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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 11:47

   Dans la filmographie et l'éventail des documentaires sur la seconde guerre mondiale, on est frappé de voir combien les réalisateurs et producteurs se polarisent, pour le versant occidentale de la guerre, sur deux grandes "batailles", la bataille d'Angleterre d'une part, et la bataille de Stalingrad d'autre part. Ce qui n'est pas injustifié, tant ces deux batailles marquent le retournement de situation militaire et stratégique, un coup d'arrêt à l'expansion nazie et également à chaque fois, un regain d'espoir chez des millions d'Européens. Dans la contre offensive soviétique, et même dans le temps 1941-1943, la bataille de Stalingrad est bien plus évoquée qu'aucune autre partie de cette grande "bataille", sur le plus important front en terme de kilomètres de territoire. Bien plus que l'offensive qui conduit les armées allemandes aux portes de Moscou et de Léningrad. cette contre-offensive est filmée, représentée, analysée, dramatisée, dans de nombreux films et documentaires de bien des pays.

  

Côté documentaire, citons :

  la série américaine Pourquoi nous combattons, dans sa partie cinq qui évoque "l'offensive soviétique" ;

 

   la série française Les grands batailles, dans La bataille de Stalingrad, juillet 1942-février 1943 ;

  

 

  39-45, Le Monde en guerre, Stalingrad ;

  

Apocalypse la deuxième guerre mondiale, dans son Épisode 5 ;

  

la série Grandes batailles de la Deuxième Guerre Mondiale, La bataille de Stalingrad...

 

    La bataille de Stalingrad, de 1972, dans la série française de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, montre durant 1 heure 21 minutes, l'avant, pendant et l'après bataille, incluant bien à la fois les enjeux stratégiques et les souffrances humaines. Les autres documentaires cités sont tout aussi instructives à cet égard, une mention devant être faite pour, dans la série Grandes Batailles de la Seconde Guerre Mondiale de Cyril DION et Mélanie LAURENT, de 2014, de la bataille de Stalingrad.

    A noter aussi le 3e épisode de la série Les grandes batailles de la seconde guerre mondiale, sur National Geographic, sur la bataille de Koursk.

  

    Côté film, notons les trois Stalingrad, mais il y en a d'autres, de BONDARCHOUK, ANNAUD et VILSMAIER.

Le film allemand de 115 minutes sorti en 1993, de Joseph VILMASTER, Stalingrad vu du côté allemand, suit le parcours au front d'un lieutenant et de ses hommes - montée au front, enfer des combats, marche à travers les steppes glacées, tentatives de rébellion après encerclement par les forces soviétiques, puis anéantissement. Fort de moyens importants (trente acteurs, 25 000 figurants, 100 cascadeurs, de nombreux moyens motorisés militaires, le film est d'abord une reconstitution historique impressionnante. Sont bien montrées ces hommes perdus physiquement (froid, poux et faim) et moralement (doute sur la mission, doute sur la légitimité de cette guerre). Le film ne tombe jamais dans le manichéisme ou l'apitoiement et offre un regard nouveau et nuancé sur cette terrible bataille. Il s'inspire du roman du même nom; de Theodor PLIEVIER.

 

Le film international de Jean-Jacques ANNAUD sorti en 2001, raconte l'affrontement entre deux tireurs d'élite, instrumentalisé par la propagande de leurs camps respectifs, tout au long de la bataille de Stalingrad. De 131 minutes, le métrage, malgré quelques erreurs de détail, largement fictif (les personnages sont changé soit n'existent pas dans la réalité...), a le grand mérite de mettre les projecteurs sur une réalité souvent oubliée de la bataille, le va-et-vient de soviétique de part et d'autre du front, propice à tous les espionnages (pour les repérages de l'ennemi, essentiels dans cette fournaise de ruines et de fumées...) et l'existence de corps de tireurs d'élite chargés d'éliminer les officiers de l'armée ennemie.

Le film russe sorti en 2013 du réalisateur Fiodor BONDARTCHOUK - premier film de ce pays à sortir en 3D et en IMAX (film largement produit à Los Angeles...) début à partir du moment où en 1942, les troupes allemandes atteignent les rives de la Volga mais échouent dans leur tentative de franchir le fleuve. Les troupes allemandes doivent donc battre en retraite. Une partie du film se focalise sur le siège par les Allemands d'une maison où se sont retranchés des soldats russes. De 135 minutes, le film montre - sobrement il faut le constater - l'héroïsme de ces soldats encerclés, en contre-point de scènes de grande ampleur (ces longues colonnes de soldats qui se ruent sur la ville...).

 

D'autres films racontent cette bataille de Stalingrad :

- le film soviétique de Youri OZEROV, de 196 minutes, parfois montré comme une mini-série, sorti en 1990. En deux parties : la première montre l'attaque des Allemands en 1942 et la deuxième partie consacrée à la contre-offensive des Russes jusqu'à la victoire en février 1943.

- Stalingradskaja Bilva, film soviétique de 1949, restauré en 2008 par International Historique Films.

- Chiens, à vous de crever! de Frank WISBAR, film oust-allemand de 1958 et Stalingrad Snipers d'Alexandre EFREMOV, film béliorusse en deux partis de 2009, que l'on peut oublier sans dommages...

   D'autres films portent sur d'autres aspects de la contre-offensive soviétique :

- Attaque sur Léningrad, d'Alexandre BOURAVSKI, de 2009, inédit en salles en France

 

     Coté série, indiquons-là, en signalant que dans nombre d'entre elles, sont évoqués les espoirs qu'ont fait naitre l'arrêt de l'invasion soviétique, deux d'entre elles, Les orages de la guerre et La libération.

- Les orages de la guerre, suite du Souffle de la guerre, dans ses parties 4 et 6, évoquent cette contre-offensive soviétique, cette série qui raconte, en adaptation du roman War and Remembrance de Roman WOUK (1978), la suite de l'histoire des familles Henry et Jastrow. La mini-série états-unienne de 1988-1989, créée par Dan CURTIS, Herman WOUK et Ernst WALLACE, de douze épisodes en tout, rend bien compte notamment à travers les missions de Victor "Pug" Henry, la perception qu'on pu avoir les États-Unis de l'état du front à l'Est.

 

- La libération, série du cinq films, souvent appelé le "cycle de la guerre patriotique", de Youri OZEROV (le réalisateur de plus tard en 1990 de Stalingrad), tournés entre 1967 et 1971, propose une évocation épique de grands moments de la Seconde guerre mondiale, avec en point d'orgue la prise de Berlin par les russes. Après L'Arc de feu (sur notamment la bataille de Koursk) et la Percée (l'avancée sur le fleuve Dnierp), Opération Bagration raconte la grande attaque menée par l'Armée rouge à l'automne 1944. Oeuvre de glorification de l'armée soviétique, elle se veut aussi un contre-point de la vision occidentale de la seconde guerre mondiale, souvent axée autour du Débarquement de Normandie (voir Le Jour le plus long...). En noir et blanc et en couleur, en jouant habilement sur les contrastes, le réalisateur communique réellement à son oeuvre un souffle épique, même s'il déforme notablement les personnages d'HITLER et de STALINE (aimable fumeur de pipe...). Mais le commentaire pompeux - commande de propagande oblige - et la description des opérations (cartes animées à l'appui) parfois trop techniques, limite documentaire, passent mal aujourd'hui, même avec le remarquable travail de remastérisation de l'ensemble des films. Les commentaires éclairés d'Ada ACKERMAN dans les DVD qui permettent de redécouvrir ces films, aident toutefois à dépasser cette impression. On peut comparer ces films, très grandes différences d'époque mis à part, avec la trilogie Chinese Wars commandée par le Parti communiste chinois.

 

      Pour comparer avec les faits, rien ne valent les livres, et nous pouvons conseiller Le front germano-soviétique (1941-1945) : Une apocalypse européenne, de Masha CEROVIC, Gallimard, 2015 et les deux livres de Jean LOPEZ : Opération Bagration : La revanche de Staline (1944), Economica, 2014 et Les offensives géantes de l'Armée Rouge, de la même maison d'édition, 2010, pour ce qui est la fin de cette contre-offensive qui emmène les soldats soviétiques jusqu'à Berlin. Et aussi le livre malheureusement pas encore traduit en Français de Albert SEATON, The Russo-German WAR, 1941-1945, Reprint edition, Presidio Press, 1993.

 

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 12:26

     Ces batailles sur l'Atlantique et sous l'Atlantique d'ailleurs, puisqu'elles s'inscrire dans une véritable guerre sous-marine, qui se déroulent tout au long de ces années 1939 à 1945, font l'objet de documentaires et, moindres en définitive, de métrages de fiction. Notons que cette appellation est parfois étendue aux combats ayant eu lieu dans l'océan Arctique, l'Océan Indien, voire la Méditerranée...

   Côté documentaires, on peut voir Bataille de l'Atlantique, dans la série Les grandes batailles, des années 1960, d'Henri de TURENNE et Jean-Louis GUILLAUD. En un heure 7 minutes, les réalisateurs de ce documentaire tiennent la gageure de raconter ces combats à importance stratégique, puis l'enjeu principal est de d'abord pour les États-Unis de soutenir l'Angleterre dans le combat contre l'Allemagne nazie, à des milliers de kilomètres de distance, puis de permettre à la flotte américaine d'avancer en Europe et à l'inverse pour l'Allemagne nazie d'abord d'établir sa domination afin d'étrangler l'Angleterre et de vaincre ainsi son dernier adversaire en Europe puis de freiner l'acheminement en Europe du corps expéditionnaire américain. On peut voir dans ce documentaire, très bien illustré, ce combat qui eut lieu principalement entre U-boots, sous-marins allemands et escorteurs et avions alliés.

 

La meute des loups, dans la série Le monde en guerre 39-45 a également pour objet cette bataille de l'Atlantique.

   

    Côté métrages plusieurs films de fiction éclairent plus ou moins bien cette succession de bataille, en se centrant sur un de ses aspects.

Coulez le Bismark !, film américano-britannique en noir et blanc sorti en 1960 de Lewis GILBERT, avec Kenneth MORE et Dana WYNTER, s'inspire de la mission d'un navire britannique ayant pour mission de couler le fameux cuirassé allemand. De 97 minutes, le film conte avec réalisme ce combat de mai 1941, restant très proche de la vérité historique. Il s'agit d'ailleurs du dernier combat naval mettant aux prises des cuirassés, le navire emblématique de l'Allemagne nazie et son équivalent britannique, le Hood, qui a subi de très grands dommages (seulement 11 survivants sur 2 200 hommes), n'ayant pas de successeurs. Les marines se tournent désormais vers les porte-avions et les sous-marins...

 

Torpilles sous l'Atlantique, de 1957, film américain réalisé par Dick POWELL, est surtout le combat de deux caractères, ceux des officiers campés par Robert MITCHUM et Curd JURGENS, et relate l'aventure du capitaine d'un cargo torpillé par un sous-marin allemand qui accepte le commandement d'un destroyer d'escorte, et qui poursuit précisément le capitaine du torpilleur... Spectaculaire et distrayant, ce métrage de 98 minutes, couronné d'un Oscar (effets spéciaux), recèle un certain nombre d'erreurs plus ou moins importantes, notamment du côté du sous-marin allemand? Et pour le réalisme, on préfère le film Das Boot.

 

Das Boot (le Bateau), film allemand sorti en 1981, réalisé par Wolfgang PETERSEN (un de mes réalisateurs préférés depuis L'Histoire sans fin... Tais-toi coco, ce n'est pas le bon endroit...), adapté du livre (Le Styx) de Lathar-Günther BUCHHELM, relate l'histoire du sous-marin allemand U-96 et de son équipage à l'automne 1941. D'une durée de 149 minutes pour la version cinéma de 1981, le film existe en plusieurs versions de durée variable, jusqu'à 300 minutes pour la version en mini-série. Si les attaques relatées lors de la sortie en mer, la rencontre avec un autre sous-marin, sont véridiques, elles sont bien entendu dramatisées, le scénario comporte quelques erreurs (de détail sur le rang du sous-marin, les bases d'attache, les qualités des bombardiers américains de la fin qui le détruisent, et le fait que le capitaine... en fait ne meurt pas à la guerre, contrairement au film, mais en 1986...). Succès au box office, Das Boot a le mérite de bien rendre compte de la vie à bord du sous-marin, de la mentalité des sous-mariniers et du contexte des batailles de l'Atlantique.

