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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 10:19

   Dans ma vie de militant non-violent et mes approches du marxisme, me trouvant par un heureux hasard dans un mouvement non-violent qui avait à la fois une approche des conflits économiques d'inspiration marxiste et une attitude réaliste (s'éloignant de préoccupations philosophico-morales dans le même mouvement de la pensée) sur l'efficacité de la non-violence, j'ai toujours trouvé navrante cette opposition des militants marxistes révolutionnaires et des non-violents. Ceci pour plusieurs raisons :

- La non-violence (politique) et le marxisme (non dogmatique) ont en commun une approche du conflit s'opposant frontalement à des perceptions les niant, comme le font toutes ces idéologies consensuelles prenant leurs désirs pour des réalités, qui s'expriment de manière de plus en plus tapageuses au fur et à mesure que s'aggravent les inégalités économiques, les désastres écologiques et les dissociations sociales.

- Si les traditions (prises très globalement) non-violentes et marxistes divergent en pensée et en action, cela tient d'une part à la position anti-religieuse, mâtinée d'un athéisme militant, de la tradition marxiste (par rapport à des courants principalement religieux) et par la volonté d'exprimer par la violence les rapports de classes sociales, dans l'estimation que rien de révolutionnaire ne peut avoir lieu sans la violence de celle-ci (par rapport à des courants qui placent précisément la violence au coeur de leur réflexion, dans ses conséquences comme dans son expression).

- Pourtant, ces traditions se sont trouvées souvent au carrefour des problématiques de la violence, mais sous des angles différents et suivant des motifs qui ne se rejoignent pas théoriquement, même si dans la pratique, à de nombreuses reprises, marxistes et non-violents se sont retrouvés côte à côte dans de nombreux conflits. D'une part, toute l'expérience "révolutionnaire" dans les courants marxistes est marquée par une opposition nette entre un anarchisme violent et un marxisme plus préoccupé par les conséquences directes de l'usage de la violence par les masses ou leurs représentants, qui à la lumière de nombreux faits politiques, économiques et sociaux : à la destruction des machines et aux prises d'otages des dirigeants capitalistes, les courants marxistes préfèrent les actions collectives, la grève et les manifestations de masse ; à l'insurrection violente dans la rue, ils préfèrent l'organisation, parfois ici et maintenant, de la vie collective, et là l'expérience de la Commune agit comme un marqueur important... D'autre part, maints courants non-violents axent leur réflexion et leur action non seulement sur la violence physique (qu'elle soit politique ou interpersonnelle), et aussi et surtout sur les violences structurelles de toute sorte, qu'elles soient culturelles, politiques, économiques ou sociales. Mais, tendanciellement, des courants marxistes songent plutôt aux rapports de forces globaux immédiats en faisant l'économie d'une véritable réflexion sur la violence, refusant de faire d'elle un critère majeur de leur action, et tendanciellement, des courants non-violents se laissent guider surtout par une expérience personnelle de la violence et par des préoccupations d'ordre moral et spirituel, la majorité d'entre eux s'ancrant délibérément dans une conviction religieuse et notamment aux États-Unis, dans un mode de vie communautaire.

- Cependant également, dans nombre de conflits, des organisations non-violentes ont souvent pris faits et causes pour la lutte syndicale et le combat pour les libertés et fraternités. Des organisations marxistes - hormis celles qui se trouvaient dans le giron d'États ou de gouvernements soit-disant prolétariens - n'ont pas hésité à s'associer à nombre d'actions de désobéissance civile menées par des mouvements non-violents. Au fur et à mesure des progrès de l'irréligion et de la laïcité, le "marqueur" religieux perd de son importance dans l'association entre non-violents et marxistes dans de plus en plus de domaines.

- Sur un plan plus théorique, l'idéologie marxiste et la démarche non-violente s'inscrivent dans une démarche anti-système claire. Depuis les origines, les organisations non-violentes s'inscrivent contre un monde de violences et d'intolérances, contre la guerre de manière générale et contre les injustices. Cette démarche se veut plus ou moins intégrée dans un combat systématique, jusqu'à, dans ses tendances les plus radicales, se retirer du monde dans une non-coopération globale. Depuis les origines également, la politique marxiste veut combattre le système capitaliste qui ravage absolument tous les domaines de la vie, y compris la nature. Il s'agit dans ces deux cas de transformer radicalement le monde, même si les voies pour y parvenir comme les ultimes objectifs à atteindre ne sont pas toujours les mêmes. A l'heure des changements climatiques et des crises les plus importantes du système capitaliste, le champ des convergences entre marxistes (surtout ceux qui ont renoncé au productivisme) et non-violents (surtout ceux qui s'écartent d'une logique séparatiste) n'a jamais été aussi grand.

- Le rapprochement entre marxisme et non-violence est d'autant plus fructueux qu'il s'appuie sur une analyse à la fois de l'expérience de "socialisme", des révolutions violentes qui ont abouti aux différentes expériences "communistes" qui montrent en tout cas qu'imposer un système "de bonheur" à des populations rend intrinsèquement mauvais ce système, et sur une analyse critique des différentes résistances non-violentes et mouvements d'indépendance ou de libération reposant sur la désobéissance civile. Allier démocratie et justice des moyens utilisés et efficacité de ceux-ci constitue un impératif pour une révolution débouchant sur un système durable.

Par ailleurs, une étude théorique tels que ceux de Théorie de la violence par ENGELS (voir article dans ce blog) montre que du côté du marxisme, les visions du rôle de la violence sont bien plus nuancées que veut bien le dire une certaine vulgate marxiste (plus révolutionnaire et plus violent que moi, tu meurs!). De même, les critiques du communautarisme, d'un certain système social autoritaire dans certaines communautés non-violentes, débouchent sur un refus du repli sur un espace "protégé" de la violence (repli de moins en moins possible d'ailleurs...) et, in fine, après bien des circonvolutions, sur des conceptions bien plus démocratiques et plus pragmatiques dans l'adoption des méthodes de lutte non-violentes à bien des situations.

 

 

PAXUS

 

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 10:30

  Voici un article qui ne va pas plaire (mais alors pas du tout !) aux accros des jeux videos, aux stakhanovistes de l'ordinateur de loisir ou du travail, aux téléspectateurs effrénés ou aux habitués addictifs du téléphone portable, ce qui fait déjà beaucoup de monde! Ni aux professionnels de l'informatique ou aux commerçants du tout numérique, qui, à l'instar des producteurs et vendeurs d'armements, estiment que ce qui est en cause, ce n'est pas la technologie, mais la manière dont on s'en sert... Les plus incisifs des critiques de cette permanence technologique qui brouille à la fois la vue et le cerveau sont souvent des pénitents qui regrettent d'avoir passé déjà tant de temps devant un écran, dans leur enfance et maintenant encore et l'auteur de cet article en fait partie!

  Rappelons d'abord, surtout à l'intention des intellectuels habitués à se traiter mutuellement de crétins, que le crétinisme est un ensemble de troubles physiques et de retard mental provoqué par une grave insuffisance thyroïdienne, non traitée. Un temps un terme seulement médical (surtout utilisé au XIXe siècle), le terme crétin est devenu une insulte politique et idéologique. Il ne devient d'un emploi populaire courant qu'au cours du XXe siècle. Toutefois, ici, très loin de la crétinerie assumée qui relève du domaine burlesque, pour briser des règles ou casser des codes, loin aussi de l'insulte, nous l'employons dans un sens médical, en tant qu'insuffisance avérée au niveau mental, perte caractérisée de capacités cognitives et affectives. In extenso, cette perte a des conséquences sociales importantes, lorsque le crétinisme devient collectif, une population partageant une baisse du niveau intellectuel, sans d'ailleurs, puisqu'elle est globale, elle s'en aperçoive sur le moment, la crétinisation étant un processus lent et général... C'est seulement lorsque ses conséquences se manifestent que cette crétinisation devient évidente, surtout à ceux qui se chargent d'observer la société plus qu'ils ne participent aux événements, des sociologues ou/et psychologues de tous horizons...

