue la seconde bombe atomique sur la ville japonaise de Nagasaki. A l'aide des témoignages des survivants, des équipes de secours et d'images d'archives, le réalisateur Serge VIALLET nous dépeint l'horreur qui a suivi l'emploi de l'arme la plus terrible jamais fabriquée par l'homme. Une grande partie des victimes étaient des prisonniers de guerre coréens ou même européens. A travers ces témoignages, on comprend l'impact psychologique de cette arme sur la population alors que la guerre était de toute façon déjà perdue pour le Japon mais que les militaires qui dirigeaient le pays ne voulaient pas de la paix. Le documentaire s'attarde aussi sur la façon dont les Japonais ont vécu la défaite dans un pays dévasté par tant d'années de guerre et alors que les radiations continuent à tuer à Hiroshima et Nagasaki.

 

Côté films :

- USS Undianapolis

 

- Day one (SARGENT)

 

- La bataille de l'eau lourde (DRÉVILLE)

 

- Les héros de Télémark

 

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 07:08

    Nul doute que l'étude de la politique d'extermination des Juifs par les nazis avant et pendant la Seconde Guerre mondiale a aboutit à la production d'un nombre considérable de documents filmiques. Pour de multiples raisons, mais la raison de l'inhumanité de cette politique eut suffit, de nombreuses institutions, à des fins d'information documentaire, policières (recherche des criminels nazis) et politiques (valorisation du sionisme)n c'est à une profusion de documents que nous avons affaire, présentés aux différents publics sous différentes formes, alimentant nombre de réflexions (parfois polémiques) sur le sens de la Shoah. De nombreuses oeuvres de fictions, souvent très documentées et ancrées dans la réalité, témoignent également de cette abondance. Côté fiction, d'innombrables films évoquent l'holocauste dont a été victime le peuple Juif, sans en faire le thème central.

 

Côté documentaires :

- La série 39-15, Le monde en guerre : Génocide 41-45 (DVD 2 Volume 3) ; La solution finale, en deux parties (DVD 2 Volume 5).

 

- Auschwitz, Les nazis et la solution finale (REES)

 

Côté séries :

- Frères d'armes, Pourquoi nous combattons, dans le DVD 5

- Les orages de la guerre, dans les parties 2, 5, 7, 8, 10 et 11

 

- Holocauste

 

Côté films :

- Amen (COSTA-GAVRAS)

 

- Au nom de tous les miens (ENRICO)

 

 

- Sobibor, qui relate la seule révolte-évasion réussie d'un camp de concentration (KHABENSKI)

 

- La rafle (BOSCH)

 

- Le procès du siècle (JACKSON)

 

- Hannah ARENDT (VON TROTTA)

 

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 08:44

  Maints documentaires évoquent l'avancée des Alliés et le repli stratégique de l'Armée allemande, surtout côté Ouest, mais pas seulement. Côté films, la série soviétique La libération, déjà évoquée, détaille l'avancée sur le front Est des Soviétique, tandis que de nombreux films en Occident se concentrent sur la bataille des Ardennes, contre-offensive allemande, dont l'échec précipite la fin de l'Allemagne nazie, pratiquement toutes ses forces les plus entrainées, les plus aguerries et les plus dotées de chars de dernière génération ayant été consacré à cette tentative d'atteindre Anvers et de priver les Alliés de cette précieuse tête de pont, dans l'espoir (fou et vain) d'obtenir des États-Unis un répit afin de pouvoir contrer les forces soviétiques.

 

Côté documentaires

- 39-45, le monde en guerre, L'étau, Août 44-mars 45, DVD 1, volume 3

- Les grandes batailles, Allemagne 1944, partie 1

 

- Apocalypse La deuxième guerre monde, épisode 6 L'enfer

 

- Champs de bataille, La bataille des Ardennes (TIGNERES)

 

 

Côté films :

La bataille des Ardennes (ANAKIN)

 

- Attack! (ALDRICH)

 

- Un pont trop loin Hollande 1944 (ATENBOROUGH)

 

- Section 44 (GORDON)

 

- L'enfer est pour les héros (PIROSH)

 

- Bastogne (WELLLMAN) qui relate en 114 minutes l'histoire de la 101e aéroportée résistant à la contre-offensive allemande finale.

 

- Dans la série soviétique évoquée auparavant, La libération : DVD 2, l'opération Bagratin ; DVD 3, La bataille pour Berlin

 

 

Côté série

Frères d'armes : A la croisée des chemins, Bastogne (DVD3) et Point de rupture, La dernière patrouille (DVD 4)

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 11:48

  On peut considérer la filmographie - documentaires, séries télévisées et films de fiction confondus - de la seconde guerre mondiale comme étant réparties en plusieurs blocs de thèmes, et non seulement sur le plan des opérations militaires. Les résistances et les collaborations dans les territoires occupés avec l'occupant constituent à elles seules un de ces blocs : riche, fourni, global ou local, ce bloc a inspiré nombre de réalisateurs, et au fur et à mesure que l'on s'éloigne dans le temps de cette guerre, de manière de moins en moins caricaturale, de plus en plus nuancée, prenant en compte de plus en plus les conflits sociaux exacerbés par elle, s'attardant de plus en plus sur les motivations (politiques, psychologiques...) des adversaires face à face.