   La série Le Souffle de la guerre, dans sa partie 6, porte sur la lutte dans les mers, l'attaché naval apportant son éclairage pertinent pour la présidence des États-Unis. Cette avant-dernière partie, qui se situe en 1941, montre bien les implications des États-Unis bien avant l'entrée officielle en guerre, et bien des motivations de cette entrée en guerre. A noter que la qualité technique de la série (coûteuse...) le rapproche à bien des égards de celles d'un (très) bon métrage de fiction.

  Sur l'importance de la "bataille de l'Atlantique", conseillons l'ouvrage de Guy MALBOSC, La bataille de l'Atlantique (1939-1945) : la victoire logistique et celle du renseignement, clés de la victoire des armes, Économica, 2010 et sur la stratégie allemande, celui de François-Émmanuel BRÉZET, La guerre sous-marine allemande, 1914-1945, Perrin, 2017. Nous proposons ces deux ouvrages récents par rapport à d'autres - aussi estimables - parce que la vision et l'étude de la bataille de l'Atlantique ont été profondément renouvelés depuis les années 1980, à la suite des révélations de l'existence de la machine à décoder les messages secrets Ultra.

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 14:21

  On commence par une excuse, à cause d'un tropisme européen.

   Le Pacifique, s'il a bien fait l'objet de batailles pendant la seconde guerre mondiale en constitue à beaucoup d'égards, le théâtre souvent principal de cette guerre. En effet, si les batailles dont il est le lieu de la seconde guerre mondiale commencent en 1942 de manière formelle après l'attaque "surprise" de Pearl Harbor, ces opérations se déroulent dans des logiques antagonistes qui remontent bien plus loin en arrière, dans la dernière phase de la colonisation occidentale de l'Asie, de la Chine aux Indes, du Japon à l'Australie. Les guerres chinoises se déroulent de 1927 à 1945 et constituent une trame qui influe et qui est influencée par le déroulement du conflit armé américano-japonais. Plus, les conquêtes nippones en Asie constituent un élément d'un vaste échiquier mondial de l'Atlantique au Pacifique, où les plans des adversaires tiennent compte de la possibilité d'une véritable jonction opérationnelle forte entre forces alliées, que ce soit entre Allemagne, Italie et Japon qu'entre Grande-Bretagne et États-Unis et Union Soviétique, la France étant souvent moins acteur (colonial) qu'objet (enjeu, possessions de ses territoires et de ses armées).

   Aussi s'attend à voir dans les films et documentaires, une grande partie consacrée à ce "front" bien plus large que le front européen et même européo-africain-moyen-oriental, surtout si l'on considère que la guerre se situe très à l'Ouest pour l'Empire soviétique. Dans des conditions parfois bien plus éprouvantes qu'en Europe, dans des climats et des territoires souvent hostiles à l'homme, les armées se livrent à de gigantesques parties, dont malheureusement les document filmés rendent insuffisamment compte.

 

Avant l'entrée en guerre des États-Unis...

   Deux métrages, un documentaire et une série de trois films rendent compte largement de cette période. D'une part le documentaire Le Monde en guerre 39-45, dans  le Volume 1 du DVD 2, intitulé Conquêtes nippones et d'autre part Chinese WARS, la trilogie de films officiels sur la guerre civile chinoise (1927-1949).

Concernant ces trois films, The first August (2007), My long March (2006) et Night Attack (2007), d'à peu près 90 minutes chacun et aux trois réalisateurs différents, respectivement de Song Mainland, Zhai Junjie et de Lan An, il s'agit essentiellement d'une oeuvre de propagande très nationaliste à la gloire du Parti Communiste, basée sur des faits réels, avec un vrai souci historique. Même s'il magnifie des soldats héros communistes de cette guerre civile, ces trois films permettent de se faire une idée précise de ce qu'elle fut, ce qui est utile étant donné le vide existant de production pour cette période ailleurs. le premier film particulièrement est plus axé sur la stratégie que sur la peinture de héros campés d'ailleurs par des acteurs jouant sobrement. La Longue marche est moins subtil dans son discours et renferme une vision quelque peu glorifiée de cette grande retraite où l'armée populaire perdit l'essentiel de ses moyens. Avec Night Attack, on entre fièrement dans le film de propagande et l'ensemble est plutôt gonflé de morale facile, de métaphores hallucinantes et de bons sentiments sirupeux. (Laurent, 28 septembre 2010, site darksidereviews.com). Lors de sa sortie en DVD (Pretty Pictures), seul moyen d'ailleurs qui le rend visible au public français, les métrages sont accompagnés d'un commentaire critique de Jean Louis MARGOLIN, agrégé d'histoire et maitre de conférences à l'université d'Aix en Provence et directeur adjoint de l'institut de recherche sur le Sud-Est asiatique, qui thématise un discours bien construit sur ce que les films montrent, sur ce qu'ils déforment et sur ce qu'ils ne montrent pas.

Autrement, une partie de documentaire et une partie de série montrent plutôt les conditions dans lesquelles les États-Unis entrent en guerre :

- dans le documentaire 39-45 Le monde en guerre, les USA en route (1939-1942) dans la partie concentrée sur les DVD volumes 1 et 3

 

- dans la série Les Orages de la guerre, Parties 1 et 3, à travers notamment des missions d'un officier supérieur attaché naval, qui a l'oreille du président des États-Unis.

 

Des documentaires qui "ramassent" les batailles du Pacifique en une seule partie...

    On peut citer dans cette catégorie La bataille du pacifique (décembre 1941-août 1945) dans la série française Les grandes batailles des années 1960 et 1970 d'Henri de TURENNE et de Jean-Louis GUILLAUD, d'une durée tout de même de presque trois heures, partagée en deux partie, Banzaï! et La Reconquête), parmi les 11 "batailles" présentées dans cette série. Images d'archives et interviews, plus des commentaires des auteurs dressent un tableau vivant et serré des stratégies employées par les deux camps.

 

   Une présentation dérivée (avec images colorisées) de ces batailles est présentée dans la série Apocalypse : La deuxième guerre mondiale, dans la quatrième des six parties L'embrasement (1941-1942 et un peu au-delà), la dernière partie L'enfer (1944-1945) évoquant les bombardements nucléaires du Japon et sa capitulation.

     Enfin, encore plus ramassé, Ils ont filmé la guerre en couleurs, L'enfer du pacifique de BOUYER.

  

  

   Le documentaire La bataille de Midway, dans le coffret Grandes batailles de la seconde guerre mondiale, se concentre pour la guerre dans le Pacifique sur cette bataille de juin 1942, décisive et spectaculaire, succession de coups de théâtre dans lesquels le hasard et la chance jouèrent un rôle déterminant. Le Japon y laisse ses 4 plus gros porte-avions, la totalité de son aviation (laissant la maitrise des airs aux États-Unis) et ses meilleurs pilotes.

 

 

 

"La" série incontournable sur la guerre dans le Pacifique.

   Dans la série The Pacific (L'enfer du pacifique en France), américano-australienne, en dix épisodes d'environ 1 heure chacun, produite par Tom HANKS et Steven SPIELBERG, diffusée pour la première sur le réseau HBO en mars 2010, on peut suivre, au coeur de plusieurs batailles importantes de la guerre du Pacifique, plusieurs membres d'un corps de Marine. Analogue à une autre série sur le front européen, Band of Brothers (Frères d'armes), elle est basée sur deux livres de vétérans du Corps des Marines, et raconte d'ailleurs les histoires des deux auteurs Eugene SLEDGE et Robert LECKIE.

    Chaque épisode montre à la fois le combat des Marines et les enjeux stratégiques des batailles dans lesquels nous les voyons :

- Guadalcanal/Meckie. On découvre le groupe de soldats, leur enrôlement dans les marines, leur débarquement sur l'île de Guadalcanal, les premiers affrontements (Bataille d'Alligator Creek). La bataille de l'île de Savo est brièvement dépeinte.

- Basilone : Bloqués sur l'île, sans soutien, ils résistent à l'armée japonaise jusqu'à la victoire.

- Melbourne : Envoyés en Australie pour se reposer, ils boivent et séduisent des Australiennes. La pensée de la mort n'est cependant jamais loin.

- Gloucester/Pavuvu/Banika : les marines débarquent en Nouvelle-Bretagne et doivent résister face aux attaques japonaises. Cet épisode se concentre sur Robert LECKIE, ses problèmes de santé et ceux avec son son officier supérieur.

- Peliliu Landing : SLEDGE arrive au front, retrouve son ami d'enfance, ainsi que LECKIE, puis débarque avec les Marines à Peleilu (l'enfer...).

- Peleilu Airfield : SLEDGE, LECKIE, SHELTON, RUNNER et les marines continuent leur progression sur Peleilu, et doivent pour cela traverser l'aéodrome à découvert.

- Iwo Jima : Johne BASILONE demande sa réintégration, et est transféré à la 5ème division de Marines, qui débarque à Iwo Jima.

- Okinawa : SLEDGE et la 1ere division de Marines participent à la bataille d'Okinawa, dernier bastion avant la mère patrie japonaise.

- Home : Le Japon se rend. SLEDGE, LECKIE et les autres rentrent chez eux.

  C'est bien entendu un point de vue américaine qui s'exprime dans la série, mais on est loin d'une présentation officielle glorifiante. C'est le vécu des soldats qui est mis en avant et à de nombreuses reprises les critiques sur le commandement s'expriment, entre artillerie qui décime les frères d'armes et ordres à l'évidence inadapté au terrain, sans compter les informations plus qu'approximatives sur l'évolution de la situation. La férocité des combats est bien rendue et on voit que le moral des soldats, qui souvent attendent la relève plus qu'autres choses, ne tient souvent qu'à un fil. La réalité de la guerre, loin des cartes d'état-major et des calculs stratégiques, à laquelle pourtant elle est intimement liée. Le vécu des "héros" de la série, sans jamais tomber dans la romance (notamment lors du séjour en Australie), est bien rendue, et la série semble bien suivre le récit des auteurs. Dans un DVD 6 est précisée la vie des vrais marines présentés dans The Pacific, les éléments de la réalisation et dans un petit documentaire de dix minutes, une analyse de la guerre du Pacifique. Retenons simplement une réflexion émise par un ancien Marine : Comment les dirigeants japonais ont-ils pu croire pour tenir tête aux États-Unis, plus peuplé, plus industrialisé, plus conscients des enjeux? C'est un de perplexes interrogations.

 

 

Des films qui éclairent (mais il faut parfois prendre garde aux propagandes qui y sont distillées plus ou moins intelligemment) quelques grandes batailles-clés.

   Plusieurs films éclairent, parfois de manière infidèle quant aux faits, cette guerre du Pacifique. A éviter bien entendu, pour comprendre la seconde guerre mondiale, les films tournés alors que les combats ne sont pas terminés...

- Tora, tora, tora!, de Richard FLEISCHER, de 1970, reprenant le code japonais de l'attaque de Pearl Harbour de 1941. Durant 144 minutes, nous voyons se déployer l'histoire depuis 1939, année de l'embargo imposé par les États-Unis au Japon, pour freiner son expansion en Asie, jusqu'aux conséquences, dont l'entrée en guerre des États-Unis dans la seconde guerre mondiale. Les aspects stratégiques et tactiques sont bien détaillés, ainsi que le résultat de cette attaque aérienne sur l'un des plus importantes bases américaines dans le Pacifique, soit en réalité un demi-échec, puisque les éléments principaux de la flotte n'ont pas été touchés, soient les porte-avions, même si par ailleurs, l'US Navy doit reconstituer une partie de sa force. Ce dont l'amiral YAMAMOTO, commandant de la flotte japonaise est parfaitement conscient. Succès public, le film n'est jamais caricatural et ne comporte que peu d'erreurs factuelles.

 

- Les diables de Guadalcanal, de Nicholas RAY, de 1951, détaille des aspects de cette bataille, avec des personnages fortement typés mais justement dépeints (John WAYNE dans le rôle principal). De 97 minutes, de son vrai bon titre (le tire français est très souvent non représentatif de l'intention du film et est choisit pour des raisons strictement commerciales) Flying Leathemecks, ne déroule pas l'action uniquement sur Guadalcanal, se passe sur deux années et se centre sur des pilotes américains appartenant à la même escadrille.