   Tout d'abord, le fait qu'un écran hypnotique s'interpose entre la réalité et l'acteur social, s'avère bien problématique, notamment s'il n'est pas à même de vérifier les informations qui lui parviennent à travers cet écran. Il risque de prendre ces informations pour agent comptant, qu'elles quelles soient... tout l'écran, rien que l'écran... Bien entendu, ce n'est jamais le cas, mais la question se déplace alors : quelle est l'information la plus viable : celle qu'un acteur peut constater dans la réalité, mais partiellement puisqu'il ne peut appréhender toute la réalité, ou celle que l'écran transmet, tout en se disant reflet fidèle d'une réalité plus vaste... Le problème existait déjà avec la télévision, il devient plus pressant avec le couplage avec un ordinateur qui tend à "boucler constamment la boucle", avec les données qu'ils calcule et seulement celles-ci, jour après jour... Si l'ordinateur est alimenté avec des données de la vie réelle, il n'en transforme pas moins cette réalité en virtualité, étant lui-même incapable d'appréhender toute la réalité... Le problème devient crucial lorsque l'acteur social est relié en permanence avec un ou plusieurs écrans. Tout occupé à analyser ce qu'il voit et entend, et cela prend une énergie folle, il pense pouvoir faire l'économie de se plonger dans la vie réelle... C'est ce qui arrive tant au citoyen lambda constamment pendu à son téléphone, ne s'en détachant que pour la télévision ou le jeu video, qu'au scientifique cantonné à un stock de données, qu'à l'économiste plongé dans un océan de chiffres et de graphiques, qu'au politique bombardé d'images choisies par son staff de communication... A la relation d'individu à individu se substitue en quantité et en valeur une relation individu-écran et écran-individu, dans lequel le pôle réel devient l'écran! Cela se vérifie dans quantité de domaines, au premier chef dans la relation parents-enfants où les modèles sociaux ne proviennent plus de personnes physiques mais de personnages fictifs ou pixelisés, mis en scène... à l'aide de programmes eux-aussi préétablis... Rien d'étonnant du coup si le conflit entre générations occupe une grande partie du temps et de l'énergie des individus!

   Les critiques envers la télévision se sont déplacées vers les consommations du numérique, le temps passé devant les écrans s'étant amplifiés. Les commerçants du digital se frottent les mains et chaque grand groupe du secteur actionne les trompettes dans l'annonce de leurs résultats financiers : vive les clics, vivent les heures passées devant les écrans, vive l'audimat, vive le consommateur digital... Comme le constate Michel DESMURGET dans son livre La fabrique du crétin digital,"loin de s'alarmer, nombre d'experts médiatiques semblent se féliciter de la situation. Psychiatres, médecins, pédiatres, sociologues, lobbyistes, journalistes, etc., multiplient les déclarations indulgentes pour rassurer parents et grand public. Nous aurions changé d'ère et le monde appartiendrait désormais aux bien nommés digital natives. Le cerveau même des membres de cette génération postnumérique se serait même modifié ; pour le meilleur, évidemment. Il s'avèrerait, nous dit-on, plus rapide, plus réactif, plus apte aux traitements parallèles, plus compétent à synthétiser d'immenses flux d'informations, plus adapté au travail collaboratif. Ces évolutions représenteraient, in fine, une chance extraordinaire pour l'école, un moyen unique de refonder l'enseignement, de stimuler la motivation des élèves, de féconder leur créativité, de terrasser l'échec scolaire et d'abattre le bunker des inégalités sociales."

"Malheureusement, cet enthousiasme général dissone lourdement avec la réalité des études scientifiques disponibles. Ainsi, concernant les écrans à usage récréatif, la recherche met en lumière une longue liste d'influences délétères, tant chez l'enfant que chez l'adolescent. Tous les piliers du développement sont affectés, depuis le somatique, à savoir le corps (avec des effets, ar exemple, sur l'obésité ou la maturation cardio-vasculaire), jusqu'à l'émotionnel (par exemple, l'agressivité ou la dépression) en passant par le cognitif, autrement dit l'intellectuel (par exemple, le langage ou la concentration) ; autant d'atteintes qui, assurément, ne laissent pas indemne la réussite scolaire. Concernant cette dernière, il apparait que les pratiques numériques opérées dans la classe, à des fins d'instruction, ne sont pas elles non plus particulièrement bienfaisantes. Les fameuses évaluations internationales PISA (Programme for International Student Assessment) (sous l'égide de l'OCDE, en particulier rapportent des résultats pour le moins inquiétants. Le père fondateur de ce programme admettait lui-même récemment, au cours d'une conférence, qu'au "final, cela dégrade plutôt les choses!"."

"A la lumière de ces antagonismes, il semble clair que certains acteurs du débat ici posé sont au mieux pas très compétents et au pire pas très loyaux." L'auteur ne revendique pas d'ailleurs une totale impartialité, mais devant l'amoncellement d'études scientifiques qui vont toutes dans le même sens, il y a de quoi soupçonner bien des acteurs d'un certain bluff, parfois très intéressé. Mais l'attitude commune, présente en d'autre temps pour la télévision, favorable au numérique, est souvent entachée d'une certaine fascination pour cette technologie, au point de lui confier de plus en plus de fonctions. Alors que sans doute faudrait-il se munir de garde-fous cantonnant cet apport technologique indéniable à des fonctions d'assistance et non de substitution. Au moment où les GAFA, ces monstres financiers et techniques (Google, Apple, Facebook) qui tendent d'ailleurs à devenirs des monstres politiques et moraux, usent de leurs colossaux moyens pour promouvoir leurs propres technologiques auprès de toutes les populations et de tous les publics, il y a malheureusement de moins en moins de place pour la rationalité et l'étude critique. A n'importe quel endroit des échiquiers politiques, jusqu'aux cercles militants pourtant enclins aux attitudes oppositionnelles à la société, on constate une même tendance à l'usage exponentiel de ces technologie audiovisuelles, d'autant plus prégnantes qu'elles veulent souvent mêler "l'utile à l'agréable", le travail au ludique...

   Dans un monde où l'individualisme prime, où l'émiettement de la vie sociale est la règle, dans un univers mental où recevoir des informations et des images semble devenir un droit, où la fuite également devant les difficultés de toutes sortes est valorisée - au grand plaisir de toutes sortes de pouvoirs politiques et économiques - l'écran devient un outil considérable de neutralisation des conflits. Non qu'il les fait disparaitre, mais il les dissimule, il en oriente l'expression, en amoindrit constamment la portée, il les virtualise en quelque sorte, les faisant transposer dans le fictif et les rend insignifiant en eux-mêmes, les dévalorisant et les relativisant dans le même mouvement. Avec de plus, l'illusion d'une participation (réseaux sociaux) virtuelle qui pourrait remplacer, avoir le même impact (et c'est une illusion) que l'action sur et dans la réalité, l'illusion également de faire partie d'un même monde, puisque des millions et des milliards d'êtres humains reçoivent les mêmes images et les mêmes sons...     

      La pacification du monde est censé venir par la passivité des individus (même si leurs doigts semblent particulièrement actifs!). La réalité elle-même est déformée, l'épiphénomène devient phénomène (voir les divers attentats "terroristes" même au couteau...), l'accessoire devient l'indispensable, l'apparence devient la référence... Heureusement, entre amplifications trompeuses (même si les surfacturations des services informatiques demeurent!) de leurs propres influences, et réactions réelles des "consommateurs", les nouveaux pouvoirs informatiques se font sans doute jouer à leur tour : entre les clics (et les claques) et la réalité de ce que les gens pensent, entre le conformisme affiché par les sondés et les sondeurs et leurs véritables attitudes de plus en plus critiques (même si elles prennent la forme désordonnée du complotisme...) dans la réalité - préludes à des explosions sociales majeures et irréversibles - la vraie vie reprend le dessus, celle des conflits et des coopérations qui mènent réellement le monde. Mais, à l'instar des changements climatiques, les réactions viendront-elles à temps?

 

Michel DESMURGET, La fabrique du crétin digital, Seuil, 2019.

 

    

 

 

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 10:05

      Si dans ce blog, nous ne traitons pas volontairement de l'actualité, les moments historiques ne peuvent que faire exception.

       Nous vivons en effet un événement planétaire historique qui en train de rebattre les cartes de perception des différents conflits, et des choix de politiques économiques, sociaux, culturels... liés à ces conflits.

Si pendant longtemps l'humanité, face aux épidémies, lorsque les connaissances scientifiques faisaient défauts, où les autorités avaient tendance à les remplacer par des foi-croyances hasardeuses, tentait de trouver des coupables bouc-émissaires parmi elle-même, aujourd'hui, alors que la circulation des idées et des personnes est globale, elle choisit de plus en plus de combattre celles-ci là où elles se trouvent. Les virus, globalement, pour se développer pouvaient compter (pardon pour l'anthropomorphisme évident!), sur leurs hôtes pour faciliter leur prolifération. Les processions religieuses censées demander l'aide du Ciel pour s'épargner les résultats des épidémies, rassemblements propices à leur propagation, étaient la règle.  Maintenant que l'humanité peut connaître ses véritables ennemis, il s'agit d"éviter au maximum les relations entre individus pour freiner, précisément, cette propagation...