 

Côté documentaires

- Dans la série 39-45, Le monde en guerre, dans le DVD1, volume 3 sont développés l'Occupation de la Hollande (1940-1944).

 

- Vichy ou la mémoire emprisonnée est un de plusieurs documentaires consacrés au régime de l'État Français.

 

- Résistants-Collabos, Une lutte à mort (WEBER/MAZUET) éclaire le combat féroce entre deux facettes extrêmes de la résistance et de la collaboration.

 

- Collaborations (LE BONIN) parcoure les différents types de collaborations en Europe.

- Les combattants de l'ombre (GEORGE) dresse en 3 DVD le panorama des résistances. C'est un ensemble de commentaires, de témoignages d'anciens résistants (certains se considèrent d'ailleurs encore comme des résistants), d'images d'archives (remarquable travail sur la photographie), qui permet de se faire une première idée (car il faut toujours prolonger par l'écrit...) de l'état des différentes résistances en Europe durant la seconde guerre mondiale. Le documentaire reste toujours au niveau des acteurs de ce drame tout en prenant très souvent de la hauteur dans la narration des événements. Si l'on doit conseiller un seul documentaire ou un documentaire d'ouverture à la réflexion, c'est bien celui-là.

 

- Elles étaient en guerre 1939-1945 (BEZIAT-NANCY) se consacre à une grande partie du vécu des femmes pendant la seconde guerre mondiale.

 

Côté séries

- Une française des plus récentes, Un village français suit les différentes "aventures" d'un médecin contraint d'exercer des responsabilités politiques pendant l'Occupation.

 

- La ligne de démarcation, une des plus anciennes séries françaises consacrées à l'Occupation décrit plusieurs "faits héroïques" de résistants autour de la zone de démarcation entre le territoire sous administration directe allemande et celui sous le gouvernement de Vichy.

 

- Le 16 à Kerbriant tourne autour des relations entre résistants et un commandant allemand aux positions ambigües.

- La bicyclette bleue

 

Côté films, voici une sélection parmi la surabondante production autour de l'occupation, de la collaboration et de la résistance en Europe

 

- Uranus, sur la collaboration française (BERRI)

- Rome, Ville ouverte (ROSSELLINI)

 

 

- L'Élu (DISOAR)

- Fortunat (JOFFE)

 

- L'armée du crime (GUEDIGUIAN)

 

- Black Book (VERHOEVEN)

- Sous la ville

- Le train (FRANCKEIMER) montre les réseaux français de résistance dans les chemins de fer, à l'appui de la chasse à un train bourré de trésors volés, en route pour l'Allemagne. 

A rapprocher ce film, sur le thème des vols d'oeuvres d'art par les nazis, le film Monuments Men, de George CLOONEY, qui relate l'aventure d'une équipe chargée de récupérer ces multiples oeuvres volées dans toute l'Europe.

- HHhH, L'assassinat d'Heydrich (JIMENEZ)

 

- Opération Lidice

- La nuit des généraux

 

- Walkyrie (SINGER)

- La traversée de Paris (AUTANT-LARA)

- Normandie Niemen (DREVILLE)

 

- Suite française (SALL DAVB)

- Achtung! Bandits! (LIZZANI)

- La bataille du rail

 

Côté téléfilm, sélection autour d'une production elle aussi abondante

- 1943, L'ultime révolte (AYMET)

- Le temps de la désobéissance (VOLSON). Il s'agit-là des résistances au sein de la police française, à la politique d'extermination des Juifs en France.

- War of resistance (SPENCER)

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 11:30

     Alors que stratégiquement le débarquement en Provence des troupes venant d'Afrique du Nord et comprenant un fort contingent français est aussi important que celui en Normandie, la filmographie a favorisé fortement jusqu'à aujourd'hui celui des Anglo-saxons principalement engagés, avec à leurs côtés de multiples et beaucoup plus petits contingents de différentes nations. Si l'on célèbre chaque année, à force de petits documentaires souvent pris dans d'autres plus longs dans les différentes chaines de télévision, le débarquement du jour J en Normandie, peu de place est consacrée à l'autre, par le Sud, organisé notamment pour faire la grande jonction avec celui du Nord et devant également - même si dans les calculs des états-majors, ce ne fut pas toujours aussi clair, en terminer avec la présence efficace des troupes allemandes dans l'Italie du Nord.