 

- Le pont de la rivière Kwai, de David LEAN, de 1957, est une adaptation du roman de Pierre BOULLE, avec notamment William HOLDEN et Alec GUINNESS. Des groupes de soldats britanniques, prisonniers en Birmanie des Japonais, sont contraints de participer - et même prennent en quelque sorte la direction des opérations, sous les ordres d'un officier - à la construction d'un point de chemin de fer d'importance stratégique. Un des prisonniers évadés est envoyé avec une équipe saboter l'ouvrage... Succès critique malgré un scénario où s'affrontent des caractères complexes, grâce notamment à des décors en réel et extérieurs et un montage bien rythmé, le film toutefois ne correspond que très globalement à la vérité historique, surtout sur le rôle joué par les acteurs (l'officier britannique qui inspire le personnage du colonel qui prend carrément en main la construction de l'ouvrage, n'a jamais collaboré avec les Japonais... et l'évadé n'a jamais existé, le sabotage étant l'oeuvre d'une unité de commandos). Par contre, la construction du pont par des prisonniers et son sabotage - mais ce n'est pas le seul point de ce genre... - a bien existé. Un film reflète bien plus la réalité et insiste mieux sur la condition très dure des prisonniers de guerre : Chungkai, le camp de survivant de David L. CUMMINGHAM, réalisé en 2001, tiré des mémoires du capitaine Ernest GORDON (1916-2002).

 

- Iwo Jima, d'Allan DWAN, de 1950 (avec John WAYNE) partage avec Les diables de Guadalcanal, une même peinture de la guerre, et décrit la vie quotidienne d'un commando de Marines en janvier-février 1945, stationné dans un camp en Nouvelle-Zélande. Outre l'entrainement et les permissions, ces soldats participent à deux combats meurtriers : celui sur l'île de Tarawa et surtout la prise du mont Suribachi sur l'île Iwo Jima, position stratégique devant servir de base avancée à l'aviation américaine chargée de pilonner le Japon au bord de la capitulation. D'une durée de 105 minutes, le film décrit bien l'aspect sanglant des combats. C'est lors de cette prise d'Iwo Jima que la célèbre photo du drapeau américain plantée au sommet fut prise - la mini-série The Pacific restitue bien les circonstances de cette mise en scène de propagande...

 

- La bataille de Midway, de Jack SMIGHT en 1976, de 132 minutes est l'un des rares à avoir exploité les effets spéciaux Sensurround (à l'instar du film Tremblement de terre). Le film décrit le raid de Doolittle sur Tokyo, mentionne la bataille de la mer du Corail, puis raconte cette bataille qui décide du sort de la guerre dans le Pacifique. Jusque là, la marine japonaise était invaincue et surclassait l'US Navy. Chrlston HESTON incarne le héros du film, avec une intrigue amoureuse secondaire, qui est l'occasion de montrer l'internement des familles d'origine japonaise à Hawaï, même de nationalité américaine. Malgré quelques anachronismes historiques qui sautent aux yeux des spécialistes - le visionnage du documentaire de John FORD sur La bataille de Midway, corrige un peu ces erreurs -  le film montre bien et l'atmosphère de la guerre et les enjeux stratégiques de la bataille. Sans doute parce qu'il est produit bien plus tard que d'autres sur la guerre du Pacifique, le film est bien moins glorificateur de l'armée américaine. A remarquer que l'utilisation d'images d'archives, pas très adroite, donnent des séquences un peu incohérentes, et le réalisateur, pour les intégrer, a dû baisser la qualité de l'image du film... Il existe une version télévision plus longue de 33 minutes.

 

- Kamikaze, assaut dans le Pacifique, de Taku SHINJO, de 2007, montre un point de vue japonais sur la guerre du pacifique à la fin, lorsque l'état-major aux abois demande aux pilotes de mourir en kamikazes, en jetant leur avion rempli de bombes sur les navires ennemis. Ce métrage de 135 minutes, avec des acteurs renommé comme Hiroshi KATSUNO, fait partie d'un ensemble de films récents japonais voulant donner un éclairage autre sur la guerre du Pacifique. Voisin est le film de Takashi YAMAZAKI, Kamikaze, le dernier assaut (The Eternal Zero), de 2013, assez long lui aussi, de 144 minutes.  Ce dernier film accentue encore plus l'aspect redécouverte de l'univers culturel et mental de ces pilotes de la seconde guerre mondiale. Notons que le roman (Eien no zero, 2006) de Naoki HYAKUTA qui inspire ce film a également été adaptée en une série manga en cinq volumes dessinée par Soïchi SUMOTO, publiée au Japon entre 2010 et 2013. Un drama est sorti également sur TV Tokyo en 2015 sous le titre Kamikaze. Cela participe d'une certaine "réhabilitation" aux accents parfois nationalistes, de l'armée japonaise sous la seconde guerre mondiale.

 

- Battleship Island, film coréen réalisé par Ryoo SEUNG-WAN, sorti en 2018, est une vision cette fois coréenne de la seconde guerre mondiale, telle que l'ont vécue des centaines de Coréens faits prisonniers sur l'île d'Hashima par les forces coloniales japonaises. Un résistant infiltré sur l'île élabore un plan d'évasion, afin de sauver le plus grand nombre possible de prisonniers. Très bon film qui fait voir la condition de ces prisonniers mis en esclavage au service de la production de charbon dans les mines. En fait, aucun prisonnier ne s'est réchappé de cette île au large du Japon, du côté de Nagasaki (le film s'achève au moment de l'explosion atomique, tuant d'ailleurs beaucoup de Coréens demeurant au Japon à ce moment-là...).

(liste qui peut se poursuivre...)

 

FILMUS

 

 

 

 

 

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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 16:20

      Alors que l'ensemble des batailles en Afrique du Nord - que ce soit des escarmouches ou des batailles rangées de chars - constitue un enjeu majeur dans la Deuxième Guerre Mondiale, enjeu d'ailleurs pas seulement militaro-stratégique, mais aussi politique (une partie est française, tiraillée entre État Français et France libre - les premières unités française combattantes étant d'ailleurs en Afrique...), la filmographie est plutôt chétive, surtout en comparaison du traitement fait à la période de la libération de l'Europe.

   

    C'est surtout côté documentaire qu'on trouve la matière la plus importante,

que ce soit La bataille du désert (1h 21 minutes), dans la série Les Grandes Batailles ;

 

La guerre du désert, dans 39-45 Le monde en guerre ;

 

la troisième partie des six d'Apocalypse La deuxième guerre mondiale (Le choc)

 

La bataille d'El Alamen dans la série Grandes batailles de la deuxième guerre mondiale...

 

Autre documentaire, La guerre du désert, présente de manière exhaustive et chronologique les événements qui se sont déroulés durant ces trois années, entre 1940 et 1943. Durant 60 minutes en noir et blanc. Édité sous la bannière AAA, il s'agit d'une partie d'une longue série documentaire (non authentifiée sur la jaquette), formée uniquement d'images d'archives et dictée directement en français (sans problème de mixage donc avec le narrateur américain d'origine). Sous le titre The war in Africa, écrit par Michael LEIGHTON et édité par Peter JONSON, en 2007, Edgehill Publishing Ltd. Cela ressemble aux documentaires présentés aux élèves ou étudiants dans les établissements scolaires aux États-Unis. Très pédagogique et très sec.

 

  Ces documentaires ne se contentent pas de décrire les opérations du point de vue des états-majors, mais décrivent bien les conditions "spéciales" de la guerre dans ces reliefs avec ce climat rude pour les combattants de deux camps.

Le livre sous la direction de Nicolas LABANCA, de David REYNOLD et de Olivier WIEVIORKA, commandé par le Ministères des Armées et co-édité avec Perrin, de 2019, décrit bien les tenants et aboutissants de cette série de batailles, en 347 pages grand format.

   

        Côté films de fiction, on relève le film de Robert WISE, Les rats du désert. Sorti en 1953 et de 88 minutes, le métrage se centre surtout sur la bataille de Tobrouk.

Laquelle est aussi le sujet du film Tobrouk, commando pour l'enfer, de Arthur HILLER, sorti en 1967. Le métrage de 110 minutes se centre surtout sur l'enjeu stratégique des réserves de carburant de l'armée allemande, qu'un commando doit détruire avant que ROMMEL ne l'utilise pour son offensive.  

   

   Enfants de salauds, film britannique réalisé par André de TOTH et sorti en 1968, s'inspire des opérations menées par des unités alliées comme le Long Range Desert Group, la Ppski's Private Army ou encore le Special Air Service ayant opéré pendant la guerre du désert. Pendant ces 118 minutes, il est question aussi de ces dépôts de carburants et d'autres objectifs militaires précis. A noter que le réalisateur, à l'inverse sans doute des deux premiers films cités ici, n'a pas cherché à glorifier ni la guerre ni les combattants. On trouve dans ce film que certains qualifient (c'est peut-être aller un peu loin) d'antimilitariste, des militaires engagés pour l'argent, des officiers déséquilibrés n'hésitant pas à trahir leurs hommes, des mutineries, des pillages et des viols... Le lot en fait de toutes les guerres...

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 13:23

      Tout d'abord une petite note : il est irritant de voir s'intituler nombre de commentaires sur l'opération Babarossa, nom allemand de cette ruée vers l'Est, invasion de la Russie, alors que ni les frontières ni les conditions d'existence de ce territoire ne correspondent à l'URSS de ce moment-là, de juin 1941  à décembre 1941.

L'invasion de l'Union Soviétique, est surtout évoquée dans des documentaires et fait l'objet de peu de métrages de fiction.

 

- Dans la série française Les grandes batailles, dans la partie La bataille de Moscou,

- comme dans 39-48, Le monde en guerre; Volume 1, Barbarossa

 

sont bien expliquées la préparation, les circonstances et le déroulement de toute succession de batailles qui mènent aux portes de Léningrad, de Moscou et de Stalingrad, sans oublier le déploiement en trois grandes branches des corps d'armée ni l'occupation sanglante des territoires. Les exactions des armées allemandes sont bien évoquées comme les résistances fortes, une fois la surprise passé (les approvisionnements en nourriture et en carburants venant de l'Union Soviétique, de par le traité germano-soviétique, se dérouleront jusqu'au dernier jour!), de troupes soviétiques, même si pour l'essentiel ces dernières se sont trouvées dans un état d'impréparation stratégique et militaire rarement atteint dans l'Histoire, résultat direct des purges staliniennes.

- Dans Pourquoi nous combattons sont autant rendues les conditions de la résistance russe en 1943 que l'invasion russe elle-même. Ce n'est que par un certain effort des autorités militaires de surmonter l'anti-soviétisme de l'ensemble de l'administration fédérale américaine, que Frank CAPRA (sympathisant des idées socialistes) pu montrer pourquoi les soldats américains devaient défendre la Russie.

    Là encore, on remarquera l'explication didactique de La bataille de Moscou, d'1 heure 29 minutes, succession de documents et d'interview, succession même qui peut briser, même si certains peuvent trouver cela ennuyeux, qui brise un aspect dramaturgique, par contre recherché dans Apocalypse, qui pourrait faire oublier les logiques des opérations et faire mémoriser le pathos. Le documentaire britannique de Peter Batty recherche lui aussi le même angle didactique, composé de nombreuses interview comme le documentaire français.

 

   Côté série, on note la partie 7, de Le souffle de la guerre, où les pérégrinations de l'attaché naval l'amène à constater à la fois l'intention nazie et l'impréparation soviétique. Le climat des relations entre les USA et l'URSS est très bien rendu à cette occasion. Son montrés également des éléments qui montrent que l'état-major allemand croyait en une victoire rapide : vêtements d'été pour les soldats, absence de disposition pour rouler sur des terrains inondés des matériels blindés... Déjà, la haute administration américaine est traversée par un débat sur la nécessité de défendre l'URSS des visées allemandes, pour des raisons multiples, notamment stratégiques (ressources pétrolières et intention de faire la jonction avec le front en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, avec l'assistance de la Turquie) et économiques (concurrence des entreprises allemandes contre les entreprises américaines pour le marché du pétrole...).