   Si longtemps, dans les sociétés humaines, le réflexe a été de chercher les propagateurs des malheurs parmi ses membres, prolongeant-là à la fois ses conflits picrocholines (ah, que j'aime ce mot!) et ses grands comme ses petits conflits sociaux et idéologiques, et même religieux, maintenant l'heure de vérité a en quelque sorte sonné : l'humanité est un tout indivisible et chacun comme tous doivent combattre le réel ennemi. Le pire sans doute qu'elle doit affronter, ennemi invisible et énormément petit, car il utilise les principes mêmes de l'existence (duplication et absorption de matériel génétique) des organismes qu'il phagocyte (détruisant d'ailleurs par là à terme les bases mêmes de son existence biologique, mais entre-temps, ils auront détruits bien des vies...). Enfin... les hommes et les femmes choisissent de combattre ensemble (enfin pas partout...) ce fléau commun, reléguant leurs conflits là où ils n'auraient jamais dû quitter, une sphère secondaire, même si elle existera toujours, d'un coup relativisant ces conflits et s'attaquant enfin à leurs causes. De multiples comportements vont enfin en ce sens, même si encore des nostalgiques de qui pourrait être demain le véritable vieux monde, s'accrochent à des intérêts qui contredisent celui de leurs frères et soeurs.

   Mais, et là nous mettons un sérieux bémols à cet "optimisme", car pour l'instant l'heure est dramatique. En parcourant l'expérience de nombreuses crises de l'humanité, encore vécues en particularismes géographiques, non planétaire comme aujourd'hui. Car souvent, on revient, les crises passées, aux très mauvaises habitudes. La crise financière de 2008, pourtant déjà planétaire, avait été l'occasion de grandes résolutions de changements politiques, économiques, sociaux. Mais, les classes dominantes, notamment financières, ont tout oublié, et ont maintenu leurs jeux des marchés, où les acteurs sont autant de joueurs inconscients, uniquement soucieux de leurs personnels (et éphémères) gains et pertes. Et on pourrait dire même qu'à cette occasion, la mondialisation, les conditions mêmes de diffusion dans le monde du virus aujourd'hui, s'est accélérée. Comme ces fêtards, épuisés d'un coup de bambou au cours de leur fête, qui se remettent à danser de plus belle, jusqu'à épuisement...

     Last but not least, les conditions mêmes de diffusion - de même que son arrêt apparent dans la région de Chine où il est apparu - du coronavirus baptisé, avec la bénédiction de l'OMS covid-19, laissent soupçonner le rôle du changement-rechauffement climatique en cours, facteur d'éclosions de nouvelles maladies (ne serait-ce que par la remontée vers le Nord, d'agents infectieux qui auparavant, ne s'y plaisaient pas...). Le développement de la pollution très forte en Chine, liée à la mondialisation qui y concentre une grande part de la production industrielle, plus ou moins incontrôlée d'ailleurs, en même temps qu'une grande négligence envers les systèmes de santé qui pourtant pouvaient y être mis en place (scientifiquement s'entend), a sans doute eu un effet fort sur les capacités immunitaires des populations qui y vivent. Sans doute va-t-on le vérifier pour les États-Unis dans les semaines qui viennent, probable futur épicentre de la pandémie, où des populations entières sont laissées carrément sans système de santé, donc absolument invisible aux différentes vigies épidémiologiques...

      Après tant d'alertes successives, après les incendies massifs catastrophiques d'Australie et de Californie, cette pandémie va peut-être, il faut l'espérer, sonner le moment de changer de mode de vie et dans la même dynamique de changer aussi les perceptions sur l'importance des conflits les uns en comparaison des autres...

 

MODICUS

 

 

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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 11:01

  D'emblée, avertissons que la Révolution écologique dont on veut parler a un double sens, puisque l'expression est accolée à Transitions énergétiques. D'une part, la Révolution écologique sur notre planète est en cours ; les changements de condition de vie n'épargneront pas l'espèce humaine, dont les individus ne survivent que dans d'étroites conditions de température et de pression. D'autre part, si l'on veut éviter que les changements climatiques ne rendent pas invivable pour nous la planète Terre, on est bien obligé de constater que les transitions énergétiques, politiques publiques ou privées devant faire passer l'économie de l'ère du charbon, du pétrole, du gaz, à l'économie des "énergies renouvelables" ne suffiront pas, et qu'il faut envisager - quitte à ce qu'il y ait une crise économique terrible (et sans doute terrifiante) - une assez brutale révolution dans notre façon de vivre. Il y a comme une course, avec une ligne d'arrivée qui se rapproche de plus en plus vite, entre la vie et la survie de notre espèce et les changements en cours.

   Les multiples conflits entre groupes humains, comme d'habitude, font oublier d'autres conflits bien plus importants : la vie et la survie de l'espèce humaine a toujours été un combat ambigu mais réel avec une nature hostile à bien des égards. Notre rapport à la nature, que l'industrie veut dompter et en soutirer le maximum de richesses, s'est durci, par rapport à une période où l'agriculture dominait encore. Il faut bien dire que beaucoup considère encore notre environnement comme une surface et comme un sous-sol qu'il s'agit d'exploiter au maximum, et du coup, il y a bien conflit entre nous et la nature - en dépit des mythes gentils - et que nous avons perdu le sens de ce conflit, et surtout que nous nous sommes trompés depuis le début sur le rapport de forces, oubliant que nous faisons partie, qu'on le veuille ou non de cette nature... Et au lieu de nous concentrer sur ce conflit-là, nous préférons nous adonner à nos petits jeux conflictuels favoris sur la répartition des richesses et des territoires. Il est en effet plus "facile", une fois évacué les scrupules moraux, de se livrer à des combats sans pitié entre nous plutôt que de prêter attention aux soubassements de notre existence...

    Face aux changements climatiques, véritable révolution écologique qui modifie courants océaniques et phénomènes atmosphériques de même que l'existence et la répartition des espèces et dont nous ne voyons sans doute que les débuts, avec perceptives de sécheresses et d'inondations toujours plus importantes, avec toutes conséquences sur les ressources à disposition de l'espèce humaine, qu'opposent aujourd'hui les différents pouvoirs publics et privés? Afin de "réduire" les gaz à effets de serre, des politiques de transitions énergétiques se mettent en place, avec une lenteur, il faut dire, assez désespérante. Entre les freins en oeuvre au sein mêmes des administrations publiques en charge (et de multiples déviations, tels que d'inclure les ravalements de façades d'immeubles au sein des mesures à cet effet), les réticences de nombreux parlementaires liés à de puissants intérêts privés financiers et/ou industriels, l'ignorance assez crasse de nombreux dirigeants en matière scientifique et les réactions d'opinions mal informées (fake news à foisin, financées par les pétroliers notamment), les politiques de transition énergétique peinent à se placer à la hauteur des changements en cours. La position emblématique des États-Unis contre toute politique publique dans ce sens, la persistance dans les esprits de nombreux dirigeants du modèle de croissance occidental, les vues à court terme de ces mêmes dirigeants, qui ont l'oeil plus sur les cours de la Bourse que sur les taux de pollution de leurs propres capitales, tout cela se ligue pour, malgré les politiques de nombre d'États américains et les initiatives de maintes fondations privées, pour que les transitions énergétiques arrivent trop tard (elles auraient d'ailleurs dû débuter il y a 50 ans!) produisent des effets réels. Il semble bien que seuls des événements importants sur le plan scientifique notamment puissent inverser maintenant la tendance à des catastrophes de plus en plus irréversibles...

    C'est pourquoi il est nécessaire que se mette en place de véritables révolutions écologiques, face aux changements actuels, qui ne sont seulement, faut-il encore et encore le rappeler, climatiques. Des cocktails à n'en plus finir de pollutions des terres, mers et de l'air s'en mêlent et s'emmêlent pour rendre de moins en moins vivables notre planète. Entre les pesticides que des puissances économiques veulent à tout prix continuer d'imposer aux agriculteurs (vendus conjointement avec les semences!), les radiactivités émanant de plus en plus de sites nucléaires endommagés, les produits divers présents maintenant en masse dans notre eau et dans notre alimentation... et sur nos corps (déodorants et compagnie), notre environnement est de moins en moins propice à la vie telle que nous l'avons toujours connue.  Quelles peuvent être les "ingrédients" de telles révolutions écologiques?

 Tout d'abord, il est vrai que l'évolution des rapports de force entre intérêts publics et intérêts privés, entre État en tant que protecteur et rassembleur des citoyens et multinationales privées de toutes sortes a de quoi rendre pessimiste quant à la possibilité de gagner cette véritable course actuelle à la vie ou même à la survie. Même en admettant qu'aujourd'hui on arrête de produire et de relâcher dans l'atmosphère tous ces gaz à effet de serre, même si on stoppe production et distribution de toutes ces substances polluantes, et même si tout de suite sont remplacés ces automobiles (qui portent si mal leur nom) à carburants par des véhicules électriques, il n'est pas sûr que la courbe actuelle des catastrophes écologiques s'inverse suffisamment tôt pour épargner à l'espèce humaine un destin des moins enviables. L'histoire des sociétés humaines au cours des millénaires passés ne prête pas à l'optimisme : leur destruction est souvent l'issue d'une évolution qui pourtant n'a pas manqué sans doute d'avertisseurs (parfois prophétiques). Plus une civilisation est complexe, plus elle est résiliente et moins elle est capable de survivre, autrement que par petits groupes qui s'en sont détachés à temps.