Tant les documentaires que les films de fiction racontent ces combats, décisifs pour l'issue de la seconde guerre mondiale, qui ouvrent enfin le deuxième front demandés avec insistance par les Soviétiques depuis le début de leur "grande guerre patriotique". Dans la filmographie de la seconde guerre mondiale, si l'on excepte les oeuvres consacrées à la guerre dans le Pacifique, le débarquement de Normandie possède pratiquement la première place.

 

Côté documentaires, concernant le débarquement de Normandie, on pourra voir :

- Dans la série française Les grandes batailles, la partie La Bataille de Normandie (1944), d'une heure et 29 minutes (voir outre le DVD de la série, le site de l'INA) ;

 

- Dans la série britannique Le monde en guerre (the world at war), Une certaine aube, Juin-Août 1944

 

- le documentaire D Day, Ils vont voir l'enfer du débarquement (de Richard DALE)

- Ils ont filmé la guerre en couleur La Libération, de BOUYER;

- Champs de bataille partie 2,  dans les DVD 3 ET 4, Les anges de la victoire et La Hitlerjugend contre-attaque, qui a le mérite de bien montrer les actions et réactions du débarquement (TIGNÈRES)

 

- Jour J, Le débarquement, de CAPRA, qui se situe dans la logique de Pourquoi nous combattons?

 

- La bataille de Normandie, documentaire américain. Diffusé en DVD à l'occasion du 70e anniversaire du débarquement, dans le flot de documents habituellement produits ou reproduits à ces anniversaires annuels, avec une présentation un peu tapageuse qui informe peu sur le contenu, ce documentaire, sous la bannière des AAA, semble une partie tirée de plusieurs autres, la dernière (?), éditée par Peter JONSON, en 2007 (Edgehill Publishing Ltd), à l'adaptation française de Gilles THOMSON. Composé uniquement d'images d'archives en noir et blanc, de 51 minutes.

 

- Grandes batailles de la Deuxième guerre mondiale, Le débarquement.

 

 

      Côté films, nous ne conseillerons que les trois films suivants, bien que le thème du débarquement inspire de nombreux réalisateurs, mais souvent de manière annexe :

- Le jour le plus long, métrage américain (Twentieh Century Fox) de ZANUK et de ses nombreux co-réalisateurs, aux interprètes de renommée internationale. Centré sur le débarquement, le film de 172 minutes (mais la longueur peut varier) noir et blanc de 1962, ou colorisé plus récemment, présente les différents théâtres d'opération, du point de vue Allié et Allemand dans la journée du 6 juin 1944, précédé des préparatifs de la veille au soir. Il présente divers points de vue, de l'état-major au soldat de base, des forces régulières aux résistants, le tout avec de véridiques anecdotes. Très spectaculaire, le film serre de près la réalité historique,et les principaux déterminants des stratégies face à face.

 

- Il faut sauver le soldat Ryan, film américain de Steven SPIELBERG, sorti en 1998, qui met en scène des soldats américains ayant pour mission de retrouver un soldat, dans la ligne de front, dont les frères sont morts au combat. Il est intéressant de comparer les scènes mêmes du débarquement avec celles du Jour le plus long. Le réalisme est plus fort dans ce qui a été le vécu des soldats venant des navires de la côtes : un enfer et une boucherie.

- Paris brûle t-il? de René CLÉMENT, film franco-américain sorti en 1966, à la demande du producteur Paul GRAETZ et adapté du livre éponyme de Larry COLLINS et Dominique LAPIERRE. Fresque historique qui montre les faits de résistance et les actions militaires qui conduisent à la libération de Paris et à la reddition du général von CHOLTITZ, commandant en chef de la Wehrmacht à Paris, chargé par HITLER de détruire Paris en cas de débordement des troupes alliées, le film montre bien l'état des forces en présence, tant militaires que civiles (résistances rivales). Mêlant images tournées et archives, le film atteint un niveau de véracité historique intéressant, même s'il ne s'intéresse qu'à un tronçon de l'histoire de la libération de la France. En tout cas, il fait avancer dans le temps dans la perception de cette libération, qui s'arrêtait souvent aux plages de Normandie et aux villes côtières. Le DVD comporte des bonus intéressants qui resituent l'épisode de la libération de Paris dans son contexte et qui commentent la place du film dans l'historiographie générale, puis dans la filmographie de René CLÉMENT.