   Côté films, très peu tournent autour de l'invasion de la Russie et

- La bataille de Brest-Litvosk, du réalisateur russe Alexandre KOTT, de 2010 est une très notable exception. Le métrage russe et béliorusse de 138 minutes, sorti simultanément à Brest, et à Moscou au Festival international du film de Moscou, évoque la bataille de cette forteresse de Brest-Litovk en 1941 entre les troupes soviétiques et allemandes. Les aspects relationnels, affectifs, familiaux, militaires sont bien rendus dans cette résistance - imprévue - de la garnison, qui ne laisse que quelques survivants, au bout de laquelle les Allemands décident d'en finir en larguant une bombe de deux tonnes. Située à un endroit stratégique, la garnison, qui sert aussi d'école militaire, devait être franchie pour que les troupes aient accès - en reprenant le site cédé en 1939 (lors de l'invasion de la Pologne) selon le pacte germano-soviétique) - à la rivière Bug ainsi qu'au chemin de fer Varsovie-Moscou et à l'autoroute. Bien entendu, n'est pas absente une certaine volonté d'héroïser ces vaillants combattants soviétiques (d'ailleurs, il faudrait écrire sur le regain du nationalisme russe, supporté par tout un pan de l'industrie cinématographique...), mais il est relativement rare de voir raconter cette partie de l'histoire de la seconde guerre mondiale. A voir donc, avec les documentaires, pour comprendre cette invasion... Pour le DVD, il est nécessaire d'outrepasser la présentation non explicite et publicitaire;.. Comme souvent, il y a peu de rapport entre la jaquette DVD et le film pour les films peu connus...

     Bien entendu, il est toujours indispensable d'avoir en tête les écrits qui permettent de fixer les idées à la fois sur les motivations des adversaires (c'est central dans l'esprit des dirigeants nazis - même si l'ensemble des militaires de haut rang considère dès le début qu'il s'agit d'une erreur stratégique)) et les enjeux de cette succession de batailles qui aboutit aux portes des capitales symboliques et politique de l'URSS. On ne saurait trop conseiller, à cet égard, la lecture de l'ouvrage de Hans SEIDLER, Opération Barbarossa : Hitler envahit l'URSS, Pierre de Taillac, 2011 ou encore de Jean LOPEZ et Lasha OTKHMEZURI (un pavé de 956 pages), Barbarossa, 1941 : la guerre absolue, Passés composés, 2019.

 

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 16:32

   Dans l'ensemble de la filmographie mondiale, tous genres confondus, la bataille d'Angleterre est, avec la bataille de Stalingrad - si l'on excepte les batailles du Pacifique, la plus visitée par les réalisateurs.

  Côté documentaires, on peut la voir abordée dans la série Apocalypse, la seconde guerre mondiale, dans sa deuxième partie ; dans la série Les grandes batailles, Angleterre, 1940 ; dans la série 39-45, dans le volume 1, Seule ; dans Pourquoi nous combattons? dans sa quatrième partie et enfin dans les Grandes batailles de la deuxième guerre mondiale, au titre La bataille d'Angleterre. Il y a aussi le documentaire de la BBC de 2010, The battle of Britain, qui reconstitue en 88 minutes la bataille avec une présentation de Ewan McGREGOR ,sous la direction de Ashley GETHING.

  Côté film de fiction, on peut retenir deux, film et téléfilm. La bataille d'Angleterre d'HAMILTON fait figure de référence par la reconstitution historique et les rencontres entre avions ennemis. Spitfire, de Mathew WHITEMAN en 2010 laisse plus mitigé, est parfois même ennuyeux, se concentrant sur le plus jeune des combattants de la RAF. On pourrait même préféré à ce téléfilm, le film de 1942 de Leslie HOWARD, du même nom, même s'il s'agit là aussi d'une biographie, celle du concepteur du Spitfire.

   Côté série, Le Souffle de la guerre, dans ses parties 4 et 5 évoque également la bataille d'Angleterre.

 

Une documentaire-phare et un film-phare.

       Avec tout le subjectivisme dont je peux faire preuve (et il s'en vante, en plus! - sacré filmus va!), je conseillerais de prendre comme référence le documentaire de la série française Les grandes batailles, pourtant ancien, dont la trame d'ailleurs est reprise dans Apocalpyse, avec la colorisation de séquences entières, de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, nommé La bataille d'Angleterre, diffusé en septembre 1966, de 1 heure huit minutes. Alternant séquences tirées d'archives et interview, celui-ci constitue une excellente introduction, qui aborde nombre d'aspects : de la stratégie allemande à la résistance britannique, depuis le sauvetage de Dunkerque au renoncement hitlérien. Cette bataille met un terme à la série de victoires éclatantes des Allemands, grâce à la fermeté du personnel politique, à la ténacité notamment des londoniens, au sacrifice et à l'héroïsme - le mot est parfois trop fort mais il faut reconnaitre qu'à cette occasion, il sonne juste - d'un petit nombre d'hommes. Contexte historique et changements de stratégie allemande (qui passe de la tentative de destruction de la RAF, à celle de la flotte britannique puis aux bombardements massifs voulant semer la terreur) y sont bien rendus.

 

    On s'appuiera de façon bienvenue sur les ouvrages de J. de LESPINOIS (La bataille d'Angleterre, Tallandier, 2011) et de François BEDARIDA (Complexe, 1999) pour tous les débats techniques et politiques autour de cette bataille, du fait que 20% des Messerschmitt 109 alignés en avril 1940 ont été détruit pendant la bataille de France) au rôle des renseignements anglais et allemands, comme à celui de l'invention technique du radar, comme bien entendu sur la comparaison des performances au combat des différents appareils aériens...

      Cela est bien rendu aussi par le film de Guy HAMILTON de 1969, une excellente interprétation des acteurs, une présentation la plus juste possible des combats aériens, les circonstances des bombardements, tout cela forme un grand spectacle qui est aussi une présentation historique fidèle. Le DVD, avec les commentaires du réalisateur, est très éclairant sur les conditions de la réalisation du film. Le film a non seulement une place spéciale dans les films de guerre de la seconde guerre mondiale mais constitue une véritable référence pour les réalisateurs de cinéma... et le moindre n'est pas Georges LUCAS qui s'inspira de la chorégraphie des combats aériens pour son film Star Wars. Est bien mis en scène, in fine, le fait que l'issue de la bataille d'Angleterre est dû au moins autant aux erreurs tactiques de l'état-major d'HITLER (qui, à l'instar de NAPOLÉON sait faire les bonnes erreurs au bon moment pour ses adversaires...) qu'aux exploits de la RAF...

 

D'autres documentaires...

   39-45 Le monde en guerre évoque la bataille d'Angleterre, sur le DVD 2, Seule,

 

   Apocalypse, 2ème guerre mondiale  évoque lui aussi cette bataille

 

  Pourquoi nous combattons, également

 

 Dans Grandes batailles de la 2ème guerre mondiale, série de 5 bataille ( 1 DVD par bataille)

 

Un autre film, un téléfilm produit par la BBC, Spitfire se concentre sur les luttes des pilotes de l'aviation anglaise ainsi que sur leurs appareils

 

La série Le souffle de la guerre, se déroule dans nombre de séquences en Angleterre, où se noue l'idylle entre le personnage principal et une jeune attachée au service de planification de la défense de l'Angleterre.

 

   L'historiographie récente contrebalance quelque peu la vision de la bataille d'Angleterre, notamment celle restituée par le film britannique de la fin des années 1960 et le documentaire français (COSTELLE) du même nom. En effet, tant dans les limites temporelles (non du 10 juillet au 31 octobre 1940, mais avant juillet 1940 et jusqu'en 1941) que dans la balance véritable des forces en présence. En fait, basée sur des Mémoires (il faut toujours se méfier un peu des Mémoires souvent justificatrices et restées sur les perceptions du moment!) de généraux anglais (notamment  de l'Air Chief Marshal Keith PARK), la vision qu'on en a, celle reprise en fin de compte par les réalisateurs et scénaristes, est celle de combats aériens entre aviateurs, où l'héroïsme de ceux qui combattent dans les rangs de l'Angleterre l'emporte sur leurs adversaires sûrs d'eux. En fait, dans la bataille d'attrition qu'ils se livrent, aucun des adversaires n'a une perception exacte de la situation : les Anglais croient se battre contre deux fois une flotte aérienne allemande et les Allemands contre la moitié d'une flotte anglaise ; de plus la planification, le renseignement et les capacités logistiques nécessaires pour l'emporter sont bien de qualité supérieure chez les Anglais que chez les Allemands. En outre, la guerre contre l'Angleterre est pour Hitler et son état-major une entreprise risquée et contre-productive (puisque l'objectif est à l'Est...). C'est dans une guerre courte qu'ils comptaient avoir le plus de chances de l'emporter, non dans une bataille d'usure... Compte tenu des véritables forces en présence, les Allemands, contrairement à une légende tenace, n'ont pas failli gagner la bataille d'Angleterre... On ne peut que conseiller de prendre connaissance de cette historiographie récente par le livre  de Jean LOPEZ et d'Olivier WIEVIORSKA, Les mythes de la seconde guerre mondiale (Perrin, 2020)

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 14:52

   On pourrait imaginer que le cinéma a abordé pratiquement toutes les facettes des batailles de la seconde guerre mondiale, mais il n'en est rien, ne serait-ce que sur un plan géographique. Même dans les grands documentaires, les débuts de la guerre sont passés assez rapidement en revue, voire expédiés, pour arriver à la bataille de la France, sur laquelle se focalise énormément de films de fiction et de documentaires. Enfin, pas toute la bataille de France, car c'est surtout le front franco-allemand qui est examiné, parfois avec forces descriptions des détails des mouvements des troupes et analyses tactiques et stratégiques. Le front franco-italien ne fait guère l'objet que de courtes séquences et les batailles en Afrique ne sont guère présentées comme étant de premier plan, du moins celles de 1940, celles qui se déroulent précisément en même temps ou presque que les opérations sur le continent.

Ce que l'on nomme la "drôle de guerre" tant en France qu'en Angleterre, est regardé surtout sous l'angle de l'arrière et des civils français pris de panique. Et pourtant, il se passe bien des choses, sur le plan politique et sur le plan militaire, entre la déclaration de guerre, consécutive de l'invasion de la Pologne, et les premiers combats sur le sol français. En revanche, la bataille de France proprement dite (on a passé-expédié sur l'invasion de la Belgique...), fait l'objet de présentations et d'analyses, qui d'ailleurs changent avec le temps, car il ne s'agit en définitive ni d'une défaite en rase campagne, ni le résultat d'un laissez-aller sur le plan des matériels (voir les stigmatisations de l'effort d'armement pendant la période du Front Populaire). De fait, l'invasion (éclair, hum!...idée un peu fausse d'ailleurs) de la France a été une divine surprise pour HITLER, qui, sans doute, après l'invasion de la Tchécoslovaquie et de la Pologne, s'est auto-intoxiqué sur une pseudo-invincibilité de l'armée allemande de la "race supérieure"...

 

  Ce qu'on a appelé la "drôle de guerre" et la bataille de France sont évoqués dans deux documentaires  :

- 39-45, le monde en guerre, , Sur un fond de guerre et également La Chute de la France (septembre 1939-mai 1940)....

 

- Apocalypse, la seconde guerre mondiale, dans sa première partie.

 

Sur la période de la drôle de guerre, suivie de près par la chute de la France, également, deux films :

- Le discours d'un roi, de Tom HOOPER. Ce dernier, film de fiction, exprime un point de vue britannique, même si ce métrage de 2010, américano-australo-britannique, se centre sur les difficultés du prince (d'ordre physiologique d'élocution, mais aussi dynastique, à avoir sa position dans l'attitude bien ambigüe des membres de la maison des Windsor) à préparer et déclamer son discours de septembre 1939, dans lequel il proclame l'entrée en guerre du Royaume Unie contre l'Allemagne.

   

C'est aussi le point de vue britannique qui s'exprime dans Les heures sombres, de Joe WRIGHT. Ce film britannique sorti en salles en 2017 raconte les quelques jours avant l'arrivée au pouvoir de Winston CHURCHILL, fraichement nommé Premier ministre, et son succès face aux hommes politiques (proches de CHAMBERLAIN, et de Lord HALIFAX) partisans de négociations de paix avec l'Allemagne, en pleine bataille de France.

   

     La bataille de France fait l'objet de nombreux documentaires et films, avec en point d'aboutissement l'épisode de Dunkerque, où le corps expéditionnaire britannique et de nombreux soldats et pilotes français sont rapatriés en Angleterre.

- Dans la série des grandes batailles, de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, diffusée à la télévision française dans les années 1960 et 1970, la bataille de France, l'avant-dernière partie diffusée (2 mai 1974) la raconte en 1 heure et 49 minutes, avec beaucoup de détail et aussi beaucoup de finesses d'analyse, renversant pas mal d'idées encore reçues à cette époque. Les DVD, diffusé par TF1, sont placés dans un coffret dont le contenu n'est guère explicite....