Aussi en est-on à espérer des événements - au sens exact du terme, inflexion radicale de la vie sociale des humains, par nature imprévisibles.

Soit subits, faisant cesser les activités humaines essentielles qui provoquent ces changements dans l'environnement, crise économique "dure", dix fois 1929 par exemple, qui se traduisent bien entendu par des guerres et des épidémies massives.

Soit en provenance des activités humaines, notamment scientifiques. Du même ordre sans doute que la révolution provenant de l'invention de l'électricité. Car les technologies qui permettent d'inverser (trop progressivement...) la courbe des émissions de gaz à effet de serre sont connues (et même parfois gelées dans des brevets acquis par des sociétés industrielles et/ou financières pour empêcher qu'on les exploite) et commencent à être utilisées. Car les recherches en matière de radioactivité sont pratiquement au point mort (transformation des éléments radioactifs en éléments stables,), sauf si l'on compte sur l'exploration spatiale pour en trouver d'autres qui ne figurent pas dans notre tableau périodique des éléments. Car enfin la transformation de techniques agricoles et industrielles est jugée trop aléatoire. Ce qui manque certainement dans l'impact de nouveautés, c'est l'absence de planification possible à l'échelle mondiale, sabotée aujourd'hui, aux Nations Unies par exemple, à la fois par des États (souvent gangrenés par des corruptions en nombre) et par des mutinationales en rêve de puissance et de capitaux.

L'issue du grand conflit actuel entre puissances privées court-termistes et puissances publiques encore ancrées dans la recherche du bien commun, aura certainement un effet sur cette course entre révolution écologique humaine et révolution écologique de la nature en cours...

  Parmi les événements possibles capables de provoquer une sorte de point d'inflexion dans la marche du monde, mondialisation, financiarisation, désastres écologiques et bouleversements climatiques ensemble, avec une crise économique d'ampleur rebattant toutes les cartes géo-économiques, figurent de grandes épidémies, pandémie à l'échelle mondiale. Celle de janvier-février 2020, dite du coronavirus pourrait peut-être faire pencher la balance... si bien entendu l'humanité est encore capable de la combattre à temps (et pas trop tôt pour que les pouvoirs politiques se décident enfin à changer...)... (addition du 29 février 2020)

 

Complété le 29 février 2020

 

 

  

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17 août 2019 6 17 /08 /août /2019 12:53

    Face à la déferlante des fake-news, des manipulations des images fixes et mobiles, de la multiplication des moyens audio-visuels utilisés à tort et à travers par de multiples acteurs même bien intentionnés (ne parlons pas des adeptes de la publi-information...), il est grand temps, si l'on veut que la civilisation demeure vivante et porteuse de civisme et d'érudition (tant en quantité qu'en qualité d'informations et d'analyses), de réévaluer les relations entre écrit et audio-visuel. Il est temps de prendre en compte les données des sciences naturelles et des sciences humaines dans l'utilisation des techniques de communication des connaissances et des informations. On sait depuis belles lurettes que différentes parties de notre cerveau traitent différemment l'écriture et la visualisation, comme des sons d'ailleurs. On sait depuis longtemps que la vision des images et l'appareil auditif sont plus directement reliées aux traitements des émotions que le décryptage des écritures, qui doivent faire bien plus appel à un effort conscient. La multiplication des sources audio-visuelles dans nos sociétés s'apparente à un affaiblissement de l'utilisation de nos potentiels cognitifs. Une certaine paresse intellectuelle semble gagner tous les concitoyens. A quoi bon rechercher l'information écrite puisque l'information audio-visuelle se présente à nous "spontanément"?

    Fait de civilisation, l'invasion de notre environnement par l'image et le son artificiels, produits extérieurement, imposé toujours, et heureusement pas toujours accepté, n'est pas seulement la couche superficielle de nos existences, un plus par rapport à d'autres civilisations. Il en est une caractéristique-clé, un élément du rythme de nos vies. Le paysage publicitaire par exemple en vient à passer inaperçu tant il est omniprésent, à devenir "naturel" (on se demande comment on pourrait se passer de toutes ces couleurs...) et il le réussit d'autant mieux qu'il passe dans notre inconscient, exclu de toute réflexion sur le monde et nous lorsque nous en avons une. A chaque génération, cet environnement de son et d'image se fait plus prégnant et fait dangereusement consensus. Hier la télévision et la radio, aujourd'hui, encore plus près de nous (certains ne nous quittent jamais, et parfois restent la nuit...), le "smartphone", le "portable", un quasi pseudopode de notre corps, rendu de plus en plus indispensable dans la vie quotidienne comme dans la vie professionnelle. Celui qui ne se promène pas tous les jours n'importe où avec le portable dans sa poche, avec les écouteurs aux oreilles, avec le casque parfois si démesurément gros qu'il ressemble à un certain objet exhibé fièrement dans les civilisations dites "primitives" (devenez ce que c'est...), est regardé comme un animal curieux, surtout s'il s'aventure à lire du papier...

    Il ne s'agit pas seulement de constater cette omniprésence, il faut aussi comprendre comment cet environnement artificiel, qui se superpose jusqu'à l'effacer l'environnement naturel, agit sur notre inconscient et notre conscience, sur nos capacités sensorielles et cognitives. L'homme (et la femme, sans oublier l'enfant) d'aujourd'hui serait-il plus intelligent, plus fort, plus "cool" que celui d'autrefois, pauvre créature dépourvue de tous ces appareils si précieux? Bien des éléments permettent d'en douter... Outre le fait de confier à des machines une partie de notre mémoire, outre l'habitude de ne plus réellement compter mais de taper sur des touches (et demain de prononcer des additions, des soustractions, des multiplications et des divisions...), outre également le fait de confier des tâches de plus en plus compliquées à des robots (encore sans visage, mais ça va venir...)... et d'oublier comment on les réalise sans machines, des enquêtes mentionnent des pertes de capacité cognitives chez les enfants comme chez les adultes et d'autres enquêtes montrent comment les résultats scolaires peuvent être manipulés, camouflant des performances de moins en moins bonnes (à coup de directives ministérielles notamment...), même si elles ne sont pas confirmées pour l'instant, étant trop parcellaires....

A l'âge d'or de la télévision, au moment où les émissions rassemblaient non des centaines de milliers de personnes devant leur écran, mais des dizaines de millions, déjà des voix s'élevaient sur les risques encourus par les élèves d'y veiller trop tard ou d'y demeurer trop longtemps... Maintenant, le phénomène s'accroit avec la multiplication des écrans de toutes tailles, et il serait intéressant de recenser tous ces articles, toutes ces études, qui indiquent une tendance à la réduction des capacités d'attention des enfants en classe, mais également des adultes qui multiplient les gestes étourdis dans toutes les occasions de la vie quotidienne et professionnelle (le nombre d'accidents étant une donnée à rechercher)

  L'apparition de ces machines-mémoire et machines audio-visuelles constituent un fait de civilisation sans précédent, une révolution, qui sans doute, pour rechercher un équivalent dans le temps, est analogue à celle qui a vu l'apparition de l'écriture. Le passage d'une tradition orale, où les connaissances se transmettent de bouche à oreille, à une tradition écrite, où celles-ci passent de main en main, avec des procédés qui deviennent ensuite de plus en plus performants et plus complexes, a provoqué des bouleversements dans tous les domaines des relations sociales. Et nul ne doute, que la socialité change avec tous ces visiophones, smartphones et consorts... Ce passage de l'écrit à l'audio-visuel n'est pas encore terminé et rien ne dit qu'il ira jusqu'au bout de sa logique, car les supports de ce passage sont fragiles et dépendent, en dernier ressort, de la qualité de l'électricité qu'ils utilisent... Mais d'ores et déjà, ne faut-il pas réévaluer les apports de l'écrit et de l'audio-visuel dans la communication comme dans le transfert de connaissances?

    Alors que le livre permet les pauses, les retours en arrière, le surlignage, la prise des notes, de façon relativement faciles, cela est déjà plus compliqué avec les instruments mis à notre disposition. Qui n'a pas pesté contre les difficultés rencontrées à l'usage des liseuses électroniques? Par ailleurs, la fatigue oculaire entre la lecture des écrits et celle des pixels est sans commune mesure, ladite fatigue a une relation immédiate avec l'attention et l'intégration des données dans notre mémoire. L'écrit permet de fixer, figer, l'attention bien mieux que le pixel (qui est et reste une vibration, n'oublions pas). De plus, si le support papier a contre lui le gaspillage de la ressource en arbres (ce qui peut se solutionner par la rationalisation de l'usage de cette ressource, et la marge reste grande vu les grandes déperditions actuelles), la fabrication des objets électroniques est aussi facteur de pollution (utilisation des "terres rares") et reste à ce jour énergivore... En terme en fin de compte de civilisation, il est temps de réévaluer les rapports de l'écrit et de l'audio-visuel... Ces appareils électroniques constituent en fin de compte de véritables écrans médiateurs qui s'opposent à la relation directe de personne à personne.