   

- Overlord, flm britannique de Stuart COOPER, sorti en 1975. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Tom, jeune homme de 20 ans, quitte le foyer familial pour rejoindre l'armée britannique. Il découvre la discipline militaire, l'entraînement, les copains, il rencontre une jeune femme dont il tombe amoureux... mais il entrevoit aussi sa propre mort qui le hante dans ses rêves. Son unité est placée au secret car elle doit débarquer en Normandie, et le jeune soldat, qui vient de fêter son 21e anniversaire, est coupé de toutes ses racines et de tout contact avec l'extérieur. Il embarque avec ses camarades sur le chaland de débarquement et laisse ses pensées errer parmi les évocations de ses cauchemars et de son ami désormais lointaine... Si l'on se donne la peine ici de reproduire le synopsis de ce film, c'est parce qu'il est rarement diffusé. Présenté au festival de Berlin (1975) où il obtient le Prix spécial du Jury, Overlord voit sa diffusion cantonnée au Danemark, au Japon et aux États-Unis, et même pas dans son pays d'origine.  Sans concession sur le thème du soldat chair à canons et sur la rhétorique militaire, il est à cent lieues des métrages de commémoration. De plus, l'entrelacement d'archives et de scènes de fictions a dû rebuter plus d'un distributeur... D'une heure 24 minutes, en noir et blanc (superbe), il est édité par Sidonis Calysta.

 

 

     Côté séries, il faut mentionner deux réalisations marquantes. L'une surtout, Frères d'armes (HANKS/SPIELBERG), qui débute pratiquement par le débarquement en Normandie (DVD 1 : Currahee, Day fo Days ; DVD 2 : Carentin). L'autre Les orages de la guerre, dans sa partie 9, fait une large part à l'histoire de ce débarquement.

     

 

 

     Il faut souligner que très peu de film de fiction ou de documentaire vont plus loin, après la libération de Paris et l'espace-temps entre le Débarquement et la bataille des Ardennes est très peu occupé par la filmographie. Il serait injuste toutefois de dire qu'il n'y en a pas. Témoin ce documentaire, intitulé La grande offensive, qui va des plages de Normandie aux rives du Rhin, sous la bannière des AAA, déjà mentionnée, construit à partir d'images - parfois très rares - en provenance des archives alliées et allemandes.

   

    Alors que, notamment avec la conjonction des forces débarquées en Provence, des combats importants se déroulent sur le sol français, obligeant les troupes allemandes à une manoeuvre stratégique de repli des troupes d'Italie et de France sur le Rhin.

   Il faut mentionner le documentaire Provence Août 1944, L'autre débarquement, qui dépasse par sa densité l'aspect hommage du 70e anniversaire d'un débarquement peu évoqué de la Seconde guerre mondiale. Dans ce DVD figure, outre le film-documentaire (2014) lui-même, réalisé par Christian PHILIBERT et Laurent MOËNOARD, d'une durée de 52 minutes, composé d'images d'archives d'origine variée, des entretiens avec d'anciens soldats et de historien (70 minutes) avec des extraits de D-Day, leur jour le plus long et de La libération en couleur.

 

La filmographie sur le débarquement de Provence n'est pas pour autant inexistante. Mentionnons le film algéro-belgo-français de Rachid BOUCHAREB sorti en 2006 (découverte de la guerre par trois tirailleurs algériens et un goumier marocain, de l'Italie jusqu'aux portes de l'Alsace) et le film Au soldat inconnu, le débarquement de Provence (2009) du réalisateur et acteur Thomas LEMOIGNE. Cette prise en considération est toutefois très récente.

 

 

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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 08:25

   Un des thèmes sans doute les plus intéressants dans le déroulement de la seconde guerre mondiale, car ayant un enseignement bien au-delà de cette guerre, est la mobilisation des populations. Comment les gouvernements américains, japonais, allemands, italiens et français ont-ils pu (ou au contraire être contrariés) obtenir l'assentiment de populations pourtant encore marqués par les souvenirs de la première guerre mondiale à la participation à la guerre? L'effort de propagande des gouvernements, mâtinée souvent de mensonges d'État, a été particulièrement vif durant cette guerre et maints documentaires en rendent aujourd'hui bien compte. L'image de populations déterminées les unes contre les autres à en découdre, pour des raisons diverses, s'efface alors devant le constat des grandes difficultés qu'ont eu les agences gouvernementales de convaincre les populations de la légitimité de la guerre. Que ce soit en Allemagne, où l'intérêt au départ du soutien aux populations germanophones fut avancé pour le soutien aux actions de l'armée pour envahir des pays limitrophes (de manière concomitante à la répression de toutes les oppositions, de manière radicale), aux États-Unis, où il fallu l'exploitation de l'attaque surprise de Pearl Harbour pour convaincre la population au départ en grande majorité isolationniste, ou en France, où on dû installer une atmosphère de "drôle de guerre", et d'entretien de l'espoir de plier le régime nazi par la diplomatie, pour faire accepter la mobilisation générale, ces documentaires montrent le déploiement sans précédent de tout un appareil de propagande, où sont mis en jeu autant les émotions populaires que les arguments rationnels.