 

- Le volume 1 de 39-45, le monde en guerre expose également les conditions de la chute de la France (voir avant)

- Apocalypse, seconde guerre mondiale, 2/6, l'écrasement, où l'on retrouve, il faut le dire maintes images des Grandes batailles... (voir avant)

 

- Pourquoi nous combattons? dans sa troisième partie Diviser pour régner expose les raisons d'aller combattre l'Allemagne nazie en se centrant sur la bataille de France.

 

- La bataille de France, de Jean AUREL, documentaire sorti en 1964, montage d'archives commenté par Cecil SAINT-LAURENT a un ton décalé particulier qui vaut le détour, à défaut d'être très didactique. Pendant 86 minutes se déroule sous nos yeux une façon particulière de voir cette défaite de la France.

- Juin 1940, Le grand chaos, de Christophe WEBER, montre en 90 minutes, en premier lieu l'exode des Belges et des Français devant l'avance des armées allemandes, et insiste sur les atrocités commises par celles-ci, notamment sur les prisonniers de guerre africains. Il montre la décomposition du gouvernement, du fait des conflits de personnes et de la pusillanimité des dirigeants civils et militaires, lesquels ne suivent qu'avec retard l'évolution des opérations (du fait de la quasi absence de communication en temps réel), alors que beaucoup de Français résistent avec l'énergie du désespoir. Le documentaire débute le 2 juin et s'achève le 22, par la répétition inversée de l'armistice de 1918, dans la fameuse clairière de Rethondes, avec un éclairage bref sur après...

 

- Dunkerque, d'Alex HOMES, mini série britannique, de 176 minutes au total, donne un tableau saisissant des événements, notamment des conditions du rapatriement.

- Dunkerque est aussi le titre du film de guerre américano-britannico-franco-néerlandais écrit et réalisé par Christopher NOLAN en 2017. Oscarisé, le film pèche pourtant sur le plan historique, se concentrant quasi-exclusivement sur le côté britannique : flotille hétéroclite des bateaux qui permet le rapatriement, débats au sein de l'état-major anglais, vues surtout des combattants britannique. La mise en scène fait surtout ressortir un côté survival, ce qui lui a été reproché par une partie de la critique.  On préférera de loin la série de Alex HOMES.

- D'autres cinéastes se sont penchés sur l'épisode de Dunkerque, qui semble en fait dans la filmographie celui le plus visité de cette bataille de France : Henry KING (1941, dans Un Yankee dans la RAF), Leslie NORMAN (Dunkerque, 1958), Henri VERNEUIL (Weed-end à Zuydcoote, 1964)... Avec NOLAN, VERNEUIL est le seul réalisateur à avoir reconstitué l'opération Dynamo sur les véritables plages de Dunkerque. On n'oubliera pas le film sorti en 1969 de Enzo CASTELLARI, réalisateur italien aux nombreux films de série B plus que recommandables d'ailleurs, Sur ordre du Fuhrer (mauvaise traduction française du titre original, La battaglia d'Inghilterra) (120 minutes, italo-franco-espagnol), où de Dunkerque, une poignée d'espions SS parvient à s'introduire en Angleterre dans le but de détruire la défense anti-aérienne de l'intérieur du pays permettant à la Luftwaffe de bombarder l'Angleterre. Même si l'action est centrée sur l'amitié impossible entre deux officiers, allemand et anglais, le métrage, très bien construit, spectaculaire et très rythmé (malgré l'abus des zoom et gros plans), montre bien l'atmosphère et le contexte de cet épisode important de la seconde guerre mondiale.

  Si on passe assez vite sur l'épisode belge, certains documentaires et séries montrent mieux l'invasion de la Pologne :

- Pourquoi nous combattons?, où elle constitue le véritable casus belli qui mène à la seconde guerre mondiale, et justifie que l'Amérique s'en mêle ou

- La deuxième partie de la série Le Souffle de la guerre, où est bien mis en évidence l'application du pacte germano-soviétique concernant la Pologne.

- Par ailleurs, la bataille de Westerplatte, lors de cette invasion est relatée dans le film polonais du même nom de Pawel CHOCHLEW, sorti en 2013. Cet affrontement entre les troupes allemandes et la garnison polonaise stationnée à Dantzig entre le 1er et 7 septembre 1939, est le premier de la seconde guerre mondiale. Cet avant-poste militaire devait être pris par les troupes allemandes pour favoriser la suite de l'invasion. Un film de 1967, Westerplatte, de Stanislaw ROZEWICZ, évoquait déjà cette bataille. (elle est relatée de manière très détaillée dans le livre de Chris MANN, Les grandes batailles de la seconde guerre mondiale, Parragon Eds, 2009).   On note d'ailleurs que les événements précédents l'invasion de la France font actuellement l'objet d'un regain d'intérêt (livres et films).

 

Certains mythes sur la bataille de France...

   La défaite de la France en 1940 a été souvent présentée comme inéluctable, pour diverses raisons (évolution historique de la France dans l'entre-deux-guerres, batailles perdues sur le plan diplomatique, démographie, décadence morale...), or même l'état-major allemand craint au moment de l'engagement les forces armées françaises et pour Hitler lui-même, le fait et la rapidité de cette défaite est une surprise... Sur le plan militaire, on a mis en avant l'infériorité qualitative et quantitative des armements et la faiblesse combative des Français. Or, et les documentaires le montrent bien - moins les films de fiction... - la campagne de 1940 menée par l'armée ne ressemble ni de près ni de loin à une guerre éclair, des combats acharnés ont eu lieu, et les plans stratégiques français, qui prévoient une guerre longue, gardent jusqu'au bout leur logique. Mais l'armée allemande ne se comporte pas du tout comme prévu, s'attaquant à des points vulnérables à des moments décisifs, des divisions s'enfonçant dans le territoire sans souci de la logistique suivante pour les troupes derrière elles - les forçant d'ailleurs à plusieurs reprises à ralentir leur avance... Mais si sur le plan qualitatif et quantitatif, les deux armées se valent largement, et même avec une tendance à quelques armements supérieurs du côté français, la répartition du matériel français, réalisée en dépit notamment des demandes de Charles de Gaulle, est parfaitement inadéquate. Les blindés sont dilués dans les divisions français au lieu de pouvoir être utilisés comme de véritables fers de lance. La seule supériorité matérielle flagrante du côté allemand est aérienne, les aéronefs anglais n'étant pas engagés dans la bataille de France, contrairement à certaines espérances françaises. C'est sur le plan stratégique que la décision se fait et également du fait de l'inaction française durant la "drôle de guerre" : au lieu de s'élancer directement après la déclaration de guerre en territoire allemand, comme le craignait d'ailleurs l'état-major allemand et une partie des diplomates (qui avaient d'ailleurs établis des plans de propositions de trêves en prévision de ce cas), à un moment où les armées allemandes n'étaient pas encore prêtes à l'Ouest, l'armée française attend sur pied, dans une position strictement défensive... Enfin, les forces allemandes bénéfices de chances incroyables à plusieurs reprises, preuve supplémentaire que la guerre est d'abord un chaos (dont l'inertie française face à un gigantesque embouteillage de 41 000 véhicules allemands dans le corridor des Ardennes...). Ernest MAY décrit bien cette rapide victoire de l'Allemagne bien plus difficile à expliquer qu'une finalement mythique inévitable défaite française (Strange Victory : Hitler's conquest of France, New York, Hill & Wang, 2000) plus intéressant que le livre de Marc BLOCH, L'Étrange défaite, Gallimard, 1990...) (Maurice VAISSE, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale, Sous la direction de Jean LOPEZ et Olivier WIEVERSKA, Perrin, 2020)

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Complété le 21 février 2020, le 27 juin 2020, Complété le 30 octobre 2020.

 

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 13:34

   Examiner directement les engagements militaires de la Seconde Guerre Mondiale, c'est se condamner par avance de n'y rien comprendre. En effet, on ne le répétera pas assez, les guerres s'enchaînent depuis des millénaires tout simplement parce que, victoire ou défaite, elles ne règlent presque rien tant que certaines conditions (qu'on pourrait, à la rigueur, qualifier d'exploitation des victoires, mais cela est encore limité...) diplomatiques, économiques et même sociales ne sont pas réunies. Le cas fragrant de la relation directe entre la Première et la Seconde guerre mondiale, au point que certains historiens estiment devoir considéré une périodisation incluant ces deux guerres (1914-1945), ne doit pas dissimuler qu'il en est ainsi de la longue litanie sanglante des guerres de manière générale.

Si nombre de fictions et même de documentaires (moins pour les plus récents) font porter sur l'Allemagne et ses alliés la responsabilité de la guerre, il ne faut pas oublier - même si, paradoxe - nombre des images proviennent... d'actualités allemandes! - que l'essentiel se situe souvent, dans une perspective d'histoire longue - dans des circonstances économiques tragiques (développement du capitalisme oblige), ici la grande crise de 1929.

Aussi, nombre de documentaires ou de séries (très peu de films de fiction, car ce n'est pas suffisamment spectaculaire...), insistent ou portent exclusivement sur les causes (plus ou moins immédiates) du second conflit armé mondial. Nous ne les évoquons pas tous, encore une fois, car cela déborderait le cadre d'un simple article.

On peut citer dans cet ordre d'idées, les documentaires qui abordent l'ensemble de la guerre, 39-45, Le Monde en guerre (Une nouvelle Allemagne) ; Pourquoi nous combattons? (même s'il s'agit d'une oeuvre de propagande), dans sa première partie, Prelude to War ; Apocalypse : deuxième guerre mondiale (1/6) ; De Nuremberg à Nuremberg (Partie 1). D'autres portent uniquement sur le prologue de la 2ème guerre mondiale : Jeunesses hitlériennes (KORN-BRZOZA) et 1918-1939, Les rêves brisés de l'entre deux-guerres ( ) . Enfin, une série de fiction l'aborde de manière détaillée (et romanesque)  : Le Souffle de la guerre, dans sa Partie 1.

 

Pourquoi nous combattons? (Why we Fight?)

   Cette série de documentaires montés et montrés aux États-Unis alors que la guerre n'est pas terminée, outre qu'il s'agit d'une oeuvre de propagande dans le cadre de la mobilisation de l'opinion et de la mobilisation tout court de soldats américains pour aller combattre l'ennemi en Europe et en Asie, constitue une sorte de proto-type de la manière dont nombre de cinéastes considèrent le partage des responsabilités dans la Seconde Guerre Mondiale. Clairement (et c'est vrai!) l'agresseur est désigné : ce sont les forces regroupées autour des impérialismes allemands, italiens et japonais, les forces de l'Axe, dont chacun polarise en quelque sorte la tradition agressive, en remontant parfois loin, à la première guerre franco-allemand de 1870-1871. A ces puissances qui visent (carrément) la domination du monde, les démocraties occidentales doivent s'opposer. Très pédagogique, la première partie, comme d'ailleurs les suivantes, mêlent documents filmés par... les puissances de l'Axe, agencées pour étayer le propos, et graphiques (souvent cartes animées) qui ne manquent pas de faire comprendre les motivations économiques et politiques de ces puissances. Bien entendu, par la suite, ce propos est nuancé dans les oeuvres qui suivent la seconde guerre mondiale, tant dans les films de fiction, les séries que dans les documentaires, mais n'empêche, sa large diffusion et rediffusion, ses extraits très diffusés ici ou là, et même des reprises de pans entiers d'images laissent une trace indélébile dans les mémoires. Loin d'exonérer ces puissances de leurs responsabilités historiques, ces films et documentaires nuanceront fortement le propos, mais ce n'est que rarement, et très tardivement (en ce qui concerne surtout le Japon d'ailleurs) que s'exprime le point de vue des vaincus.

     Premier d'une série de sept films de propagande commandée par le gouvernement des États-Unis durant la seconde guerre mondiale entre 1942 et 1945, il fut présenté, comme les suivants, au public américain (longtemps majoritairement isolationniste) pour les persuader de soutenir l'intervention américaine et de s'allier avec l'Union Soviétique. La plupart des films sont réalisés par Frank CAPRA (avec Anatole LITVAK), qui fut dérangé et épouvanté par le film de propagande de Léni LIEFENSTAHL, Le Triomphe de la volonté et travailla directement en réaction à ce dernier. Le premier épisode, en 1942, Prelude to War obtint un Oscar dans la catégorie "documentaire". Il est considéré comme un chef d'oeuvre et... c'est vrai : pédagogique, rythmé, très informatif (très peu d'inexactitudes historiques), manichéen aussi, avec une légère tendance à considérer les cultures japonaises, italiennes et allemandes comme foncièrement militaristes et agressives. Il montre, cartes et discours des dictateurs à l'appui, les projets d'invasion du monde entier.