Non que dans notre esprit, il faille renoncer à l'informatique et à Internet (que nous utilisons beaucoup du reste), mais il faut revoir la part dans le travail global entre l'écrit et la frappe du clavier, mais surtout entre la lecture de ce qui est écrit et le visionnage de ce mélange d'images et de lettres que l'on veut nous imposer tous les jours. Car, ce qui importe plus, ce n'est pas au niveau de la production de l'écrit, mais du mixage entre images et textes, mixage qui laisse la part la plus belle en fin de compte aux images, plus frappantes qu'un discours, mais moins propice à réflexion, et partant à critique et à contestation. Quoi qu'on fasse, notre physiologie fait que nous accordons plus de crédit à une image qu'à un texte, l'image de plus retentit directement sur notre affect.

Il n'est pas indifférent que, dans nos sociétés, nous mettons plus l'accent sur la réalisation de passions que sur l'effort pour parvenir à la Raison. C'est sans doute toute la tradition des Lumières qui est mise en cause par cette glorification de la passion, comme si l'individu ne pouvait se "réaliser" qu'en assouvissant ses passions. Les chemins culturels qui mêlent cette glorification des passions et l'exacerbation de l'esprit individuel, lequel est mis en concurrence perpétuellement à ses semblables, sont pleins de dangers pour l'humanité. Ce n'est pas pour rien que toute une tradition philosophique insiste pour que s'établisse le règne de la Raison, même si par ailleurs, d'autres courants ont insisté pour briser bien des désirs (on pense là aux puritanismes de toutes origines...). La recherche du plaisir des sens n'aboutit pas forcément à la découverte du bonheur. Et si nous suivons encore cette voie vers l'automatisation de bien des processus d'acquisition des connaissances, comme de communications, comme également à la réalisation de tous les désirs - une même technologie pouvant faire tout cela - nous risquons bien des déconvenues...

 

RAGUS

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 08:47

  Attention, ceci est un mot d'humeur (mais pas seulement!!!)

 Rappelons l'étymologie de ce mot imbécilité (dans cet article de mauvaise humeur autant que de lucidité, je pense), opposable à celui d'intelligence (tant vantée dans note espèce). Du latin imbecillus (faible), qui donne imbécille en moyen français, son orthographe n'est fixée qu'à partir du Dictionnaire de l'Académie française de 1798 avec un seul l. L'imbécile est le caractère de celui qui est peu capable de raisonner, de comprendre et d'agir judicieusement et en parlant d'un comportement, d'une action, idiote, stupide, qui manque d'intelligence. Alors que généralement, on ne l'utilise que comme adjectif ou pour désigner la qualité d'une personne précise ou d'un groupe (dans ce cas, généralement, ça s'aggrave nettement...), on ne peut s'empêcher de l'appliquer à des applications informatiques, tant les exemples abondent où le comportement d'un navigateur ou même d'un site globalement, semble peu capable de raisonner, de comprendre et d'agir judicieusement. Bien entendu, il est parfois difficile de distinguer l'imbecilité intrinsèque du comportement d'un navigateur ou d'un site de manière globale de celle des utilisateurs qui ne vont pas plus loin que les pseudo-informations et indications imbéciles qu'ils y trouvent...

    Évidemment, étant donné les conséquences actuelles du comportement de l'humanité, sur la base même de son existence, on peut se demander si notre espèce n'est pas, à l'image (populaire) de dinosaures mangeant toute la végétation qui les entourent, tout simplement imbécile, c'est-à-dire, rappelons-le encore, car nous n'y attachons aucune considération morale, peu capable de raisonner, de comprendre et d'agir judicieusement. Comment peut-on en arriver à ces considérations rageuses? Tout simplement parce que nous pensons que la majorité des individus a perdu cette capacité et pire à surmultiplier les sources de l'imbécilité grâce à des technologies qui sont, tout simplement, au dire de la multitude des contributeurs à son existence, des intelligences artificielles, et qui s'avèrent en fin de compte, à bien des égards, des imbécilités artificielles.

  Le constat de ces imbécilités artificielles est relativement facile à faire. Ne citons ici que trois éléments :

- La médiocrité de plus en plus affirmée des moteurs de recherche (plus visible dans le domaine grand public que sur les sites spécialisés, du moins encore un temps) sur Internet, ce qui a conduit d'ailleurs à l'éclosion de nombreux moteurs de recherche dits alternatifs. Il suffit d'effectuer une recherche sur un mot ou (c'est plus sûr, mais le résultat reste médiocre) un groupe de mots, pour tomber sur des listes qui ont peu de choses voir avec l'objet de la recherche, passé une page ou deux, alors que normalement la quantité d'informations disponibles sur un domaine ou un autre est suffisamment importante pour donner lieu à des débouchés importants, sans les analogies auxquels les moteurs semblent maintenant particulèrement friands. Comme la plupart des moteurs grands publics dérivent de Google, le premier historiquement et encore le premier consulté, la recherche risque d'être encore limitée, et oblige à faire appel à des moteurs spécialisés dans un domaine ou un autre...

- le développement sur les écrans - les interface qui permettent la traduction visuelle des calculs informatiques - d'une surcharge en quantités "d'information". Sur un même écran apparait alors plusieurs - parfois une dizaine - fenêtres de messages écrits et audio-visuels, qui sont un véritable défi pour les esprits que nous sommes. Notre cerveau ne peut pas décrypter au-delà d'un certain nombre d'information à la fois (et de plus une information pour chaque organe, yeux, oreilles...). Sur les écrans des ordinateurs, des tablettes et des téléviseurs, se multiplient - en video-image surtout - les informations présentées en même temps. Sans doute toute une génération de designer est perdue, en quelque sorte, toute occupée à mettre le plus possible d'informations en même temps sur écran... Une sorte d'imagologie prend le pas sur les significations, à un tel point que les images elles-mêmes perdent leur vérité... Cela frise le ridicule, avec des écrans plats très grands, parsemés de bandeaux écrits, de plusieurs videos juxtaposées, de logo (à la mesure sans doute de l'ego des propriétaires ou des gestionnaires des chaînes de télévision), de l'annonce du programme en cours, du nom du commentateur, de l'annonce du programme à venir... et j'en passe... Il existe encore heureusement des sites et des chaînes dont la sobriété est encore au service du sens.

- La prolifération des fake-news, partout quasiment, sur tous les sites et toutes les chaînes de télévision (ne parlons pas des réseaux sociaux où c'est le tout et le n'importe quoi...). Ces fausses informations ou déformations de faits... ne concernent pas seulement le domaine politique (manipulations d'élections) ou économique (activité des grandes entreprises), mais aussi, hélas, le domaine des sciences humaines mais aussi naturelles et physiques... A un tel point qu'Internet en est tellement saturé, qu'il faudra sans doute pour y remédier, soit changer toute la toile en passant à une autre technologie, soit favoriser la dissociation d'Internet en réseaux non connectés entre eux... Le pire, c'est que d'autres informations reprennent à leur compte ces fake-news dans des raisonnements politiques, économiques et scientifiques... Les fausses nouvelles et fausses information chassent les bonnes qui reflètent la réalité, tout comme on dit, la mauvaise monnaie chasse la bonne!   Ce serait seulement risible ou ridicule, si ce n'est dramatique pour la culture des civilisations présentes sur la planète...

  Comment en est-on arrivé là? Dans les débats assez rageurs (On m'a traité de dinosaure dans l'équipe du blog!... J'assume!!!), plusieurs facteurs ont été émis : la logique économique télévisuelle et d'Internet n'est pas la satisfaction du consommateur, mais la rentabilité des entreprises qui fournissent ces divers contenus (logique capitaliste), la logique de rapidité nécessaire de l'information où tout bouge et rapidement, tant les populations des diverses sociétés de la planète fourmillent d'acteurs de tout genre (ce à quoi je peux répliquer la mise en boucle des mêmes informations sur les différents écrans...), et enfin la nécessaire adaptation (je ne l'attendais pas, celle-là!) de l'homme à la technologie qu'il crée et de plus il en a toujours été ainsi, l'espèce humaine évolue avec l'urbanisation, les transports de plus en plus rapides, et demain les voyages dans l'espace et le remplacement des organes et membres déficients par des robots...  Certes la publicité (de tout genre...économique en France, mais aux États-Unis, également politique) envahissante a tendance a tout emballé et sans doute aussi est-elle un facteur clé de maints débordements...