 

     39-45 Le monde en guerre dans les deux "épisodes" La guerre des civils, Angleterre 40-44 (DVD 2 volume 2)

 

La vie dans le Reich, 40-44 (DVD1 volume 3) indiquent de manière contrastée le grand jeu de la mobilisation civile, parallèlement à la mobilisation des armées, menés par les deux gouvernements britannique et allemand.

 

Pour sa part Pourquoi nous combattons? (DVD 7) montre bien la difficile mobilisation de l'opinion américaine en faveur d'une participation ouverte à la guerre. 

 

  

Les documentaire 39-45, quant à lui montre comment le pouvoir japonais emmène tout le peuple dans la guerre (DVD 2 volume 3), comment Hitler mène les Allemands des guerres en faveur des peuples germanophones à une entreprise bien plus vaste de conquête de territoires pour la race supérieures, notion que ne partage en fin de compte pourtant modérément les populations allemandes (DVD 1, volume 5), comment s'organise, entre collaboration des civils et maillage des forces policières et militaires, l'Empire nazi (DVD1, volume 5).

  

 

    Le documentaire Propaganda Kompanien montre combien, à travers les activités des reporters du IIIe Reich, l'information-désinformation sur les combats de la guerre, s'avéra indispensable pour obtenir la collaboration active des populations allemandes aux menées du régime nazi. Ce documentaire de 95 minutes de 2012, réalisé par Véronique LHORME (producteur La cuisine aux images, diffuseur Planète+, RTBF), a été sélectionné au Festival du film d'histoire de Pessac.

Présents sur tous les théâtres d'opération aux côtés de l'armée allemande, les caméraman des Propaganda Kompanien ont traversé la seconde guerre mondiale caméra au poing (payant d'ailleurs un lourd tribut dans leurs rangs). Ils ont rapporté des milliers d'images qui ont maintenu le statut d'archives, utilisées dans un but précis par les responsables du Reich : la propagande. Leur maitrise professionnelle, acquise bien avant leurs confrères des armées des autres pays, leur qualité et leur tournage systématique, font qu'aujourd'hui encore, ces images continuent d'influencer la perception que nous avons du grand conflit armé. Un gros plan est effectué dans ce documentaire sur les parcours de quatre reporters du IIIe Reich (dont le cameraman personnel d'Adolf HITLER, Walter FRENTZ) et sur les mécanismes qui ont hissé l'image au rang d'arme de guerre.

   

   

 

    Le film américain de Edward DMYTRYK Les enfants d'Hitler sorti en 1943, est une adaptation dramatisée de l'enquête journalistique Education for Death de Gregor ZIEMER. Ce métrage de 82 minutes, en noir et blanc, se centre autour des relations entre Karl, jeune allemand, hitlérien et une enseignante de nationalité américaine d'origine allemande, Anna Miller, qui se rencontrent à Berlin, en 1933, entre une école destinée aux enfants des résidents américains et une Horst Wessel Schule, qui la jouxte, où l'on enseigne à de jeunes recrues les rudiments de la propagande nazie. Lorsque la guerre se déclenche en Europe, Ana, considérée désormais comme allemande, est congédiée de l'institution américaine et contrainte de travailler pour le nouveau régime. Avec courage, elle refuse d'obtempérer et sur les recommandations de Karl, devenu lieutenant, est transférée dans un camp de travail. Son e-x-supérieur hiérarchique, le professeur américain Nichols, se lance désespérément à sa recherche... Loin d'une caricature, la description de l'évolution des personnages et des situations, font de ce film une "véritable révélation" selon les archivistes de la RKO. Le réalisateur Edward DMYTRYK, malgré le succès de son film, n'échappe cependant pas aux accusations d'activités communistes en 1948 et est contraint de s'exiler en Angleterre.

Ce film ne doit pas être confondu avec le documentaire - très intéressant par ailleurs - du même nom en Français, de Chanoch ZEEVI, de 59 minutes, sur les témoignages de 5 descendants de nazis figurant parmi les plus influents du régime d'HITLER.

 

    Parmi les livres traitant de l'évolution des populations allemandes pendant la seconde guerre mondiale, nous recommandons celui de Ian KERSHAW, professeur à l'université de Sheffield et membre de la British Academy, et spécialiste de la société allemande sous Hitler, L'opinion allemande sous le nazisme, Bavière 1933-1945, paru aux CNRS Éditions en 1995, réédité plusieurs fois depuis. Cette étude fondamentale a révolutionné la connaissance de l'opinion publique sous le IIIe Reich, alors que persistait l'image d'un peuple unanime avec le régime nazi. Dans une région emblématique, la Bavière, où Adolf Hitler fit ses premières armes, l'histoire indique plutôt un mélange changeant d'inertie, d'adhésion, de peur ou de renoncement. L'auteur s'efforce de répondre aux question entourant les réactions de "l'homme de la rue" aux défilés nazis, au boycott des commerces juifs, aux attaques contre le clergé, à la brutalité des SS et à la répression des opposants, comme à celles des églises, des ouvriers, des classes moyennes, du patronat et de l'aristocratie...