 

 

 

Le monde en guerre, 39-45, Partie un, Une nouvelle Allemagne.

    Version francophone de la série documentaire britannique The World at War réalisée entre 1973 et 1974 par Peter BATTY, Jeremy ISAACS et Hugh RAGETT, la première partie est constituée de montage de films d'archives sur la montée des totalitarismes en Allemagne et au Japon dans les années 1930. Ces documents sont entrecoupés de temps à autres d'interviews des acteurs politiques et militaires de l'époque. Premier des 26 épisodes (remontés de manière différente pour le public francophone, pour en former 34) de 32 minutes chacun, Une nouvelle Allemagne décrit bien cette montée progressive.

Pour le DVD, édité par TF1, dont on connait les tendance racoleuses et une certaine paresse pour les titrages, le coffret se présente de la manière la plus anti-informative possible, et il faut prendre DVD par DVD pour prendre connaissance du contenu...

 

Apocalypse : Deuxième guerre mondiale (1/6) 

     Avec le parti pris de la colorisation des images, de l'étalonnage unifié également des différents plans (en dimension et en grain de définition) et dans la volonté d'intégrer nombre d'images provenant de sources non utilisées auparavant, les auteurs veulent rendre cette guerre présente, bien plus proche des spectateurs que si l'on avait gardé le noir et blanc de nombreuses images d'origine. Même si on retrouve par ailleurs, nombre de plans déjà sur-utilisés dans les documentaires qui le précèdent, et notamment des documentaires français. D'ailleurs la vision à la chaîne de ces documentaires peut donner un certain tournis répétitif, surtout si l'on regarde d'abord la série française réalisée dans les années 1960 pour la télévision. Il vaut mieux l'éviter. Le tour de force peut-être de cette série est de renouveler le regard, notamment par le commentaire des images, porté sur cette guerre.

   Cette première partie des 6 de 52 minutes chacune, regroupe comme les autres des documents d'époque connus ou inédits (de 46 provenances différentes), basés sur des images restaurées et colorisées (pour 70% d'entre elles). Titrée L'Agression (1933-1939), elle décrit la montée du nazisme et la campagne de Pologne. A noter, qu'à l'instar de nombreux documentaires montrés en Europe, elle ne montre sans doute pas assez le conflit armé dans le Pacifiques, pourtant plus long et aussi sanglant.

Diffusée à l'origine en 2009 à la télévision par France 2, et réalisée par Isabelle CLARKE et Daniel COSTELLE, vieux routier du documentaire sur la Seconde Guerre Mondiale, elle est sortie la même années en DVD. La série possède plusieurs suites : Apocalypse, Hitler ; Apocalypse, la Première Guerre mondiale ; Apocalypse, Staline et Apocalypse, Verdun, qui, toutes les quatre montrent également des causes de la Seconde guerre mondiale.

Quelques personnages servent de fil conducteur tout au long de la série, ainsi Rose GOWLLAND, une enfant britannique âgée d'un an au début de la guerre, filmée durant toute la durée du conflit et que l'on voit dans le dernier plan écrivant THE END sur une bombe.

Dominique WOLTON, auteur très critique habituellement sur les documentaires, parle (entretien télévisé en 2009) d'une "force pédagogique" qui "permet de retrouver la violence de l'histoire", la "banalité de l'horreur" et déclare que la télévision reste le média essentiel pour réaliser "le lien social", notamment dans les moments graves. Toujours est-il que la colorisation des images suscitent débat, notamment parce qu'il existe un risque que le déroulement du récit de la guerre soit influence par l'existence de ces documents en couleur (critique plus forte encore pour des séries comme Ils ont filmé la guerre en couleur, Ils ont filmé la libération en couleurs... documentaires que nous ne recommandons pas dans un premier temps). De toute façon, la diffusion de cette série est l'occasion de rappeler que l'historiographie de la Seconde guerre mondiale est bien plus riche que le montre les images tournées durant le conflit : témoignages écrits et audios, documents d'état-major, investigations sur les dessous des opérations militaires... Encore, une fois, si l'on veut comprendre cette guerre, avoir en main des écrits est indispensable. L'historien Lionel RICHARD estime, alors qu'aucun historien ne figure au générique (ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas été consultés...), "les recherches universitaires sont à la fois plus sûres et plus avancées que les données apportées par l'ensemble des épisodes (du documentaire". Il y existe "trop d'entorses aux faits (...) d'insinuations non justifiées, d'omissions, pour qu'on puisse admirer sans réserve la somme d'informations qu'elle véhicule". Les historiens suisses Gianni HAVER et Charles HEIMBERG ajoutent de leurs côtés que "si la colorisation des images n'est pas un problème en soi, elle n'en traduit pas moins de manière plus évidente un processus d'aplatissement des sources." Des images en provenance de films amateurs, de fictions, de propagande ou d'une ciné-mitrailleuse sont mélangées et broyées par la machinerie d'Apocalypse, donnant aux images un air supérieur de réalité. Ce processus élimine dans l'esprit du spectateur le problème constant qui se pose à l'historien sur la crédibilité, la véracité différente... des différents éléments écrits et audio-visuels à notre disposition.

 

De Nuremberg à Nuremberg, Partie 1.

   Documentaire de Frédéric ROSSIF produit en 1988 sur le régime nazi, écrit et lu par Philippe MEYER, produit par Paul FRYDMAN, son titre fait référence aux rassemblements de masse nazis à partir de 1933 à Nuremberg, au début du règne d'HITLER, et au procès de Nuremberg (1945-1946) après sa chute. Diffusé en deux ou quatre parties, sa première partie s'ouvre sur le rassemblement du parti nazi, le 13 septembre 1935, à Nuremberg.

Ce segment (de deux parties, pour la durée de 180 minutes) se ferme sur la mort de Stefan ZWEIG le 13 février 1942. Il s'agit de la montée du nazisme, puis de l'apogée de la guerre de conquête du Troisième Reich et de ses alliés. La version de 238 minutes comporte une première partie intitulée La Fête et le Triomphe. Un des intérêts de cette première partie est de montrer comment ce triomphe et cette fête ont pu être réalisés sous les yeux et même avec la participation économique des Soviétiques et, mais c'est moins net, des Américains, finançant, avec entreprises présentes sur le sol allemand en prime, à la fois l'essor économique (déjà largement entamé sous la République de Weimar) et l'effort de guerre allemand... finalement orienté contre eux. En cela, ce n'est pas original, le commerce mondial des armements favorisant depuis le début de l'ère industrielle l'usage d'armes contre les compatriotes des fabricants... Avec là aussi des images tirées des films de propagande allemande, les auteurs ont fait le pari de rester d'un commentaire neutre, estimant que les images parlent d'elles-mêmes... Pari un peu risqué pour ceux qui n'ont pas enregistré plusieurs décennies de tromperies par l'image.

Le documentaire montre bien également un des ressorts de l'adhésion des Allemands au régime. Outre le bénéfice d'une relance économique que les nazis s'attribuent (abusivement), le climat de violence cesse peu à peu, étant donné que les nazis... sortent - provisioirement et de manière sanglante - le reste étant camouflé par la guerre - vainqueurs de cette presque guerre civile qui dure depuis la fin de la première guerre mondiale (malgré quelques années, éparses, d'accalmie) et qui se termine pour les opposants dans les camps de concentration...

 

Jeunesses hitlériennes

   Le documentaire réalisé par David KORN-BRZOZA en 2017, souvent qualifié d'exceptionnel, sous-titré l'endoctrinement d'une nation, décrit à partir d'images d'archives colorisées et de témoignages, comment, des années 1930 à 1945, des millions de jeunes Allemands, à partir de l'enfance, ont été endoctrinés, aveuglés par la folie hitlérienne. Ces nombreux témoignages d'anciens "Hitlerjugend" indiquent bien des dynamismes psychologiques et sociaux à l'oeuvre, combinant les ressources pédagogiques et idéologiques de milliers de cadres, souvent recrutés de longue date, eux-mêmes convaincus des valeurs qu'ils transmettent. Générosité, don de soi, courage, entraide, camaraderie sont particulièrement activés dans des organisations de jeunesses de tout ordre, empruntant souvent les valeurs du scoutisme pour innervé les structures du pouvoir totalitaire. Ces valeurs, jointes aux mensonges d'État et à la propagande active sur les plans économiques et politiques, expliquent le fanatisme jusqu'au-boutiste de ces jeunes qui se sacrifient ensuite sur la seule foi des discours d'un leader charismatique.

 

 

1918-1939, Les rêves brisés de l'entre-deux-guerres

    Ce documentaire de Jan PETER et de Frédéric GOUPIL, qui succède à 14 - Des armes et des mots, paru en Allemagne en 2017 et l'année suivante en France, est une série de huit épisodes de 52 minutes chacun. Les différents épisodes racontent les destins de 13 hommes et femmes français, vietnamiens, allemands, polonais, autrichiens, anglais, suédois, italiens et soviétiques, mis en scène à partir de lettres, journaux intimes et documents d'archives. Leurs destins singuliers permet de revivre les moments-clés de leur vie durant l'entre-deux-guerres. Fondés sur les citations originales issues de carnets intimes et de lettres écrites par les personnages principaux, ainsi que d'autres personnes plus ou moins anonymes, les scénarios permettent d'aborder ces moments où l'histoire bascule souvent, de l'espoir à la désespérance, et pour beaucoup à la lutte active. Rompant avec un découpage de l'histoire qui centre trop sur l'une ou l'autre guerre, et recomposant les vies de ces personnes et personnages suivant la trame même de leur parcours familial, professionnel, émotionnel, intellectuel, le documentaire, bien entendu avec les risques de se tromper un peu dans le détail du vécu réel tel qu'il a été, restitue une logique des événements où les individus subissent l'histoire qu'ils font plutôt qu'ils ne la maitrisent. Il indique aussi, comment dans les différentes contrées ont pu se construire certaines représentations de leur propre histoire et comment les événements ont pu aboutir si tragiquement.

 

Le Souffle de la guerre, partie 1

   Mini-série américaine en sept épisodes de 90 à 150 minutes réalisée par Dan CURTIS et écrit par Herman WOUK d'après son roman éponyme, diffusée sur ABC en 1983, elle raconte les aventures de deux familles, surtout celle Victor "PUG" HENRY, incarné par Robert MITCHUM et celle d'une famille juive polonaise, celle des JASTROW. La série suit leurs aventures de mars 1939 jusqu'à l'entré en guerre des États-Unis en décembre 1941 et au-delà, dans une seconde époque. La première partie, The Winds Rise, montre surtout les pérégrinations d'un attaché naval des États-Unis à des missions diplomatiques en Allemagne, en Russie et en Angleterre. Même si l'histoire en elle-même est imaginaire, l'auteur s'appuie sur des faits qui éclairent les conditions dans lesquelles les États-Unis vont entrer en guerre contre le Japon, puis contre l'Allemagne. L'attaché naval, vu ses compétences techniques est à même de comprendre les préparatifs de guerre, l'état de préparation des troupes et pas seulement des armées navales. A ce titre, ses avis sont très prisés par les hautes autorités militaires, et par le président des Etats-Unis, ce dernier étant submergé par des rapports qui émanent de sources pas toujours très lucides ni indépendantes de nombreux intérêts économiques et financiers. L'attaché naval navigue dans des milieux qui lui font approcher les grandes figures de l'époque, entre autres HITLER et STALINE. On sent mieux, parfois, dans les fictions, mieux que dans les documentaires, l'atmosphère de l'époque. Des hommes et des femmes, pris dans leurs aventures sentimentales, sont témoin de l'histoire en mouvement. Pas un espion, puisqu'il officie au grand jour sans rechercher des documents secrets, pas un complice des milieux déjà évoqués, appartenant à ces familles militaires dont les seuls objectifs sont de servir leur patrie (cela existe...), l'attaché naval est au confluent d'une connaissance technique très fine des matériels militaires et d'une perception des états d'esprit des décideurs politiques. Et c'est en cela que cette mini-série est intéressante, bien que certaines scènes sentimentales soient assez longues (sans excès, on le remarquera...). Les accroches de chaque partie sont bien des événements-clés de la seconde guerre mondiale et la mini-série reflète bien également le destin des familles juives polonaises, au coeur, surtout au début, de la seconde guerre mondiale (question de la Pologne, pacte germano-soviétique, partage du pays entre Allemands et Soviétiques). Également, la mini-série met bien en balance la problématique des deux conflits armés qui, au départ, apparaissent distincts, en Europe et dans le Pacifique, jusqu'à devenir (par le jeu des coopérations militaires et la question du "second front" en Europe) liés de manière sanglantes. Vu du côté des États-Unis, avec la question ou non de participation de la guerre en Europe et de la priorité des fronts, la mini-série offre un tableau réaliste des situations et des positions en présence.