Sans mésestimer ces arguments, revenons tout de même aux causes de ces fake-news, de ces imagologies, de ces véritables détournements de moteurs de recherche... Et à l'enchaînement des circonstances qui donne ces résultats. La recherche informatique des logiciels et des hardwares implique déjà plusieurs générateurs de techniciens et d'ingénieurs, au sein de sociétés concurrentes entre elles... Pour une application donnée, de multiples mises à jour sont réalisées par, individuellement, des gens intelligents - capables de calculs logiques et en fonction d'objectifs bien définis (les fameux cahiers des charges....). Mais ne nous y trompons pas, une même application peut avoir plusieurs auteurs qui peuvent successivement ignorer bien des aspects de leurs travaux respectifs... Cette application est mise en fonction, parallèlement à des milliers d'autres, qui font des matériels informatiques de véritables forêts dont personne ne connaît tous les arbres (et personne ne le peut d'ailleurs). Le fonctionnement de toutes ces applications donne des résultats... imbéciles, que les informaticiens précisément tentent de corriger avec leurs multiples mises à jour. Sans compter les rétentions commerciales (logiciels et matériels volontairement limités) et les actions malveillantes (virus) opérées sur Internet, auquel se connectent de plus en plus d'objets, et le tout fonctionne très largement de manière automatique, sans contrôle (ça coûte tellement cher les contrôles, qu'il faut en faire supporter le coût aux consommateurs...), parce qu'on ne peut contrôler tout en même temps. Or Internet et tout ce qui fonctionne avec Internet aujourd'hui fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7!   Internet n'est que la concrétisation d'une communauté d'intelligences qui aboutit à une belle imbécilité collective!

  Au bout de ces lignes - rageuses, j'assume aussi - écrites dans la rubrique, dois-je le rappeler, mots conflictuels, j'ai entendu demander : ça va mieux, coco? Et après avoir écrit ça, oui ça va beaucoup mieux!!!!   IA, finalement, cela ne veut pas seulement dire Intelligence Artificielle mais aussi Imbécilité Artificielle!

 

RAGUS

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 13:32

    Tout d'abord le problème des fausses nouvelles (joliment appelés aujourd'hui "fake news") n'est pas très nouveau. On le retrouve tout au long des siècles, de la propagation des rumeurs par voie orale ou écrite à la propagande officielle des Royaumes, des Principautés, des Empires et des Églises. On ne compte plus dans l'Histoire les événements causés par de fausses nouvelles qui trouvent un terreau fertile dans des mentalités collectives peu informées des réalités ou/et dans de multiples conflits sociaux, économiques et politiques et dans les différentes injustices. 

   Le cas contemporain des fausses nouvelles sur Internet est que ce moyen de communication multiplie à la fois leur vitesse de propagation et la multiplicité des canaux qui les répercutent dans la société. Non seulement les réseaux sociaux sont fait de multiples sites qui se relayent toutes les informations, fausses ou vraies, vérifiées ou erronées car incomplètes, mais la presse écrite, les organes audio-visuels, les organismes officiels s'en font l'écho sans beaucoup de discernement. Et très vite, car il s'agit de ne pas se faire doubler par la concurrence, à l'heure où les médias précisément sont aux mains la plupart du temps de propriétaires privés dont le seul souci souvent est de gagner de l'argent. On en arrive au point à considérer les tweets du Président TRUMP comme des déclarations officielles... Quand donc ignorera-t-on ces petits messages spontanés? 

On pourrait penser que, vu le niveau d'instruction de la majeure partie des citoyens en Occident notamment, d'où partent le plus souvent les fausses nouvelles (mais la Chine, la Russie et de nombreux pays s'y adonnent aussi...), celles-ci seraient tuées dans l'oeuf, tout simplement parce que, manquant de soubassement intellectuel, elles sont tout de suite en apparence fausses. Mais ce serait compter sans la manie manipulatrice des opinions publiques de tous les services de tous les Etats, la mise au service de ces fausses nouvelles, de toute une technologie d'information empruntée en grande partie à la publicité commerciale et la... crédulité malheureusement de nombreux citoyens qui, d'une manière ou d'un autre, y trouvent leur compte. Car ces informations confortent des opinions acquises pour des raisons de confort intellectuel. Car de nombreux acteurs voient en certaines informations le progrès de leurs positions dans la société. Car il est nettement plus facile de répéter ce qui est dit dans beaucoup d'endroits, par conformisme social ou/et paresse intellectuelle. 

De plus, les société occidentales sont constamment soumises à des flots continus de messages par de multiples canaux, poussés par de multiples intérêts, lesquels n'ont même pas la faculté d'analyser l'impact de leurs messages particuliers (car ils confient cette analyse par ceux même à qui ils achètent leur diffusion, soit les organes de... publicité!)...

Cet état de "surinformation" crée un effet bruit, les médias exploitant toutes les faiblesses psychologiques humaines à cet égard, qui troublent tous ceux (et même au-delà) n'ont pas le temps ou/et les moyens de faire un tri entre les vraies informations et les fausses. Ajoutons à cela une défiance des citoyens envers des informations "officielles", la persistance il faut le dire, de superstitions religieuses ou de méconnaissances des réalités, notamment scientifique. Ajoutons encore à cela, et c'est un registre très différent mais souvent mallheureusement mélangé à d'autres, une certaine culture du complot rattaché à de nombreux sujets, souvent très spécifiques. Tout cela se retrouve multiplié sur Internet.

Comme y faire face?

Tout d'abord en cessant de naviguer au hasard sur la Toile. Même si la navigation de ce genre recèle d'indéniables aspects ludiques. Si on choisit de le faire à un moment donné, se réserver mentalement un espace "de second degré".

 En choisissant sciemment d'ignorer certaines sources d'informations, même si on peu passer à côté de vraies informations, et en se focalisant sur certains sites nantis de certaines références solides.

Ensuite ne jamais, jamais, se fier pour une information à une seule source et rechercher en d'autres endroits des moyens de la vérifier. Le meilleur conseil que l'on pourrait donner, même il est vrai que cela oblige à un certain travail, est de comparer des sources d'informations radicalement différentes : à un site d'internet voir un organe de presse écrite, à une information radiophonique une recherche sur Internet.

Maintenant, sur Internet, les obstacles se multiplient pour la recherche de vraies informations. D'abord l'invasion des videos et des textes publicitaires qui parviennent à gêner les lectures et les visionnages. Ensuite, la baisse de sérieux dans de nombreux journaux - surtout ceux qui possèdent un site - pour la vérification et la précision des informations. Un critère peut aider : plus l'article est court, plus il y a des chances pour que de fausses ou imprécises informations s'y glissent. On ne compte plus, de plus, les mauvais titrages des articles et même des formulations emplis de fautes de grammaires et d'orthographes, voire emplie de contre-sens ou contenant plusieurs possibilités d'interprétation. Il faut absolument repérer les sites ayant la mauvaise habitude de se répéter sous de multiples variantes. Bien entendu, ne pas se laisser abuser par des titres à la véracité tellement évidente que le contenu puisse être facilement avaler, genre Il neige ou il fait froid ou encore C'est la canicule! parfois commis par un journal parisien bien connu. Regardez en tout cas toujours les références, les références, les références, et pas seulement le nom de celui qui a rédigé l'article ou fabriqué la video...

Mais tout cela est difficile... Car Internet est en train de descendre rapidement dans les critères d'informations valables, non seulement au niveau de la présentation mais également du fond. Certains pensent même que la défiance existante envers les pouvoirs publics et les organes d'information (écrits et audiovisuels) pourraient s'accroitre rapidement dans les prochaines années et s'étendre à Internet. Au point que, même si les clics et les claques augmentent constamment (je veux écrire les clics par une touche de clavier sur la flèche de votre écran) (et les rapides changements de site en cliquant sur tous les liens qui se présentent), notamment parce que la comptabilité des connexions est réalisée à partir de ces clics et de ces claques, la crédibilité des informations qui y circule subit la chute... Dont le premier effet dommageable est de détourner les citoyens de la recherche même des informations... Et d'accroitre leur individualisme et de blinder encore davantage leur bulle de relations sociales. Chacun dans son smartphone! 

Cet article d'humeur traduit une certaine exaspération d'un internaute actif. 

 

RAGUS

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 18:19

   Les unes des médias sont occupées par les divers attentats de par le monde, mais surtout en Occident (car les morts du Tiers-Monde ont beaucoup moins d'intérêts...) depuis le lancer d'avions à New York le 11 septembre 2001.

Bien qu'auparavant, de nombreux attentats avaient eut lieu, notamment au Moyen-Orient, on se trouva tout d'un coup dans une débauche de plans anti-terroristes, d'états d'urgence, d'alertes plus moins bien déterminées, sous les yeux surpris (ils avaient d'abord été horrifiés par les attentats eux-mêmes, surtout ceux qui faisaient beaucoup de morts ou se déroulaient dans des lieux-sanctuaires comme écoles et églises...)... de l'ensemble de la population. On voit depuis déambuler comme des fantômes un peu hagards, car très fatigués, des soldats mitraillettes à la main, dont on ne sait si elles sont chargés ou non, dans les endroits les plus divers, par groupes de trois ou plus. On les voit stationner devant d'improbables cibles (du moment qu'il y a un notable national quelconque).. On nous explique que c'est pour protéger la population, pour empêcher les terroristes d'agir, que c'est pour la rassurer, la convaincre que la classe politique n'est pas là uniquement pour se servir ou servir les amis...