 

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 12:04

  S'il est bien une constante dans le déroulement de la seconde guerre mondiale, c'est la persistance de l'erreur stratégique majeure des bombardements aériens massifs. Imprécis, aléatoires dans leurs résultats, soumis à des conditions atmosphériques changeantes, dirigés souvent sur de faux objectifs de par les activités d'espionnage, mauvaise coordination au sein des armées de l'air, ils sont pourtant réitérés dans les deux grands camps en Europe, de l'Angleterre, à la France et à l'Allemagne. Que ce soit sur des objectifs liés à la démoralisation des populations ou sur des objectifs proprement militaires ou industriels, les exemples ne manquent pas d'échecs constatés sur le terrain. Les documentaires mettent bien en relief cette erreur stratégique, que ce soit sur l'Angleterre, où l'état-major allemand vise alternativement de détruire un potentiel industriel et de saper le moral des populations, que ce soit en France, où se mêlent errances tactiques et alimentation de la propagande allemande contre les alliés - à l'exception notable des lâchers de bombes sur les infrastructures de transports (guidés par les renseignement de la Résistance) en vue de la préparation des débarquements en Normandie et en Provence, ou que ce soit en Allemagne, où malgré les destructions énormes des infrastructures industrielles et civiles, ils n'ont fait que de renforcer le soutien inconditionnel de la population vis-à-vis du régime, et de plus ont été l'occasion de reconstruire ce même potentiel industriel à l'abri desdits bombardements (en quantité et en qualité supérieures en plus, à la fin par rapport aux autres périodes de la guerre!)... Il est dommage d'ailleurs que ces documentaires n'aillent pas au bout de leur démonstration et de le leur démarche : il a fallu tout le poids des complexes militaro-industriels aéronautiques pour maintenir cette même erreur tout au long de la guerre!

    Alors que la plupart des documentaires "expédient" le fait en quelques images et commentaires, parfois avec un certain pathos, 39-45. Le monde en guerre, dans L'orage en flamme restitue bien l'ampleur des bombardements comme de l'échec souvent des objectifs affichés (volume 2 DVD 2).

 

   La France sous les bombes alliées, le documentaire en noir et blanc et couleurs de 91 minutes, réalisé par Catherine MONFAJON, Emmanuel BLANCHARD et Fabrice SALINIÉ, pour France Télévisions, se situe dans toute une historiographie critique de la seconde guerre mondiale qui s'empare de la production littéraire depuis le début des années 2000. Ce sujet, longtemps passé sous silence, est vulgarisé par ce documentaire avec un certain bonheur. C'est que le documentaire, s'il est centré sur la question du bombardement des villes française, puise plus profond, puisqu'il fait démarrer l'histoire pendant la Première Guerre mondiale par une assez brève allusion, avant de planter le décor. Les premières bombes anglaises tombèrent d'abord sur Dunkerque en juin 1940, lors de l'attaque de la RAF contre les armées allemandes stationnées à proximité. La suite du film n'est pas qu'n amoncellement d'évocations de bombardements, lesquels sont replacés dans un contexte stratégique : les destructions des ports sont ainsi différenciées de celles d'usines produisant des biens pour l'occupant ainsi que les dévastations de noeuds ferroviaires. L'accent est mis sur le Transportation Plan visant à restreindre profondément la mobilité des troupes allemande l'été 1944, sans pour autant que les autres opérations, comme celle des attaques contre les "poches de l'Atlantique" soient négligées. Les deux points vue opposés sur ces opérations sont bien présentés : celui des Alliés pour qui les bombardements sont jugés indispensables, et celui des Français bombardés, des nuances étant apportées par d'autres, comme par exemple des Résistants ou des combattants de la France libre. Le film est réalisé à partir d'images d'archives ainsi que de témoignages émanant de personnes ayant vécu sous ces bombes (Philippe BELLARINI, aerostories.celeonet.fr)

 

     Parmi les films de fiction relevons-en deux très différents, Dresde (2006) et Les briseurs de barrages (1955).

Dresde, téléfilm allemand réalisé en 2006 par Roland Suso RICHTER, qui se centre sur le bombardement de cette ville en février 1945, est d'abord un film d'amour entre fille d'un riches directeur d'hôpital et le docteur Alexander, mais fait une part très grande aux circonstances des événements dramatiques pendant 3 jours (14 au 15 février). Produit par la ZDF, divisé à l'origine en deux parties de 90 minutes chacune, avec une version cinéma sortie en 2010, le film est inspiré du livre de Jorg FRIEDRICH, Le Feu. L'analyse des faits montre que cette destruction était parfaitement inutile sur le plan stratégique. La seule utilité sans doute, du point de vue des concepteurs de l'opération fut de monter le potentiel destructeur (en bâtiments et en vies humaines) des bombes utilisées...