 

- Même si ces quatre DVD d'une cinquantaine de minutes environ chacun renferment des images redondantes  et des redites importantes, ils sont utiles pour plonger dans les "racines du IIIe Reich". Successivement, Hitler, le génie du mal, La folie aryenne, Svastika et Himmler l'âme damnée, comme sont titrés les DVD, même si les documentaires eux-mêmes ne comportent pas de titre (il faut aller à la fin pour y trouver un générique...), retracent un parcours individuel et collectif, depuis la fin du XIXe siècle, qui mène tragiquement à la politique raciale de l'Allemagne nazie. En noir et blanc, avec un commentaire en français, ces quatre films américains auraient pu faire l'objet d'un remaniement d'ensemble par l'éditeur (militaris.fr), évitant, c'est le comble, un effet soporifique...

 

Dan CURTIS, Barabara STEELE, Branko LUSTIG, Le Souffle de la guerre, États-Unis, chaine ABC, 1983. David KORN-BRZOZA, Jeunesses hitlériennes, l'endoctrinement d'une nation, ZED, 2017. Frank CAPRA et Anatole LIVTAK, Why We Fight ? (Pourquoi nous combattons?), 1942-1945. Frédéric ROSSIF, De Nuremberg à Nuremberg, production Jean FRYDMAN, 1989. Isabelle CLARKE et Daniel COSTELLE, Apocalpyse, la Seconde guerre mondiale, France 2, 2009. Jan PETER et Frédéric GOUPIL, 1918-1939 : Les Rêves brisés de l'entre-deux-guerres, LOOKSfilm, Les Films d'ici, Iris Production, Allemagne-France-Luxembourg-Belgique, 2018. Peter BATTY, Jeremy ISAACS et Hugh RAGETT, The World at War (Le Monde en guerre), Thames Television (ITV), 1973-1974.

 

- La série allemande de fiction récente Babylon Berlin, à l'instar d'autres films et documentaires, restituent une perception des Allemands de la second guerre mondiale. Sans compter une réalisation artistique novatrice, les concepteurs de cette série veulent montrer, à travers les enquêtes d'un commissaire de police le climat de dépravation d'une haute société et de misère désespérante des classes du "bas" de la société, dans l'année 1929 précisément, où se combattent gangsters, nazis, conservateurs et communistes (et entre trotskistes et staliniens), les uns et les autres usant du crime pour parvenir à une main-mise économique et politique. Il représente bien les nazis comme l'un de ces nombreux groupes qui se combattent les armes à la main, les armes semblant disponibles de façon abondante (via des stocks de la première guerre mondiale). Elle montre également la lente reconstitution de l'armée (l'aviation) allemande, avec l'aide de l'URSS...

 

 

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Complété le 5 octobre 2020

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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 17:02

   La question peut sembler banale, tant les histoires sur la Seconde Guerre Mondiale structurent en partie la conscience nationale des Européens, et que les moyens de la raconter ne cessent de se multiplier (documentaires sur Internet notamment). Pourtant, et parce qu'elle est importante sur le plan du vécu de l'Histoire et même du quotidien (au moment où un des motifs de l'Union Européenne est précisément de ne plus revivre ces événements-là), elle mérite qu'on s'y arrête.

D'abord par la tendance à schématiser de nombreux films, surtout les films de fiction américains qui peuvent tourner au western moderne, entre bons et mauvais peuples et pays, les mauvais étant bien entendu les vaincus, Allemands, souvent Italiens et Japonais surtout, et les bons démocrates libérateurs, les Américains, non seulement sur le plan militaire bien entendu, mais aussi sur le plan moral. Il faut dire qu'à la décharge des historiens qui écrivirent très tôt sur l'histoire de la SGM, le régime nazi, avec la brutalité de ses armées et la férocité (exterminations en série) de sa politique, se prête très bien dans le rôle du méchant et qu'on aurait du mal à lui trouver pire dans l'Histoire. Le caractère totalitaire du régime, à l'instar d'ailleurs de celui du Japon, s'oppose parfaitement au caractère démocratique des vainqueurs. Il est donc facile de se prêter à la caricature (souvent moqueuse) et nombre de réalisateurs ne s'en privèrent pas...

Ensuite, il s'agit là d'oeuvres visuelles, faisant appel à l'émotion, avec une certaine dramaturgie, présente également dans les documentaires, qui ne peuvent donner qu'une vision partielle des événements (vu également les images disponibles, côté documentaire), et empêchent donc (sauf pour la vision en video où l'arrêt sur image et le retour en arrière sont possibles) une réflexion de s'organiser de façon posée. Aussi, dans ce qui va suivre, nous exposerons des oeuvres visuelles ET écrites. Certains ouvrages peuvent ainsi apporter un éclairage approfondit sur des situations et des événements là où l'image et le son courent et courent souvent très vite. Si l'on veut comprendre, il est impossible de ne pas exposer en contre-point ou en appui ces écrits aux oeuvres audiovisuelles.

Bien entendu, la majorité des spectateurs vont voir des films pour le spectacle et la distraction. D'une part, les scénarios de ces oeuvres sont assez faciles à construire, le partage entre bons et méchants s'apparentant alors au traitement des westerns des années quarante et cinquante aux États-Unis. Par ailleurs, les images de guerre attirent des spectateurs qui canalisent là leurs dynamismes agressifs personnels. Enfin, les films de comédie ou même de drame offrent une occasion de se moquer des nazis en les présentant comme des brutes assez épaisses (ce qu'ils étaient pour la plupart d'ailleurs) appartenant à des classes sociales... déclassées ou des êtres dépourvus d'intelligence moyenne, l'image négative d'un militarisme simpliste complétant le tableau...  Cette majorité de spectateurs-là ne cherchent aucunement à comprendre la seconde guerre mondiale, et nous n'évoquerons pas d'ailleurs ce genre de films, qui vont de La grande vadrouille (film favori de deux membres de notre équipe!) au Douze salopards, sauf à la marge, en contre point, pour signaler les films qui déforment singulièrement la réalité historique ou qui s'en inspirent en la détournant... (jusqu'à l'uchronie, comme l'estimé film d'ALDOMOVAR)...

Il existe cependant un autre écueil qui peut obérer la connaissance de l'avant, pendant et après guerre mondiale. Il s'agit des films de propagande, et parmi les plus efficaces, les films anglo-saxons, soit à travers des fictions d'espionnage (à la Hitchcock par exemple) ou des fictions de guerre à proprement parler. Une des manières de l'éviter est sans doute de bien porter attention à la date de production et de sortie des films. Une fois accrochée cette attention, et rendue visible le manque de distance par rapport à l'événement, la vision de ces films et documentaires (tels ceux de Franck CAPRA par exemple, des Pourquoi nous combattons?) peut être instructive par la manière même où les belligérants peuvent voir la guerre.

Il est donc, comme écrit auparavant, indispensable d'avoir des guides pour s'y retrouver : et rien de mieux que des livres qui couvrent toute la guerre mondiale, et s'il fallait en proposer deux, je miserais sur deux ouvrages très dissemblables d'ailleurs, La Seconde Guerre Mondiale de Raymond CARTIER en deux volumes, paru en 1966 aux éditions Larousse, avec possibilité de suivre l'avant et l'après (avec ses autres livres du même type, écrit de style journalistique et doté d'une iconographie abondante, photographies significatives) et La Seconde Guerre Mondiale d'Antony BEEVOR, paru aux éditions Calmann-lévy en 2012, qui concentre maintes connaissances sur beaucoup d'aspects.

 

Quel angle d'attaque pour comprendre la seconde guerre mondiale à travers films et documentaires?

    S'agissant d'une guerre mondiale, la tendance est à la montrer en tant que... guerre. C'est-à-dire, dans une logique toute militaire, un enchaînements de batailles, de manoeuvres, de replis, d'avancées, de conquêtes et de pertes de territoire et en termes d'évolution technique des armements (infériorité et supériorité), de mobilisation des troupes, de poussées ou de pertes de moral, de capacités tactiques et stratégiques... en prenant comme point d'appui de compréhension les avancées ou les reculs sur des cartes d'état-major. Ce que font les séries documentaires sur les "grandes batailles" et les films centrés sur ou autour d'une bataille. Or, et pas seulement pour la seconde guerre mondiale, une guerre n'est pas réductible ni en espace ni en temps aux combattants.

Les populations "civiles" jouent toujours un grand rôle, ne serait-ce que c'est sur elle que sont prélevés les contingents militaires et les finances : leur moral compte et est d'ailleurs un des enjeux majeurs d'une guerre psychologique et idéologique aussi importante que la guerre matérielle sur les champs de bataille. Nombre de films sont consacrés aux résistances et collaboration des populations, des élites, des administrations comme des différentes classes sociales...

Les "buts de guerre" des belligérants, les systèmes d'alliances nouées et dénouées, les comportements des armées dans les territoires traversés (et souvent dévastés...), tout cela fait partie d'un ensemble indispensable pour comprendre une guerre. S'agissant de la seconde guerre mondiale, la nature du régime nazi n'est quasiment jamais oubliée, parfois d'ailleurs sur un registre plutôt caricatural qui n'aide pas à comprendre celle-ci... Heureusement, comme contrebalançant le registre moqueur de nombreux films, des documentaires sont uniquement consacrés au régime nazi, aux comportements de la société allemande durant la guerre.

L'avant et après la guerre, ne serait-ce que parce que la guerre n'est jamais tout-à fait terminée - avant la prochaine - pour tout le monde, constitue des éléments également indispensables. C'est d'ailleurs ce que font les grandes séries télévisées : les préludes à la guerre bénéficient d'une grande partie du métrage, de même que l'après-guerre. Un des grands mérites des documentaristes d'ailleurs est de tenir compte au plus près des derniers acquis de l'historiographie : la deuxième guerre est vue comme conséquence de la première. De même, les composantes économiques et sociales de la seconde guerre mondiale ne sont pas oubliées dans la plupart des documentaires, qui ne se centrent pas uniquement sur les batailles.

  Compte tenu de cela, nous avons conçu un découpage qui laisse la place au fait guerre dans toute son ampleur et toutes ses dimensions et qui éclaire nombre d'aspects psychologiques, politiques, idéologiques, économiques et sociaux de la seconde guerre mondiale :

- Tout d'abord... les batailles et leur enchainement. La logique des opérations militaires, ce va et vient entre la guerre dans le Pacifique et en Europe, ce va et vient également entre le flux et le reflux du Reich en Europe et du Japon en Extrême Orient, en regardant bien l'histoire telle qu'elle est : la chronologie des événements n'est pas du tout la même en Asie (où on peut considérer qu'elle commence beaucoup plus tôt) qu'en Europe et les enchainements historiques à l'Est et à l'Ouest. La vision de forces de l'Axe contre les forces alliées est bien plus complexe qu'un affrontement binaire (par exemple dictatures contre démocraties...)... Dans les batailles se concentrent stratégie et tactique des protagonistes mais également rapports technologiques des armements, positionnements géopolitiques, buts de guerre, et également logiques des changements qui peuvent intervenir au sein même des batailles, prises au sens d'ensemble d'opérations militaires plus ou moins étendues au sens tant géographique que temporel... Ce qu'on appelle la bataille de désert, la guerre du Pacifique, la bataille d'Angleterre, l'invasion de la France, pour ne prendre que ces exemples-là, se composent d'événements militaires parfois complexes, sans compter que les théâtre d'opérations peuvent interagir parfois à plusieurs... Films et fiction et documentaires possèdent leur propre dimension, sans compter les séries télévisées : un film peut se concentrer sur un lieu bien plus précis, un documentaire s'avérer plus ample et une série couvrir toute une zone (l'Ouest, le Pacifique, l'Est...), les uns mettant en relief l'aspect décisif ou manqué d'une bataille précise et les autres l'enchainement, dont le découpage peut varier presque à l'infini, au profit souvent du vécu des combattants. L'exemple magistral de Le jour le plus long montre bien que saisir les réalités d'une bataille, même dans un espace et un temps réduit, demande l'inclusion de beaucoup d'éléments, quitte à les simplifier pratiquement tous... Certaines batailles feront l'objet d'éclairages particuliers.