Nous apprenons ainsi que c'est pour faire échec à des terroristes dont les moyens diminuent  régulièrement en importance (des bouteilles de gaz à des couteaux de cuisine) (un peu dramatiquement d'ailleurs pour continuer à alimenter ainsi les colonnes des médias), dont les moyens pourraient être utilisés par n'importe quel "déséquilibré", "malade mental", "mal dans sa peau", "frustré", "au bout du rouleau"... L'usage des moyens militaires dans une population européenne est généralement mal vu, mais là, à renfort de propagande, on a pu les faire passer pour indispensable au maintien de la paix publique... 

   Mais qui donc terrorise qui?  Les populations, mais permettez de dire qu'elles ont en vus d'autres, pendant la seconde guerre mondiale et après (guerre d'Algérie en France, attentats "irlandais" à Londres, attentats d'extrême droite et d'extrême gauche...) mais à l'époque Internet et les médias presse-boutons et autocopieurs n'existaient pas...

Permettez de dire qu'après les manifestations de deuil ou de solidarité (très courte...), ce n'est pas la peur qui transparait sur les fronts de nos concitoyens, tout juste une légère crainte dans des lieux publics de transports (et encore... pas longtemps après)... Cela donne l'impression que les plus terrorisés ne sont pas les populations mais les élites politiques qui donneraient des signes d'impuissance... A ce compte-là, même, on peut se demander qui terrorise qui... les bombardements au Moyen Orient et en Afrique sur les bandes armées qui se baptisent soutiens de califat ou d'un Dieu dont on se demande s'il y retrouverait ses petits, tant les arguments ont l'air de lecture de troisième ou de quatrième main des livres sacrés, ont vite fait changer de camp la peur, si peur il y a eu... A ce compte-là aussi, tout ce qui compte de stratèges ou de tacticiens dans ces groupes armés fait preuve de myopie intellectuelle rare ou d'un sens de l'histoire qui se réduit à leur village natal... L'histoire du terrorisme est l'histoire de multiples contre-productivités, surtout celle de groupes qui n'ont pas de réels supports dans les populations, ont des moyens intermittents limités et qui se servent notamment de la vulnérabilité des réseaux de transports et de vie en Occident. Echec, c'est le seul bilan de ces petits chefs de bande, qui, parce qu'ils ont trouvé les moyens de profiter de certaines informations, les moyens de se procurer des armes (abondantes tant les contrôles sont rachitiques), se prennent pour des califes ou des héros ou encore des martyrs... On peut dire d'ailleurs que leurs meilleurs alliés ne se trouvent pas dans leur région, avec les affinités qu'ils peuvent avoir, les injustices de tout ordre dont ils peuvent profiter, mais dans les pays où les mass-médias ont les moyens de faire passer en boucle pendant des heures et des heures les mêmes images de résultats d'attentats. Tous ces commentateurs, tous ces pseudos-spécialistes qui se pressent pour chanter leur chanson sur les ondes de toute portée, peuvent s'honorer de leur avoir donner leur quart d'heure de gloire!

    On ne peut s'empêcher de penser que les pouvoirs politiques des Etats, les pouvoirs économiques des grands organismes financiers, bénéficient sur le long terme de cette politique de la peur. D'abord détournement des vrais problèmes, déformation relative de la réalité (ne serait-ce que sur le plan des dangers quotidiens : on risque bien plus de mourir d'un accident de la route ou domestique que d'un attentat...), puis accaparement des esprits par ces "menaces" venus "d'ailleurs", tout ce bruit permet de justifier toutes les "mesures" attentatoires aux libertés, jusqu'à entraver la marche même de l'économie (le contrôle aux ports et aéroports fait chuter à terme d'abord l'envie de voyager et le nombre des voyages lui-même, sans compter le ralentissement directement effectué...). 

   En fin de compte, si les "terroristes" se donnent là de merveilleux instruments pour se faire battre (interventions militaires croissantes au rythme des attentats) jusqu'à les faire disparaitre au profit d'autres "terroristes" (car de toute façon le réservoir des rancoeurs est immense), on peut se demander si ce ne sont pas les pouvoirs dominants en place, médiatico-politico-financiers, qui profitent de cette "terreur". Les hommes au pouvoir font semblant d'avoir peur pour communiquer la peur à leurs populations, décidément revêches à ce genre de manipulations (du moins en Occident). Mais remettons cent fois sur le même métier... Les manifestants tournent en ridicule cette prétention d'apprenti-terroristes : à quand l'usage des casseroles pour commettre des attentats? Les résistances à la peur sont soutenues par une très forte résilience des sociétés qui en ont vu d'autres, ce que les commanditaires ou simplement revendicateurs de toute sorte semblent ignorer, centrés qu'ils sont dans leur petit univers mental où ne se distingue pas l'esprit de bande avec leurs petits chefs et petits sous-chefs, qui se nourrissent de "coups" fumants dans leur petit quartier et l'esprit pseudo-religieux et empreint de martyrologie de bandits autosacrés icônes religieuses et résistantes qui combattent principalement grâce aux produits de rapines et de grand banditisme. 

 

RAGUS

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 07:35

  Chaque année, les armées de nombreux pays se livrent, notamment à l'occasion de leur fête nationale, à l'exhibition de (certaines) de leurs troupes et de (certains) de leur matériel. Surtout pour l'aspect tape-à-l'oeil et spectaculaire, avec un certain a-propos stratégique et tactique diplomatique, des défilés rappellent aux peuples la valeur de la violence armée pour la défense de leur pays, en même temps que l'événement souvent fondateur du régime politique en vigueur.

Pour la France, évidemment, il s'agit du 14 juillet de chaque année, afin de rappeler que la révolution est mère de toutes les républiques qui ont suivis l'année 1789. Mais pas de tous les régimes politiques qui s'y sont succédé, car des restaurations royales eurent lieu entre temps et des remises en cause de la République notamment. C'est dire que ces commémorations, plus que les autres (car il y en a une flopée...), ont une forte charge idéologique dans l'ensemble du pays.

    Défilés militaires, rassemblements autour de monuments, allocutions très officielles, festivités redondantes mais toujours appréciées des publics (mais pas de tous...) constituent le lot principal des commémorations, dont on peut se demander ce qu'elles remémorent. A part le souvenir douloureux de souffrances ou de joies passées, peu de choses, hormis quelques films ou émissions télévisées, ou encore éditions ou rééditions de livres... rappellent ce qui s'est réellement passé, avec souvent quelques bonnes orientations nationalistes et une dose plus ou moins grande d'informations fallacieuses ou de déformations historiques (la fête de la Jeanne d'Arc en France constitue là une perle brillante...).

Peu de vraies réflexions incluant causes et conséquences des événements célébrés, orientations idéologiques fortes (qui peuvent parfois diviser plus que rassembler) en fonction de l'actualité du moment, effervescence médiatique jusqu'à la logorrhée, voilà ce qui caractérisent ces commémorations en tout genre. Il ne suffit pas en effet de rappeler des faits bruts, des dates clés, des relations "éternelles", il faut encore comprendre ce qui s'est réellement passé. Or entre dénégations de massacres et de profits (notamment des industries d'armement...) et glorification de personnages ou d'entités politiques, et parfois des polémiques où le négationnisme se taille la part du lion, il ne reste plus grande place pour la réflexion et éventuellement le changement ou l'affermissement des comportements envers bien des aspects de la vie politique, économique ou/et sociale. 

    Ce qui devrait être l'occasion d'une réflexion sur les causes et les effets des événements célébrés devient simplement l'affirmation de postures et de réaffirmation d'allégeance ou encore - on peut se demander si c'est pire ou c'est meilleur - de rappel pour beaucoup de citoyens oublieux de leur propre histoire. 

   Les critiques précédentes découlent en fait de l'inscription des commémorations diverses et variées dans un roman tribal, national, fédéral... entre interprétation historique plus proche de la falsification que de la simplification et manipulation idéologique plus ou moins cohérente et plus ou moins constante, roman vise très souvent à faire entrer ou à maintenir des populations parfois relativement variées dans une même communauté.