Les briseurs de barrage, film britannique réalisé par Michael ANDERSON, sorti en 1955, d'après le livre éponyme de 1954 de Paul BRICKHILL, relate des faits ayant réellement eut lieu (l'Opération Chastise). La RAF décide de faire sauter trois barrages ennemis sur la Ruhr à l'aide de bombes spéciales, mais le raid est dangereux pour de nombreuses raisons. Composé de deux parties bien distinctes - la première sur la conception et les essais d'une combe spéciales inventées par le Docteur Barnes WALLIS, la seconde, la plus courte, sur le raid lui-même - le film ne montre que l'attaque sur les barrages de la Möhne et de l'Eder, mais pas sur les autres qui demeurèrent intacts. Contrairement au barrage de la Möhne, celui de l'Eder n'alimentait pas le réseau de la Ruhr et sa destruction n'eut aucun impact sur la production industrielle. Plus un millier de personnes périrent, et plus de moitiés se trouvaient être des prisonniers de guerre français et ukrainiens stationnés dans un camp au-dessous du barrage de l'Eder... Film à grand spectacle, Les briseurs de barrage évite bien soigneusement l'échec quant aux objectifs pour se centrer sur l'héroïsme des combattants, avec une perte de 8 avions et de 56 hommes... Il faut signaler que de nombreux raids furent minutieusement préparés, même si c'est parfois sur la base d'informations inexactes ou fausses, et leur analyse après opération faisait l'objet de rapports très précis qui étaient destinés à l'ajustement des prochains raids, mais l'histoire montre, que, compte tenus des différents terrains et conditions atmosphériques en cause, peu de leçons réelles en ont été tirées dans le feu de la guerre, sauf sur des plans mineurs tactiques...

 

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 11:09

     La filmographie, comme d'ailleurs l'historiographie, n'est pas tendre envers les armées italiennes. Passé l'épisode éthiopien, elles se sont illustrées sur nombre de champs de bataille, par de nombreuses défaites... Que ce soit en Afrique ou dans les Balkans, la réputation des officiers et des soldats italiens, est faite de mollesse, d'hésitations et de... retraites... Heureusement, des documentaires font justice de cette réputation et dans la série française Les grandes batailles, Italie - 1943, l'un des intervenants, dans la partie finale, où ils interviennent toujours pour commenter, et souvent corriger les impressions du téléspectateurs à la vision du film proprement dit, indique avec justesse que si les Italiens se font battre ainsi tout au long de la guerre, sur de nombreux fronts, c'est que, tant chez les soldats que chez les officiers, hormis les dirigeants fascistes, souvent aiguillonnés par des "conseilleurs allemands", l'envie de se battre n'existe pas réellement... Surtout contre des Français - hormis l'épisode où les Alliés commencent à prendre pied sur leur sol (prenant par surprise des états-majors, qui croyaient que cela allait être facile...), qui rappelons-le avait contribué à la libération de l'Italie, en 1870, des austro-hongrois, et surtout avec pour alliés des Allemands dans lesquels ils n'ont pas alors de sympathie particulière.... Sans remonter aux temps du Saint-Empire-Romain germanique dont principautés italiennes et principautés germaniques se disputent (Église romaine en tête) l'hégémonie et direction... Bref, dans l'imaginaire italien, les fascistes - même au moment de leur grande popularité - se trompent d'ennemi! L'homologie, souvent montrée entre nazisme allemand et fascisme italien, n'existe souvent que dans l'esprit des dictateurs et de leurs entourages et fait oublier l'antériorité forte des italiens sur les Allemands dans la marche vers la dictature...

   Dernière remarque liminaire : pourquoi s'obstiner à parler de bataille d'Italie, alors que nous avons affaire là à tout un pan de la seconde guerre mondiale, de plusieurs batailles d'envergures et parfois très sauvages : campagne de Sicile, bataille de Monte Cassino (elle-même série de quatre batailles...), Opération Avalanche, Conquête du Nord de l'Italie, Offensive de printemps 1945

     Les deux documentaires Les grandes batailles cité et 39-45, Le monde en guerre - Plus dur qu'on ne le pense 42-44, montrent bien ces facettes des armées italiennes, lorsqu'elles sont confrontées aux forces alliées.

La Bataille d'Italie, dans la série d'émissions télévisées historiques de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, en un peu plus d'heure et demie, a le grand mérite d'apporter un éclairage sur les événements de 1943, alors que relativement peu de films traitent de cette période.

 

L'autre documentaire 39-45, Le monde en guerre, créé par Peter BATTY j Jeremy Isaacs et Hugh RAGETT Plus dur qu'on ne le pense, traite d'une période plus étendue (1942-1944), et montre l'ensemble de la progression alliée dans la Péninsule (volume 2 sur le DVD2), même s'il le fait dans une durée un peu plus courte. le sous-titre indique que les combats furent plus durs que prévus par les Anglo-saxons et les Français, tant en Sicile que vers le Nord de l'Italie.