- Les multiples activités d'espionnage ;

- Les différentes collaborations et résistances ;

- Les exterminations des Juifs (mais pas seulement) en Europe, dans les camps d'extermination et dans les territoires envahis et occupés ;

- Les prisonniers de guerre ;

- L'avènement de l'ère atomique ;

- L'acheminement vers la guerre froide ;

- Les guerriers et les soldats engagés sur les divers fronts ;

- Les Procès des criminels de guerre ;

- Les "figures" de la seconde guerre mondiale, que ce soit les dirigeants ou les chefs de guerre ;

- Une réflexion sur comment filmer la seconde guerre mondiale ;

- Les progrès technologiques en armement....

   Comme nous aborder un thème à la fois, nous ferons la présentation et le commentaire d'une série ou d'un documentaire que de manière longitudinale, c'est-à-dire en ne prenant que les éléments de cette série et de ce documentaire qui intéresse ce thème. Ainsi pour une série telle Frères d'armes (de HANKS/SPIELBERG), lorsque nous abordons la bataille de Normandie, nous ne attardons que sur les parties qui concernent cette bataille. Pour les films, c'est relativement plus simple, se concentrant pour leur très grande majorité sur un seul aspect de la seconde guerre mondiale...

 

De même, les références (réalisation, production année de sortie...) des séries et des documentaires ne sont indiquées qu'une fois, dans le corps du texte, quitte dans la dernière partie à répéter une seule seconde fois, celles-ci, toutes oeuvres confondues, en une analyse de l'ensemble de la filmographie.

Bien entendu, comme il existe de nombreux thèmes et que nous ne passons pas tout notre temps sur le blog, cela peut prendre un certain temps avant d'arriver au bout... un peu à l'image de la très longue série de Marc FERRO, à la télévision française, Histoire parallèle, avec un décalage de 50 ans, prolongée après la seconde guerre mondiale, alternant actualités dans les deux camps et commentaires d'invités.

Et bien entendu, il ne s'agit pas d'une filmographie exhaustive, puisque d'une part nous écartons les oeuvres de divertissement ou d'espionnage romancé, et que d'autre part, cela va sans dire, cette filmographie s'enrichit encore au fil des ans, témoin le récent Un village en France, feuilleton-série française qui traite de l'attitude (collaboration, "neutralité", résistance) (avec de rares subtilités) d'une population précise face aux événements, qui vient de sortir en coffret DVD dans son intégralité...

  Depuis l'éclosion d'Internet, de multiples documentaires ont vu l'occasion de se démultiplier. Avec le regain d'intérêt sur la Deuxième Guerre Mondiale, sont apparus également de nombreux magazines. Parmi tous les magazines qui se consacrent à ce thème, nous pouvons conseiller la revue 39-45, dont les articles détaillés permettent d'apporter de nouveaux éclairages et de dissiper de nombreux clichés. Parmi tous les sites, nous pouvons conseiller également Le monde en guerre 39-45.

 

 

 

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Compléter le 9 septembre 2020

 

 

 

 

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 14:38

   C'est une question que l'on ne poserait pas pour l'Empire Romain (d'Occident) qui bénéficie d'une abondante filmographie. Le fait est qu'il est toujours plus difficile de trouver un traitement favorable à un ensemble politiques qui n'existe plus et qui de surcroit n'a laissé qu'un héritage éclaté entre différentes entités dans l'Histoire que pour un pays ou un Empire qui existe encore ou qui a laissé un héritage bien délimité et assumé (l'Occident chrétien en fin de compte pour l'Empire Romain, sans compter une captation réelle par l'Eglise qui ne s'appelait pas encore catholique), une nation qui a besoin de réifier son histoire et d'établir ou maintenir son image, pour la faire partager à des citoyens qui se pensent découler d'eux. Dans ces cas, ce sont les héritiers des différentes contrées partenaires ou ennemies de ces Empires ou pays disparus qui renvoient l'image, pourrait-on dire, et souvent au détriment d'eux et pour l'édification des citoyens des nations existantes aujourd'hui. 

Aussi, il n'est pas étonnant qu'un ensemble, au demeurant assez restreint de films de fiction, renvoie une image assez négative de l'Empire byzantin, déjà frappé d'une image littéraire négative difficile à redresser compte tenu des sources existantes. Ainsi, Constantinople, le dernier film en date, par lesquel nous commençons cette liste que nous dressons ici, à titre provisoire en attendant d'autres informations. Côté documentaire, on pourrait écrire que la denrée est encore plus rare...

   Côté films de fiction, citons donc :

- Constantinople, film turc de 2012 qui raconte la prise de la Ville par les forces ottomanes, qui entraine la destruction de l'Empire byzantin en 1453. Au titre original Fetih 1453, il se place du côté ottoman, et fait l'objet de virulentes critiques pour le nationalisme qu'il glorifie et sa vision plus que biaisée de l'histoire. Plus gros budget de l'histoire turque du cinéma (17 millions de dollars sinon plus...) et grand succès populaire, il est montré à un moment où la politique d'Istanbul se caractérise par un conservatisme religieux et une agressivité envers les peuples environnants. 

Si en soi, le film est regardable comme (très) un bon film d'aventures, et d'ailleurs c'est pratiquement l'angle d'attaque de presque tous ces films sur l'Empire byzantin, et si on peut voir mis en oeuvre diverses armées, malheureusement la réalité historique y est plus qu'écornée. Le film du réalisateur Faruk AKSOY, qui en est aussi le producteur (Aksoy Film) de 165 minutes, montre face à face deux groupes d'armées impressionnant alors que déjà lors du siège, l'armée byzantine s'est déjà, en l'enseigne des considérables pertes de territoire, très réduite et qu'à l'inverse les troupes et la glotte turque est pratiquement énorme. Par ailleurs, l'armée turque ne comptait pas de trébuchet et l'assaut est plutôt mené sans préparation de tirs (à part flèches et javelots, à efficacité limitée), et surtout le siège est présenté comme un épisode de djihad avec de nombreuses références religieuses anachroniques. 

- Agora, qui n'est pas un film à grand spectacle, date de 2009. Film espagnol de Alejandro AMENABAR, il met en scène l'action l'une femme philosophe, philosophe et astronome, en bute, dans un contexte de déclin du polythéisme, aux menées de leaders chrétiens nettement moins instruits et plutôt présentés comme prosélytes violents. Il s'agit d'un film qui repose sur le contexte de l'Empire byzantin, dans l'Egypte du 4ème siècle, et en dit plus sur certains aspects culturels des mentalités de l'époque que sur la situation de l'Empire.  

- Khan Aszparuh ou 681 A.D., the Glory of Khan, de 1981, film bulgare de 92 minutes, raconte l'histoire du Khan du titre et des événements fondant l'Etat médiéval en 681. Réalisé à l'occasion du des 1 300 ans de la Bulgarie, par Ludmil STAIKOV, il devait comporter 4 heures et demie de métrage. La version raccourcie, très critiquée, renforce les aspects nationalistes et ne rend pas compte de l'ensemble de l'oeuvre, bien plus complexe. Cet État bulgare s'est construit en partie contre l'Empire byzantin et bien entendu, ce dernier n'est pas montré sous un jour très favorable... La version raccourcie en outre renforce plus les aspects spectaculaires que la description des forces politiques en jeu... 

- Chivalric Romances est un film russe de 2000, situé pendant l'Empire byzantin, durant la Première Croisade (1096-1099) et basé sur la nouvelle de Sir Walter Scott : Count Robert of Paris. Ce film, dirigé par Aleksandr INSKAKOV  se situe dans le grand renouveau du cinéma russe actuel,. Nous ne l'avons pas visionné...

- Här kommer bärsärkana est un film suédois d'aventure de Arne MATTSSON. Réalisé en 1965 et d'une durée de 99 minutes.

- The last Roman (titre original Kampf um Rom), est un film historique ouest-allemand et italien de Robert SIODMAK qui a la particularité d'avoir été réalisé en 1968 (part I) et 1969 (part II), avec une version allemande de 1976, de 186 minutes au total environ. Il montre la lutte au 6ème siècle entre l'empereur JUSTINIEN, les descendants de l'Empire Romain d'Occident et les Ostrogoths. Mal accueilli par la critique qui le juge "splendeur, amour et pathos", ou "naÏve-entertaining" et trop superficiel, le film ne donne pas trop la réalité historique de l'époque, donnant la part belle aux batailles, intrigues pas forcément dans leur déroulement tel qu'on les connait. Théâtral, spectacle certain pour les yeux, mais sans doute rien d'autres... A part peut-être les costumes d'époques...

- Viking est un film russe de 2016 montrant la lutte du prince médiéval de Novgorod, VLADIMIR LE GRAND, pour la formation, contre entre autres l'Empire byzantin, du royaume russe, comme un des rois d'une saga... Réalisé par Andrei KRAVCHUK d'emblée en deux versions, l'un "familiale" et l'autre "complète", il est conçu éventuellement pour être le pilote d'une série télévisée. Mal accueilli par la critique russe (peu historique et trop propagandiste chrétien) mais au succès public tant national qu'international (pour l'année 2016, il figure au top 10 premiers films au box office). Dans sa durée totale de 133 minutes, il possède une qualité artistique indéniable (nous avons aimé!), mais en dit peu, encore une fois, sur la réalité historique de l'Empire byzantin...

- Theodora est un film italien de 1921 sur la vie de l'impératrice bizantine du titre, réalisé par Leopolda CARLUCCI. Il s'agit d'une histoire d'amour dans le contexte d'un conflit armé entre Byzance et Rome. Il fait partie des grands films à grand spectacle de l'essor du cinéma muet italien, avec CABIRIA et bien d'autres... 

- Theodora, Esclave et Impératice (Slave Empress) est un film franco-italien de 1954 au sujet de l'impératrice du titre, esclave puis mariée à JUSTINIEN 1er, empereur de Byzance (527-565). Réalisé par Riccardo FREDA, de 88 minutes. Décevant selon la critique, il n'a pas eu une grande notoriété à sa sortie (!). Il est vrai qu'il met l'accent sur l'exotisme plus que sur le récit historique, avec le tort en plus d'avoir très peu de scènes d'action flamboyantes.

   Il vaut mieux, pour ce qui concerne notre sujet d'appesantir plus sur le documentaire britannique Byzantium : The lost empire (rien à voir avec Byzantium, de Neil JORDAN ) de John ROMER réalisé en 1997. D'une durée totale en DVD de 203 minutes, ce documentaire retrace l'histoire de l'Empire byzantin. L'archéologue, égyptologue et histien John ROMER montre, de manière plus ou moins chronologique maints aspects de la civilisation byzantine, que ce soit en architecture, en politique, en art ou en littérature... Byzantium fait partie d'une série de documentaires TV d'archéologie qui procède grosso modo de la même manière. A partir précisément des découvertes sur trois continents et pour une période de plus d'un millénaire, il découvre divers aspects de la vie de ces citoyens d'Empire, sans vouloir procéder à une reconstitution historique globale... La densité des informations mise en relief est si importante que pour en tirer le maximum de profit, la vision de cette série de 4 films doit s'opérer stylo (manuel ou électronique) à la main... Quitte à approfondir ensuite, grâce aux propres indications du réalisateur ou ailleurs, tel ou tel aspect... Il faut dire aussi que la voix monocorde du réalisateur qui accompagne ses propres documentaires peut conduire, surtout qu'il jette souvent des informations sans les préciser outre-mesure, à lasser. A défaut de présenter l'histoire de l'Empire byzantin de manière structurée, que ce soit en politique ou en art, maintes de ces informations doivent être saisie en quelque sorte "au bond", ce qui fait qu'en définitive, ces documentaires, malheureusement, mais il faut sans doute s'en contenter aujourd'hui, ne constituent pas une bonne introduction didactique...Mais ils ravissent par contre les sympathisants de cette période historique!

Une version en video (en vision libre) en disponible en français sur Internet (le demander explicitement au navigateur, sinon il est perdu, le pauvre...), avec une voix moins monocorde... 

 

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