Suite souvent à un conflit majeur dont beaucoup d'acteurs participants veulent clore les conséquences sur l'histoire de leur pays ainsi "unifié" dans une même ferveur collective. Il s'agit pour eux et pour maints observateurs extérieurs d'indiquer un nouvel avenir à partir d'un événement fondateur plus ou moins fabriqué à une époque où la "vérité historique" est la moindre des préoccupations. Il s'agit de construire une histoire tribale, nationale ou fédérale qui fasse le moins possible de place à l'expression de conflits souvent sanglants et difficiles à résoudre réellement, qui, même s'ils perdurent, sont ainsi mis "en perspective" par rapport aux bienfaits et aux nécessités d'un "vivre ensemble". Ce faisant, les esprits tendent à faire de ces mêmes conflits des repères parfois magnifiés pour tourner la page d'une histoire parfois sombre même si beaucoup y avaient placés de grands espoirs. Ces repères permettent à la fois de se rappeler plus ou moins clairement (de moins en moins clairement vus les sédiments festifs et commerciaux qui s'y rapportent) des conflits et souvent la "fin" de ceux-ci et d'opérer dans des manifestations rituelles le rapprochement qui scelle un destin commun. Jusqu'à faire de ces manifestations régulières dans le temps et dans l'espace des jalons de cette vie commune qui apparait comme quelque chose d'irrémédiable, d'acquis plus ou moins définitivement, d'obligatoire et porteur de bienfaits.

Même si en définitive, il s'agit là de mythes et de rites, ceux-ci permettent de faire d'agir, plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement sur certains aspects de ces conflits, au moins dans leur représentation. Ces dates, annuelles ou plus éloignées, constituent comme des repères dans ce "vivre ensemble", sortes d'exorcisme de leurs causes, effets et conséquences, en faveur de quelque chose d'autre que ce qu'ils ont accompagnés de douleurs et de séparations. Même si ce quelque chose d'autre n'est pas évoqué, il est pourtant nommé dans ce roman, dans ce mythe... dans les nominations mêmes de ces fêtes : royales, républicaines, fédérales, même si les uns et les autres ne mettent pas dans ces appellations la même chose...

  De ce fait même, de cette célébration, les conflits souvent non résolus sont mis en perspective des coopérations nécessaires entre les membres de populations plus ou moins étendues. Ces fêtes même donnent à ces conflits des "couleurs" des tonalités, des "sons" qui, d'une certaine manière, contribuent à les rendre moins dramatiques, plus banals, et surtout moins importants en regard des coopérations qui apportent aux communautés ainsi "soudées" en coeur et en esprit, les moyens de rendre leur vie possible, agréable et parfois, paisible. 

  On ne peut terminer ce billet sans évoquer les dérives journalistiques auxquelles donnent lieu ces commémorations. Outre que la fête nationale se transforme souvent en fête militaire, on en vient à évoquer le sens de la... victoire nationale. Ainsi un article du Monde publié le 12 juillet 2019, évoque t-il, plutôt que le sens du 14 juillet pour la France,... les commémorations précédentes, notamment celle de 1919... faisant réfléchir sur l'"expérience (de) la France de la victoire"... A moins que le journaliste se soit trompé de date (il y a un certain jour du mois de mai pour la "victoire" de la France lors du dernier conflit armé mondial), on peut se demander s'il n'y a pas là perte tout simplement de sens : il s'agit de la fondation de la République (même si le 14 juillet est plutôt la date de la prise de la Bastille, événement insurrectionnel par excellence...) et non pas d'une victoire militaire ... Mais les gouvernements s'entendent bien pour faire de la fête nationale une occasion de rappeler les principes.. de la défense et de la puissance... par l'invitation aux célébrations à Paris des puissances "intéressantes" et "intéressées"... On pourra noter que cette manière un peu tordue de voir les choses contamine d'autres pays : ainsi le Président (légèrement débile, si si j'assume...) des États-Unis veut-il "sa" fête militaire, en transformant la festivité du 4 juillet en spectacle de gesticulations d'armements et de troupes.

 

RAGUS

 

Actualisé le 14 juillet 2019

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 08:59

   Sans craindre les anachronismes historiques, osons une comparaison entre les comportements lors des grandes pandémies en Europe au Moyen-Age et à la Renaissance et lors des pollutions chroniques contemporaines. 

Mettons pour l'instant de coté le fait que la dernière grande pandémie découle directement de la Première Guerre mondiale et que les grandes épidémies de peste proviennent en partie d'opérations militaires de siège de villes, suite à l'utilisation de cadavres d'hommes ou d'animaux comme armes biologiques. 

Lors des grandes pandémies au MA en Europe, contrairement à ce qu'on pourrait croire, les premières réactions ne furent pas de procéder à des prophylaxies radicales. Au contraire, entre le report des causalités sur des phénomènes religieux et les accusations contre les minorités, notamment dans les villes (juifs, autres confessions), il s'git d'abord comme aujourd'hui de désigner des coupables dont le châtiment est censé faire reculer le fléau. Les bûchers d'autrefois sont remplacés par des procès aux pollueurs, mais l'intention de bouc émissaire reste la même. On veut croire à des événements exceptionnels dont on peut éliminer les conséquences par des actes ponctuels contre des coupables (facilement) désignés. 

Il ne s'agit pas de prendre des mesures globales, et à cela plusieurs grandes raisons qui alimentent le déni sur la gravité et la profondeur et la longévité des maux :

- les intérêts économiques du moment interdisent des mesures radicales. Les premières réactions (qui perdureront d'ailleurs un certain) lors des épidémies anciennes étaient de fermer les portes des villes, non seulement pour empêcher des malades d'y entrer, mais surtout pour empêcher les populations de sortir, le commerce serait alors détruit, et avec la position financière des puissants... Comme aujourd'hui, malgré l'ampleur des pollutions (au caractère parfois spectaculaire!), il ne faut surtout pas bouleverser les grands équilibres économiques et encore moins toucher aux intérêts industriels, commerciaux et financiers des firmes polluantes (quel que soit la modalité de la pollution...). Le chantage à l'emploi demeure encore la meilleure arme pour dissuader de prendre des mesures profondes contre les atteintes (radicales)... à l'environnement

- les mentalités religieuses des époques anciennes mettent sur le compte de manifestations surnaturelles ces pandémies dévastatrices. La chasse aux sorciers et aux sorcières (juifs de préférence) demeure la meilleure manière de faire cesser le fléau. Il s'agit alors de les mettre sur le compte de puissances extra-humaines. Aujourd'hui, les climatosceptiques ne sont pas très différents de ces hommes-là : ils mettent sur le compte de phénomènes naturels malheureux (l'activité du soleil, des conjonctions malheureuses du climat...) ce qui pourtant s'avèrent bel et bien le résultat d'activités humaines. Sans compter que se conjuguent souvent entre eux ignorance scientifique, foi religieuse parfois outrageuse et intérêts matériels très bien compris... La recherche d'un bouc émissaire domine la nécessité de trouver des remèdes...

- les réactions sont d'abord individuelles et groupales plutôt que collectives. L'intérieur particulier passe avant un intérêt général mal compris. Les réactions des bourgeois à la peste sont d'abord de fuir les lieux où elle se manifestent, en tentant - mais les autorités des villes les contrarient pour cela - de quitter la ville pour la campagne (qui empeste moins...).

- L'hygiène était très défaillante à ces époques (on pouvait se laver tout habillé...), notamment dans les rues des villes, les épidémies pouvaient s'y propager très vite. L'hygiène envers l'air étant très défaillante à notre époque, les pollutions s'alimentent les unes aux autres, gaz toxiques et micro-particules alimentent les poumons de manière très collaboratives. Ce qui ne se voit pas immédiatement - les microbes comme les gaz polluants - est ignoré, n'existe pas, est soit-disant dilué dans un tout immense, sauf que la planète est une sphère fermée et cela rend difficile l'évacuation éternelle des polluants... Et lorsque cela est connu, notamment des autorités savantes (au MA) ou scientifiques (de nos jours), l'ensemble des autorités politiques préfèrent ignorer le mal pourtant massivement là, car tout changement dans les manières de faire menacent les "grands équilibres économiques". Au MA, cela signifie la conjonction des systèmes pénitentiels des Eglises et des petits commerces (notamment de viande et d'eau, mais aussi des chevaux) des villes. De nos jours, cela signifie la conjonction des croyances aux bienfaits des techniques et des petits (et des grands) commerces autour de la voiture et du pétrole.

- Enfin, dernier point d'analogie, les différents comportements des différentes couches de la population. Les classes sociales capables de comprendre le danger de la peste comme de la pollution cherchent d'abord à s'en prémunir - par isolement de quartiers des villes ou par emploi de technologies filtrantes dans les habitations, sans s'occuper de la totalité de la communauté. Des solutions techniques (illusoires mais c'est une autre affaire) sont recherchées, qui permettent des protections tout en gardant le fonctionnement "normal" de la société... Alors que ce sont souvent les classes les plus pauvres qui souffrent les premières de la pollution, des politiques globales ne sont mises en place que lorsqu'il apparait évident que les classes les plus riches ne peuvent s'en protéger... Et souvent, il est trop tard pour empêcher la propagation de la peste (ou du choléra) comme de la pollution, car on a perdu du temps à rechercher des solutions techniques particulières... 

RAGUS

 

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