   

   Nous retenons principalement quatre films pour cette "bataille d'Italie" : Anzio, B-17, Bienvenue en Sicile et Païsa.

La bataille pour Anzio, film italo-américain coréalisé par Duilio COLETTI et Edward DMYTRYK, sorti en 1968, mêle la grande bataille, l'une des plus dure de la guerre, en 1944, aux aventures d'un correspondant de guerre (campé par Robert MITCHUM). Si l'un des enjeux de l'histoire est la compréhension des raisons profondes qui poussent les hommes à se faire la guerre (et là le propos est plutôt pessimiste, c'est parce que... ils aiment ça!), les 118 minutes du métrage permettent de bien voir le déroulé des opérations, depuis la pénible tête de pont de Salerne en Sicile en été 1943. Même si la responsabilité de la stagnation des forces alliées dans le film est porté sur le commandement (le général LESLEY étant démis pour être remplacé par "un chef plus énergique", le problème principal est bien la répartition des forces à consacrer aux opérations en Italie concurremment à celles en France, via les débarquements en Normandie et en Provence.

 

B-17, la forteresse volante, film réalisé par Michel R. PHILLIPS, sorti en 2011, de 97 minutes, conte l'histoire de l'équipage du bombardier américain B-17 Flying Fortress Lucky Lass, pendant la campagne de bombardement de l'Italie à partir de l'Afrique du Nord. Il s'agit de plusieurs opérations en juillet 1943, d'abord au-dessus de Gerbini en Sicile puis à la fin sur Rome, qui  ont eu réellement lieu. Le film est un mélange d'images réelles et d'images de synthèse, notamment pour les vols en escadrille. Le film montre ce qui fut une des grandes stratégies du commandement allié, bombardement pour écraser le potentiel militaire de l'adversaire - objectif peu atteint on le sait par ce moyen, d'autant plus que ces raids furent d'une intensité bien moindre que ceux réalisés en Allemagne. Même si sur le plan technique, les prouesses de l'avion et de l'équipage semble peu réalistes, l'effort de l'équipe des effets spéciaux est méritoire, car de toute façon entre le spectaculaire nécessaire de la mise en scène et la réalité des opérations elles-mêmes dans le bombardier, elle n'a guère le choix...

 

Bienvenue en Sicile, film italien de Pierfrancesco DILIBERTO, sorti en 2016, se situe en 1943, et démarre quand l'armée américaine prépare son débarquement. Le film de 99 minutes tourne autour d'une sicilien à la famille appartenant à la mafia et qui découvre la guerre, alors qu'il est tout à ses tentatives de mariage. Il lie une étrange relation avec un lieutenant américain échoué lors d'un parachutage, en pleine autre guerre, celle de deux branches de la mafia tandis que celles-ci aident les Américains à envahir l'île. Outre les aventures romantiques contrariées du sicilien, le film montre bien l'implication américaine dans la restauration de la mafia en Sicile en échange de son aide, celui-ci tenant à dénoncer toute cette entreprise au Président des États-Unis. Fictive, l'histoire se base en revanche sur la vérité historique de cette implication. Loin d'être donc un film "de guerre", Bienvenue en Italie montre bien les conséquences de certains moyens employés dans la "libération" de l'Italie.

 

Païsa, film italien réalisé par Roberto ROSSELLINI, sorti en 1946, de 126 minutes, présente six récits successifs, liés par le thème à la libération de l'Italie par les Alliés durant la compagne d'Italie. Chaque court métrage suit une grande étape de leur progression géographique. Ces récits non titrés sont introduits par une voix off, et simplement séparés par une zone noire. Ainsi la Sicile, Naples, Rome, Florence et la Romagne, puis enfin le delta du Pô sont conquis de haute lutte. A chaque fois est représenté le vécu d'Italiens et de soldats, sans fioriture ni lyrisme. L'ensemble constitue un tableau très représentatif d'aspects de la guerre, surtout vue hors des combats proprement dit, le récit intervenant souvent au début ou à la fin d'une "bataille". Païsa constitue le deuxième chapitre de la trilogie de la guerre mondiale de ROSSELLINI, qui commence par Rome, ville ouverte (1945) et se conclut avec Allemagne année zéro (1948). Chef d'oeuvre réalisé principalement avec des acteurs non professionnels choisis sur les lieux de tournage, il est exemplaire du style du réalisateur, humaniste et témoin lucide de son temps. Film désespérant aussi, car il n'y a que des hommes et des femmes qui tentent de survivre plutôt que de vivre et même que de se battre (même s'ils le font effectivement), excepté quelques uns, d'ailleurs écrasés dans la tragédie de toutes ces destructions.

 

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